Jean-Alexis HAURET et Marie TRISTAN SOSA 44 et 45

Mise à jour : novembre 2020

Pour une ne présentation rapide de la branche familiale HAURET, cliquez sur le lien ci-dessous.

Le fils de Jean-Alexis HAURET et Marie TRISTAN, mon ancêtre Jean-Ciprien HAURET et son épouse Jeanne BARON (SOSA 22 et 23) font l'objet d'une page accessible par le lien ci-dessous :

Introduction

Que diable allait-il faire dans cette galère ? Je fais ce petit emprunt à Molière (Les fourberies de Scapin) qu'il avait lui-même récupéré dans une pièce de Cyrano de Bergerac (Le pédant joué). La galère, en l'occurrence, c'est la maison d'arrêt d'Oloron. Le personnage, c'est Jean-Alexis HAURET, le père de Jean-Ciprien HAURET. Nous sommes au mois de juin de l’année 1832. Il fait beau et même chaud à Oloron. À Paris, deux journées d’émeutes ont été fortement réprimées. Si en 1830, la Révolution de Juillet amenait au pouvoir Louis-Philippe d’Orléans, ce dernier souhaite visiblement y rester et ne cède pas à la pression populaire (qui fut pourtant à l’origine de son arrivée sur le trône). La garde nationale a fait le sale boulot…

 

Alexis (on oublie souvent le « Jean » de son prénom quand on le nomme sur les actes de l’état civil) a bientôt cinquante-deux ans et il est cordonnier. Il est marié depuis presque vingt ans avec Marie TRISTAN, de dix ans sa cadette. Il a des enfants, un métier, une épouse… Et là, il est en prison. Plus exactement en maison d’arrêt, puisqu'il n'y a pas encore eu de jugement. Coups et blessures, voilà pourquoi il est enfermé au rez-de-chaussée de ce vieux bâtiment qui accueille également les archives municipales au premier étage et l’hôtel de ville au second. Seul avantage, il doit faire frais derrière les murs épais.

Ancienne maison d'arrêt d'Oloron au 18 rue Cujas (ou Cujax). Auparavant maison de maître dans la période du Moyen-Âge, ayant notamment accueilli le roi Louis XI en 1462, alors qu'il se rend en pèlerinage à Notre-Dame-de-Sarrance, l'endroit - du moins, le rez-de-chaussée - est transformé en prison suite à l'incendie du château vicomtal en 1644. Pendant plus de cent cinquante ans, les murs accueilleront prisonniers au rez-de-chaussée, archives municipales au premier étage, et hôtel-de-ville au second étage. Le bâtiment, désaffecté en 1926, est classé aux Monuments Historiques en 1987, et restauré au début du XXIe siècle en raison de son état de délabrement important.

Merci au webmaster du site La veuve guillotine pour les renseignements ci-dessus (consulté le 27 juin 2017) et la photo.

1. Jean-Alexis HAURET, cordonnier, fils de cordonnier, époux de Marie TRISTAN, fille d'un marchand de tabac

Revenons un peu dans le temps. Jean-Alexis HAURET est né le 20 juillet 1781 dans la paroisse de Sainte-Croix de la commune d’Oloron. Pourquoi Jean-Alexis ? Aucune idée. Son parrain se prénomme Jean et sa marraine Marie. Pas d’Alexis… De son enfance et de sa jeunesse, nous ne savons rien. Il exerce le métier de cordonnier, comme son père. Un cordonnier à l'époque ne se contente pas de réparer les chaussures, il les fabrique.

1.1. Jean-Alexis HAURET, père de deux filles hors mariage

Il fréquente une dénommée Marthe LABORDE, qui a dix ans de plus que lui et avec qui il a deux bébés, Marie et Engrâce. Elles sont nées hors mariage mais Jean-Alexis les déclare lui-même à l’état civil et les reconnait. Elles portent le nom d'HAURET.

 

Lors de la naissance de Marie, le 4 janvier 1804, il a 22 ans (et son amie Marthe en a donc 32) ; le bébé est né rue Pondique, chez un dénommé Pierre MINVIELLE. Deux ans après, la petite Engrâce voit le jour, avec toujours Marthe LABORDE comme mère. Là encore, c’est Alexis HAURET qui déclare la naissance et reconnait l’enfant. Un des déclarants est d’ailleurs le même Pierre MINVIELLE, tisserand de 28 ans chez qui nait Engrâce.

