Pierre HOSSELEYRE et Marguerite CAZENAVE (SOSA 42 et 43)

Un petit arbre pour permettre de situer le couple dont je vais parler dans cette page.

 

Pierre HOSSELEYRE et Marguerite (ou Margueritte) CAZENAVE sont les grands-parents maternels d'Antoine "Jeanti" DUTEN, mon arrière grand-père et père de Maria DUTEN, ma grand-mère paternelle. Nous sommes dans les Landes, comme pour quasiment tous mes ancêtres paternels, à l'exception de la famille HAURET, qui vient du Béarn.  

 

Au XIXe siècle, mes ancêtres paternels sont, pour la plupart, des cultivateurs qui travaillent en métairie (c'est-à-dire qu'ils en sont pas propriétaires des terres qu'ils exploitent). Pierre HOSSELEYRE et Marguerite CAZENAVE, leurs parents et leurs enfants, ne font pas exceptions : cultivateurs et cultivatrices, de pères en fils, de mères en filles et, pour beaucoup, jusqu'au milieu du XXe siècle. Parfois, ils sont également ouvriers agricoles, résiniers, scieurs de long, pasteurs. 

1. Pierre HOSSELEYRE et Marguerite CAZENAVE : naissance, enfance et mariage

1. Margueritte CAZENAVE (1816-1905)

Margueritte (avec deux "t" donc) est née dans la commune de Bénesse-Maremne le 12 décembre 1816. Sa naissance a été déclarée par son père, Étienne le même jour. Sa maman, Étiennette DUBOSCQ, a déjà eu des enfants (au moins quatre au moment où je rédige cet article, d'après mes recherches).

Acte de naissance de Margueritte CAZENAVE

Source : Archives départementales des Landes

Ses parents se sont mariés en 1810 à Seignosse. Étienne CAZENAVE est originaire de Tosse et Étiennette DUBOSCQ a vu le jour à Seignosse. Nous sommes dans le Sud-Ouest des Landes, entre la Chalosse et l'océan atlantique. Cette région bordée au Sud par l'Adour, que l'on appelle parfois le Bas Adour, se compose du Maremne et du Marensin,  et de "pays", situés au Sud de l'Adour, qui étaient plus traditionnellement tournés vers le Sud, vers le Pays basque et le Béarn, mais qui se sont retrouvés dans le département des Landes lors de la création des départements : ce sont les pays d'Orthe, de Gosse et de Seignanx. Deux villes structurent cet espace, Bayonne et Dax.

Seignosse et Bénesse-Maremne se situent dans le canton de Saint-Vincent-de-Tyrosse (quand on était chez ma grand-mère, à Saint-Geours-de-Maremne, on disait juste Tyrosse), dans l'arrondissement de Dax. Tosse, bien que proche, se situe dans le canton de Soustons.

Margueritte vit donc dans un premier temps à Bénesse-Maremne, dans une famille de métayers, avec ses parents et ses frères et sœurs, cinq au minimum. Je dis au minimum car le premier enfant connu du couple, quand j'ai commencé mes recherches et que je regardais les généalogies disponibles sur Geneanet, à priori, était né en 1815. Pour un couple marié en 1810, cela me semblait un peu atypique... Dans une période sans réelle contraception, pour un couple d'adultes (ils ont tous les deux 21 et 22 ans au moment du mariage), j'avais du mal à croire que leur premier enfant naisse seulement en 1815 soit 5 ans après leur union. Comme je me fie assez peu aux tables décennales, qui comportent souvent des erreurs de transcription, j'ai regardé les naissances entre 1810 et 1815 dans les communes de Tosse, de Seignosse et de Bénesse-Maremne. C'est par hasard que j'ai vu dans un acte de naissance de Tosse qu'un témoin portait le nom d'Étienne CAZENAVE et qu'il habitait Angresse. Une homonymie était possible mais cela demandait une vérification. Et j'ai trouvé une naissance pour le couple d'une fille prénommait Jeanne en juin 1810. Sachant que le couple s'est marié en mars de l'année 1810, Étiennette DUBOSCQ était déjà largement enceinte de son futur époux. Bizarrerie de l'acte de naissance : la petite fille semble porter le nom de DUBOSCQ et pas celui de CAZENAVE, bien qu'Étienne CAZENAVE déclare être le père. Mais nous sommes là pour parler de Margueritte, donc nous reviendrons sur le sujet dans la page consacrée à ses parents.

 

Pour résumer, le couple a trois enfants dans la commune d'Angresse, dont deux décèdent en bas âge. Ils partent ensuite à Bénesse-Maremne où ils ont d'autres enfants (dont Margueritte) et changent encore de domicile pour s'installer à Seignosse où ils ont un dernier enfant, Antoine, en 1826. À cette date, Margueritte a 10 ans, et vit entourée de ses frères et sœurs.

 

Elle se marie une dizaine d'années plus tard. Entre ces deux dates, elle doit mener la vie classique d'un enfant de métayers plutôt pauvres, en participant à la vie agricole et aux différentes tâches de la maison, sans fréquenter l'école puisqu'elle ne sait pas écrire (ni sans doute lire).

