Marie BROUET (SOSA 27) et ses enfants

Introduction

Cette page a été remaniée à de nombreuses reprises au fur et à mesure de mes découvertes. J'ai décidé de la laisser ainsi, avec les fausses pistes, les erreurs et les mises à jour pour montrer ce qu'est le travail de recherche en généalogie.

Marie BROUET est la mère de Noélie BROUET (entre autres) et Noélie BROUET est la mère d'André BROUET-MURAT, mon grand-père maternel. Comme je n'ai découvert que tardivement les informations qui la concernent, elle est étudiée à la fin de cette page, après avoir donné le fruit de mes recherches sur ses enfants naturels.

1. Les mystérieuses soeurs BROUET : Mathilde, Madeleine et Noélie... et leur frère Jean Camille !

Titre alternatif : les enfants naturels de Marie BROUET

Laurent LARRETGÈRE, avril 2018. 

Mise à jour d'avril 2019

Des modifications s'imposent car le mystère est résolu ! Grâce à mon cousin Claude MURAT et sa fille Christel. Nous nous en expliquerons au fur et à mesure de votre lecture ou relecture...

De plus, d'autres recherches m'ont permis d'avoir une meilleure connaissance de la famille BROUET. Et si les sœurs BROUET avaient un frère ? Et des oncles dont un de mère inconnue ? Et si les BROUET venaient d'un petit village au Sud de Libourne appelé Grézillac ? 

1.1.  Tout commence avec la naissance de mon grand-père maternel : deux mères pour un enfant.

André BROUET, mon grand-père maternel, père de ma maman Lucienne MURAT, est né le 28 décembre 1905 à 15h. Cette naissance est déclarée le lendemain, à 16h, par la sage-femme Julie CASTAING. Cette dernière a 50 ans et réside au 159 cours d'Espagne à Bordeaux (ce "cours de l'Espagne" - ou route de l'Espagne - a été depuis rebaptisé en Cours de l'Yser). D'après sa déclaration et donc l'acte de naissance, André est le fils de Madeleine BROUET, âgée de 19 ans, journalière vivant au 34 rue Mazagran. Le père est "non nommé". C'est donc une situation hélas assez classique de "fille mère" comme on disait pour désigner une fille qui accouche d'un enfant sans être mariée et sans père identifié. 


Une photo d'André BROUET ; son état nécessiterait un gros travail de restauration que je n'ai, hélas, ni le temps ni sans doute les compétences d'entreprendre actuellement.

Mais la situation se complique. Le 10 janvier 1906, une dénommée Noélie BROUET se rend à la mairie de Bordeaux et reconnait André comme son fils naturel. Noélie a 18 ans, elle est journalière et demeure également au 34 rue Mazagran. On peut donc supposer sans trop d'erreurs possibles que Noélie et Madeleine sont soeurs.

 

Nous avons donc un enfant, mais deux mères.

 

Lorsque Noélie reconnait André, elle est accompagnée de deux témoins : une domestique de 23 ans, Marie VILLATTE et une journalière de 23 ans, Mathilde RICARTE, 21 ans, qui habite... au 34 rue Mazagran ! Cette Mathilde RICARTE s'est mariée à 19 ans, le 20 février 1904, avec un dénommé Henri RICARTE, un couvreur de 24 ans. Mais le nom de jeune fille de Mathilde est BROUET.

 

Nous avons donc :

- une Madeleine BROUET de 19 ans,

- une Noélie BROUET  de 18 ans

- une Mathilde BROUET de 21 ans,

toute les trois demeurant au 34 rue Mazagran, une seule étant mariée.

Source : Archives Bordeaux Métropole.

Le premier acte de naissance d'André BROUET déclaré par la sage-femme suite à l'accouchement de Madeleine BROUET.

Source : Archives Bordeaux Métropole.

Le deuxième acte de naissance d'André BROUET reconnu par Noélie BROUET.

Mise à jour d'avril 2019

André est-il le fils de Noélie ou de Madeleine ? Grâce à Claude MURAT, je peux enfin répondre car c'est lui qui m'a apporté la solution. Précisons de nouveau qui est Claude MURAT.

Noélie BROUET a eu un fils naturel en 1905, mon grand-père André et un fils légitime, en 1917, Roger, dont le père est Louis MURAT, qui a épousé Noélie en 1915. Il a également reconnu mon grand-père André bien qu'il ne soit pas son fils biologique. Roger a eu un fils, Claude, qui est donc le cousin germain de ma mère, et un cousin à un degré plus éloigné pour moi (c'est mon "grand-cousin" alors que pour lui, je suis un "petit-cousin"). Claude a eu trois enfants, dont une fille, Christel, qui nous a permis d'entrer en relation. 