 

Les deux petites filles décèdent en bas âge : Engrâce en 1808 et Marie en 1810. La première n’a pas tout à fait trois ans et la deuxième en a six révolus.

Les familles HAURET et TRISTAN vivaient dans la paroisse Sainte-croix de la ville d'Oloron. En fait, les rues où habitent les deux familles (rue Pondique, rue Pomone, rue Champêtre) correspondent plus au quartier de Notre-Dame mais l'église du quartier (celle de Notre-Dame donc) n'est construite qu'en 1869. On peut donc logiquement penser que la vie religieuse des TRISTAN et des HAURET s'organisait autour de l'église Sainte-Croix.

1.2. Le mariage

Jean-Alexis se marie, mais pas avec sa compagne Marthe LABORDE. Il épouse une jeune femme, Marie TRISTAN, en novembre 1813. Il a trente-deux ans et elle vingt-trois. Côté marié, seule la mère, Marie COARRAZE, est présente et consentante. Son père Raymond HAURET, cordonnier, est mort le 31 décembre 1812 à l’âge de 71 ans.

 

Le père de la mariée, Bernard TRISTAN, est lui aussi décédé, le premier janvier 1811 mais la mère est présente et consentante. Fabricant de bas, Bernard TRISTAN était devenu marchand de tabac. Petit souci d'état civil pour la maman de Marie TRISTAN : si son prénom ne varie pas dans le temps (Marie), son nom de famille change selon les actes, passant de BORDENAVE à LABORDE. Sur l’acte de baptême de sa fille Marie, qui se marie avec Jean-Alexis HAURET, son nom est « BORDENAVE» mais c’est « LABORDE» sur l’acte de mariage. Cela devient même « LABARRÈRE» sur l’acte de mariage de sa fille aînée, Marie-Jeanne TRISTAN en 1826. C’est Marie BORDE en 1787 pour le baptême de son fils Pierre mais BORDENAVE pour un autre fils, prénommé également Pierre, né en 1792 (et cela reste BORDENAVE au mariage de ce dernier en 1832). BORDENAVE encore pour les naissances et les mariages de ses enfants : Jean-Baptiste (1795), Ciprien (1799) et les naissances de Jeanne (1801) et Marie (1803).

 

On peut constater que la famille de Bernard TRISTAN et Marie BORDENAVE (et/ou LABORDE) est plutôt nombreuse : neuf enfants au moins (nous y reviendrons plus en détail dans la page consacrée au couple Bernard TRISTAN et Marie BORDENAVE).

 

Côté HAURET, Marie COARRAZE (là également, son nom de famille est orthographié différemment selon les actes avec COUARRAZE par exemple, ou avec un seul "r", un "s" à la place du "z" , etc.) a eu avec son époux Raymond HAURET au moins quatre enfants : outre le marié, Jean-Alexis, on a Pierre, né sans doute en 1776, Margueritte en 1783 et Engrâce (on retrouve ce prénom assez souvent dans la famille HAURET) en 1787. Mais je n’ai peut-être pas retrouvé toutes les naissances…

 

Revenons à notre mariage de 1813 après cette digression familiale. Jean-Alexis HAURET épouse Marie TRISTAN (orthographié TRISTANT sur l’acte), et tous les deux avec le consentement de leur mère. Ils se marient un 4 novembre. Les témoins sont deux lanéficiers (ou laneficiers). Ce mot désigne celui qui travaille et/ou commercialise la laine ; si on fait un petit peu d’étymologie, on trouve, en latin, lana : la laine, et facere : faire). Il y a également un tondeur (toujours la laine) et un cordonnier. La mariée signe de son nom, ce qui n’est pas courant pour une femme de l‘époque ; le mari signe également mais orthographie son prénom Alleixs. Sur les actes suivant, on trouve également l’orthographe Alleixis.

Extrait des registres d'état civil, Archives départementales des Pyrénées Atlantiques.

Le mariage est suivi de plusieurs naissances : le couple a neuf enfants en douze ans entre 1814 et 1826. Dans l’ordre  :

- Marie en 1814,

- Pierre-Marcel en 1816,

- Engrâce en 1817 (elle meurt deux ans plus tard),

- Marie-Jeanne en 1818 (elle vit un peu plus longtemps mais décède à l’âge de sept ans),

- Joseph en 1820,

- Jean-Jacques en 1822 (qui ne vit que deux mois),

- Jean-Ciprien en 1823 (mon ancêtre),

- Jean-Adélaïde (une fille ; je précise car le double prénom peut prêter à confusion) en 1825,

- et enfin Engrâce-Magdelaine en 1826.