1.2. Pierre HOSSELEYRE (1814-1870)

Acte de naissance de Pierre HOSSELEYRE

Source : Archives départementales des Landes

Quand Pierre HOSSELEYRE née à Magescq en 1814, son père, Jean HOSSELEYRE est déjà âgé avec ses 45 ans. Sa mère, Marthe DULON dite "Catherine" n'en a que 31. Son père est né à Pontonx-sur-l'Adour. On s'éloigne un peu du Maremne ; Pontonx se situe à la limite de la Chalosse et de la Grande Lande. Il se marie avec Marthe DULON à Magescq le 24 vendémiaire XIII soit, dans le calendrier grégorien, le 16 octobre 1804.

En bleu, Magescq et Pontonx-sur-Adour.

Pierre HOSSELEYRE est le sixième enfant de la famille (mais deux sont morts en bas âge, avant sa naissance). Après lui, ses parents ont encore trois enfants, dont deux filles qui meurent à l'âge de 8 et 9 ans.

 

De sa naissance à son mariage, Pierre suit ses parents dans les différentes communes où ils habitent ; parfois ouvriers agricoles mais le plus souvent métayers, ils changent de maisons et souvent de villages : d'abord dans deux maisons à Magescq, ils partent ensuite à Gourby (connue maintenant sous le nom de Rivière, Saas-et-Gourby ; il y a d'abord une première fusion en 1825 entre Rivière et Saas, puis en 1831, Gourby a également été intégrée), Saint-Vincent-de-Tyrosse et enfin Seignosse, où réside Pierre et ses parents au moment de son mariage.

1.3. Le mariage de Margueritte CAZENAVE et de Pierre HOSSELEYRE en 1839

Margueritte CAZENAVE a 22 ans quand elle épouse Pierre HOSSELEYRE, qui en a 24. Il est cultivateur et habite Seignosse comme (avec ?) ses parents. Il est probable qu'ils vivent ensemble. L'activité de métayers était souvent synonyme de famille polynucléaire où les parents, les enfants (même mariés, au moins pour un couple) exploitaient ensemble une terre et partageaient la même maison. Margueritte est déclarée "laboureuse" et vit à Tosse avec ses parents, eux aussi métayers. Il est de tradition que le mariage se déroule dans la commune de la mariée, ce qui n'est pas le cas ici. Tous les témoins sont de Seignosse et on les imagine donc plus proches de la famille de l'époux. Cependant, on peut noter que la famille CAZENAVE-DUBOSCQ se sont mariés et ont habité Seignosse dans les années 1820 avant de s'installer à Tosse et qu'ils ont noué des relations sociales sur place, ce qui explique peut-être la rencontre de Pierre et de Margueritte. C'est également la commune de naissance de la mère de Margueritte, Étiennette DUBOSCQ.

Le 22 octobre 1839, lors du mariage, les quatre parents sont présents et consentants.

2. La vie de famille de Margueritte CAZENAVE et de Pierre HOSSELEYRE

2.1. Les enfants de Margueritte et Pierre

Dans une période où il est très courant de voir des familles nombreuses, avec une dizaine d'enfants (neuf naissances pour les parents de Pierre, huit pour les parents de Margueritte), Pierre et Margueritte n'ont que trois enfants, trois filles :

- Jeanne naît en octobre 1840 ;

- Marthe naît en 1842 ;

- Jeanne naît en 1844.

Toutes les trois naissent à Seignosse.

 

Ensuite, je perds un peu la trace de Pierre, Margueritte et leurs trois filles. On sait que jusqu'en 1844, ils habitent donc Seignosse et Pierre exerce le métier de laboureur (au moins jusqu'en 1842 ; en effet, la page contenant l'acte de naissance de la deuxième Jeanne est absente du registre numérisé disponible sur le site des Archives départementales des Landes. Heureusement, la table décennale et son acte de mariage permettent de connaître avec précision sa date de naissance) ; 

Les trois dates suivantes me permettant de retrouver leur trace sont les dates des mariages des trois filles.

 

- La première Jeanne, née en 1840, se marie à deux reprises, son premier époux décédant assez rapidement. Son premier mariage a lieu en 1860 ; Pierre HOSSELEYRE et Margueritte CAZENAVE habitent à Soorts-Hossegor. Cinq ans plus tard, pour son deuxième mariage, ses parents vivent à Saubion.

- Marthe HOSSELEYRE se marie à Bayonne en 1868. À cette date, Pierre et Margueritte ont déménagé à Tosse.

-  Le mariage de Jeanne, née en 1844, a lieu à Saubion, où elle vit avec ses parents en 1866, année de son mariage.

 

Cela laisse une période de 16 ans, entre 1844 (où ils habitent Seignosse) et 1860 (où on les retrouve à Soorts-Hossegor), qui échappe pour l'instant à mes recherches. D'après leur lieux d'habitation, ils ne semblent pas sortir d'une zone située autour de Saubion.

La solution consiste à éplucher systématiquement les recensements de Seignosse, Tosse, Saubion, Soorts-Hossegor puis d'élargir, si besoin est, à Angresse, Saint-Vincent-de-Tyrosse et Bénesse-Maremne. Pour les années, il faut étudier les recensements de 1846, 1851, 1856 et 1861, voire les suivants jusqu'en 1868 où ils démangent à Tosse (ou Pierre décède en 1870) ; puis essayer de voir où Margueritte vit jusqu'à son décès en 1905 à Saubion.

