Ma famille maternelle : MURAT, GOURDON, BROUET, PERRIAT...

Quelques mises à jour de 2018 en fin de page.

Quelques mises à jour en mai 2019 concernant Noélie "Madeleine" BROUET.

L'Arbre généalogique de Lucienne MURAT. Lucienne Murat, ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents connus.
L'Arbre généalogique de Lucienne MURAT. Lucienne Murat, ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents connus.

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Ma mère, Lucienne MURAT (au centre de l'arbre généalogique, âgée d'une vingtaine d'années), est née en 1943, avant dernière d'une famille qui comptait déjà 8 enfants vivants : Guy (1926), Christian (1929), Gisèle (1930), Henri (1933), Roger (1935), Maurice (1936), Huguette (1937) et Ginette (1941). Après ma mère vient, tardivement, une dernière fille, Rosine (1951).

Mes grands parents sont d'une part André MURAT, fils naturel de Noélie BROUET mais reconnu par son beau-père, Louis MURAT et d'autres part Yvonne GOURDON, fille de Marcel GOURDON et de Julie PERRIAT.

 

Les lignes qui suivent donnent un premier aperçu de mes ancêtres maternels.

1. Mes grands-parents maternels : André MURAT (1905-1970) et Yvonne GOURDON (1909-1967)

Yvonne GOURDON, André MURAT, leur fille Rosine, leurs petites filles Patricia et Fabienne.
Yvonne GOURDON, André MURAT, leur fille Rosine, leurs petites filles Patricia et Fabienne.

Il ne m'est pas facile de parler de ma famille maternelle. Tout d'abord parce que je n'ai connu aucun de mes grands-parents. Yvonne GOURDON est décédée d'une chute trop lentement prise en compte à 57 ans. Il faut dire que la vie ne l'avait pas ménagée : plus de 10 enfants, avec des décès bien trop précoces et des naissances sans doute trop tardives (au moins la dernière) l'ont sans doute usée avant l'âge. On n'en parlait pas forcément comme cela à l'époque mais elle a du faire une dépression les dernières années de sa vie, sur fond de jalousie, ce qui n'a pas du aider à long terme. André MURAT n'a pas eu non plus une vie facile : sans père (même si il fut reconnu plus tard par le mari de sa mère), il a multiplié les emplois : cimentier, vendeur à la charrette, transporteur, veilleur de nuit... Il y eu les années de guerre avec neuf enfants à nourrir. Et finalement il se retrouve veuf, avec encore une jeune fille à sa charge. Il est mort d'un ulcère à l'estomac qu'il n'a jamais pris le temps de faire soigner et qui s'est transformé en cancer. Il avait 65 ans. 

Sans souvenir d'eux, je ne les connais qu'à travers quelques trop rares photos et les récits de ma mère, Lucienne MURAT, l'avant-dernière de la famille. Mais les souvenirs sont facilement déformés par le temps et elle écoutait sans parler ce que disaient ses parents et ses grands frères. Difficile parfois de faire la différence entre les faits, les émotions, les on-dit. Cependant, ma mère se souvient d'une enfance pauvre mais heureuse, où le terrain de jeu était la rue et où le territoire se limitait au quartier. On dînait de café au lait à la chicorée, on achetait "au carnet" et on réglait les commerçants en fin de semaine. Et la maison était tout le temps pleine, avec les derniers nés, les frères plus âgés qui avaient du mal à quitter le domicile parental, les belles-sœurs présentes aussi par voie de conséquence, la "petite grand-mère" (Julie PERRIAT) qui accusait André, son gendre, de tenter de l'empoisonner (et qui voyait des yeux dans son bouillon ! En fait, des ronds de gras...) et qui finit en maison de retraite... Tout un petit monde et des milliers d'anecdotes.

 

La photo : Yvonne GOURDON et André MURAT avec leur dernière fille, Rosine. Ils sont avec deux de leurs petits enfants, Fabienne (la plus grande) et Patricia (la plus jeune au premier rang). Leur papa est Maurice MURAT et leur maman, Jeanine OULIÉ. On est au milieu des années 1960,  (sans doute  1965).