 

Proche de sa grand-mère Noélie d'après mes informations (c'est-à-dire ma mère), j'étais impatient d'entrer en contact avec Claude MURAT. Proche de sa grand-mère, il l'était d'autant plus facilement qu'ils habitaient le même immeuble rue du Hâ, sur le même palier le palier. Elle était juste en face de l'appartement des parents de Claude, Roger MURAT son fils cadet et Nathalie ALONZO sa bru. Mais Claude m'a appris que le prénom de Noélie ne lui disait rien et que pour lui, sa grand-mère portait le prénom de... Madeleine. Mais bien sûr ! C'est élémentaire en fait ! Noélie et Madeleine ne sont pas deux sœurs : c'est la même personne !

 

Si vous êtes familiers de l'ensemble du site, j'ai déjà évoqué cette fâcheuse habitude rencontrée dans les Landes de voir le prénom de mes ancêtres varier en fonction des actes : mon arrière-grand-mère Catherine était appelée Rosalie par ses enfants et les habitants du village ; sa sœur Jeanne se retrouvait avec le prénom Valère, sa mère, prénommée aussi Catherine, se voyait attribuer dans les recensements de population le prénom de Mélie. Ma grand-mère Jeanne se prénommait en fait Maria et sa sœur, Fernande s'appelait en fait Jeanne. Mais à Bordeaux, dans une moindre mesure, on retrouve ce même phénomène : ma tante par alliance, Raymonde, se prénommait en fait Anne. Si j'avais mes recherches dans les Landes, j'aurai sans doute était plus méfiant mais dans le contexte bordelais, je pensais avoir affaire à deux sœurs alors qu'il s'agissait d'une seule et même personne. Voilà pourquoi je ne trouvais pas d'acte de naissance au nom de "Madeleine" BROUET. Et voilà pourquoi, Noélie reconnait l'enfant qui a été déclaré comme fils de Madeleine. La première déclaration est faite par la sage-femme qui connaissait sans doute la jeune maman sous le prénom de Madeleine. Quelques jours plus tard, sans doute une fous remise de l'accouchement (les relevailles), Noélie vient reconnaître son enfant à la mairie mais donne cette fois son prénom de l'état civil (Noélie donc).

 

Pour l'aspect légal, il faut que le père ou la mère déclare la naissance à l'état civil pour que l'enfant soit reconnu et qu'il soit donc considéré légalement comme l'héritier de ses parents. Le plus souvent, c'est le père qui fait la démarche. Mais, dans le cas d'un enfant qui n'a pas de père "nommé", il est rare que ce soit la parturiente qui déclare, dans la journée ou le lendemain de son accouchement, son enfant. Ici, c'est la sage-femme qui le fit. C'est parfois un tiers (voisin, voisine). Pour que l'enfant soit reconnu et jouisse de ses droits, la mère doit se déplacer et le reconnaître. Parfois, par méconnaissance, la reconnaissance intervient tardivement, au moment du mariage de l'enfant par exemple. Si je prends le cas de mon arrière grand-mère paternelle, Catherine "Rosalie" LARRETGÈRE, elle ne reconnait trois enfants naturels nés en 1877,  1886 et 1890 seulement en 1898.  

1. 2. Mathilde, l'aînée des sœurs Brouet

1.2.1. La naissance de Mathilde BROUET

Mathilde BROUET est née chez sa mère, au 20 de la rue Moulinié. Sur la carte, la rue est identifiée par rond noir, presque dans le prolongement du Pont de Pierre et du Cours Victor Hugo, pas très loin de la place d'Aquitaine, aujourd'hui place de la Victoire, à l'angle du cours Pasteur, ancien Fossés des Tanneurs. qui n'existait pas lors de la naissance de Mathilde en 1885 (le cours Pasteur a été percé en 1903). C'est "Mademoiselle BOURDET", sage-femme, qui déclare la naissance le 20 février, naissance qui a eu lieu le matin même à 5 heures. Marie BROUET se déplace le 13 mars pour reconnaître sa fille naturelle. Pas de père nommée pour la petite Mathilde. Sa maman, Marie BROUET , déclare avoir 34 ans. Elle est journalière. Elle n'a pas signé la déclaration, ce qui suppose qu'elle ne sait pas écrire.