Cependant, cela pose un problème de disponibilité des sources : si l'on peut accéder aux recensements des communes des Landes sur le site des Archives départementales du département, toutes les années ne sont pas disponibles. Par exemple pour Soorts-Hossegor, on passe directement de l'année 1819 à l'année 1921. Si Pierre et Margueritte y vivent entre 1844 et 1860, je n'ai aucun moyen de le vérifier. Pour les recensements de Saubion, il y a un trou entre 1872 et 1921. Bref, je chercherai si j'ai un peu de temps. 

2.2. Métiers et décès

2.2.1. Ouvriers agricoles, métayers et scieur de long

Pluriels et singulier de ce sous-titre ne sont pas une erreur. On peut distinguer, d'après les actes, les recensements et une petit connaissance de la société des Landes trois activités pour le couple. En effet, si le salariat féminin s'est développé progressivement au XXe siècle, il serait faux de penser que les femmes "ne travaillaient pas" avant. Bien au contraire. Même si le terme de "ménagère" (comprendre : femme au foyer) était très souvent utilisé dans les actes de naissances, de décès, de mariages pour caractériser l'emploi féminin, il serait faux de penser qu'elles ne participaient pas aux tâches agricoles et à toutes les tâches liées à la société rurale du XXe siècle. D'ailleurs, on observe régulièrement le qualificatif de cultivatrices ou même de laboureuses dans le descriptif du métier des mères ou épouses dans les actes. 

 

Dans la région de Pierre HOSSELEYRE et de Margueritte CAZENAVE, on pratiquait la polyculture : maïs, seigle, parfois un peu de blé, des haricots, des choux, des pommes de terre, des carottes, quelques animaux (porc, volailles, lapins) le plus souvent pour la vente et des cultures fourragères. Un peu de vigne parfois pour une petite production de vin auto-consommée.  

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      Le mot de Clio sur les agriculteurs dans les Landes au XIXe siècle                                                                                                                                                                                                                      Il est parfois délicat de parler de la société et de l'économie landaise au XIXe siècle pour plusieurs raisons. Il y a parfois une confusion entre le département dans son ensemble et l'espace territorial que l'on appelle les Landes de Gascogne. J'ai publié plus haut une carte des "pays" landais. Tous ses "pays" ont été rassemblés lors de la création des départements. Pour la constitution du département des Landes, je renvoie la curieuse ou le curieux vers la page du blog Landes en vrac intitulé "1790 la difficile création du département", très intéressant. J'avoue que je trouve dommage que l'article ne cite pas ses sources ni ne propose une petite bibliographie. Mais ça reste bien fait. Pour en venir au point essentiel, l'idée est de montrer que les "pays" rassemblés dans le département des Landes ne sont pas homogènes, dans leur histoire, leurs traditions, leur société, leur économie. On a souvent tendance à voir, quand on évoque les Landes, des pasteurs montés sur des échasses surveillant les troupeaux de moutons, remplacés ensuite par la forêt de pins après les choix économiques de Napoléon III. C'est très réducteur et cela concerne essentiellement les Landes de Gascogne, soit une partie seulement du département des Landes. Les territoires du Sud du département étaient plus orientés vers le Béarn, avec une économie agricole bien différente de celle des Landes de Gascogne, en raison de leurs terres riches. Sur le littoral, l'existence des pins maritimes depuis des centaines d'années avaient permis assez tôt l'exploitation de la résine. Et à l'est, on trouve le Bas Armagnac, pas très "landais".  

Extrait du recensement de Seignosse pour l'année 1841

Source : Archives départementales des Landes

Extrait du recensement de Saubion pour l'année 1861

Source : Archives départementales des Landes

Cet extrait montre les métiers exercés par le couple formé par Pierre HOSSELEYRE et Margueritte CAZENAVE : ouvrier, journalier, laboureuse... Voyons ce que cela signifie exactement.

On peut regrouper les personnes vivant de la terre en quatre catégories :                                                              - les plus pauvres sont les ouvriers agricoles, que l'on qualifie en "état de travail" ou "état de labeur", de journaliers, et parfois brassiers (qui vivent littéralement de leurs bras). On peut distinguer le domestique, souvent un homme célibataire, qui vit avec la famille qui l'emploie, très jeune ou âgé. Mais cela peut être également un père de famille qui loue sa force de travail selon les besoins à plusieurs cultivateurs.                - Le métayer loue l'exploitation dans laquelle il vit, contre une part de la récolte, souvent 50 % ou plus de la récolte, parfois jusqu'à 70%. Leur niveau de vie est très modeste.                                                                           - Le propriétaire exploitant, le plus souvent, à un niveau de vie qui n'est pas bien meilleur que celui du métayer, en cette période où les parcelles sont de petites tailles. On est surtout dans une production d'autoconsommation  et où les surplus, quand il y en a, permettent une commercialisation. Mais le petit propriétaire exploitant peu aussi louer sa force de travail à d'autres cultivateurs pour compléter ses revenus. La seule distinction avec les métayers est l'habitation, plus grande, avec un auvent en façade. Une dizaine de pièces en moyenne caractérise ces maison contre six environ pour les métayers et quatre pour les ouvriers agricoles.                                                                                                                                                        - Le propriétaire non-exploitant loue ses parcelles aux métayers et exercent une forte influence sociale. Ils vivent dans le bourg, voire dans une grande ville