2. Mes arrières grands-parents maternels

Les parents d'André MURAT  : Noélie BROUET et Louis MURAT

André MURAT est en fait né André BROUET. Il a vu le jour à 15h le 28 décembre 1905 et sa naissance est déclarée le lendemain après-midi par la sage-femme. Il est né à domicile, comme cela se faisait à l'époque au 34 rue Mazagran à Bordeaux. De père "non nommé". Pour la mère, cela semble plus compliqué... En effet, la mère désignée par la sage-femme est Madeleine BROUET, 19 ans, journalière. Mais le 10 janvier 1906, c'est Noélie BROUET, 18 ans, habitant au même domicile qui reconnait l'enfant. En fait, il s'agit de la même personne : Noélie ne se fait pas appelé par son prénom de l'état civil mais par celui de Madeleine. Plus tard, en 1915, elle se marie avec Louis Léon Edmond MURAT et ce mariage légitime André ; mais Louis MURAT l'avait déjà reconnu comme son fils en 1914, le 21 août à 11h... Donc, quelle hypothèse ? Est-il le vrai père d'André MURAT ? Ce n'est pas impossible après tout. Mais honnêtement, très peu probable...

 

Le père d'André BROUET-MURAT : Louis MURAT

Que sait-on de Louis MURAT ? Sa fiche matricule nous apprend qu'il est né à Bordeaux le 26 mars 1883. A 20 ans, il mesure 1,68 m, a les yeux châtain foncé et les cheveux noirs. Son niveau d'instruction est correct (niveau 3 ; il sait lire, écrire et a suivi une scolarité dans le primaire). Il s'engage dans l'armée et sert deux ans dans le 1er régiment de tirailleurs algériens, de fin 1901 à fin 1903. Il se rengage en 1904 pour deux ans et il sert dans l'infanterie coloniale (avec semble-t-il un passage en Indochine). En 1907, il quitte l'armée active avec un certificat de bonne conduite. Et à ce moment là, il habite rue Mazagran. Comme les sœurs BROUET...

Il reconnait André BROUET comme son fils un an avant d'épouser Noélie BROUET (sans doute en raison de la mobilisation générale de 1914 car il est rappelé dans l'active le 11 août 1914). Pourquoi fait-il cela ? Le reconnait-il car il souhaite déjà épouser Noélie ? Est-ce une sorte de condition préalable ? Il est réformé pour pleurésie avec antécédents héréditaires de tuberculose en octobre 1915, après son mariage avec Noélie BROUET en juillet. Ils ont un enfant, Roger, dit "le grand Roger" (sans doute parce qu'André a lui aussi un fils appelé Roger) en 1919. Louis MURAT meurt en 1922 à l'âge de 38 ans.

La mère d'André MURAT : Noélie BROUET

Noélie BROUET est la "grande grand-mère" ; elle est née le mardi 09 août 1887 et elle est la fille de Marie BROUET, une ouvrière de 27 ans et de père non nommé. J'ignore tout de la vie de Noélie. Elle est caissière, ce qui signifie à l'époque qu'elle fabrique des caisses en bois, ou plutôt ce que l'on appelle des cageots ou des cagettes. Outre André MURAT, elle a eu un deuxième fils, Roger MURAT et un petit fils, Claude qui l'emportait fortement en affection sur les 10 petits enfants d'André. Si André MURAT aimait beaucoup sa mère, il semblerait que la réciproque soit moins vraie. L'entente était aussi assez tendue avec sa belle fille Yvonne. Noélie BROUET, veuve, toujours habillée de noir, vivait rue du Hâ, dans le même immeuble que son fils Roger et sa belle-fille Nathalie ALONZO qui étaient très gentils dans le souvenir de ma mère. Noélie BROUET décède le 17 juin 1966 à l'âge de 78 ans.