Source : Archives Bordeaux Métropole.

La reconnaissance de Mathilde BROUET par sa mère Noélie BROUET. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

1.2.2. Mathile BROUET, "fille-mère" en 1903

Je ne sais rien de la vie de Mathilde BROUET. Je ne retrouve sa trace qu'en 1903, à la naissance de sa fille Odette. Mathilde est désigné sous le nom de BOUÉ et non de BROUET. Cette erreur est peut-être commise par la sage-femme qui déclare la naissance, Marie DUPUCH. Odette est née à l'hôpital Saint-André, le 5 mai, de père non nommé. Sa mère, Mathilde BROUET, est caissière (elle fabrique des caisses) et réside 32 rue Mazagran. Mathilde reconnaît sa fille quelques jours plus tard, le 18 mai. Cette fois, son nom de famille est correctement orthographié. Parmi les autres différences entre les deux actes, son âge : 19 ans dans le premier, 18 ans dans le second ; son métier : caissière dans le premier, layetière dans le second (en fait, c'est la même chose, la layette étant une caisse de bois servant à un usage domestique). Un des témoins de la reconnaissance de la petite Odette est une dénommée Théodora RICARD, âgée de 42 ans. Là encore, on peut relever une erreur dans l'orthographe du nom de famille. Il s'agit en fait de Théodora RICARTE. Elle n'a pas signé l'acte car elle ne sait pas écrire d'où l'erreur dans la transcription de son nom. En fait, elle s'appelle Théodora SANZ, et elle est veuve de Ramon RICARTE. Si elle a accompagné Mathilde BROUET ce jour là, c'est que la petite Odette qui vient de naître est sa petite-fille. Le père, non nommé à ce moment, est son fils Henri RICARTE. Grace à sa fiche matricule, on sait qu'en mars 1903, il habite lui aussi au 32 rue Mazagran. Il épouse Mathilde l'année suivante.

Extrait de l'acte de mariage de Mathilde BROUET et d'Henri RICARTE. Archives Bordeaux Métropole.

1.2.3. Le mariage de Mathilde BROUET avec Henri RICARTE

Henri RICARTE

Henri RICARTE a perdu son père, Ramon RICARTE, en 1901. Au moment du mariage, il a encore sa mère, Thédora ou Téodora (selon les actes), qui, on l'a vu, a accompagné Mathilde BROUET lors de la reconnaissance d'Odette. Visiblement, Henri et Mathilde vivent déjà ensemble au 34 rue Mazagran, avec Marie BROUET, la mère de Mathilde. Le mariage permet de légitimer Odette BROUET.

Henri RICARTE a 24 ans. Il mesure 1,63 mètres d'après sa fiche matricule, avec des yeux et des cheveux châtains. Il est couvreur mais a été soldat. Il s'est engagé pour quatre ans mais ne reste dans l'armée que du 21 janvier 1899 au 28 octobre 1901. Il passe cette période essentiellement en Algérie, au 1er bataillon d'infanterie légère d'Afrique.

Il a eu quelques démêles avec la justice : il est condamné à 8 jours de prison pour vol en mars 1898 par le tribunal correctionnel de Bordeaux puis à 15 jours de prison et 5 francs d'amende pour vagabondage et ivresse en avril 1898 par le tribunal correctionnel de La Réole. C'était avant son engagement dans l'armée. Il est de nouveau condamné par le tribunal correctionnel de Bordeaux, en juillet 1907, pour vol et outrage à agent : il écope de quarante-huit heures de prison.

Il décède le 11 octobre 1910 au 10 rue Lafontaine (rond vert sur la carte), une rue parallèle à la rue Mazagran, sans doute son dernier lieu d'habitation. Son décès est rapporté par deux employés. Il est mort à une heure du matin.

Les enfants de Mathilde BROUET et de Henri RICARTE

Mathilde BROUET et Henri RICARTE sont donc parents d'une petite Odette, née en 1903 et qui décède en 1959.

- En avril 1905, naissance de Marcel qui se marie en 1929 avec une dénommée Anne ROGATION ; lui aussi décède en 1959.

- En 1908, une Raymonde Catherine RICARTE voit le jour mais elle décède en octobre de la même année un peu avant ses neuf mois.