Pierre HOSSELEYRE est qualifié d'ouvrier mais le plus souvent de scieur de long dans les actes de mariage de ses trois filles. Avec le développement du chemin de fer et la possibilité accrue d'échanges des matières premières, l'exploitation des pins, pour le bois et la résine se développe.Le drainage des zones humides et la plantation des pins permet à la sylviculture de se développer. Les besoins de l'industrie en bois et en résine entraîne l'essor des métiers du bois et du gemmage pour récolter la résine. Les gemmiers ou gemmeurs ou encore résiniers sont souvent des métayers pour qui la récolte de la gemme procure un revenu en argent à côté du travail de la terre qui fournit les produits nécessaires à la consommation de la famille. L'aspect négatif de cette évolution est la conséquence de la loi de 1857 qui a entraîné la privatisation des communaux, leur achat par de grands propriétaires, des notables, des industriels, des membres de professions libérales, des artisans, des commerçants, qui sont intéressés par cette sylviculture spéculative. Or, ces communaux servaient de pâtures aux élevages de moutons, essentiels pour la production de fumure et la fertilisation des sols. Cette privatisation des communaux va entraîner un essor de l'exode rural de petits-propriétaires-exploitants et favoriser la concentration foncière.

 

Cependant, parlons un peu du métier de scieur de long, but premier de ce paragraphe. C'était un dur métier. Les journées étaient longues, parfois jusqu'à 16h de travail quotidien. Ils étaient deux, l'un en équilibre précaire sur le chevalet (la "chèvre"), l'autre au sol, les yeux en l'air, sous la sciure de bois. Ils débitaient des planches, des poutres, des traverses de chemin de fer. Ils seront remplacés à la fin du XIXe siècle par des scies mécaniques.

2.2.2. Les décès de Pierre HOSSELEYRE et de Margueritte CAZENAVE

Les décès ont lieu à 35 ans d'intervalle. Pierre meurt assez jeune, à 56 ans, à la fin de l'année 1870, à Tosse. Margueritte reste veuve jusqu'en 1905, quand elle décède à Saubion. Elle a 88 ans.

Acte de décès de Pierre HOSSELEYRE

Source : Archives départementales des Landes

Acte de décès de Marguerite CAZENAVE

Source : Archives départementales des Landes

3. Les enfants de Pierre HOSSELEYRE et de Marguerite CAZENAVE

Nous l'avons vu plus haut, Pierre et Marthe ont trois enfants, trois filles. Que deviennent-elles ?

3.1. Jeanne HOSSELEYRE (1840-1917)

Jeanne HOSSELEYRE est mon ancêtre directe. Elle épouse Pierre DUTEN en 1865 (ils sont veufs tous les deux malgré leur jeune âge) et, parmi les sept enfants qu'elle a avec Pierre, elle accouche en 1873 d'Antoine DUTEN, mon arrière grand-père (père de ma grand-mère paternelle, Maria DUTEN dite Jeanne). Elle meurt en 1917, deux mois avant le décès de son mari.

3.2. Marthe HOSSELEYRE (1840-1907)

3.2.1. Enfance et mariage de Marthe HOSSELEYRE

Comme pour quasiment tous mes ancêtres ou mes cousins éloignés du XIXe siècle, je ne sais rien sur leur vie ou leur enfance. Parfois, certaines informations nous parviennent grâce à des sources conservées aux Archives départementales, en particulier les registres militaires contenant les fiches matricules des jeunes garçons de 20 ans à partir, plus ou moins du XIXe siècle. Hélas (pour l'obtention des informations), les filles ne faisaient pas leur service militaire.

 

Pour Marthe HOSSELEYRE, en dehors de sa naissance en 1842 à Seignosse, à maison Cricon, le 17 octobre à cinq du matin, je ne sais pas grand-chose. On peut relever la modestie des témoins qui accompagnent son père, Pierre HOSSELEYRE, au moment de la déclaration de naissance. Un pâtre de 39, Jean BARADA (le terme de pâtre est rare dans les actes des Landes, où l'on trouve plus volontiers le terme de pasteur) et un domestique, Etienne LAHARY, âgé de 24 ans. Si vous avez lu plus haut ce que j'ai écrit sur la société landaise au XIXe siècle, vous savez qu'un domestique désigne en fait un ouvrier agricole célibataire qui vit avec la famille pour laquelle il travaille. C'est un aperçu des liens sociaux de Pierre, lui même ouvrier agricole, métayer, scieur de long mais, dans tous les cas, un manuel au travail dur et précaire, l'obligeant à déménager assez souvent au cours de sa vie, à la recherche d'un emploi ou de meilleures conditions de vie.

