1. Martial GOURDON et Clémence MATIGNÉ, parents de Marcel GOURDON

1.1. Les parents de Marcel GOURDON, mon arrière grand-père

Marcel GOURDON est l'aîné des trois enfants de Martial GOURDON et de Clémence MATIGNÉ.

Martial, le papa donc,  est cultivateur dans le village de Biron dans une ferme située au lieu dit "Chez Gautier". Au vu des cartes des environs de Pons, l’appellation "Chez ..." pour désigner un lieu dit semble assez courante.

Martial GOURDON est né à Tanzac le 1er juillet 1836 ; c'est son épouse, Clémence MATIGNÉ, qui est originaire de Biron et qui nait "Chez Gautier" en 1841, le 22 avril. Les parents de Martial étaient cultivateurs, comme ceux de Clémence (même si son père a également été domestique) ; ce dernier, Nicolas MATIGNÉ, vit à Biron au lieu-dit "Chez Gautier" jusqu'à sa mort en 1872. Et c'est donc dans ce même lieu-dit que vivent sa fille et son gendre. C'est une région viticole et il y a de très fortes chances pour que ce soit la production principale de Martial GOURDON et de son beau-père. D'autant que Marcel GOURDON, fils de Martial et petit-fils de Nicolas MATIGNÉ devient employé de chai.

Extrait du cadastre napoléonien 1813, commune de Biron (section BU, 3P5220/05).

Source : Archives départementales de Charente Maritime.

On peut voir que le lieu-dit ou le hameau Chez Gauthier est situé à l'ouest du bourg de Biron.  

1.2. Le mariage de Martial GOURDON et de Clémence MATIGNÉ

Martial GOURDON et Clémence MATIGNÉ se marient le jeudi 22 novembre 1862. Il a 26 ans et elle en a 21. Ils ont fait rédiger un contrat de mariage le 21 octobre chez maître Chaumars, notaire à Pons. Les bans ont été publiés à Biron, commune de l'épouse et à Echebrune où réside Martial, au lieu-dit "Figers" ; les deux communes sont d'ailleurs limitrophes. Les témoins sont tous de Biron, trois demeurant "Chez Gauthier" (un instituteur et deux cultivateurs) et un habitant au lieu dit "La Font des Noyers". Les parents de Martial, Jean GOURDON et Marguerite LORENCEAU, sont présents et consentants de même que Nicolas MATIGNÉ, le père de la mariée. La maman de Clémence, Henriette BRUNG, est, elle, absente : elle a trouvé la mort deux ans après la naissance de Clémence, en 1843. Son père est remarié avec une dénommée Marguerite BOUCHET.

 

Les deux jeunes époux vivent donc au lieu dit chez Gautier, à Biron et vont donner naissance à trois enfants :

  • Marcel (mon ancêtre) le 13 septembre 1863 ;
  • Émile le 4 mars 1866 ;
  • Espésie Rose le 6 mai 1868.

Et c'est tout car Martial meurt l'année suivante, le 23 août 1869, laissant Clémence veuve avec 3 enfants en bas âge (6, 2 et 1 an). De quoi meurt-il ? Mystère.

2. Focus sur Clémence MATIGNÉ, aveugle

Martial GOURDON a eu trois enfants avec Clémence MATIGNÉ avant de trouver la mort à 33 ans, laissant celle-ci (involontairement bien entendu) aux bons soins (on l'espère en tout cas) du père de cette dernière et de sa marâtre (sans sens péjoratif).

Cherchant d'autres informations sur les MATIGNÉ et les BRUNG de Biron, j'ai regardé les recensements de la commune. Le plus ancien date de 1851. Clémence a 10 ans. Sa maman est décédée et son père, Nicolas MATIGNÉ vit avec sa nouvelle épouse, Marguerite BOUCHET.

Extrait du recensement de Biron de 1851.

Source : Archives départementales des Charentes Maritimes.

Cote : 8 M 2/5

Nicolas MATIGNÉ est voisin de son ancienne belle-famille ; Pierre BRUNG et Magdelaine (sic) RIGAUD sont les parents de la première épouse de Nicolas, décédée en 1843, Henriette BRUNG, mère de Clémence. Cette dernière semble être fille unique ; Nicolas n'a visiblement pas eu d'enfant avec sa nouvelle épouse, Marguerite BOUCHET. Ils sont "cultivateurs journaliers", c'est-à-dire qu'ils n'exploitent pas leur propre terre.

Chez les BRUNG-RIGAUD, le fils Jean et son épouse Marie sont également journaliers. À 63 ans,  Magdelaine RIGAUD, la mère, est marchande de moules (n'oublions pas la proximité de la mer). Aucune activité n'est mentionnée pour le père, Pierre BRUNG.

Témoin des naissances, des mariages et des décès de la famille, l'instituteur de la commune, Jean BAURÉ habite également au lieu-dit "Chez Gautier"..

Le recensement de 1851 en France présente la particularité de proposer des informations (en tout cas, les rubriques sont présentes et donc le recueil d'informations est possible) concernant les "maladies et infirmités apparentes". Découvrons le document :

Extrait du recensement de Biron de 1851.

Source : Archives départementales des Charentes Maritimes.

Cote : 8 M 2/5

Il y a deux catégories (24 et 25) pour les situations de handicap visuel (aveugles et borgnes) et une seule catégorie (26) pour les sourds et muets (deux problèmes qui vont souvent de pair) ; deux catégories "aliénés" (26 et 27, selon que la personne habite dans la famille ou en établissement).  enfin, diverses infirmités :

- 29 : goitre

- 30 : déviation de la colonne vertébrale

- 31 : perte d'un bras

- 32 : perte d'une jambe

- 33 : pieds bots

Et enfin une catégorie fourre-tout (34)...

Biron compte 451 habitants si l'on en croit le recensement de 1851. Sur ces 451 habitants, 15 souffrent d'une infirmité. On compte deux aveugles, quatre borgnes, deux sourds qui ne sont pas muets et un sourd-muet, deux ayant un pieds-bots et enfin quatre boiteux.

Parmi les deux aveugles, la jeune Clémence MATIGNÉ, âgé de 10 ans. Ce handicap ne l'a donc pas empêché de se marier avec Martial GOURDON, onze ans plus tard et d'avoir trois enfants avec lui. Mais à la suite du décès précoce de son époux, sa vie n'a pas du être facile.

Faisons un saut dans le temps ; c'est moins un choix qu'une obligation. En effet, le recensement suivant disponible est celui de 1896. On retrouve Clémence MATIGNÉ ; elle a 54 ans. Elle est remariée avec un dénommé Louis CAILLOSSE, âgé de 65 ans. 

3. Les autres enfants de Martial GOURDON et de Clémence MATIGNÉ