 

Si l’on compte les deux petites filles qu’il a eu avec sa première compagne, Jean-Alexis HAURET a eu onze enfants et six ont atteint l’âge adulte.

📖
      Le mot de Clio sur la mortalité infantile

 

Si vous avez lu quelques pages de ce site consacré à mes familles maternelle et paternelle, vous avez pu noter que, si on fait beaucoup d'enfants avant le XXe siècle, ils ne sont pas si nombreux à atteindre l'âge adulte. La mortalité infantile (qui touche le nourrisson avant l'âge d'un an) est forte : un nourrisson sur quatre décède avant son premier anniversaire. Ces décès précoces touchent indifféremment riches et pauvres, urbains et ruraux. La mort ne frappe pas que les nourrissons ; les enfants sont également nombreux à mourir. Si nous prenons le cas d'Alexis HAURET, il perd quatre filles qui ont entre 2 et 7 ans et un nourrisson de 2 mois. Cette mortalité a des causes nombreuses : maladies, en particulier liées au froid, infections lors de blessures, épidémies (variole, rougeole, coqueluche, choléra, diphtérie...), problèmes alimentaires et sans doute également les malformations congénitales, les naissances difficiles, la prématurité...

 

C'est un phénomène banal que de voir mourir ses enfants, c'est dans l'ordre des choses. Ce n'est pas pour autant que la douleur est absente. Mais les réactions sont sans doute différentes, avec de la souffrance certes, mais beaucoup de de résignation. Pas d'indifférence, mais de la fatalité. L'individu compte moins que la lignée ; les enfants sont destinés à remplacer les aînées et pour cela, ils portent les mêmes prénoms car les parents et les grands parents sont souvent choisis comme parrain et marraine. Les prénoms des enfants décédés trop tôt sont donnés aux enfants suivants.

 

Pour ceux que cela intéresse, je vous renvoie à l'excellent article de l'historienne Marie-France MOREL dans le n°31 de la revue Spirale de 2004 intitulé "La mort d'un bébé au fil de l'histoire". Cliquez sur le titre pour vous retrouver sur le site Cairn et sur l'article en question.

1.2. "Coups et blessures" en 1832

Extrait du registre d'écrou de la maison d'arrêt d'Oloron de 1832, cote 2V2.

Archives départementales des Pyrénées Atlantiques.

L'encre est devenue très pâle avec le temps. J'ai du travailler l'image pour améliorer la lisibilité (voir dessous).

Cliquez pour agrandir l'image.

Quand Alexis est emmené à la maison d’arrêt d’Oloron sur la demande du juge d’instruction Pierre-Augustin PROHARÉ, il est "prévenu de coups et blessures". Cette demande a été faite le 16 juin 1832 si l’on en croit le registre d’écrou et elle est exécuté le jour même. C’est le gendarme DARRACQ qui a accompagné Alexis jusqu’au greffe de la maison d’arrêt pour le remettre au concierge, nommé Michel CLAUDE. Une erreur se glisse dans le registre car Alexis est présenté comme le fils de Raymond HAURET et d’une Marie LACOMME (alors que sa mère est Marie COARRAZE).

 

Il est décrit comme mesurant 1,625 mètres, ayant le nez bien fait, un visage ovale avec une grande bouche et un menton rond. Il est châtain, avec un front découvert. Ses yeux sont roux et son teint blême.

 

Il a un casquet de couleur brune (un casquet est une sorte de bonnet à visière), une veste en velours olive, un gilet en drap bleu, un pantalon en drap gris, une paire de souliers et une chemise dont la couleur n’est pas précisée.

 

Huit jours plus tard, il est noté sur le registre : « décédé le 24 juin 1832 ». De quoi est-il mort ? Rien n’est mentionné. Michel CLAUDE, le concierge, âge de 56 ans, et un maçon de 45 ans, voisin de la maison d’arrêt, signalent son décès à l’état civil à 16h ; il est mort à 6h le matin même.

