1. Les parents de Julie PERRIAT : Pierre PERRIAT dit FLOURET et Jeanne LABORDES (SOSA 30 et 31)

1.1. Quelques considérations généalogiques et onomastiques

Commençons d'abord, pour y voir plus clair, par un petit arbre généalogique de Julie PERRIAT (qui, je le rappelle, est la mère d'Yvonne GOURDON, ma grand-mère maternelle).

Rien n'est simple avec cette famille. Mon arrière grand-mère et son frère, Julie et Léon, sont nés sous le patronyme de PERRIAT. C'est ce nom qui a été inscrit dans les actes de naissance que j'ai trouvés dans l'état civil numérisé d'Orthez. Le nom de leur père, âgé de 36 ans à la naissance de Léon en 1869 et de 38 ans à celle de Julie en 1871, est noté comme étant Pierre PERRIAT. Pourtant, lors de son mariage en 1867, il s'appelait Pierre PERRIAT dit FLOURET. Gardons ceci dans un coin de notre mémoire, nous y reviendrons...

Un peu d'onomastique ? 

- PERRIAT est sans doute un dérivé du prénom Pierre utilisé comme patronyme.

- FLOURET vient vraisemblablement du latin florus, fleur et/ou de Saint Flour, apôtre de l'Auvergne et évêque de Lodève (dans l'Héraut).  

- LABORDES ; je cite le texte de Jean TOSTI (auteur du dictionnaire des noms) à propos de ce patronyme : "Toponyme très fréquent, désignant une ferme, une métairie. Le nom borde désignait au départ une maison en planches (francique bord = planche). Le patronyme LABORDE (habitant d'une borde, ou originaire d'un lieu-dit La Borde) est surtout fréquent dans le Sud-Ouest."

2.2. Naissance, enfance et mariage de Pierre PERRIAT dit FLOURET et de Jeanne LASBORDES

Pierre PERRIAT dit FLOURET se marie à l'âge de 34 ans, à Orthez, avec Jeanne LABORDES, qui en a 25. Nous sommes le mardi 20 août 1867. Lui est né à Bérenx et sa future vient de la commune de Carresse. Cette commune a été fusionnée à celle de Cassaber en 1972 pour former Carresse-Cassaber.

 

Jeanne LABORDES est la fille de Jean LASBORDES. et de Jeanne HONTAAS. Elle est ouvrière et au moment de son mariage, habite Orthez avec sa mère. 

 

Pierre PERRIAT dit FLOURET est donc né dans la commune de Bérenx le 19 septembre 1832. Son père, prénommé Philippe, exerce le métier de forgeron. Il a soixante ans au moment du mariage de son fils. Sa femme, la mère de Pierre donc, Marie MAISONNAVE, en a dix de moins. Ils habitent Orthez au moment du mariage, comme leur fils Pierre. À Bérenx, Philippe PERRIAT dit FLOURET exerçait déjà le métier de forgeron comme nous pouvons le voir dans les actes reproduit ci-dessous.

Extrait de l'acte de mariage de Pierre PERRIAT dit FLOURET avec Jeanne LASBORDES. 

Le père du marié, Philippe PERRIAT dit FLOURET est mentionné comme étant forgeron, âgé de 60 ans.

Source : Archives départementales des Pyrénées Atlantiques.

Acte de naissance de Pierre PERRIAT dit FLOURET. Son père, Philippe PERRIAT dit FLOURET est mentionné comme étant forgeron, âgé de 26 ans.

Source : Archives départementales des Pyrénées Atlantiques.

La commune de Bérenx (ou Berencs en béarnais) est traversée par le gave (la rivière) de Pau. Je vous invite à consulter la page Wikipédia concernant cette commune qui comptait 833 habitants en 1831, un an avant la naissance de Pierre PERRIAT dit FLOURET. Elle se situe à environ 8 à 10 km d'Orthez (selon les routes).

 

Je ne sais pas quand la famille PERRIAT dit FLOURET / MAISONNAVE quitte Bérenx pour Orthez. Si je pouvais avoir accès aux recensement de population des deux communes, je pourrais éventuellement répondre à la question. Mais, pour l'instant, les Archives départementales des Pyrénées Atlantiques n'ont pas mis en ligne les recensement des différentes communes du département. Je ne peux hélas pas me rendre facilement à Pau depuis mon Pas-de-Calais résidentiel.

1.3. Que deviennent Pierre PERRIAT dit FLOURET et Jeanne LASBORDES ?

Je n'ai guère d'informations sur la fin de vie de mes deux ancêtres.

