1. Les parents de Julie PERRIAT : Pierre PERRIAT dit FLOURET et Jeanne LABORDES (SOSA 30 et 31)

Mise à jour le 27 janvier et le 11 mars 2021

1.1. Quelques considérations généalogiques et onomastiques

Commençons d'abord, pour y voir plus clair, par un petit arbre généalogique de Julie PERRIAT (qui, je le rappelle, est la mère d'Yvonne GOURDON, ma grand-mère maternelle).

Rien n'est simple avec cette famille. Mon arrière grand-mère et son frère, Julie et Léon, sont nés sous le patronyme de PERRIAT. C'est ce nom qui a été inscrit dans les actes de naissance que j'ai trouvés dans l'état civil numérisé d'Orthez. Le nom de leur père, âgé de 36 ans à la naissance de Léon en 1869 et de 38 ans à celle de Julie en 1871, est noté comme étant Pierre PERRIAT. Pourtant, lors de son mariage en 1867, il s'appelait Pierre PERRIAT dit FLOURET. Gardons ceci dans un coin de notre mémoire, nous y reviendrons...

Un peu d'onomastique ? 

- PERRIAT est sans doute un dérivé du prénom Pierre utilisé comme patronyme.

- FLOURET vient vraisemblablement du latin florus, fleur et/ou de Saint Flour, apôtre de l'Auvergne et évêque de Lodève (dans l'Héraut).  

- LABORDES ; je cite le texte de Jean TOSTI (auteur du dictionnaire des noms) à propos de ce patronyme : "Toponyme très fréquent, désignant une ferme, une métairie. Le nom borde désignait au départ une maison en planches (francique bord = planche). Le patronyme LABORDE (habitant d'une borde, ou originaire d'un lieu-dit La Borde) est surtout fréquent dans le Sud-Ouest."

2.2. Naissance, enfance et mariage de Pierre PERRIAT dit FLOURET et de Jeanne LASBORDES

2.2.1. La naissance de Pierre PERRIAT dit FLOURET en 1832

Pierre PERRIAT dit FLOURET est né dans la commune de Bérenx le 19 septembre 1832. Son père, prénommé Philippe, exerce le métier de forgeron ; il a 26 ans au moment de la naissance de Pierre, à priori son premier enfant. Sa femme, la mère de Pierre donc, Marie MAISONNAVE  (ou MAYSONNAVE) a un an de moins que son mari. Elle ne semble pas exercer une activité professionnelle Notons que l'enfant est né à domicile (ce qui n'a rien d'extraordinaire à cette époque) dans la maison familiale, appelée maison Flouret...

Acte de naissance de Pierre PERRIAT dit FLOURET. Son père, Philippe PERRIAT dit FLOURET est mentionné comme étant forgeron, âgé de 26 ans.

Source : Archives départementales des Pyrénées Atlantiques.

La commune de Bérenx (ou Berencs en béarnais) est traversée par le gave (la rivière) de Pau. Je vous invite à consulter la page Wikipédia concernant cette commune qui comptait 833 habitants en 1831, un an avant la naissance de Pierre PERRIAT dit FLOURET. Elle se situe à environ 8 à 10 km d'Orthez (selon les routes). C'était, en ce début de XIXe siècle, une commune essentiellement agricole, avec entre autre de nombreux pêcheurs (le saumon est une des ressources locales) et un peu d'artisanat. Mon ancêtre Philippe PERRIAT dit FLOURET était le, ou un des forgerons du village.

 

À priori, Pierre est le premier né du couple et, d'après mes recherches, n'aura qu'un frère qui naître à Bérenx en 1835 et qui sera également prénommé Pierre (ce qui ne facilite pas les recherches généalogiques !).