 

Sa veuve, Marie TRISTAN, couturière au moment de son mariage, doit désormais subvenir aux besoins de ses six enfants. L'aînée a presque dix-huit ans et la plus jeune en a cinq.

Alexis HAURET meurt donc en maison d’arrêt en 1832 à Oloron. Que deviennent ses enfants et son épouse ? C’est avec l’acte de mariage de son fils Jean-Ciprien que j’ai pu retrouver la trace de Marie TRISTAN. Vivante et consentante lors du mariage de son fils en 1855, on signale qu’elle habite à Goes, petite commune proche d’Oloron. Et c’est donc à Goes que j’ai trouvé son acte de décès, décès qui intervient le 12 août 1859 à six heures du matin. Ce sont deux voisins, un tisserand et un terrassier qui déclare le décès à 18h. On signale qu'elle était couturière. Elle avait 69 ans bien que l'acte lui en donne 70.

Acte de décès de Marie TRISTAN

Source : Archives départementales des Pyrénées Atlantiques

2. Que deviennent les enfants de Jean-Alexis HAURET et de Marie TRISTAN ?

2.1. Six orphelins de père

Six enfants de 18 à 6 ans, désormais sans père et sans les revenus du chef de famille, dans une période où le protection sociale est inexistante. Si certaines archives départementales ont mis en ligne les recensements de population, source intéressante pour étudier, à un moment donné, la composition d'un ménage et les activités professionnelles de ses membres, les Archives départementales des Pyrénées Atlantiques ne l'ont pas encore fait. Je ne dispose donc pas de toutes les informations utiles par manque de sources.  

Je ne vais évoquer ici que les enfants survivants. Nous avons vu plus haut que la moitié des enfants de Jean-Alexis HAURET décèdent en bas âge : ce sont d'abord les deux petites filles qu'il a eu hors mariage puis trois des neufs enfants qu'il a eu avec Marie TRISTAN, son épouse. 

Quand Jean-Alexis décède en prison, les six enfants, désormais orphelins de père, ont des âges variés : 

- Marie a 17 ans, bientôt 18,

- Pierre-Marcel a 16 ans,

- Joseph en 12 ans,

Jean-Cyprien (mon ancêtre) vient d'avoir 9 ans,

- Jean-Adélaïde a 7 ans,

- Engrâce-Magdelaine a 5 ans.

 

Que deviennent-ils et pouvons-nous mesurer l'impact du décès de leur père sur leur vie ? Nous savons que Jean-Alexis HAURET est cordonnier et qu'il sait écrire (comme le montre sa signature sur les actes d'état civil), ce qui est sans doute logique pour un artisan-commerçant. Marie TRISTAN signe également son acte de mariage en 1813 (ce que ne fait qu'une femme mariée sur cinq en France en 1810) et son père était également un commerçant. L'observation de l'activité professionnelle des enfants du couple et leur maîtrise de l'écriture dans un contexte où elle n'est pas si répandue est un sans doute bon indicateur d'un éventuel déclassement social. À la veille de la Révolution française de 1789, 27 % des Français signaient leur acte de mariage pour 70 % au début 1880, avant les lois Ferry sur l'enseignement. 

Source : PÈLISSIER Jean-Pierre et RÈBAUDO Danielle, "Une approche de illettrisme" dans Histoire et Mesure XIX, 2004.  Lien vers l'article.

2.2. Enfants et descendance

2.2.1. Marie HAURET (1814-?)

C'est donc à Goès que l'on retrouve la piste de la famille HAURET après le décès de Jean-Alexis.

 

Nous reprenons le fil de notre histoire en 1835, trois ans après la mort du père de famille avec une naissance, celle de Marcel HAURET, le 2 octobre. C'est une Marie TRISTAN veuve HAURET, 45 ans, qui déclare la naissance du nouveau-né. Elle exerce, à ce moment, le métier de journalière, comme la maman de l'enfant, nommée HAURET et prénommée Catherine. Le prénom ne correspond pas vraiment mais n'oublions pas la propension des gens du Sud-Ouest à adopter des prénoms autres que ceux de l'état-civil. Sont-ce des prénoms liés au baptême ? Difficile de savoir, n'ayant jamais trouvé d'articles à ce sujet. J'ai le constat mais pas l'explication. En 1835, Marie HAURET est la seule en âge d'avoir des enfants. Ses deux plus jeunes sœurs ont respectivement 12 et 10 ans. Donc Catherine HAURET est Marie HAURET. Cela se confirme avec le décès de l'enfant le 31 octobre : la mère est appelée Marie Catherine HAURET

Je n'ai plus aucune information concernant Marie "Catherine" HAURET.