 

En me référant à l'acte de mariage de Julie PERRIAT, qui a lieu en 1889, je sais que son père est déjà décédé  Il ne semble pas avoir trouvé la mort à Orthez, où il travaillait comme tanneur et où sont nés ses deux enfants. En tout cas, je n'ai rien trouvé dans les Archives départementales des Pyrénées Atlantiques dans les registres de la ville d'Orthez. Et je n'ai pas trouvé trace non plus de son décès à Bordeaux où vivent ses enfants et leur mère (son épouse donc) Jeanne LABORDES ou LASBORDES au moment du mariage de Julie. On peut juste affirmer qu'il est mort entre 1871 (naissance de Julie) et 1889 (mariage de Julie) soit entre ses 39 et 57 ans.

 

Grâce à l'acte de mariage de Marcel GOURDON et de Julie PERRIAT on peut également savoir que l'acte de décès contient des omissions (voir l'extrait ci-dessous). Des erreurs sur le nom peut-être, ce qui expliquerait mes difficultés à le trouver ?  Si les "futurs" ont remis les actes nécessaires à leur mariage comme il est mentionné plus bas, cela indique sans doute que l'acte n'a sans doute pas été rédigé à Bordeaux...

Extrait de l'acte de mariage de Marcel Gourdon et de Julie Perriat. Source : Archives Bordeaux Métropole.

En ce qui concerne Jeanne LASBORDES, mère de Julie PERRIAT et veuve de Pierre PERRIAT dit FLOURET, je suppose qu'elle a trouvé la mort à Bordeaux mais je ne sais pas quand. Me lancer dans une recherche sur les actes de décès, même en passant par les tables décennales, dans une ville aussi peuplé que Bordeaux, c'est un peu décourageant. Lors du mariage de sa fille Julie en 1889, Jeanne LASBORDES a seulement 47 ans. Ce qui encore jeune... À partir de quand chercher ? Si je pouvais avoir accès au recensement de population, ma tâche serait facilitée. Mais ce n'est guère possible actuellement. Espérons une mise en ligne de ces actes prochainement sur le site Archives Bordeaux Métropole.  

2. Léon PERRIAT(1869-1898), fils de Pierre PERRIAT DIT FLOURET et de Jeanne LASBORDES, frère de Julie PERRIAT

Julie PERRIAT est née à Orthez en 1871, fille de Pierre PERRIAT et de Jeanne LASBORDES. Le nom complet de son père est Pierre PERRIAT dit FLOURET. Il était tanneur mais on reviendra sur son cas plus tard. Ce père meurt sans doute assez tôt car lors du mariage de Julie avec Marcel GOURDON à Bordeaux en 1889, alors qu'elle n'a que 17 ans, son père est mentionné comme déjà décédé. Où ? Quand ? Je n'ai pas encore trouvé... Au moment de son mariage, elle vit avec sa mère à Bordeaux. Sont-elles parties à Bordeaux après ou avant le décès de Pierre PERRIAT dit FLOURET ? Là encore, je n'ai pas trouvé cette information. Habitant Arras, je dépend des archives numérisées sur le site des Archives départementales des Pyrénées Atlantiques et des Archives de Bordeaux Métropole et cela limite grandement mes recherches.

 

Julie a un frère plus âgé, Léon. Il est né en 1869, à Orthez également. Grâce à son registre matricule, on a une description physique de Léon.

Sources : Archives départementales de Gironde, cote 1 R 1052/356.

Une taille moyenne, pour l'époque en tout cas, blond aux yeux bleus avec un nez fort... Son niveau d'instruction est de 0. Il ne sait donc ni lire, ni écrire. Il est dispensé de service militaire car il est fils unique de sa mère veuve (à comprendre comme seul descendant mâle). De plus, il est également réformé pour "mauvaise denture". On apprend également qu'il meurt le 1er mai 1898 à 29 ans. Autre information contenue dans sa fiche matricule : il est condamné pour vol à six jours de prison le 24 août 1897. Une visite récente aux Archives départementales de Gironde m'a permis d'obtenir quelques détails sur ce vol

2. 1. Léon PERRIAT

2.1.1. Le vol de Léon PERRIAT

C'est volumineux, c'est poussiéreux, il n'y a pas de table des matières, ni d'index. Ce sont les jugements du tribunal correctionnel de Bordeaux. Ici, c'est le volume des jugements de juillet à août 1897. Pour compliquer la recherche, les différents jugements ne sont pas datés individuellement ; seul le premier du jour porte une date. Il faut donc parcourir plusieurs dizaines voire des centaines de pages avant de trouver une date pour se repérer. Mais avec de la patience, on trouve...

Source : Archives départementales de Gironde.

Léon PERRIAT a commis son vol avec un complice, Jean LARRAT, né à Bayonne et âgé de 38 ans ; il serait veuf sans enfant. Léon est déclaré raffineur, Jean LARRAT est manœuvre. Il me semble qu'on signale deux enfants pour Léon PERRIAT mais je n'ai rien trouvé allant dans ce sens. Mise à jour de juin 2020 : voir plus bas pour son mariage et son (ses ?) enfant(s).