 

Je ne sais pas quand la famille PERRIAT dit FLOURET / MAISONNAVE quitte Bérenx pour Orthez. Après 1835, c'est la seule certitude... Si je pouvais avoir accès aux recensements de population des deux communes, je pourrais éventuellement répondre à la question. Mais, pour l'instant, les Archives départementales des Pyrénées Atlantiques n'ont pas mis en ligne les recensements des différentes communes du département. Je ne peux hélas pas me rendre facilement à Pau depuis mon Pas-de-Calais résidentiel.

1.2.2. La naissance de Jeanne LASBORDES en 1842

Jeanne LABORDES est la fille de Jean LASBORDES. et de Jeanne HONTAAS. Elle naît en 1842 dans la commune de Carresse, dans le département des Basses Pyrénées (nommé aujourd'hui les Pyrénées Atlantiques). Cette petite commune comptait 710 habitants en 1741. Elle est située à proximité de Salies-de-Béarn, à une vingtaine de km à l'ouest d'Orthez.

Acte de naissance de Jeanne LASBORDES

Source : Archives départementales des Pyrénées Atlantiques

L'écriture de l'acte de naissance n'est pas des plus facile à lire. On va donc proposer une petite transcription.

L'an mil huit cent quarante deux, le dix-huit juin à deux heures du soir

par devant nous Germain [Tilhot ?] maire officier de l'état civil de la commune de 

Carresse canton de Saliesdépartement des Basses Pyrénées est comparu Jean

Lasbordes journalier âgé d'environ vingt-sept ans domicilié de la présente commune

lequel nous a présenté un enfant de sexe féminin né aujourd'hui à neuf heures du

matin fille de lui déclarant et de Jeanne Hontaas son épouse et auquel il 

déclare vouloir donner le prénom de Jeanne. Lasdite déclaration et présentation

faites en présence de Pierre [Cartau ?] tisserand âgé de quarante-deux ans

et de Jean Duclau cantonnier âgé de de trente ans tous domiciliés au dit lieu de

Carresse et où les témoins ont signé avec nous le présent acte de naissance ce que 

n'a fait le déclarant pour ne savoir à ce qu'il a déclaré de ce faire interpellé par

nous le dit maire

Jean LASBORDES est donc âgé de 27 ans à la naissance de Jeanne et son épouse, Jeanne HONTAAS en a 31. Une famille pauvre, sans doute, en raison du métier de journalier, c'est-à-dire d'ouvrier agricole.

D'après mes recherches, Jeanne a une sœur plus âgée de trois ans, et aura ensuite deux sœurs plus jeunes, toutes les trois prénommées Marie. Les deux dernières ne naissent pas comme les deux aînées dans la commune de Carresse mais dans la commune de Mesplède, à l'Est d'Orthez.

1.2.3. Le mariage

Pierre PERRIAT dit FLOURET se marie à l'âge de 34 ans, à Orthez, avec Jeanne LABORDES, qui en a 25. Nous sommes le mardi 20 août 1867. 


Extraits de l'acte de mariage de Pierre PERRIAT dit FLOURET et de Jeanne LASBORDES. 

Source : Archives départementales des Pyrénées Atlantiques.

Deux extraits de l'acte de mariage sont proposés à la lecture : le début, qui présente les futurs mariés avec leurs parents et la fin de l'acte, avec les témoins et les signatures. Nous avons pu noter quelques différences dans les deux familles. Côté PERRIAT dit FLOURET, c'est une famille d'artisans et, chose qui a son importance, Philippe, le père de Pierre, forgeron, sait écrire. Il signe l'acte de naissance et l'acte de mariage. Côté LABORDES, la famille est plus pauvre et Jean, le père de Jeanne, ne sait pas signer l'acte de naissance.

Relevons quelques erreurs dans l'acte : Philippe PERRIAT dit FLOURET, père du marié, se voit attribuer l'âge de 60 ans, ce qui est presque vrai (il en a 61) ; son épouse, Marie MAISONNAVE est déclarée avoir 50 ans : en fait, elle en a 61. Elle n'a que quelques mois d'écarts avec son mari.