- En août 1909, une autre petite fille, appelée également Raymonde, naît à la maternité chemin de Canolle. Elle se marie en 1929 avec André BORDES et décède en 1999. À priori, d'après les échos que j'en ai eu, elle était assez connue pour ses mœurs volages, pour la plus grande gêne de ma grand-mère maternelle, Yvonne GOURDON, qui visiblement n'appréciait guère que son mari André MURAT eût une cousine germaine ayant ce genre de réputation. Lorsque mes parents se sont mariés, la seule fois ou mes quatre grands-parents se sont rencontrés, mon grand-père paternel s'est trouvé connaître Raymonde BORDES, dont le sujet est  apparu dans la conversation. Ma mère a eu droit aux gros yeux de la sienne, signifiant : "tais-toi, ne dis rien, et surtout pas qu'elle est de la famille" ; c'est en tout cas comme cela que ma mère s'en souvient. Comment mon grand-père paternel Jean LARRETGÈRE l'a-t-il connue ? Aucune idée. Il était lui-même très coureur et, qui sait, c'était peut-être une connaissance au sens biblique du terme...

 

Reprenons le fil de notre propos... Donc, quand Henri RICARTE décède en 1910, il laisse à sa veuve trois enfants qui ont 7, 5 et 1 an.

1.2.4. Nouvelle naissance et nouveau mariage pour Mathilde BROUET

Mathilde BROUET ne reste pas veuve jusqu'à la fin de ses jours. Après tout, à la mort de son mari, elle est encore jeune : 25 ans seulement. En 1921, elle épouse Edmond André BOUCASSERT. Mais en attendant ce mariage, Mathilde a un autre enfant le 13 août 1912 : Lucie Andrée BROUET ; pas de père nommé pour la petite Lucie Andrée qui est née à la maternité chemin de Canolle (l'hôpital Pellegrin).

Mise à jour d'avril 2019

Claude MURAT (petit-fils de Noélie BROUET, la soeur de Mathilde) m'a raconté que parfois, Mathilde rendait visite à sa sœur cadette et restait quelques jours ; c'était en général le signe qu'elle manquait d'argent et qu'elle venait se renflouer un peu chez sa sœur Noélie. C'était quelqu'un qui, apparemment, avait des mœurs assez libres.

Mise à jour d'août 2019

La généalogie en général et ce site en particulier (sans compter la mise en ligne de mes recherches sur le site Geneanet) me permet de renouer avec des membres de ma famille mais également d'en découvrir. J'ai évoqué plus haut Claude MURAT et sa fille Christel. Il y a quelques semaines, j'ai obtenu de précieuses informations de Christophe JEAN. Il est l'arrière-petit-fils de Mathilde BROUET. Généalogiste amateur comme moi, nous allons pouvoir échanger nos informations.

Mathilde BROUET, nous l'avons vu, s'est marié avec Edmond André BOUCASSERT de qui elle a eu une fille, le 18 février 1922 à Bordeaux, grand-mère de Christophe JEAN. Cette fille fut prénommée Andrée Marie. Elle épousa en 1951 Jacques Robert Georges JEAN ; elle avait déjà eu deux enfants de son conjoint avant leur mariage, des jumeaux nés en 1947, Françoise et Bernard.

Bernard JEAN est le père de Christophe JEAN, né en 1974 et des jumelles Aurélia et Karen, nées en 1978. Leur maman est une Lilloise, Michèle Danielle CRÉTEUR

Christophe JEAN m'a permis également de découvrir l'existence d'un mariage dont j'ignorais totalement l'existence entre Marie BROUET, notre ancêtre commune, et un dénommé Guillaume SABARIO.

La suite de ces nouvelles informations plus loin, dans le paragraphe concernant Marie BROUET.

1.3. Noélie "Madeleine" BROUET, mon arrière grand-mère

1.3.1. La naissance de Noélie BROUET

Noélie est peut-être la plus jeune des trois sœurs BROUET. Elle est née à l’hôpital Saint-André le 9 août 1887 à 8h du matin. La naissance est signalée le 12 août à 14h par une sage-femme de 24 ans répondant au nom de CHARTRON (Mademoiselle). Elle est la fille de Marie BROUET, marchande de 38 ans qui réside au 61 rue Fonfrède (rond bleu sur la carte). Nous sommes dans le quartier de la gare. Le prénom du bébé est orthographié Noélie. Deux mois plus tard, le 12 octobre 1887, Marie BROUET, qualifiée de revendeuse, reconnait sa fille naturelle dont le prénom est orthographié Noéli (sans le « e »).

 

J'ai déjà évoqué Noélie, mon arrière grand-mère, dans deux pages de mon site : ici et .

