La famille Gourdon-Matigné

Mise à jour en juin 2019

Biron, Tanzac, Mazerolles, Sainte-Lheurine, Saint-Seurin-de-Palenne, Saint-Martin, Jazennes...

 

Depuis la fin du XVIIème siècle, les ascendants de Marcel Gourdon (pour mémoire, c'est mon arrière grand-père et le grand-père maternel de ma mère, Lucienne MURAT) sont tous issus d'une petite région de Charente-Maritime située autour de la ville de Pons et tous sont paysans (ou presque) ; finalement, Marcel GOURDON sera un des premiers à devenir urbain et à quitter la région familiale pour des raisons que j'ignore. Mais d'abord, rendons à César ce qui lui appartient. Je n'ai pas eu besoin de  faire toutes les recherches sur cette branche familiale car une cousine lointaine, que je ne connaissais pas, avait déjà fait une très grande partie du travail que j'ai trouvé sur le site Geneanet. Je l'ai contacté pour la remercier et pour l'informer que je pillais honteusement le fruit de ses efforts. Merci donc à Christiane BÉGARD.

Source de carte : site Carto-Mondo.


Petit arbre généalogique de la descendance partielle de Marcel GOURDON
Petit arbre généalogique de la descendance partielle de Marcel GOURDON

1. Martial GOURDON et Clémence MATIGNÉ, parents de Marcel GOURDON

Marcel GOURDON est l'aîné des trois enfants de Martial GOURDON et de Clémence MATIGNÉ. Martial, le papa donc,  est cultivateur dans le village de Biron dans une ferme située au lieu dit "Chez Gautier". Au vu des cartes des environs de Pons, l’appellation "Chez ..." pour désigner un lieu dit semble assez courante.

Martial GOURDON est né à Tanzac le 1er juillet 1836 ; c'est son épouse, Clémence MATIGNÉ, qui est originaire de Biron et qui nait "Chez Gautier" en 1841, le 22 avril. Les parents de Martial étaient cultivateurs, comme ceux de Clémence (même si son père a également été domestique) ; ce dernier, Nicolas MATIGNÉ, vit à Biron au lieu-dit "Chez Gautier" jusqu'à sa mort en 1872. Et c'est donc dans ce même lieu-dit que vivent sa fille et son gendre. C'est une région viticole et il y a de très fortes chances pour que ce soit la production principale de Martial GOURDON et de son beau-père. D'autant que Marcel GOURDON, fils de Martial et petit-fils de Nicolas MATIGNÉ devient employé de chai.

Extrait du cadastre napoléonien 1813, commune de Biron (section BU, 3P5220/05).

Source : Archives départementales de Charente Maritime.

On peut voir que le lieu-dit ou le hameau Chez Gauthier est situé à l'ouest du bourg de Biron.  

1.1. Le mariage de Martial GOURDON et de Clémence MATIGNÉ

Martial GOURDON et Clémence MATIGNÉ se marient le jeudi 22 novembre 1862. Il a 26 ans et elle en a 21. Ils ont fait rédiger un contrat de mariage le 21 octobre chez maître Chaumars, notaire à Pons. Les bans ont été publiés à Biron, commune de l'épouse et à Echebrune où réside Martial, au lieu-dit "Figers" ; les deux communes sont d'ailleurs limitrophes. Les témoins sont tous de Biron, trois demeurant "Chez Gauthier" (un instituteur et deux cultivateurs) et un habitant au lieu dit "La Font des Noyers". Les parents de Martial, Jean GOURDON et Marguerite LORENCEAU, sont présents et consentants de même que Nicolas MATIGNÉ, le père de la mariée. La maman de Clémence, Henriette BRUNG, est, elle, absente : elle a trouvé la mort deux ans après la naissance de Clémence, en 1843. Son père est remarié avec une dénommée Marguerite BOUCHET.

 

Les deux jeunes époux vivent donc au lieu dit chez Gautier, à Biron et vont donner naissance à trois enfants :

  • Marcel (mon ancêtre) le 13 septembre 1863 ;
  • Émile le 4 mars 1866 ;
  • Espésie Rose le 6 mai 1868.

 

Et c'est tout car Martial meurt l'année suivante, le 23 août 1869, laissant Clémence veuve avec 3 enfants en bas âge (6, 2 et 1 an). De quoi meurt-il ? Mystère.

Arbre ascendant de Marcel Gourdon (extrait)

1.2. Les ascendants de Marcel GOURDON : la branche paternelle

Son père ( pour rappel) :

  • Martial GOURDON est né le 1er juillet 1836 à Tanzac et décède le 23 août 1869 à Biron à 33 ans. Il était cultivateur. C'est son beau-père et un instituteur du primaire, voisin de 65 ans, qui déclarent le décès. Cet instituteur, Jean BAURÉ, a été un des témoins du mariage de Martial, de la naissance de Marcel, et du décès du beau-père, Nicolas MATIGNÉ.

 

Ses grand-parents paternels :

  • Jean GOURDON est né le 17 octobre 1790 à Mazerolles et décède à Pons en 1865 à l'âge de 74 ans. Il était également cultivateur. Il s'était marié le 16 septembre 1817 à Tanzac, à l'age de 26 ans avec :
  • Marguerite LORENCEAU, née le 9 avril 1798 à Tanzac ; elle décède le 30 décembre 1874 à l'âge de 76 ans. Elle a eu neuf enfants entre 1818 (elle a 20 ans) et 1843 (elle en a 45), six garçons et trois filles. Martial est l'avant dernier.