À l'inverse, on attribue l'âge de 60 ans à Jeanne HONTAAS, mère de la mariée, qui n'en a que 56. Jean LABORDES est décédé depuis déjà 12 ans. Il est mort en 1855 à Salies. Jeanne LABORDES et sa mère habitent désormais à Orthez.

Pierre PERRIAT dit FLOURET, exerce la profession de tanneur. Il n'a pas repris le métier de son père (forgeron). Jeanne LABORDES est ouvrière, mais l'acte ne précise pas dans quel domaine.

Les témoins du mariage exercent les professions de cordonnier (deux témoins), menuisier et sergent de ville. Tous signent sauf les mères des époux. Jeanne LASBORDES signent également tout en orthographiant son prénom "Jane". PERRIAT père et fils ont abandonné, dans la signature, le "dit FLOURET".

1.3. La vie de Pierre PERRIAT dit FLOURET et Jeanne LASBORDES

1.3.1. Les enfants du couple

Deux enfants naissent rapidement après le mariage :

- Léon en 1869 ;

- Julie en 1871.

Tous deux naissent à Orthez. Et puis, plus rien. Je perds la trace de la famille PERRIAT-LABORDES jusqu'au mariage de Julie en 1889..

 

En me référant à l'acte de mariage de Julie PERRIAT,  je sais que son père est déjà décédé  Il ne semble pas avoir trouvé la mort à Orthez, où il travaillait comme tanneur et où sont nés ses deux enfants. En tout cas, je n'ai rien trouvé dans les registres d'état civil de la ville d'Orthez. Et je n'ai pas trouvé trace non plus de son décès à Bordeaux où vivent ses enfants et leur mère (son épouse donc) Jeanne LABORDES ou LASBORDES au moment du mariage de Julie. On peut juste affirmer qu'il est mort entre 1871 (naissance de Julie) et 1889 (mariage de Julie) soit entre ses 39 et 57 ans.

 

Grâce à l'acte de mariage de Julie PERRIAT on peut également savoir que l'acte de décès contient des omissions (voir l'extrait ci-dessous). Des erreurs sur le nom peut-être, ce qui expliquerait mes difficultés à le trouver ?  Si les "futurs" ont remis les actes nécessaires à leur mariage comme il est mentionné plus bas, cela indique sans doute que l'acte n'a sans doute pas été rédigé à Bordeaux...

Extrait de l'acte de mariage de Marcel Gourdon et de Julie Perriat. Source : Archives Bordeaux Métropole.

En ce qui concerne Jeanne LASBORDES, mère de Julie PERRIAT et veuve de Pierre PERRIAT dit FLOURET, je suppose qu'elle a trouvé la mort à Bordeaux mais je ne sais pas quand. Me lancer dans une recherche sur les actes de décès, même en passant par les tables décennales, dans une ville aussi peuplé que Bordeaux, c'est un peu décourageant. Lors du mariage de sa fille Julie en 1889, Jeanne LASBORDES a seulement 47 ans. Ce qui encore jeune... À partir de quand chercher ? Si je pouvais avoir accès au recensement de population, ma tâche serait facilitée. Mais ce n'est guère possible actuellement. Espérons une mise en ligne de ces actes prochainement sur le site Archives Bordeaux Métropole.  