Et donc le vol.

L'écriture du greffier laissant à désirer, je propose une transcription ; les faits ont eu lieu le 23 août 1897 à Bordeaux :

"les prévenus ont soustrait frauduleusement une certaine quantité de vin au préjudice d'une personne restée inconnue, en buvant à l'aide d'un chalumeau, à une barrique (déposée ?) sur les quais".

Reconnaissons-le, ce n'est pas le casse du siècle ! Mais comme ils ont été vus et dénoncés, la justice suit son cours. LARRAT écope d'un mois de prison, sans doute parce qu'il récidive, Léon PERRIAT de six jours "seulement". Pour les frais, ils doivent également s'acquitter solidairement du paiement d'une somme de sept francs et trente-neuf centimes.

2.1.2. Le mariage de Léon PERRIAT

Rédigé en juin 2020.

Intrigué par la mention d'enfants dans le compte-rendu du jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux concernant le vol commis par Léon PERRIAT, j'ai commencé à chercher dans les actes de naissances. Je commence en général à chercher 18 ans après la naissance d'un individu dont je cherche à connaître sa descendance potentielle. Léon étant né en 1869 à Orthez, mais sa sœur s'étant marié à Bordeaux en 1889 où elle vivait avec sa mère, je suis parti de l'hypothèse qu'il vivait et fut donc père (éventuellement) à Bordeaux. C'est une tâche un peu fastidieuse que de chercher des actes dans les registres de Bordeaux, la ville étant importante d'un point de vue démographique et les registres divisés en trois sections. Mais il faut être patient quand on fait de la généalogie.

Quand on cherche, on trouve parfois (et parfois non). Ici, j'ai réussi à trouver un enfant dont le patronyme était PERRIAT, le 25 février 1894. Il est le fils de Léon PERRIAT et de son épouse légitime, une dénommée Marie  Eléonor (sic) BALLANS

Cependant, pour éviter les risques d’homonymie (il peut exister plusieurs Léon PERRIAT), je suis parti à la recherche de l'acte de mariage pour avoir une confirmation car sur l'acte de mariage, les parents sont mentionnés. 

Je recommence mes recherches pour trouver un mariage ayant eu lieu avant 1894, date de la naissance de l'enfant prénommé André. Dans la table décennale des mariages à Bordeaux section 1 (j'ai eu de la chance, cela m'a évité de parcourir les sections 2 et 3), je trouve un mariage d'un Léon PERRIAT et d'une Marie BALLANS en 1891. Je vais ensuite sur le registre des mariages et je trouve l'acte. Il s'agit bien du frère de Julie PERRIAT.

Extrait de l'acte de mariage de Léon PERRIAT et Marie BALLANS, le 9 avril 1891.

Cote : Bordeaux 2 E 311 - Registre des Actes de mariages de Bordeaux, section 1, 1891-1891.

Source : Archives Bordeaux Métropole.

D'après l'acte, Léon PERRIAT, qui a 21 ans, vit avec sa mère au 24 de la rue Planterose, petite rue du quartier Saint-Michel pour ceux qui connaissent Bordeaux, qui fait le lien entre la basilique (Saint-Michel et les "Capus" (c'est-à-dire le marché des Capucins).C'est une maison du vieux Bordeaux, de deux étages et qui ne paie pas de mine. Le métier de Léon est mentionné mais n'est pas très précis : on le dit "employé". 

Son épouse, Marie Eléonor BALLANS, née à Bordeaux, est orpheline de père et de mère et c'est donc son grand-père paternel qui donne son consentement (bien qu'elle soit majeure). Elle a 23 ans et elle est lisseuse (ce qui, à Bordeaux, signifie repasseuse). Petite particularité : elle habite au 24 rue Planterose : est-elle la voisine de Léon ou déjà sa concubine ?

Les témoins sont un verrier, un employé, un boucher (de Caudéran) et enfin le beau-frère du marié, Marcel GOURDON, 28 ans, manoeuvre.

Encore une fois, l'acte mentionne les erreurs dans l'acte du décès du père de Léon, Pierre PERRIAT dit FLOURET. Je me demande comment je vais le retrouver...

2.1.3. André PERRIAT, fils de Léon et de Marie BALLANS

Si le compte-rendu du jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux concernant le vol commis par Léon PERRIAT mentionne deux enfants en 1897, je n'en ai trouvé qu'un seul pour l'instant. Il s'agit d'André PERRIAT, né le 25 février 1894, déclaré le lendemain par la sage-femme de l'hospice de la maternité, Marie DUPUCH, 21 ans. L'hospice en question n'est pas mentionné mais comme les deux témoins sont des domestiques qui résident au 1 rue Jean Burguet, il n'est pas difficile de savoir qu'il s'agit de l'hôpital Saint-André.

