Page rédigée à partir du 19 janvier 2026
Après avoir rédigé une page aux parents d'Etienne DUBOSCQ (SOSA 174), nous allons nous intéresser aux parents de son épouse, Catherine CASTETS (SOSA 175). Nous sommes dans la même commune, ou la même paroisse car nous allons parler d'une période qui commence à la période de l'Ancien régime, c'est-à-dire le régime politique, juridique et social qui se situe avant la Révolution française de 1792.
Comme nous l'avons évoqué pour la page concernant le couple Gérard DUBOSCQ et Marie LABÈQUE, parents d'Etienne DUBOSCQ, les recherches sont rendues difficiles par les lacunes dans les registres de Seignosse, dans ceux de Soorts-Hossegor et de Soustons, les unions étant parfois croisées entre ces trois paroisses. Il manque donc des mariages, des baptêmes, des sépultures. Autre obstacle, les informations manquantes dans les actes : les parents ne sont pas systématiquement mentionnés lors de la rédaction des actes de sépultures ou de mariages. Enfin, l'indication de la maison, qui apporte parfois une confirmation sur l'identité d'un individu, n'est pas toujours indiquée. Si on ajoute à cela le flou des âges, l'orthographe non fixée des patronymes, le peu de diversité des prénoms et des noms de famille identiques dans des petits villages de quelques centaines d'habitants avec beaucoup de cousins, les risques de confusion peuvent être fréquents.
La généalogie n'est pas une science exacte et mes conclusions ne sont pas toujours identiques à celles d'autres généalogistes qui travaillent sur les mêmes personnes. Je peux me tromper, comme tout le monde. Je cherche les informations, je consulte les actes, je croise les sources et j'espère limiter les conclusions erronées. Mais l'erreur arrive.
Voilà, j'ai tout dit dès le titre. Je ne sais pas ni où ni quand il naît, ni quand il meurt. Certains généalogistes ont fait des choix que je ne partage pas vraiment, mais peu importe. CASTET ou CASTETS est un patronyme courant et le prénom Jean encore plus.
C'est avec son mariage que l'on peut attester de son existence. Il épouse le 22 janvier 1744 une jeune fille de Seignosse qui répond au nom de Margueritte HOURCADE.
Source : Archives départementales des Landes
Cote : E_depot_296 / ES 1220-ES 1227 (Seignosse ; 1665-1792)
Je ne vais pas transcrire l'ensemble de l'acte, juste donner les informations principales fournies par l'acte : le mariage a donc lieu le 22 janvier 1744 ; Jean CASTETS habite Soorts-Hossegor ("habitant de Sors") et il a 26 ans. Il est d'état de labeur, c'est-à-dire ouvrier agricole. Marguerite HOURCADE est du "mesme état" et elle est âgée de quatorze ans, ce qui est très jeune et assez inhabituel pour la période où les filles se marient plutôt vers 20 ans. Elle habite Seignosse où a lieu le mariage.
Parmi les témoins, on retrouve la mère de Jean CASTETS, Jeanne HARGOUS et son parâtre ("parattre"), Estienne POUCHUCQ. Il y a également les parents de Margueritte : "Jean HOURCADE père à la ditte épouse, de Marie DUPRUIL, mère à la mesme".
Félicitons LARRIEU, le curé de Seignosse, de ne pas avoir été chiche dans la rédaction de l'acte. Les parents sont rarement renseignés. On note d'ailleurs que le prénom du père n'est pas indiqué. Cependant, le curé précédent, LANGLADE, se contentait du strict minimum, sans mentionner les parents.
Malheureusement, je n'ai trouvé aucun mariage pour Jeanne HARGOUS, ni avec un CASTETS, ni avec son second mari Estienne POUCHUCQ. J'ai cherché à Soort-Hossegor, à Seignosse, à Soustons et ailleurs... Rien. Et pas non plus de baptême concernant un Jean CASTETS dont la mère porte le nom de Jeanne HARGOUS. Ayant 26 ans en 1744, il doit être né vers 1718. Cependant, il y a une énorme lacune dans les registres paroissiaux de Soorts-Hossegor entre 1704 et 1731. Le baptême de Jean CASTETS, le mariage de ses parents, le remariage de sa mère, tout cela a disparu.