 

Ci-contre, un portrait de Noélie BROUET (sans certitude absolue).

1.4. Madeleine BROUET, la mystérieuse...

Mise à jour d'avril 2019 

Nous savons maintenant que Madeleine n'est pas si mystérieuse que cela ; Madeleine et Noélie ne font qu'une. Je vais donc modifier mon premier texte... 

Madeleine est donc le prénom utilisé au quotidien pour désigner Noélie. C'est donc la maman de l'enfant que j'avais attribué à tord à une Madeleine qui n'a existé que dans mon imagination. Henri BROUET est né le 1er août 1904 à une heure ; sa mère est Madeleine BROUET (donc Noélie), âgée de 16 ans ! Ce petit Henri meurt le lendemain, à deux heures du matin, route de Bayonne, sans doute au n°168. Peut-être était-ce le lieu d'un hôpital ? Il faut que je fasse quelques recherches (un des témoins du décès est Pierre SEIZE, 70 ans, employé au 168 route de Bayonne, actuellement, le cours de l'Argonne. Ce même Pierre SEIZE est, en 1909, le témoin de la naissance de Raymonde RICARTE, fille de Mathilde BROUET et d'Henri RICARTE et à ce moment là, il est âgé de 76 ans, il est employé au chemin de Canolle, la maternité de l'époque, sur ce que l'on appelle l'hôpital Pellegrin).

Acte de décès d'Henri BROUET. Sources : Archives Bordeaux Métropole.

1.5. Jean Camille BROUET (1890-1936), frère de Mathilde et de Noélie

Mise à jour en avril 2019

Marie BROUET a eu deux filles et non pas trois comme je le pensais. Mais elle a aussi un fils, ce que j'ignorais jusque très récemment, n'en ayant jamais entendu parler. Et pour cause : il est mort en 1936 et ma source principale de renseignement, ma mère, est née en 1943. De plus, on parlait peu dans les familles, et on ne disait pas grand-chose aux enfants.

Pour le généalogiste, il existe des documents d'archives très intéressants et en particulier les registres matricules, une fiche de renseignements concernant les garçons de 20 ans qui passent devant le conseil de révision en vue de faire leur service militaire. Il faut chercher dans les tables des registres à l'année de naissance + 20 ans : par exemple, pour un garçon né en 1880, il faut chercher à la "classe" 1900. Il faut donc savoir qui et quand chercher. Sauf si le service d'Archives départementales a indexé les noms, travail très long (et/ou coûteux si le travail est externalisé), mais très utile pour le généalogiste. Et en tapant le patronyme de BROUET dans le moteur de recherche, je suis tombé sur un Jean Camille BROUET, fils naturel de Marie BROUET.

1.5.1. La naissance de Jean Camille BROUET en 1890

C'est le 5 février à 13h que madame MOLINIÉ sage-femme de 40 ans qui exerce et vit à l'hôpital Saint-André déclare la naissance d'un enfant naturel, qui a vu le jour le matin même à 8h. Sa mère, Marie BROUET, a 39 ans ; elle est marchande au 55 rue Saint-Jacques (je n'ai pas trouvé la rue ; elle est parfois identifiée à la rue Saint James mais je n'ai pas de certitude à ce sujet). Il est reconnu par sa mère quelques semaines plus tard, le 28 mars 1890. 

Acte de reconnaissance de Jean Camille BROUET.

Source : Archives Bordeaux Métropole.

Cote : BORDEAUX 1 E 351.

1.5.2. Jean Camille BROUET dans la Grande Guerre

4141 : c'est le numéro de matricule du conscrit Jean Camille BROUET, manœuvre, qui réside au 71 rue de la gare. Comme il est exempté, son signalement est très succinct. On apprend juste qu'il mesure 1,57 m et que son degré d'instruction est 3.

On aurait pu en rester là mais en 1914, la guerre éclate et elle a besoin d'hommes. Le 28 novembre 1914, Jean Camille est bon pour le service armé ! Il est incorporé dans le 7e régiment d'infanterie coloniale. Le même régiment que l'ami et futur mari de sa sœur Noélie, Louis MURAT. Cependant, il ne reste pas longtemps : il est classé en service auxiliaire en mai 1915 et détaché comme manœuvre à Floirac jusqu'en 1917. En effet, Jean Camille a d'importants problèmes de vue : astigmatisme, myopique composé (quand les deux focales sont en avant de la rétine) de l’œil droit et amblyopie (que l'on appelle aussi "l’œil paresseux") de l’œil gauche... En juillet 1917, il intègre le 58e d'artillerie et c'est là qu'il finit la guerre. Il est démobilisé en août 1919.