2.2.2. Pierre-Marcel HAURET (1816-?)

Je n'ai trouvé aucune information à son sujet.

2.2.3. Joseph HAURET (1820-?)

Je n'ai trouvé aucune information à son sujet.

2.2.4. Jean-Ciprien HAURET (1823-1894)

Jean-Ciprien est mon ancêtre direct et une page lui est consacré.

2.2.5. Jean-Adelaïde HAURET (1825-?)

Jean-Adélaïde n'apparait dans mes recherches qu'au moment de la déclaration de la naissance de Jean HAURET en 1851, son neveu, fils de sa jeune sœur Engrâce

2.2.6. Engrâce-Magdelaine HAURET (1826-1885)

La petite dernière de la famille meurt en 1885 à l'âge de 58 ans dans la commune de Goès, limitrophe d'Oloron au Nord. Elle exerce le métier de tisserand. En 1851, à 24 ans, elle a un premier enfant naturel prénommé Jean. L'enfant meurt rapidement, à l'âge d'un peu plus d'un mois. C'est Adélaïde HAURET qui a déclaré la naissance du garçon ; il s'agit donc de Jean-Adélaïde, sœur d'Engrâce. Elle est journalière. Le bébé décède Maison Moureu.

Dix ans plus tard, nait un deuxième enfant naturel, une fille prénommée Marie-Anna. La maison de naissance se nomme Couarazze à Haut-Lacunette dans la commune de Goès. 

Notons que les actes ne donnent pas le bon âge à la maman : 23 ans pour la naissance de Jean et 33 ans pour la naissance de Marie-Anna (au lieu de 24 et 34).

Marie-Anna HAURET, fille d'Engrâce-Magdelaine

Je n'ai aucun renseignement à propos de Marie-Anna entre son acte de naissance et la naissance de son premier enfant, une fille naturelle, Victorine (HAURET donc). L'enfant naît à 17h le 25 août 1884. C'est Engrâce-Magdelaine, la mère de Marie-Anna (et donc la grand-mère de l'enfant), qui déclare la naissance. Toutes les deux sont journalières. Marie-Anna a 23 ans. On peut noter qu'Engrâce-Magdelaine ne signe pas l'acte de naissance contrairement au maire et aux deux témoins. Marie TRISTAN, sa mère, savait écrire pourtant. Mais on voit sans doute ici les effets du déclassement social, conséquence du décès de Jean-Alexis HAURET, laissant sa femme avec 6 enfants.

 

Marie-Anna se marie le 21 novembre 1885 dans sa commune de naissance, à Goès. C'est le deuxième mariage dans la commune en 1885. Et le dernier...  Le marié à 30 ans et il s'appelle Félix MARESTIN. L'acte de mariage est rédigé avec une écriture peu lisible ; pas de chance, l'acte de naissance de Félix MARESTIN n'est pas non plus très lisible. Son père, François, est déjà décédé au moment du mariage. C'était un meunier de Sainte-Marie (avant la fusion avec Oloron en 1858) qui avait déjà 44 ans à la naissance de son fils.  La mère de Félix est déclarée ménagère et vivant à Oloron-Sainte-Marie. Son prénom est Anne-Marie sur l'acte de naissance de son fils et Jeanne-Marie sur l'acte de mariage. Son patronyme semble être DUINEDOU-LARRIEU (sous-réserve d'une lecture correcte de ma part, ce qui n'est pas garanti) ; sur Geneanet, quelques informations sont disponibles grâce au recherche d'Andrée LEPOT. Le nom de famille serait DIUDINOU et le prénom Marie-Jeanne, née le 27 octobre 1820 à Oloron-Saint-Marie et décédée dans le même lieu le 6 décembre 1904. François MARESTIN, son mari, est né en 1811 à Précilhon et décède le 17 mai 1881 à Oloron-Sainte-Marie. Leur fils, Félix MARESTIN, le sixième de neuf enfants, est né le 28 février 1855. Félix est sandalier.