On peut néanmoins noter qu'un Bertrand CASTETS se marie à Soorts-Hossegor en 1738 avec une dénommée Jeanne LABÈQUE et que là encore son présents Jeanne HARGOUS, sa mère et Estienne POUCHUCQ, son parâtre. Mais il n'y a pas non plus de baptême pour Bertrand, né aux alentours de 1716. Grâce à l'acte, on apprend qu'il a deux oncles nommés Jean DUMAISTRE et Guillaume DUMAISTRE. Notons également que le mariage a lieu maison Hargous où décède une Jeanne HARGOUS le 15 novembre 1750 à laquelle on attribue l'âge de 60 ans. C'est sans doute la mère de Jean et Bertrand CASTETS.
J'ai trouvé la naissance de trois personnes répondant au patronyme d'HARGOUS : Jeanne en 1700, Jean en 1702 et François en 1704. Pour ces trois naissances, le père est Jean HARGOUS et la mère porte le nom de MAUCRIEU, avec une incertitude concernant le prénom.
Bertrand CASTETS, sa femme Jeanne LABÈQUE puis ses enfants vivent à maison Hargous à Soorts-Hossegor, où décède, on l'a vu, Jeanne HARGOUS (mère de Bertrand CASTETS) en 1750 et où est morte une Estiennette MAUCRIEU en 1734, âgée de "55 ans environ". Je peux donc en conclure que c'est sans doute la mère de Jeanne HARGOUS, malgré l'incertitude du prénom.
Bref, concernant mon ancêtre Jean CASTETS, il est le fils d'un CASTETS dont le prénom reste inconnu et de Jeanne HARGOUS, elle même fille de Jean HARGOUS et d'Estiennette MAUCRIEU. Et sa date de naissance reste à priori 1718 dans la paroisse de Soorts-Hossegor. Il se marie en 1744 à Seignosse et je ne connais pas la date de son décès.
Avec le nom des parents de Margueritte et son lieu de naissance, Seignosse, il ne fut pas trop difficile de retrouver son acte de baptême daté du 8 décembre 1828, le jour même de sa naissance. En fait, elle n'a pas 14 ans à l'âge du mariage mais 15, ce qui ne fait pas une grande différence. Un mariage a un âge aussi précoce est inhabituel. En France, à cette période, pour les femmes, l'âge au premier mariage est situé à 25 ou 26 ans. Attention, c'est une moyenne ! On peut se marier plus tôt ou plus tard. Si l'âge de 14 ou est 15 ans est inhabituel, il n'est pas illégal. Le droit canonique (puisque c'est l'église catholique qui procède à la cérémonie) précise qu'une fille peut se marier dès 12 ans et à 14 ans pour les garçons. Cependant, cet âge nubile n'est pas à confondre avec la majorité matrimoniale où l'on peut se marier sans le consentement des parents (au sens large ; cela peut être un oncle, un grand-père, etc.) : 30 ans pour les garçons et 25 ans pour les filles. Et cette majorité matrimoniale n'est pas non plus la majorité civile qui est de 25 ans pour les filles et les garçons... Tout cela est valable pour la période avant 1789, la période dite de l'Ancien régime.
Les parents de Margueritte, Jean HOURCADE et Marie DUPRUIL se sont mariés en février 1724, le 1er ou le 7. Je penche plutôt pour le 7 mais le doute est permis. Margueritte naît en 1728, le 8 décembre, et est baptisée le même jour.
Source : Archives départementales des Landes
Cote : E_depot_296 / ES 1220-ES 1227 (Seignosse ; 1665-1792)
Quelques petites variantes sont à prendre en compte pour le patronyme des enfants de Jean HOURCADE et Marie DUPRUIL. Les enfants sont parfois affublés du nom de LAHOURCADE, de HOURCADE, de LAFOURCADE et j'ai même trouvé un LAFARGUE. Margueritte est le deuxième enfant du couple. Sauf oubli, ils ont six enfants.