Extrait du registre matricule de Jean Camille BROUET (1910 ; 4141)

Source : Archives départementales de Gironde.

1.5.3. Jean Camille BROUET dans la vie civile

Six jours de prison.

C'est la condamnation que lui inflige le tribunal correctionnel de Bordeaux pour vol le 12 février 1909. Décidément, au tournant du XXe siècle, ma famille a donné un peu de travail au Tribunal correctionnel de Bordeaux : Jean Camille BROUET pour vol, Louis MURAT, son beau-frère et père adoptif de mon grand-père André MURAT qui écope d'une amende de 30 francs pour avoir insulté un chauffeur de tramway, six jours de prison pour Léon PERRIAT, qui boit du vin avec un "chalumeau" à une barrique stockée sur les quais (c'est un vol)... Cependant, nous sommes quand même très loin de la grande délinquance ! 

 

Jean Camille BROUET déménage à priori assez peu. Il habite au 10 de la rue Francin (rond violet sur la carte) en 1922 et en 1929, au 66 cours Gambetta.

 

Jean Camille BROUET se marie le 27 juillet 1929 ; l'heureuse élue se nomme Irène MILPIED. Je ne sais rien d'autres car les archives de l'état civil de Bordeaux disponibles en ligne s'arrêtent en 1916. Il ne profite pas longtemps de son mariage. Sept ans plus tard, presque jour pour jour, il décède. Nous sommes le 24 juillet 1936. Je ne sais rien de plus. Quelles sont les causes du décès ? A-t-il eu des enfants ? Encore des recherches en perspective...

Mise à jour d'août 2019

 

Irène MILPIED avait une sœur, Jeanne, dont le petit-fils, Philippe, m'a donné le lien de l'acte de naissance de sa grande tante. Elle est née à Saint-Caprais-de-Bordeaux, le 17 juillet 1899, fille d'un cultivateur, Jean MILPIED et de Marie DUCLOUS. Son acte de naissance, outre la date de son mariage, précise également la date de son décès, assez précoce, 10 ans après celui de son époux, le 23 janvier 1946.

2. Marie BROUET, mère de Mathilde, Noélie et Jean Camille

2.1. La vie de Marie BROUET

Que sait-on de Marie BROUET ? Pas grand chose en fait. Elle est la mère de deux filles (au moins), dont aucune n'a de père nommé ou identifié. Ces trois filles, à leur tour, seront "fille-mère".

A la naissance de Mathilde, Marie BROUET n'est plus toute jeune (pour un premier enfant, si c'est bien son premier enfant...) : elle a 34 ans. Et elle en a 37 au moment de la naissance de Noélie. Selon les actes de naissance, la désignation de son métier change : journalière, marchande, revendeuse, culottière. En 1885, elle habite rue Moulinié (au n°20) ; en 1887, on la retrouve au 61 rue Fonfrède. On est toujours dans le quartier se situant dans la proximité des Capucins, pas trop loin de la gare.

Trouver l'acte de naissance de Marie BROUET fut relativement facile. Ayant 35 ans en 1885 et 37 en 1887, j'ai cherché dans les registres de l'année 1850. Marie est née le 12 mars 1850.

Acte de naissance de Marie BROUET. Sources : Archives Bordeaux Métropole.

Cependant, j'ignore encore sa date de décès, ne l'ayant pas encore trouvé dans les tables des registres de décès de Bordeaux (si elle est bien morte à Bordeaux, ce qui est quand même l’hypothèse la plus probable).

2.2. Marie BROUET, épouse SABARIO

Mise à jour d'août 2019

 

Avant d'être la mère de trois enfants naturels, Mathilde, Noélie et Jean Camille, Marie BROUET a été l'épouse puis la veuve d'un dénommé Guillaume SABARIO.

 

Le mariage a lieu le 15 juillet 1871. Sont présents les parents de l'époux, Bernard SABARIO et Françoise MICHEL. Le père et le fils exerce la même profession de fabricant de caisses ; du côté de la mariée, est présent son père, Pierre BROUET. Sa mère, on s'en souvient, est morte en 1854, quatre ans après la naissance de Marie. Marie BROUET est déclaré revendeuse sur l'acte de mariage. Apparemment, les deux familles et leurs enfants habitent au 19 de la rue d'Aubidey, dans le quartier de la gare Saint-Jean. Aucun des époux ne sait signer. Les quatre témoins exercent les professions de lithographe, de charretier, d'ébéniste et de colleur de papiers (ce dernier métier semblant un peu étrange aujourd'hui... C'était, à priori, un colleur de papier peint, un tapissier).