 Les arrière-grands-parents paternels :

  • Nicolas GOURDON s'est marié le 30 mai 1786 à Pons et décède le 26 novembre 1809 à Mazerolles ; son épouse est Marguerite CHARRIER.
  • Pierre LORENCEAU est sans doute né en 1768 ; il a 25 ans quand il se marie le 23 décembre 1793 à Tanzac. Il décède à l'âge très respectable de 82 ans le 13 janvier 1850. Son épouse Marguerite BRAND est morte en 1812.

1.3. Les ascendants de Marcel GOURDON : la branche maternelle

Sa mère (pour rappel) : 

  • Clémence MATIGNÉ est né à Biron, le jeudi 22 avril 1841. Elle décède dans la même commune entre 1903 et 1909 mais la table décennale ne me permet pas plus de précision (il manque la fin de la date) et il n'y a pas de registre accessible en ligne après 1900 pour Biron sur le site des Archives départementales de Charente-maritime.

Ses grands-parents maternels :

  • Nicollas/Nicolas MATIGNÉ est né le 4 décembre 1807. Selon les périodes, il est cultivateur, domestique voire sans emploi. Il est originaire de Sainte-Lheurine mais c'est dans la commune où vit de sa fiancée, Henriette BRUNG, à Biron, qu'il se marie. Après le décès de celle-ci, il épouse en seconde noce Marguerite BOUCHET. Il meurt à Biron à l'âge de 64 ans.
  • Henriette BRUNG a 20 ans quand elle se marie avec Nicolas qui lui en a 12 de plus ; nous sommes en février 1840. La petite Clémence naît 14 mois plus tard. Hélas, Henriette meurt deux ans après, en 1843. Elle n'est pas originaire de Biron ; elle a vu le jour à Saint-Seurin-de-Palenne, petite commune qui, même au plus fort de son expansion démographique, au XIXe siècle, n'a pas dépassé les 300 habitants.

Ses arrières grands-parents maternels :

  • D'un côté, nous avons le couple Pierre MATIGNÉ et Marie-Anne GIRARD sur lesquels je n'ai pas encore beaucoup d'informations (ce qui est un euphémisme).
  • De l'autre, Pierre BRUNG est l'époux de Madeleine RIGAUD (ou parfois RIGAULT).

1.4. Clémence MATIGNÉ aveugle

Martial GOURDON a eu trois enfants avec Clémence avant de trouver la mort à 33 ans, laissant celle-ci (involontairement bien entendu) aux bons soins (on l'espère en tout cas) du père de cette dernière et de sa marâtre (sans sens péjoratif).

Cherchant d'autres informations sur les MATIGNÉ et les BRUNG de Biron, j'ai regardé les recensements de la commune. Le plus ancien date de 1851. Clémence a 10 ans. Sa maman est décédée et son père, Nicolas MATIGNÉ vit avec sa nouvelle épouse, Marguerite BOUCHET.

Extrait du recensement de Biron de 1851.

Source : Archives départementales des Charentes Maritimes.

Cote : 8 M 2/5

Nicolas MATIGNÉ est voisin de son ancienne belle-famille ; Pierre BRUNG et Magdelaine (sic) RIGAUD sont les parents de la première épouse de Nicolas, décédée en 1843, Henriette BRUNG, mère de Clémence. Cette dernière semble être fille unique ; Nicolas n'a visiblement pas eu d'enfant avec sa nouvelle épouse, Marguerite BOUCHET. Ils sont "cultivateurs journaliers", c'est-à-dire qu'ils n'exploitent pas leur propre terre.

Chez les BRUNG-RIGAUD, le fils Jean et son épouse Marie sont également journaliers. À 63 ans,  Magdelaine, la mère, est marchande de moules (n'oublions pas la proximité de la mer). Aucune activité n'est mentionnée pour le père, Pierre.

Témoin des naissances, des mariages et des décès de la famille, l'instituteur de la commune, Jean BAURÉ habite également au lieu-dit "Chez Gautier"..

Le recensement de 1851 en France présente la particularité de proposer des informations (en tout cas, les rubriques sont présentes et donc le recueil d'informations est possible) concernant les "maladies et infirmités apparentes". Découvrons le document :

Extrait du recensement de Biron de 1851.

Source : Archives départementales des Charentes Maritimes.

Cote : 8 M 2/5

Il y a deux catégories pour les situations de handicap visuel (aveugles et borgnes) et une seule catégorie pour les sourds et muets (deux problèmes qui vont souvent de pair) ; une catégorie "aliénés" et diverses infirmités :

- goitre

- déviation de la colonne vertébrale

- perte d'un bras

- perte d'une jambe

- pieds bots

Et enfin une catégorie fourre-tout...

Biron compte 451 habitants si l'on en croit le recensement de 1851. Sur ces 451 habitants, 15 souffrent d'une infirmité. On compte deux aveugles, quatre borgnes, deux sourds qui ne sont pas muets et un sourd-muet, deux ayant un pieds-bots et enfin quatre boiteux. Et parmi les deux aveugles, la jeune Clémence MATIGNÉ, âgé de 10 ans. Ce handicap ne l'a donc pas empêché de se marier avec Martial GOURDON, onze ans plus tard et d'avoir trois enfants avec lui. Mais à la suite du décès précoce de son époux, sa vie n'a pas du être facile.

Faisons un saut dans le temps ; c'est moins un choix qu'une obligation. En effet, le recensement suivant disponible est celui de 1896. On retrouve Clémence MATIGNÉ ; elle a 54 ans. Elle est remariée avec un dénommé Louis CAILLOSSE, âgé de 65 ans. 

À suivre...