1.3.2. La mort de Pierre PERRIAT à l'asile d'aliénés de Saint-Luc à Pau

Mise à jour de janvier 2021

Comme je l'ai noté au paragraphe précédent, j'ai longtemps été bloqué concernant la vie de Pierre PERRIAT dit FLOURET et son épouse Jeanne LABORDES. Parfois, il suffit d'une piste, d'un acte, pour retrouver le fil d'une histoire. Mais là, c'est en m'abonnant au site Filae que j'ai pu trouver l'information manquante. J'avoue que j'y étais réticent. En effet, l'Etat et les départements dépensent beaucoup d'argent dans la numérisation des actes de l'état civil et autres sources (les recensements, les registres militaires, etc.). Et ce travail, long et coûteux, mis en ligne gratuitement sur les sites des Archives départementales pour l'usager, est ensuite exploité dans des sites qui font payer l'accès à ces mêmes documents. Est-ce un scandale. Bah, oui et non... Le "plus" des sites payants, c'est bien sûr l'indexation des patronymes qui permet une recherche via un moteur de recherche. Et cette indexation à un coût. Ce qui peut justifier les abonnements payants de Filae. Donc, une fois tout mis en balance, sachant que je paye pour ce travail d'indexation qui me permet de débloquer des situations que je n'arrive pas à débrouiller seul, j'ai payé pour un petit mois. Je reprendrai ensuite mon travail de fourmi qu'est la recherche dans les registres de l'état civil. D'autant que l'indexation ne me semble pas toujours optimale et des actes concernant mes ancêtres du XIXe siècle ne sont pas référencés malgré l'affirmation que l'on peut retrouver l'ensemble de l'état civil français du XIXe siècle. Et la transcription des noms propres laisse parfois à désirer.

 

Mais revenons à nos moutons après ces digressions.

C'est l'acte de remariage de Jeanne LABORDES qui m'a permis de trouver la date et le lieu du décès de Pierre PERRIAT dit FLOURET. Et avec la date et le lieu, l'acte du décès en lui-même.

Acte de décès de Pierre PERRIAT dit FLOURET

Source : Archives départementales des Pyrénées Atlantiques

C'est un employé de l'asile Saint-Luc qui déclare le décès de Pierre PERRIAT (le "dit FLOURET" a disparu du patronyme) et son domicile est toujours à Orthez, c'est à l'asile qu'il meurt le 17 août 1873. Il a 40 ans. L'asile de Saint-Luc est un asile d'aliénés. Pour quelle raison était-il interné ? Depuis combien de temps ? Difficile de le savoir.

📖
      Le mot de Clio sur l'asile de Saint-Luc à Pau

 

 

C'est en juin 1838 que la loi FERRUS, dite loi sur les aliénés, remplie une sorte de vide juridique concernant les "fous", vide juridique ou plutôt "flou" juridique, qui dure depuis 1789. Jusqu'à la Révolution française, les "fous" étaient enfermés par lettres de cachet, le plus souvent à la demande de la famille (une lettre servant à la transmission d'un ordre particulier du roi, permettant, par exemple, l'incarcération sans jugement, l'exil ou encore l'internement des personnes). Ils étaient enfermés dans les hôpitaux généraux ou des dépôts de mendicité entre autres. À partir de 1789, les lettres de cachet et les dépôts de mendicité sont supprimés.  Que faire des fous ?                                                                                                                                  L'idée première est d'enfermer les malades mentaux dans des établissements spéciaux où ils seraient soignés. Plusieurs projets voient le jour, en particulier à Paris, à Bicêtre ou à la Salpêtrière, qui accueillent des aliénés de la capitale et de la province. On remplace les chaînes par des corsets de toiles. Mais dans le reste de la France, la situation reste compliquée. Ce sont les mairies et la justice qui s'occupent des malades mentaux ;  le plus souvent, ils sont enfermés en prison, dans des dépôts de mendicité (de nouveau institués sous l'Empire) et, plus rarement, hospitalisés. Des questions restent en suspens : qui doit payer pour les aliénés indigents ? La commune, le préfet, le département, l'État ?  Doit-on les enfermer pour protéger la société ou les soigner ? Doit-on créer des hospices ou des établissements de détention ? Malgré les circulaires et les rapports, la situation n'avance guère. En 1837, un projet de loi sur les aliénés est présenté à la Chambre des députés. Le débat parlementaire qui permet l'adoption de cette loi dure 18 mois.                                                                                                                                                                                  La loi de juin 1838 (Loi FERRUS donc) ordonne que, dans chaque département, doit être créé un établissement public destiné à recevoir les aliénés et les soigner. Désormais, ce sont les médecins, les aliénistes, qui peuvent ou non libérer les malades mentaux et non plus les juges.