 

Je ne sais pas exactement quand, mais Marthe s'installe à Bayonne pour y exercer la fonction de cuisinière. Elle vit maison Darmagnac, rue Saint-Catherine, dans le quartier de Saint-Esprit, situé au Nord de l'Adour. C'est un quartier orignal : il est séparé de Bayonne en 1792 pour devenir une commune portant le nom de Jean-Jacques Rousseau, dans le département des Landes. C'est en 1857 que la commune est de nouveau intégrée à Bayonne et donc au département des Basses Pyrénées. C'est le quartier où s'installent les juifs séfarades fuyant l'Espagne et le Portugal au XVe et XVIe siècles. On leur doit le développement des activités liées à la production de chocolats de qualité. C'est également un quartier portuaire et la zone où est construite la gare de Bayonne.

 

C'est là que Marthe fait la connaissance d'un tonnelier, habitant rue Saint-Catherine également, Jean Gentil DUPAY. Plus jeune que son épouse de quatre ans (elle a 26 ans et il en a 22), son père, François DUPAY est décédé quelques années plus tôt en 1856 ; sa mère, Salvate DUPUJOLETS, ménagère, est présente au mariage. Pierre HOSSELEYRE et Margueritte CAZENAVE sont également présents et consentants. Jean Gentil DUPAY a été dans l'armée puisqu'en 1871, lors de la naissance de son premier enfant, l'acte de naissance le précise. Mais les registres militaires sur le site des Archives départementales des Pyrénées Atlantiques ne sont numérisés qu'à partir de 1878. Concernant l'acte de mariage, on peut souligner que si l'époux signe, ce n'est pas le cas de Marthe, "n'ayant pas su".

 

Le couple a, au moins, trois enfants :

- François naît le 2 mars 1871 à 18h. C'est une sage femme qui déclare la naissance du bébé deux jours plus tard. Le père, tonnelier, est à l'armée d'après l'acte de naissance. L'enfant est né maison Darmagnac où vivait Marthe au moment de son mariage et elle est qualifiée de ménagère. Nous sommes toujours rue Sainte-Catherine, dans le quartier de Saint-Esprit à Bayonne.

- C'est à Bordeaux que naît le deuxième enfant du couple, une fille, Marguerite Euphrasie, le 7 janvier 1874, au domicile de ses parents. Là encore, c'est une sage-femme qui déclare la naissance deux jours plus tard. Ils habitent au n°5 de la rue Deyries, près du cours de la Somme, entre le quartier Nansouty et le marché des Capucins. Marguerite porte le prénom de sa grand-mère maternelle, Marguerite CAZENAVE. Euphrasie est un prénom d'origine grecque signifiant "gaité, joie" (je découvre le prénom) ; je en sais pas où les parents ont été chercher un tel prénom. Dans les Misérables de Victor Hugo, car c'est le véritable prénom de Cosette ? Sans doute pas. Marthe ne sait visiblement ni lire ni écrire et, on le verra plus tard, la lecture ne semble pas être le loisir préféré de Jean Gentil (qui porte bien mal son second prénom).

- Le 11 juillet 1877, c'est toujours une sage-femme qui déclare la naissance de Marthe Léonie, deux jours après la naissance de la fillette au domicile de ses parents, au 99 rue Grateloup. Le couple s'est rapproché du quartier Nansouty. C'est un quartier qui, à l'époque, est encore assez rural, avec des vignes et des château viticole. Un tonnelier y a donc parfaitement sa place.

 

Notons que sur les deux derniers actes de naissance, le patronyme de Marthe est orthographié OSSELEYRE sans le H au début.

 

D'après le jugement de divorce (dont nous parerons plus bas), le couple a eu cinq enfants. Il m'en manque deux. En 1887, trois sont vivants, ceux que j'ai évoqué plus haut. Il me reste donc à trouver les deux enfants qui n'ont pas survécu.

3.2.2. Vingt ans de souffrance avant le divorce

Le tribunal civil de Première Instance du département de la Seine, lors de l'audience du lundi 28 novembre 1887, prononce le divorce de Marthe HOSSELEYRE et de Jean Gentil DUPAY. À cette date, tous les deux habitent Paris. Marthe au 76, boulevard de la Gare (apparemment le domicile conjugal) et son époux au 148, rue Chevaleret. 

 

Pour quel motif divorcent-ils ? Avant de répondre à cette question, faisons un peu le point sur le divorce en France, au moins jusqu'en 1887.