 

Trois enfants au moins naissent de cette union : Célestin en 1886, Marie-Louise en 1888 et Pierre en 1893. Commençons par les garçons... Le registre matricule de chacun dresse un portrait peu avantageux.

 

  • Célestin est un forain, de taille moyenne (pour l'époque bien sûr ; il fait 1,64 m) ; ses cheveux et yeux sont châtains foncés, il a un visage osseux et un menton fuyant. Son degré d'instruction est de 2 (sur une échelle allant de 0 à 5). Mais surtout, il est atteint d'un astigmatisme hypermétropique suffisamment important pour qu'il soit dans un service auxiliaire pendant le service militaire et également pendant la Première Guerre mondiale (d'abord comme infirmier puis dans une section de C.O.A. ou de Commis et d'Ouvriers militaires d'Administration).
  • Pierre, dont la description physique n'est pas présente sur sa fiche matricule, est exempté en 1913 et en 1914. Ce n'est qu'en 1917 qu'il est mobilisé, d'abord affecté à un régiment d'artillerie (en mai) avant d'être affecté, en septembre à une section C.O.A. comme son frère. Il est déclaré définitivement inapte en septembre 1918 en raison d'un bégaiement prononcé. Il est cordonnier, comme son arrière-grand-père Jean-Alexis HAURET et semble, comme lui, avoir le sang chaud : il est condamné à deux reprises à des amendes par le tribunal correctionnel de Pau pour coups et blessures (en 1920 puis en 1923).
  • Intéressons-nous maintenant à Marie-Louise MARESTIN. Le peu de chose que j'ai pu apprendre à son propos nous est donné par son acte de naissance. C'est vers la fin du XIXe siècle que des mentions marginales apparaissent de plus en plus sur les actes de naissances et nous informe du mariage et parfois du décès de la personne. Ici, l'acte de naissance de Marie-Louise indique qu'elle s'est marié avec un dénommé Pierre BALUTEIG le 12 février 1911 à Oloron-Sainte-Marie. Cependant, je n'ai pas pu récupérer l'acte : l'état civil de la commune d'Oloron-Sainte-Marie n'est disponible que jusqu'en 1908 aux Archives départementales des Pyrénées Atlantiques. Quelques mots sur Pierre BALUTEIG grâce à  sa fiche matricule : il est né en 1887 à Oloron ; il a 23 ans au moment de son mariage et Marie-Louise en a 22. Il est tanneur puis surveillant (dans l'administration pénitentiaire). Il fait 1,60 m et il a les yeux et les cheveux noirs, un nez concave, un menton rond et un visage ovale. Son degré d'instruction est de 3. Soutien de famille (son père est décédé), son service ne dure "que" deux ans. Il est mobilisé en 1914 dans le 18e régiment d'infanterie. Caporal en 1915, il passe sergent en 1916. Il se distingue lors de la Grande Guerre par son courage et son entrain. Il est décoré à de nombreuses reprises. Il y a de nombreux papiers ajoutés à sa fiche matricule et il me semble que tous ne sont pas visibles dans les deux pages disponibles sur le site des Archives départementales.

Les actions d'éclat de Pierre BALUTEIG

Extrait de sa fiche matricule n°1510, classe 1907.

Source : Archives départementales des Pyrénées Atlantiques.

Blessé à plusieurs reprises (mais cela fait partie des éléments de la fiche qui ne sont pas disponibles), on arrive à lire qu'il a été blessé à  la main gauche. Mais à part un problème de flexion de l'index gauche, il ne semble pas avoir gardé d'autres blessures physiques. Il meurt à l'âge de 76 ans, le 31 décembre 1963, à Rennes, où il a fait l'essentiel de sa carrière de surveillant de prison.

Conclusion provisoire : beaucoup d'informations sont manquantes, plus particulièrement pour les enfants de Jean-Alexis HAURET et de Marie TRISTAN. Je n'ai pas de piste pour le devenir de  Pierre-Marcel, Joseph et Jean-Adélaïde. Je n'ai pas trouvé de mariage pour eux dans la commune de Goès, ni de décès... Les relevés des associations généalogiques et mes recherches sur Geneanet, ma bouée de secours quand je bloque sur une lignée, n'ont rien donné. Les tables décennales pour la commune de Goès ne sont disponibles que jusqu'en 1883. Je continue donc de chercher les sur les registres de l'état civil mais j'ai peu d'espoir de trouver quoique ce soit.