 

Marie BROUET et Guillaume SABARIO ont deux enfants (au moins) ensemble, Antoine et Guillaume

2.3. Antoine SABARIO, fils aîné de Marie BROUET et de Guillaume SABARIO

2.3.1. La naissance d'Antoine SABARIO en 1876

Antoine SABARIO est né le 27 avril 1876 au 123 route d'Espagne, appelé actuellement cours de l'Yser.

La route ou le cours d'Espagne, avant qu'il ne devienne le cours de l'Yser ; le marché à la criée, c'est-à-dire le marché des Capucins ou, localement, les "Capus".

Source : CPArama (site dédié aux cartes postales anciennes).

Revenons à la naissance d'Antoine SABARIO : un des deux témoins s'appellent également Antoine SABARIO mais il signe SABARIAU. Au jugé, je tablerai un sur un oncle mais c'est à vérifier. Il a 27 ans et exerce, si je lis bien, le métier de "voilier". Si j'en crois le site Les métiers de nos ancêtres, animé par D. CHARTRY depuis 1997 (c'était un précurseur), le voilier est un tisserand qui fabrique des voiles de bateaux. 

2.3.2. Le conscrit Antoine SABARIO

Antoine SABARIO est comme (presque) tous les Français de sexe masculin soumis à la conscription. Bref, il doit faire son service militaire. Vingt ans après sa naissance, il passe le conseil de révision. Que nous apprend sa fiche matricule ? Déjà, une description physique...

Extrait du registre matricule d'Antoine SABARIO.

Cote : 1 R 1121 3835

Source : Archives départementales de la Gironde.

Mise à jour de juin 2020

 

Pour une raison qui m'échappe, je n'ai pas achevé ce paragraphe concernant les enfants que Marie BROUET a eu avec son mari Guillaume SABARIO. Je comble donc cet oubli.

 

Comme on le voit, Antoine SABARIO est un jeune homme d'1,64 m, blond aux yeux gris. On note que son degré d'instruction est évalué à "0" ce qui signifie qu'il ne sait ni lire ni écrire. On avait pu noter que son père, sur son acte de naissance, avait déclarer ne pas savoir signer (contrairement au témoin dont le patronyme est également SABARIO-SABARIAU et dont je pense qu'il est l'oncle d'Antoine). C'est un peu surprenant mais pas inhabituel. Antoine est pourtant né en 1876, sa fiche matricule date de 1896. Les lois Ferry rendant la scolarité obligatoire date de 1881-1882 : 1881 pour la gratuité et 1882 pour son caractère obligatoire (en fait, c'est l'instruction qui est une obligation, pas la scolarisation). Et ce, à partir de 6 ans jusqu'à l'âge de 13 ans (sauf pour les titulaires du certificat d'études qui pouvait cesser "l'instruction" dès 11 ans). Il a donc du être scolarisé. Pour autant, il fait partie des conscrit qui restent illétrés. Bref, notons quand même que, dans la période 1887-1896, 93,5 % des habitants du Sud-Ouest savaient lire et écrire. 

Pour autant, Antoine SABARIO signe son acte de mariage. 

D'après son registre matricule, il exerce le métier de charretier et il habite au 36 rue Lafontaine. dans le quartier de la gare.

Sinon, petite bizarrerie : sa fiche matricule déclare qu'il est dispensé en tant que "fils unique de veuve" tout en étant incorporé de novembre 1897 à septembre 1898 au 21e régiment d'artillerie (un an de service au lieu des trois obligatoires). Il obtient son certificat de bonne conduite.

Réserviste, il passe en 1911 au 18e escadron du train des équipages. Il passe le début de la Grande Guerre au train des équipages avant de passer das l'infanterie en 1917.

Enfin, sa fiche matricule nous apprend qu'après avoir vécu à Bordeaux jusqu'en 1904, il s'installe à Cenon, puis, en 1914, à Bègles.