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      Le mot de Clio sur le divorce en France au XIXe siècle                                                                                                                                                                                                                                     L'instauration du divorce en 1792                                                                                                                                  À l'époque de l'ordre ancien, ou de ce que l'on appelle l'Ancien régime, le mariage était un sacrement religieux (catholique pour l'essentiel des habitants du royaume) et donc indissoluble. C'est en devenant un acte civil, un contrat, que les législateurs de l'Assemblée, le 20 septembre 1792, laïcise le mariage et donne donc la possibilité de rompre ce contrat civil avec le divorce. On peut toujours se marier religieusement mais ce mariage n'a plus de valeur juridique.                                                                                                      Pourquoi divorcer ? Plusieurs cas sont prévus par la loi du 20 septembre 1792. Au nom de la liberté individuelle, le premier motif pour lequel le divorce peut être prononcé est l'incompatibilité d'humeur ou de caractère, demandé par un des deux époux. On peut également divorcer par consentement mutuel (et je précise que je parle toujours de la législation de 1792) ou pour "causes déterminées" qui sont soit des fautes (les crimes, les sévices, les injures graves, le dérèglement des mœurs notoire, l'abandon pendant deux ans au moins), soit des conditions suspensives au contrat de mariage (la démence du conjoint, , une condamnation à une peine afflictive ou infamante, son absence de nouvelles pendant cinq ans au moins, son émigration). Pour rendre accessible le divorce sans se lancer dans de lourdes procédures, c'est devant un tribunal de famille, constitué de proches, que se présente les époux. Cependant, c'est un officier civil qui prononce le divorce après observation des pièces justificatives. Les enfants sont confiés à la mère : les filles tout le temps et les garçons jusqu'à sept ans. Ensuite, ils sont remis au père.                                                                                                                                                                                                                                              La remise en cause du divorce                                                                                                                                       Cette législation très progressiste, qui trouve un écho dans la population (un mariage sur trois aboutit à un divorce, et pour les deux tiers, à la demande de l'épouse) est hélas progressivement remise en cause avec le retour du conservatisme, d'abord avec la République thermidorienne, puis l'arrivée au pouvoir de Napoléon BONAPARTE et enfin la Restauration qui marque le retour de la monarchie en 1815.                        En 1804, le code civil déclare que le mariage est "un contrat perpétuel par destination". Les mobiles permettant le divorce sont limités : désormais, on ne peut divorcer que pour adultère, sévices et injures graves, condamnation à une peine infamante. Pour l'adultère, précisons qu'il y a dysmétrie entre l'homme et la femme : l'adultère de la femme est sanctionné mais pour l'homme, c'est uniquement s'il entretient sa maîtresse au domicile conjugal... Le divorce par consentement mutuel est lui aussi encadré par des règles très limitatives : plus de deux ans de mariage et moins de 20, accord des parents, etc. La pratique du divorce est également limitée par la suppression des tribunaux familiaux. Désormais, la procédure est aussi longue que couteuse.                                                                                                                                               Avec la Restauration, le divorce est interdit à la suite d'une loi proposée par Louis DE BONALD, votée à une écrasante majorité (toutefois, il faut préciser que peu de Français avait le droit de vote ; le suffrage était censitaire et seul les plus riches votaient et pouvaient être élus). Il faut attendre 1884 pour que les députés de la IIIe République rétablissent le divorce, mais de façon bien moins libérale qu'en 1792.                                                                                                                                                                                                                                La loi du 27 juillet 1884 ou loi Naquet (du nom du député Alfred NAQUET)                                                            La loi ne retient que trois motifs au divorce, assez proches de celles prévues par le code civil en 1804 :            - excès, sévices et injures graves ;                                                                                                                                    - peine infamante ;                                                                                                                                                              - adultère (qui vaut une peine de prison à l'épouse et simplement une amende au mari).                                                                                                                                                                                                                                Le nombre de divorce à partir de 1884                                                                                                                          On compte 3 000 divorces environ en 1886 et 8 220 en 1900. Le chiffre monte à 27 056 en 1938. De nous jours, on compte (en moyenne) 130 000 divorces par an.
Source principale : VEILLON Didier, "Le divorce en France du code civil 1804 à la loi de mai 2004", Slovenian Law Review, University of Ljubljana Faculty of Law, 2006, III (1-2), pp.45-62

Revenons au divorce de Marthe en 1887. Sur les trois motifs possibles pour divorcer selon la loi de 1884, Jean Gentil DUTEN et coupable du premier et du troisième. Violent et adultère, il a fait vivre un enfer de 20 ans à son épouse. Proposons un extrait de la transcription du jugement du divorce disponible sur les registres d'état civil de Bayonne, concernant les actes de mariages (les divorces sont inscrits dans le registre des mariages).

 

"la demanderesse se voyait aujourd'hui dans la pénible nécessité de demander son divorce et qu'elle appuyait notamment sa requête sur les faits suivants.

1. Dès le début du mariage, le caractère violent et emporté du sieur DUPAY avait provoqué dans le ménage les scènes les plus pénibles ;

2. qu'il entrait sous le plus futile prétexte dans des colères épouvantables durant lesquelles la vie même de la demanderesse et celle de ses enfants du être bien souvent exposée ; qu'il rentrait ivre presque journellement et dépensé ainsi dans les cabarets le peu d'argent qu'il gagnait par son travail. Il laissait sa femme subvenir seule aux besoins du ménage. Il n'avait pas tardé non plus à découcher fréquemment sans chercher à donner un prétexte quelconque à la suite de ses absences. Il ne répondait aux reproches que par des injures et des coups.

3. Pendant plus de 20 ans, la vie de la demanderesse n'avait été qu'un long martyr ; frappée par son mai avec la dernière violence, elle ne parvenait pas toujours à protéger ses enfants contre lui et avait été maintes fois impuissante à les soustraire à sa rage.

4. Au mois de septembre dernier, au cours d'une scène plus terrible encore que de coutume, elle avait reçu en plein visage un coup de poing qui l'avait renversé par terre.