Roger MURAT, fils de Louis MURAT et de Noélie BROUET, et frère cadet d'André MURAT au mariage de ma mère, sa nièce donc, Lucienne MURAT en 1963. A côté de lui, son fils Claude MURAT. Pour ne pas le confondre Roger MURAT avec son neveu prénommé lui aussi Roger, on l'appelait le "Grand Roger" et effectivement, il semble assez grand en terme de taille outre qu'il était bien plus âgé que son neveu.

Les parents d'Yvonne GOURDON  : Marcel GOURDON et Julie PERRIAT

La mère d'Yvonne GOURDON s'appelait Julie PERRIAT (photo ci-dessous) ; c'était la "petite grand-mère" comme l'appelait ma mère. Née en 1871 à Orthez, dans les Basses-Pyrénées, elle épouse Marcel GOURDON qui lui nait en Charente-Inférieure, dans la commune de Biron, en 1863. Il est employé de chai et elle est journalière, et tous deux habitent Bordeaux. Ils ont respectivement 37 et 45 ans au moment de la naissance de leur fille Yvonne. Ils ont eu une autre fille, Clothilde et peut-être 2 garçons. Ma mère ne s'en souvient pas très bien. Quand Yvonne GOURDON se marie avec André MURAT, son père est déjà mort. A la guerre comme on l'a raconté à ma mère ? Sans doute pas ; trop âgé en 1914 pour servir dans l'armée (il avait 51 ans), il ne fait pas parti des "morts pour la France" (j'ai quand même vérifié). Serait-il mort pendant la guerre ? Pour l'instant, je n'ai rien trouvé dans les archives. Grâce à sa fiche matricule, je sais juste qu'il mesurait 1,60 m, qu'il avait les cheveux châtains, les yeux gris, un nez petit, une bouche petite et un visage plein avec un menton rond. Son niveau d'instruction, évalué entre 1 et 2 est plutôt faible (en gros, il sait lire et un peu écrire). Il habite déjà Bordeaux en 1886. Il a visiblement perdu ses droits à la dispense du service militaire comme soutien de famille (son père était décédé) mais je n'en connais pas la cause. Il change plusieurs fois d'adresse à Bordeaux avant de se fixer rue Carpenteyre (dans le quartier Saint-Michel près des quais).

 

Ma mère se souvient juste de la "petite grand-mère", voûtée, pas bavarde, pas méchante mais pas gentille non plus, visiblement indifférente à ses petits-enfants mais hostile à son gendre André MURAT. Elle décède en 1956 à La Réole, à l'âge de 84 ans.

Julie PERRIAT, la "petite" grand-mère.

Mise à jour du 05/11/2016 concernant les frères et la sœur d'Yvonne GOURDON

 

Une plongée plus attentive dans les archives de l’État civil bordelais m'a permis de trouver quelques renseignements sur les frères et sœur d'Yvonne GOURDON. Celle-ci était la petite dernière des 4 enfants de Julie PERRIAT et de Marcel GOURDON, qualifié de manœuvre dans les actes de naissance.

 

- Léon André GOURDON est né le 1er juillet 1891 ; pas d'indications de mariage ou de décès sur son acte de naissance contrairement à un usage qui se généralise à cette époque. Cela signifie soit une mort précoce soit un travail d’État civil incomplet (mariage et décès non transmis) ; ou pas de mariage...

Attention ! Mise à jour ci-dessous concernant Léon GOURDON.

 

- Joseph Roger GOURDON nait 3 ans plus tard, le 6 janvier 1894 ; mais il meurt "pour la France" dans la Somme à 21 ans, le 17 février 1915, dans une commune aujourd'hui disparue, Le Mesnil-lès-Hurlus.

 

- Clothilde GOURDON voit le jour à Bordeaux, comme ses deux grands frères en 1902, le 12 décembre exactement. Elle se marie à 2 reprises, en 1924 avec Henri LAGRABELLE puis en 1945 avec Jean-Baptiste DUFOUR. Elle meurt prématurément le 18 décembre 1946 à l'âge de 44 ans d'un cancer. Elle avait trois filles.