L'asile de Saint-Luc à Pau.

 Source : Bibliothèque patrimoniale. Réseau des médiathèques. 5_037_1_R. Communauté d’agglomération de Pau-Pyrénées, 2005.

1.4. Le remariage de Jeanne LASBORDES

Actes de mariage de Jeanne LASBORDES et de Jean BOUSCO

Source : Archives départementales des Pyrénées Atlantiques

Jeanne LASBORDES devient veuve à 31 ans. Son mari, Pierre PERRIAT, on l'a vu, décède dans l'asile d'alénés de Saint-Luc à Pau. Elle déménage à Bordeaux avec ses enfants et ne semble pas avoir noué de relation. En tout cas, elle n'a pas d'autres enfants (à priori) que ceux qu'elle a eu avec son défunt Marie, Léon et Julie.

En 1895, Jeanne LASBORDES a quitté Bordeaux. Sa mère, Jeanne HONTAAS, avec qui elle vivait à Bordeaux est morte en 1882 et ses deux enfants sont mariés et vivent à Bordeaux. 

Et c'est à Biarritz, à l'âge de 52 ans, qu'elle se marie avec un employé, née comme elle dans le Béarn, Jean BOUSCO. Il a 57 ans. Il est veuf lui aussi et sa défunte femme s'appelle Jeanne LABORDE ! Et c'est également en 1895 que Jean BOUSCO marie sa fille prénommée Marie, à Biarritz. Notons que la mère de Jean BOUSCO s'appelait également Marie BOUSCO puisque c'est un enfant naturel.

Je e connais pas les dates de décès de Jean BOUSCO et de mon ancêtre Jeanne LASBORDES. Cela fera l'objet de quelques recherches dans l'état civil de Biarritz.

2. Les enfants de Pierre PERRIAT dit FLOURET et de Jeanne LABORDES

2.1. Julie PERRIAT (1871-1956)

Julie PERRIAT est mon ancêtre directe, une de mes deux arrières grand-mères du côté maternel. Elle a donc, à ce titre, une page qui lui ait consacrée.

2. 2. Léon PERRIAT (1869-1898)

Julie PERRIAT est née à Orthez en 1871, fille de Pierre PERRIAT dit FLOURET et de Jeanne LASBORDESJulie a un frère plus âgé, Léon. Il est né en 1869, à Orthez également. Grâce à son registre matricule, on a une description physique de Léon.

Sources : Archives départementales de Gironde, cote 1 R 1052/356.

Une taille moyenne, pour l'époque en tout cas, blond aux yeux bleus avec un nez fort... Son niveau d'instruction est de 0. Il ne sait donc ni lire, ni écrire. Il est dispensé de service militaire car il est fils unique de sa mère veuve (à comprendre comme seul descendant mâle). De plus, il est également réformé pour "mauvaise denture". On apprend également qu'il meurt le 1er mai 1898 à 29 ans. Autre information contenue dans sa fiche matricule : il est condamné pour vol à six jours de prison le 24 août 1897. Une visite récente aux Archives départementales de Gironde m'a permis d'obtenir quelques détails sur ce vol

2. 1. Léon PERRIAT

2.1.1. Le vol de Léon PERRIAT

C'est volumineux, c'est poussiéreux, il n'y a pas de table des matières, ni d'index. Ce sont les jugements du tribunal correctionnel de Bordeaux. Ici, c'est le volume des jugements de juillet à août 1897. Pour compliquer la recherche, les différents jugements ne sont pas datés individuellement ; seul le premier du jour porte une date. Il faut donc parcourir plusieurs dizaines voire des centaines de pages avant de trouver une date pour se repérer. Mais avec de la patience, on trouve...

