Jean-Ciprien HAURET - SOSA 22

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Jean-Ciprien HAURET est né à Oloron le 17 juin 1823. Son prénom est bien orthographié avec un "i" sur son acte de naissance mais avec un "y" sur d'autres actes. Comme la version première est celle avec un « i », c'est celle que je vais utiliser. Jean-Ciprien est ouvrier du chemin de fer ce qui explique sans doute qu'il ne reste pas dans les Basses-Pyrénées. C'est à Saint-Geours-de-Maremne, en 1855, qu'il se marie avec une jeune fille du village, Jeanne BARON, dont les parents sont agriculteurs dans la commune.

Jean-Ciprien HAURET est le fils de Jean-Alexis HAURET et de Marie TRISTAN dont la vie est relatée dans la page suivante :

1. Naissance et enfance de Jean-Ciprien HAURET

Jean-Ciprien est le septième fils sur onze du couple, sans compter les deux filles que son père a eu avant son mariage avec une dénommée Marthe LABORDE.

 

Il naît le 17 juin 1823 à Oloron, qui ne s'appelait pas encore Oloron-Sainte-Marie ; la fusion entre les deux communes n'intervient qu'en 1858. Son père, Jean, Alexis HAURET était cordonnier et son grand-père Raymond HAURET l'était également. Son grand-père maternel, Bernard TRISTAN, était également artisan, d'abord fabricant de bas puis marchand de tabac. Ce sont, des deux côtés, des urbains qui savent lire et écrire ce qui n'était pas si commun en cette fin de XVIIIe siècle et le début du XIXe.

 

Cependant, le décès de Jean, Alexis HAURET à la maison d'arrêt d'Oloron en 1832, où il était emprisonné pour coups et blessures, a un impact social visible sur ses enfants : Marie TRISTAN, son épouse, devient journalière et couturière, ses filles travaillent également comme journalières dans le textile (on les qualifie de tisserandes). Jean-Ciprien part sans doute vivre dans la petite commune de Goes avec sa mères et ses frères et sœurs. Il devient employé aux chemins de fer. C'est ce qu'indique son acte de mariage. Il quitte le Béarn pour les Landes. Ses frères se dispersent aussi, à Pau et à Bordeaux.

 

Cependant, je ne sais pas exactement qu'elle est sa vie avant son mariage. Il a déjà 31 ans en 1855, lors de la cérémonie. Il doit travailler depuis son enfance et peut-être a-t-il vécu dans d'autres communes avant celles de Saint-Geours-de-Maremne. En 1851, il ne figure pas dans le recensement de Saint-Geours-de-Maremne. Après 1855, il ne quitte plus ce petit village des Landes où ils décèdent en 1874, à l'âge de 71 ans. Employé aux chemins, de fer, c'est vague. C'est la période du développement des chemins de fer dans les Landes, ce qui n'est pas une mince affaire : pour construire la voie ferrée, il faut d'abord construire des routes pour amener les matériaux de construction et les ouvriers. Sur un des documents que j'ai utilisé (je ne sais plus si c'est un acte de naissance ou un recensement), on le dit terrassier : construire une ligne de chemin de fer nécessite d'importants travaux de terrassement. Il est probable qu'il était employé de la Compagnie du midi qui avait en charge la ligne Bordeaux Bayonne. 

Son mariage et sa vie avec son épouse Jeanne BARON a était traité dans la page consacrée à Jeanne BARON et ses parents. Nous allons ici voir ce que deviennent les enfants de Jean-Ciprien HAURET.

 

Le mariage a donc eu lieu le 22 mai 1955. Le couple a eu cinq enfants entre 1856 et 1867. Jean Ciprien avait 31 ans au moment du mariage et Jeanne BARON en avait 23. Elle a donc 36 ans quand elle a son dernier enfant, une fille, Jeanne, mon arrière grand-mère. Sur les cinq enfants, seulement trois arrive à l'âge adulte : l'aînée, Jeanne, née en 1856 et les deux dernières, prénommées Jeanne également, nées en 1864 et 1867. Pierre, le seul garçon, né en 1859, vit un peu plus de trois mois et l'enfant qui suit, Jeanne (encore !), décède peu avant ses deux ans.

 

Nous allons voir ce que deviennent les enfants survivants de Jean Ciprien HAURET et Jeanne BARON.

2. Les enfants de Jean-Ciprien HAURET et de Jeanne BARON

2.1. Jeanne "Léonie" HAURET (1856-1928), épouse GIRAUDON

Bien que ne figurant pas sur son acte de naissance, de nombreux actes sont établis non pas au nom de Jeanne HAURET mais au nom de Léonie HAURET. Mais revenons à sa naissance.

Acte de naissance de Jeanne HAURET

Source : Archives départementales des Landes

 

Jean-Ciprien (ou, sur l'acte de naissance de sa fille, Jean-Cyprien) déclare la naissance de son premier enfant le 2 mars à 14h. La petite fille est née la veille, à 23h. Les deux témoins qui l'accompagnent sont agriculteurs. Lui est qualifié d'ouvrier.  