5. Enfin, le sieur DUPAY avait quitté le domicile conjugal et passait ses nuits dans les endroits les plus mal famés, toujours en compagnie de femmes prostituées ; sa fille âgée de 14 ans l'avait rencontré dans la rue dans un état d'ébriété manifeste, donnant le bras à une fille publique ; que tous ces faits constituaient au plus haut point les excès, sévices et injure grave de nature à à motiver la demande en divorce".

 

Contrairement à son épouse, Jean DUPAY n'a pas d'avocat et ne se présente pas au tribunal. Il n'a pas la garde de ses enfants (mais le demande-t-il ?) et est condamné à verser une pension annuelle de 700 Fr. Bien triste personnage et bien triste mariage.

 

Petite anecdote : l'avocat de Marthe HOSSELEYRE est Prosper MARTIN DU GARD, père de l'écrivain Roger MARTIN DU GARD, né en 1881.

3.2.3. Le décès de Marthe HOSSELEYRE

Acte de décès de Marthe HOSSELEYRE

Sources : Archives de Paris

Marthe décède le 26 avril 1907 à Paris, dans le XIIIe arrondissement. Divorcée à 45 ans, elle a donc vécu jusqu'à 64 ans. Nous pouvons espérer que ses 20 dernières années furent meilleures que ses 20 années de mariages avec son alcoolique et violent époux. Elle habitait près de son fils, au 10 de la rue Domrémy, et lui au 12 de la même rue. Ce sont deux immeubles où chacun devait avoir un appartement. Son fils, François DUPAY, tonnelier comme son père, est un des deux déclarants du décès.

3.2.4. Que deviennent les enfants de Marthe HOSSELEYRE ?

D'après l'acte de divorce, Jean Gentil DUPAY et Marthe HOSSELEYRE ont eu cinq enfants dont trois sont encore vivants en 1887. ce sont les trois dont j'ai identifié la naissance. Il est fort probable que les autres naissances aient eu lieu à Bayonne, Bordeaux ou Paris, soit trois villes importantes d'un point de vue démographique, ce qui rend très (très) laborieux la recherche des actes, même par l'intermédiaire des tables décennales. J'avoue ne pas avoir le courage de me lancer, pour l'instant, dans ces fastidieuses recherches.  Je vais donc me contenter des trois enfants de Marthe que je connais.

 

François DUPAY (1871-1842)

est né à Bayonne en 1871. Il doit logiquement suivre ses parents à Bordeaux. À 20 ans, il est inscrit dans les registres militaire à Paris. Il habite au 16, boulevard de la gare où il est tonnelier. pas de description physique pour lui en dehors de sa taille : 1,82 m soit un géant pour l'époque où la moyenne de la taille des garçons français de 20 ans ne dépasse pas 1,64 m. Il est tonnelier comme son père. Visiblement, il ne fait pas son service militaire car aucun renseignement n'est disponible. Il ne semble intéressé l'armée qu'en 1914 ; il est alors classé en service auxiliaire. Il est détaché dans les établissements De Dion Bouton, un fabricant de voiture, qui, pendant la Grande Guerre produit des obus, des véhicules et des moteurs d'avions. Il est ensuite détaché dans l'entreprise Panhard-Levassor, qui fabrique des véhicules militaires. En 1917, il rejoint le 6e régiment de Dragons. Il est libéré de ses obligations militaires le 15 novembre 1918.                                                                                                             

Il s'est marié en octobre 1901, à l'âge de 30 ans, avec Marie DUPAY, 19 ans, née à Biarritz en 1882, qui vit avec sa mère (son père est décédé) à Paris dans le VIIIe arrondissement, où a lieu le mariage. Il n'aura échappé à personne que les deux époux partage le même patronyme. Ce qui n'est pas un hasard. Marie DUPAY est la cousine germaine de François. Leur père son frère. Notons également que le père de François, Jean Gentil DUPAY est présent au mariage. Il vit désormais à Rouen. Bien qu'habitant à Paris, Marthe HOSSELEYRE n'est pas présente. Son consentement a été donné par acte devant un officier d'état civil. Je n'ai pas trouvé d'enfant au couple mais comme ils habitent Paris, il est fort possible que mes recherches ont été incomplètes. Dans les recensements de 1926 à 1936, le couple vit seul. Mais si un enfant est né rapidement après le mariage, il a  pu partir du domicile parental avant 1926.

                                                                                 

François DUPAY décède en 1842, toujours dans la ville de Paris et dans le XIIIe arrondissement à son domicile au 11 rue de Reims. Il avait 70 ans.

 

Marguerite Euphrasie DUPAY (1874-?)

Marguerite née à Bordeaux en 1874. Elle doit suivre ses parents à Paris, où on la retrouve en 1893, exerçant la fonction de domestique. Elle a 19 ans et accouche de son premier enfant, qui se prénomme Pierre. Il porte le de famille de sa mère (DUPAY) car c'est un enfant naturel qui n'a pas de père nommé. Il est déclaré dans la mairie du Ve arrondissement. Il est né non pas au domicile de sa mère mais au domicile de la sage-femme qui a pratiqué l'accouchement, Mme Léonie DABRIGEON, 72 ans et qui demeurent au 5, rue des Feuillantines (dans le Ve arrondissement donc). Marguerite, elle, habite au 67, rue de Clisson, dans le XIIIe arrondissement. Elle reconnait son fils à la mairie de son domicile quelques jours plus tard, le 21 avril 1893. Notons que sur l'acte de reconnaissance, Marguerite Euphrasie DUPAY signe "Jeanne Marguerite" DUPAY.