Source : Archives départementales de Gironde.

Léon PERRIAT a commis son vol avec un complice, Jean LARRAT, né à Bayonne et âgé de 38 ans ; il serait veuf sans enfant. Léon est déclaré raffineur, Jean LARRAT est manœuvre. Il me semble qu'on signale deux enfants pour Léon PERRIAT mais je n'ai rien trouvé allant dans ce sens. Mise à jour de juin 2020 : voir plus bas pour son mariage et son (ses ?) enfant(s).

Et donc le vol.

L'écriture du greffier laissant à désirer, je propose une transcription ; les faits ont eu lieu le 23 août 1897 à Bordeaux :

"les prévenus ont soustrait frauduleusement une certaine quantité de vin au préjudice d'une personne restée inconnue, en buvant à l'aide d'un chalumeau, à une barrique (déposée ?) sur les quais".

Reconnaissons-le, ce n'est pas le casse du siècle ! Mais comme ils ont été vus et dénoncés, la justice suit son cours. LARRAT écope d'un mois de prison, sans doute parce qu'il récidive, Léon PERRIAT de six jours "seulement". Pour les frais, ils doivent également s'acquitter solidairement du paiement d'une somme de sept francs et trente-neuf centimes.

2.1.2. Le mariage de Léon PERRIAT

Rédigé en juin 2020.

Intrigué par la mention d'enfants dans le compte-rendu du jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux concernant le vol commis par Léon PERRIAT, j'ai commencé à chercher dans les actes de naissances. Je commence en général à chercher 18 ans après la naissance d'un individu dont je cherche à connaître sa descendance potentielle. Léon étant né en 1869 à Orthez, mais sa sœur s'étant mariée à Bordeaux en 1889 où elle vivait avec sa mère, je suis parti de l'hypothèse qu'il vivait et fut donc père (éventuellement) à Bordeaux. C'est une tâche un peu fastidieuse que de chercher des actes dans les registres de Bordeaux, la ville étant importante d'un point de vue démographique et les registres divisés en trois sections. Mais il faut être patient quand on fait de la généalogie.

Quand on cherche, on trouve parfois (et parfois non). Ici, j'ai réussi à trouver un enfant dont le patronyme était PERRIAT, le 25 février 1894. Il est le fils de Léon PERRIAT et de son épouse légitime, une dénommée Marie  Eléonor (sic) BALLANS

Cependant, pour éviter les risques d’homonymie (il peut exister plusieurs Léon PERRIAT), je suis parti à la recherche de l'acte de mariage pour avoir une confirmation car sur l'acte de mariage, les parents sont mentionnés. 

Je recommence mes recherches pour trouver un mariage ayant eu lieu avant 1894, date de la naissance de l'enfant prénommé André. Dans la table décennale des mariages à Bordeaux section 1 (j'ai eu de la chance, cela m'a évité de parcourir les sections 2 et 3), je trouve un mariage d'un Léon PERRIAT et d'une Marie BALLANS en 1891. Je vais ensuite sur le registre des mariages et je trouve l'acte. Il s'agit bien du frère de Julie PERRIAT.

Extrait de l'acte de mariage de Léon PERRIAT et Marie BALLANS, le 9 avril 1891.

Cote : Bordeaux 2 E 311 - Registre des Actes de mariages de Bordeaux, section 1, 1891-1891.

Source : Archives Bordeaux Métropole.

D'après l'acte, Léon PERRIAT, qui a 21 ans, vit avec sa mère au 24 de la rue Planterose, petite rue du quartier Saint-Michel pour ceux qui connaissent Bordeaux, qui fait le lien entre la basilique Saint-Michel et les "Capus" (c'est-à-dire le marché des Capucins).C'est une maison du vieux Bordeaux, de deux étages et qui ne paie pas de mine. Le métier de Léon est mentionné mais n'est pas très précis : on le dit "employé". 