 

À la différence de ses parents, Jeanne "Léontine" sait signer et donc, sans doute, lire et écrire, au moins un peu. Cependant, quand elle signe son nom, elle l'orthographie HAURRET, avec deux R. C'est comme cela qu'on retrouve son patronyme dans de nombreux actes et en premier lieu, celui de son mariage. N'étant pas issue d'une famille d'agriculteurs, elle exerce le métier de couturière. Elle a 18 ans quand elle épouse Charles Eugène GIRAUDON. Il a 28 ans, exerce le métier de maréchal-ferrant. S'il habite Saint-Geours-de-Maremne,  il n'en ai pas originaire. Il n'est pas non plus landais, ayant vu le jour à Chârost, une commune du département du Cher, située plus ou moins entre Bourges et Châteauroux. J'ai du mal à voir ce qui a pu le motiver à venir se perdre dans un département aussi lointain et pas exactement attractif. Nous sommes en 1875. Son père, Pierre Adolphe GIRAUDON, est décédé et sa mère, Marie COUDEREAU, vit à Paris. Elle n'a pas fait le voyage et donne son consentement via un notaire.

 

Les témoins ne sont pas agriculteurs, ce qui est logique étant donné le métier des parents et des époux. On a un cafetier, un charpentier, un mécanicien, habitant Saint-Geours-de-Maremne et un maréchal-ferrant de Soustons.

 

Le couple ne reste pas longtemps à Saint-Geours-de-Maremne. Il y ont leur premier enfant en octobre 1875, dix mois après le mariage, qui, hélas, est mort-né. 

 

Les actes de naissances de leurs enfants permettent de suivre leur parcours professionnels et géographiques. Jeanne "Léontine" HAURET et Charles Eugène GIRAUDON déménage à Tarbes (dans les Hautes-Pyrénées) où ils ont cinq enfants entre 1876 et 1884 : Jean Adolphe en 1876, Émile Edmond en 1878, Octavie en 1880, Eugénie en 1881 et Adolphe en 1884. Jeanne HAURET a 27 ans et a déjà accouché six fois. On a vu qu'au moment du mariage, Charles était maréchal-ferrant. Il est ensuite employé à la Compagnie du Midi, une compagnie de chemin de fer qui gère un certains nombres de ligne dans le Sud-Ouest ; c'est le même employeur que celui de son beau-père, Jean-Ciprien HAURET. Il y exerce les métiers de chauffeur ou de mécanicien.

 

On retrouve le couple à Tarnos, dans les Landes. Ils y ont leur septième enfant, en 1885. Ce dernier porte les mêmes prénoms que son père : Charles Eugène. De Tarnos à Boucau, il n'y a qu'un pas. En effet, le 1er juin 1857, Napoléon III décide de la création de la commune du Boucau (avant de s'appeler Boucau, la commune s'appelait Le Boucau) à partir de deux quartiers de Tarnos où a été construite la gare au moment de la création de la ligne Bordeaux-Bayonne en 1855. C'est en raison de la présence de la gare qu'en 1881 sont créées les Forges de l'Adour, le chemin de fer pouvant approvisionner l'industrie en matières premières (avec le port) et diffuser les productions. Forges de l'Adour où ont travaillé Charles Eugène GIRAUDON père et plus tard, Charles Eugène GIRAUDON fils.  Au Boucau (comme on disait chez nous, et non pas à Boucau comme on aurait du le dire), naissent trois enfants : Marie-Louise en 1891, Léon en 1893 et Henri en 1897.

 

Charles Eugène prend sa retraite et avec Jeanne "Léontine" HAURET, restent dans la commune de Boucau où ils décèdent, lui en 1923 à 77 ans et elle en 1928 à 72 ans. Ils vivent donc assez vieux pour l'époque, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de leurs enfants. Peu atteignent l'âge adulte et parmi ceux qui dépassent l'âge de l'enfance, ils sont peu à atteindre l'âge de la retraite. Résumons-nous en faisant une petite liste :

  • 1875 : pas de prénom pour cet enfant de sexe masculin mort né.
  • 1876 : naissance de Jean-Adolphe qui décède en 1878, à 20 mois.
  • 1878 : naissance d'Émile Edmond qui meurt à l'âge de 27 ans en 1906.
  • 1880 : naissance d'Octavie qui décède en 1899, à l'âge de 19 ans.
  • 1881 : naissance d'Eugénie ; je n'ai pas sa date de décès mais elle se marie pour la troisième fois en 1947, à 66 ans.
  • 1884 : naissance d'Adolphe qui meurt à l'âge de 4 ans en 1888.
  • 1885 : naissance de Charles Eugène en 1885 ; il se marie mais meurt en 1908, à 23 ans.
  • 1891 : naissance de Marie-Louise qui ne dépasse pas 12 mois avec un décès en 1892.
  • 1893 : naissance de Léon qui atteint ses 27 ans mais pas plus ; il meurt en 1917 (et pas à la guerre).
  • 1897 : naissance d'Henri qui, lui, atteint l'âge plutôt respectable de 78 ans avec un décès en 1975.

Donc, sur dix enfants, six seulement atteignent l'âge adulte, mais seulement deux décèdent après leurs parents. J'imagine que ça doit être assez dur à vivre.

 

Rentrons un peu dans le détail ; pour la majeure partie des enfants de Jeanne HAURET et de son époux, je n'ai guère d'information. Et encore moins pour les enfants morts en bas âge. Je vais donc me concentrer sur les six qui atteignent l'âge adulte.

 

2.2. Jeanne "Eugénie" HAURET (1864-1947), épouse DEPAUL

2.3. Jeanne "Marie" HAURET (1867-1957), épouse DUTEN