Pour l'anecdote, Jean BURGUET est l'architecte qui a conçu le nouvel hôpital Saint-André, inauguré en 1829, remplaçant l'ancien hôpital fondé par le chanoine Vital Carles en 1390, "ruine branlante, empestée par les effluves de la Devèse" (pour la source de ces informations, cliquez ici.). Situé rue des Trois Conils, le vieil hospice fut détruit en 1889 (à l'exception de la porte de chapelle, de style gothique, conservée grâce à Leo DROUYN et visible actuellement au musée d'Aquitaine).

L'ancien hôpital Saint-André rue des Trois Conils.

Revenons à André PERRIAT. Que pouvons-nous savoir de lui ? Pas grand chose. Les seules informations, outre son acte de naissance, proviennent de son registre matricule. 

Trois registres matricules répondent au nom d'André PERRIAT. Une appartient à un homonyme, fils de Jean PERRIAT et de Jeanne PUCHEN ou PUCHEU. Les deux autres correspondent à André PERRIAT fils de Léon et de Marie BALLANS

Je ne sais pas exactement pourquoi il a deux fiches à son nom. 

3. Philippe PERRIAT dit FLOURET et Marie MAISONNAVE, parents de Pierre PERRIAT dit FLOURET

Comme souvent en généalogie, on recherche les actes au fur et à mesure que les renseignements nous le permettent. Grâce à l'acte de mariage de Pierre PERRIAT dit FLOURET, je sais que son père a du naître vers 1807 puisqu'il a 60 ans lors du mariage de son fils en 1867. Mais où ? L'acte de mariage me permet de trouver l'acte de naissance de Pierre PERRIAT dit FLOURET, car on lit qu'il est né le 19 septembre 1832 à Bérenx. Sur l'acte de naissance de Pierre, on relève que son père, Philippe PERRIAT dit FLOURET, est âgé de 26 ans. Cela donne une naissance vers 1806 et un lieu possible. C'est donc à Bérenx que je vais chercher l'acte de naissance de son père Philippe, en 1806 et 1807

Cependant, j'ai beau chercher dans les registres, impossible de trouver un Philippe PERRIAT ou un Philippe PERRIAT dit FLOURET à Bérenx en 1806, pas plus qu'en 1807. Je cherche avant, je cherche après : rien. Par curiosité, je jette un œil au nom de FLOURET, et c'est là que je trouve (mais en 1805). Le 22 vendémiaire XIV (selon le calendrier républicain), c'est-à-dire le 14 octobre 1805, est né Philippe FLOURET. Mais il est né en compagnie d'un frère jumeau, Pierre. Philippe est né à une heure du matin et Pierre à midi. Le père, Jean FLOURET, 31 ans, est ouvrier agricole. Il sait signer (il signe FLOURET père). La maman est Marie COUSTAU.

 

Comment expliquer que Philippe FLOURET devienne Philippe PERRIAT dit FLOURET ? Je n'en ai absolument aucune idée. Mais en deux générations, les FLOURET deviennent des PERRIAT...

 

Philippe FLOURET a épousé Marie MAISONNAVE en 1829 à Bérenx. C'est la fille d'un laboureur de Salles-Montgiscard, Pierre MAISONNAVE et d'une dame nommée Marie LAPADU, déjà décédée au moment du mariage. Ayant 23 ans au moment de son mariage, elle a du naître vers 1806. Mais où ? Visiblement pas à Salles-Montgiscard où j'ai trouvé des MAYSONNAVE mais pas elle. Où se sont mariés ses parents ? J'ai cherché sans succès...

4. Jean LASBORDES et Jeanne HONTAAS, parents de Jeanne LASBORDES

Jean LABORDES est né en 1815 à Salies-de-Béarn et il y meurt en 1855 ; il avait 40 ans ce qui est bien jeune même pour l'époque. Selon les actes, il exerce le métier de laboureur (à la naissance de Jeanne), de journalier (au moment du mariage) et de cantonnier (au moment de son décès). Jeanne HONTAAS est née à Carresse. Je n'ai pas encore trouvé son décès. Je n'ai pas non plus trouvé l'acte de mariage de Jean LASBORDES et de Jeanne HONTAAS. J'ai cherché sur les registres de Carresse, de Salies et d'Orthez, mais sans succès. Tous les deux sont issus de couples de laboureur. Le père de Jean LABORDES porte le même nom que son fils et il est marié à Marie TAUSIN. Le père de Jeanne HONTAAS s'appelle Jean HONTAAS et il a épousé une dame du nom de Jeanne SALLEHAUT.

Je vais donc conclure ici provisoirement la page des PERRIAT/FLOURET et LASBORDES. Je ferais des mises à jour en fonction de mes futures trouvailles.