Son épouse, Marie Eléonor BALLANS, née à Bordeaux, est orpheline de père et de mère et c'est donc son grand-père paternel qui donne son consentement (bien qu'elle soit majeure). Elle a 23 ans et elle est lisseuse (ce qui, à Bordeaux, signifie repasseuse). Petite particularité : elle habite au 24 rue Planterose : est-elle la voisine de Léon ou déjà sa concubine ?

Les témoins sont un verrier, un employé, un boucher (de Caudéran) et enfin le beau-frère du marié, Marcel GOURDON, 28 ans, manoeuvre.

Encore une fois, l'acte mentionne les erreurs dans l'acte du décès du père de Léon, Pierre PERRIAT dit FLOURET

Mise à jour du 11 mars 2021

J'ai trouvé deux autres enfants pour le couple Léon PERRIAT et Marie BALLANS. Il s'agit d'une fille, Gabrielle, née le  14 décembre 1891, neuf mois tout juste après le mariage de ses parents. Enfin, un garçon, Ernest Louis, naît le 1er juin 1896. Ce qui pose un problème puisque le jugement parlait de deux enfants pour Léon. Et là, nous en avons trois. Deux hypothèses se présentent à nous : soit le tribunal a fait une erreur, soit un des enfants est mort en bas âge avant le jugement de 1897. Les deux actes de naissances ne proposent aucune mention marginale, ce qui est souvent le cas, à cette période, en cas de décès ou de mariage. Donc, des recherches à faire en perspective. Notons que je n'ai pas trouvé de fiche matricule au nom d'Ernest Louis PERRIAT.

2.1.3. André PERRIAT, fils de Léon et de Marie BALLANS

André PERRIAT, né le 25 février 1894, est déclaré le lendemain par la sage-femme de l'hospice de la maternité, Marie DUPUCH, 21 ans. L'hospice en question n'est pas mentionné mais comme les deux témoins sont des domestiques qui résident au 1 rue Jean Burguet, il n'est pas difficile de comprendre qu'il s'agit de l'hôpital Saint-André.

Pour l'anecdote, Jean BURGUET est l'architecte qui a conçu le nouvel hôpital Saint-André, inauguré en 1829, remplaçant l'ancien hôpital fondé par le chanoine Vital Carles en 1390, "ruine branlante, empestée par les effluves de la Devèse" (pour la source de ces informations, cliquez ici.). Situé rue des Trois Conils, le vieil hospice fut détruit en 1889 (à l'exception de la porte de chapelle, de style gothique, conservée grâce à Leo DROUYN et visible actuellement au musée d'Aquitaine).

L'ancien hôpital Saint-André rue des Trois Conils.

Revenons à André PERRIAT. Que pouvons-nous savoir de lui ? Pas grand chose. Les seules informations, outre son acte de naissance, proviennent de son registre matricule. 

Trois registres matricules répondent au nom d'André PERRIAT. Une appartient à un homonyme, fils de Jean PERRIAT et de Jeanne PUCHEN ou PUCHEU. Les deux autres correspondent à André PERRIAT fils de Léon et de Marie BALLANS

Je ne sais pas exactement pourquoi il a deux fiches à son nom. 

Qu'apprenons nous concernant André avec ses deux fiches matricules ? Il est blond, à les yeux gris bleus et mesure 1,68 m, ce qui est un peu plus grand que la moyenne. Son degré d'instruction est de 3. Il exerce le métier de cultivateur et habite au 166, route de Bayonne (renommé plus tard cours de l'Argonne). En 1912, il est engagé volontaire, pour cinq ans, au 10e régiment de hussards. Il disparait au tout début de la Grande Guerre, le 2 ou le 4 septembre 1914 à Guise ou à Sancy dans l'Aisne. Comme il n'apparait pas dans la liste des prisonniers des Allemands, il est reconnu mort.