Je ne sais pas du tout ce que devient Pierre DUPAY. Je n'ai pas trouvé de fiche matricule à son nom dans les registres militaires de Paris et pas d'acte de décès non plus (tout au moins dans le XIIIe arrondissement entre sa naissance et 1912 et dans le XIe où sa mère habite en 1900). Il n'est pas non plus mentionné dans l'acte de mariage de sa mère.

 

Marguerite DUPAY se marie donc en 1900. Elle habite désormais dans le XIe arrondissement mais se marie dans le XIIIe où réside son futur époux. Celui se comme Pierre CONRAD. Il est né en 1868 dans la commune de Niderviller qui se situe en Moselle aujourd'hui mais qui était dans la Meurthe-et-Moselle à l'époque, la Moselle ayant, en grande partie, été annexée par l'Empire allemand en conséquence de la défaite de Napoléon III à Sedan et du traité de Francfort de 1871. Pierre CONRAD a 31 ans et il exerce le métier charretier ou de cocher livreur.  Il mesure 1,57 m. C'est un blond aux yeux gris. À 20 ans, si l'on en croit sa fiche matricule, il était garçon de magasin. Son père, Jacques CONRAD, originaire de Niderviller, est décédé en 1879 à Paris à l'âge de 34 ans. Sa mère, Madeleine RAUCH, assiste au mariage. Marguerite a 26 ans et est qualifiée de garde-malade. Son père assiste au mariage ; sa mère a donné son consentement par notaire. Sans doute en conséquence de leur divorce, Marthe HOSSELEYRE n'assiste à aucun mariage de ses enfants à l'inverse de son ex-époux. Considérant qu'il était notoirement violent avec elle et ses enfants, ceux-ci ne sont guère rancuniers... 

Parmi les témoins du mariage, on retrouve des frères trois frères du marié : Charles, Henry et Émile CONRAD (respectivement employé, robinetier et lamineur) et son beau-frère Camille SCHELDERVAERT, peintre. UN beau-frère récent puisqu'il se marie le jour même avec Louise CONRAD, sœur de Pierre. C'est donc un double mariage : 11h15 pour l'un, 11h20 pour l'autre. Pierre CONRAD est un des témoins de son beau-frère.

 

Pas de chance pour Marguerite, son époux meurt quelques années plus tard, en 1906, à son domicile du 125, boulevard Voltaire. Il avait 37 ans. Je ne sais rien de plus concernant la vie de Marguerite Euphrasie DUPAY.

 

Marthe Léonie DUPAY (1877-?)

Comme sa sœur Marguerite, Marthe voit le jour à Bordeaux. Et comme sa sœur, on la retrouve à Paris où se sont installés ses parents et où sa mère, Marthe HOSSELEYRE, a obtenu le divorce en 1887. Elle a21 ans (nous sommes donc en 1899) quand elle se marie avec un jeune homme de 26 ans, qui est originaire du Mans mais qui exerce désormais sa profession d'ébéniste à Paris. Alfred, Jules, Théodore DELIGNÉ mesure 1,77 m, à les cheveux châtains et les yeux gris. Il est le fils naturel de Marie DELIGNÉ. Au moment de son service militaire, à 20 ans, mère et fils habitent dans le Ve arrondissement de Paris. Il fait un service court dans l'artillerie à pieds, étant soutien de famille (de sa mère car il n'est pas marié).

 

C'est en 1899, le 3 juin exactement, que Marthe DUPAY et Alfred DELIGNÉ se marient. Marthe est employée à l'assistance publique. Elle habite au 47, rue Jacob, dans le VI e arrondissement où se déroule le mariage. Pour les parents, sont présents la mère de l'époux, qui a fait le déplacement bien qu'habitant désormais Monte Carlo ; Jean Gentil DUPAY est présent mais son ex-épouse, Marthe HOSSELEYRE, a donné son consentement par acte notarié. Elle n'a assisté à aucun des mariages de ses trois enfants. Parmi les témoins, on note un ami et un beau-frère (François DUPAY, le frère de Marthe Léonie) pour l'époux ; pour l'épouse, deux amis.

 

Il était temps de se marier car trois mois et demi plus tard, le 15 septembre 1899, Marthe Léonie accouche d'une petite fille, Hélène Amandine. Elle accouche au 47, rue Jacob, où elle habitait avant son mariage mais vit rue des Feuillantines, au n°16, domicile de son mari au moment du mariage. Le déclarant et les deux témoins sont tous employés et vivent au 47, rue Jacob. C'est en fait l'adresse de l'hôpital de la Charité où Marthe Léonie est infirmière.

 

Le couple a un deuxième enfant en 1903. Cette fois, il s'agit d'un garçon prénommé Robert, Gentil.