- Barthélémi en 1725 ;
- Margueritte en 1728 ;
- Jean en 1732 ;
- Dominique en 1734 ;
- Estienne en 1737 ;
- Pierre en 1740.
Marie DUPRUIL décède en 1744 à l'âge de 35 ans environ. Son mari, veuf, épouse Ysabeau DOROC en 1747. Il a 45 ans et elle seulement 17. Avec sa nouvelle épouse, Jean HOURCADE a un dernier enfant, une fille qui est prénommée Margueritte, en 1748.
Jean HOURCADE décède, bien sûr, mais quand ? En fait, là encore, il faut se souvenir de la variété de l'orthographe des patronymes, copié "à l'oreille" par le prêtre ou le vicaire, dans une région où on parle essentiellement un "patois" qui est une variante de gascon, le gascon occidental et plus exactement le gascon maritime ou "parlar negue", avec des particularités très locales selon que l'on soit en maremne, en marensin, etc.
Jean HOURCADE ne s'appelle donc pas toujours HOURCADE...
Extrait de l'acte de mariage de Jean HOURCADE et des baptêmes de son fils Barthélémi et de sa fille Margueritte.
Source : Archives départementales des Landes
Cote : E_depot_296 / ES 1220-ES 1227 (Seignosse ; 1665-1792)
Comme on le voit avec ces trois exemples, Jean est appelé HOURCADE, LAHOURCADE et LAFARGUE. Je n'ai pas trouvé d'acte de sépultures au nom de Jean HOURCADE ou de Jean LAHOURCADE. Mais en 1751 décède un Jean LAFOURCADE âgé d'environ 60 ans. L'âge ne correspond pas exactement car, à priori, Jean HOURCADE en aurait plutôt 50. Ceci étant, on a vu que les âges attribués aux défunts sont parfois éloignés de la réalité. Autre élément qui oriente mon enquête : un Jean LAFOURCADE a eu un enfant prénommé Jean avec une Isabe DAUROC en 1750. Et la maison correspond à celle du décès de Jean LAFOURCADE en 1751. Et les parrain / marraine sont un gendre et une bru de Jean HOURCADE.
Extrait de l'acte de baptême de Jean LAFOURCADE et de sépulture Jean LAFOURCADE.
Source : Archives départementales des Landes
Cote : E_depot_296 / ES 1220-ES 1227 (Seignosse ; 1665-1792)
Il meurt de toute façon avant 1761 car sa veuve, Isabeau DOROC, épouse un dénommé Jean CASTETS... Et entre 1750 (naissance de Jean fils d'Isabe DAUROC et 1761, date de son remariage, aucun autre décès ne fait l'affaire.
Les autres généalogistes qui se sont intéressés à cette famille ne semblent pas avoir suivi cette piste. Ils ont trouvé par contre des origines à Jean HOURCADE ou LAHOURCADE : certains font naître Jean dans la paroisse d'Ance, dans ce qui devient plus tard les Pyrénées atlantiques. D'autres le voit comme le fils de François HOURCADE (ou LAHOURCADE) et de Jeanne LAVIELLE, un couple de la paroisse d'Heugas. Cependant, je n'ai vu aucun argument pour étayer l'une ou l'autre piste. Je vais donc rester circonspect.
Un élément reste à peu près sûr, il n'y a pas de HOURCADE ou de LAHOURCADE à Seignosse avant 1702 avec le mariage de Bertrande LAHOURCADE, de Saint-Vincent-de-Tyrosse, avec un Jean PINSOLLE, habitant de la paroisse. Et une Marguerite LAHOURCADE est marraine lors du baptême de leur premier enfant, Jean PINSOLLE en 1703. C'est peut-être vers Saint-Vincent-de-Tyrosse qu'il faut chercher l'origine des HOURCADE ou LAHOURCADE de Seignosse.