2.3.3. Le mariage d'Antoine SABARIO en 1899

Antoine SABARIO contracte mariage avec une jeune femme qui répond au nom de Léontine Germaine BACQUIÉ. Elle est un peu plus âgé que lui : elle est née en 1876 (à Bordeaux) et elle a 26 ans au moment du mariage, Antoine en ayant 23. C'est vraisemblablement une collègue de travail de sa mère car elle fabrique des caisses. En 1899, Antoine SABARIO est lui employé au "Midi", c'est-à-dire à la compagnie des chemins de fer du Midi. Pour les parents, seule est présente Marie BROUET, mère d'Antoine. Son père (qui était fabricant de caisses) est en effet décédé (ce qui lui a permis, on s'en souvient, d'effectuer un service militaire court comme fils unique de veuve). Les parents de la mariée sont également décédés. On peut enfin noter que le couple habite déjà visiblement ensemble car ils sont domiciliés à la même adresse, au 34 de la rue Mazagran.   

Le couple a-t-il des enfants ? En 1906, alors qu'ils habitent Cenon, ils vivent seulement à deux. Et ils ont changé d'activité pour devenir Journalier (c'est-à-dire ouvrier agricole).

Extrait du recensement de la commune de Cenon, année 1906.

Cote : Cenon - 6 M 159/2 (1820-1926)

Source : Archives départementales de Gironde.

Le couple habite la rue Syphéras que l'on peut voir sur cette carte postale dont la date est comprise entre 1900 et 1920. Par contre, je ne sais pas si c'est la rue de droite ou celle de gauche (l'autre étant l'avenue Carnot). Je pencherais pour la rue de droite...

2.3.4. Antoine SABARIO en prison !

Rejoignant la "longue" liste des membres de famille qui, au milieu du XIXe jusqu'au début du XXe siècle ont eu maille à partir avec la justice, Antoine SABARIO a connu la prison. Je n'ai hélas pas réellement de détail concernant son affaire. Ce sera l'objet d'une de mes recherches quand je pourrais accéder aux Archives départementales de Gironde. En attendant, que puis-je en dire ? Ce qui est noté sur sa fiche matricule...

Extrait de la fiche matricule d'Antoine SABARIO

Cote : 1 R 1121 3835

Source : Archives départementales du Pas-de-Calais

2.4.  Guillaume SABARIO, deuxième enfant de Marie BROUET et de Guillaume SABARIO

Guillaume SABARIO né le 13 février 1879 à 10h du matin et son père déclare sa naissance le 15. Son second prénom est Henri

Ce sont les seuls renseignements que j'ai à son sujet. Comme son frère est déclaré "fils unique de veuve" sur sa fiche matricule, il est hautement probable que Guillaume a trouvé la mort avant les 20 ans de son frère (en 1896) soit entre 1879 et 1896. Je n'ai pas encore trouvé d'acte de décès à son nom (pas plus que l'acte de décès de son père). Comme il n'existe pas de tables décennales des décès à Bordeaux pour cette période, il faut consulter les registres annuels un par un et regarder le nom des morts sur la table en fin de registre. C'est un peu long et je n'ai pas encore fini mes dépouillements au moment où j'écris ces lignes (au 9 juin 2020).

Conclusion (ou plutôt synthèse de nos informations concernant Marie BROUET et ses enfants)

Rédigée le 9 juin 2020

Marie BROUET, née en 1850, tôt orpheline de sa mère mère Marthe RAYMOND, a trois frères :

- Guillaume, né en 1838, son frère aîné ;

- Jean-Eugène, né en 1857, de mère inconnue après le décès de Marthe RAYMOND.

Son père, Pierre BROUET, se remarie en 1872, avec une dénommée Anne BRIEZ avant de décéder en 1882.

- Un dernier enfant né, à priori, de cette union, Jules BRIEZ, en 1865 (donc avant le mariage), reconnu par Pierre BROUET en 1868.

 

Marie BROUET se marie en 1871 avec Guillame SABARIO dont elle a deux fils :

- Antoine en 1872 ;

- Guillaume en 1879. Ce dernier meurt assez rapidement (en tout cas avant ses 16 ans).

 

Marie BROUET perd également son mari entre 1879 et 1885. Pourquoi 1885 ? C'est à cette date que naît sa première fille "naturelle". Elle aura trois enfants sans père identifié :

- Mathilde en 1885 ;

- Noélie, dite Madeleine, en 1887 ;

- Jean-Camille en 1890.  

 

Quand meurt-elle ? Je ne sais pas, n'ayant pas encore trouvé un acte de décès à son nom. Elle est toujours vivante en 1915 au mariage de sa fille Noélie "Madeleine" avec Louis MURAT. Elle a 65 ans.