 

En 1914, Marcel GOURDON , le papa, est déjà décédé d'après la fiche matricule de Joseph GOURDON ; mais il est vivant en 1909 à la naissance d'Yvonne. Son décès n'est pas mentionné sur les registres de 1911 à 1915. Il serait donc sans doute mort en 1910 (ou fin 1909). Les registres n'étant pas en ligne pour ces deux années, je ne peux pas vérifier pour l'instant.

 

Attention ! Mise à jour ci-dessous concernant Marcel GOURDON .

Photo : Clothilde GOURDON (1902-1946), soeur de ma grand-mère, Yvonne GOURDON .


Mise à jour - Le décès de Marcel GOURDON (1863-1910)

Les Archives Bordeaux Métropole ont mis en ligne les actes de décès de la période 1863-1915. Cela m'a permis de pouvoir retrouver l'acte de décès de mon arrière-grand-père Marcel GOURDON. Cela a confirmé ce que je notais plus haut. Yvonne GOURDON, ma grand-mère, est née en 1909 et c'est son père, Marcel, qui a déclaré sa naissance.Il était donc logiquement vivant. Mais il était déclaré décédé sur la fiche matricule de son fils Joseph en 1914. Sur les actes déjà en ligne, pour la période 1911-1915, pas de mention de sa mort. Il me semblait logique de situer son décès en 1910 ou fin 1909. Et c'était le cas.

Source : Archives Bordeaux Métropole. Acte de décès n°1262. Cote : 3E367.

Marcel GOURDON n'a que 47 ans quand il décède le 25 septembre 1910. Il est mort à 9h du matin à son domicile du 59 de la rue Carpenteyre. Il laisse à sa veuve de 40 ans, Julie PERRIAT, quatre enfants : Léon, 19 ans, Joseph, 16 ans, Clothile, 7 ans (elle en aura 8 en décembre) et la petite Yvonne, qui a fêté sa première année en juin. Depuis le début du siècle, le couple était fidèle à la rue Carpenteyre, passant du 64 au 59 entre la naissance de Clothile en 1902 et celle d'Yvonne en 1909. C'est une rue proche des quais, dans le quartier Saint-Michel. Les témoins de son acte de décès, des voisins, sont respectivement manœuvre et sans profession. Marcel GOURDON était employé de chai. Ce sont des gens modestes et le quartier, à l'époque, n'avait pas connu le phénomène récent de gentrification (ou "embourgeoisement") propre au centre-ville ancien des villes de France (et d'ailleurs) qui débuta à Bordeaux dans les années 1980. La photo proposée ici est donc trompeuse car actuelle. L'immeuble a été restauré récemment visiblement (la photo date de 2016). Mais sans doute n'est-ce pas si différent de l''apparence qu'il devait avoir en 1910. Bordeaux était une "ville blanche" comme le soulignait le témoignage de l'économiste (et voyageur) anglais Arthur YOUNG au XVIIIe siècle ; la pierre calcaire des immeubles s'est noircie avec le développement de  la circulation automobile. Celle-ci devait être peu développée au début du siècle et sans doute les façades avaient encore leur couleur claire.

Source : Google Street View.

Le petit point rouge montre la localisation du 59 rue Carpenteyre.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France. Plan pratique de la banlieue de Bordeaux édité par G. Delmas en 1918. Cliquez ici pour accéder à la page.

 

Vue du Pont de Pierre depuis la flèche Saint Michel, 1907.

Source : Langladure.

Mise à jour - Le décès de Léon André GOURDON

L'étude exhaustive des décès à Bordeaux avec les tables décennales entre 1891 (date de naissance de Léon André GOURDON) m'a permis de retrouver mon grand-oncle dont j'avais perdu la trace. C'est en 1912 qu'il trouve la mort, le 11 août exactement. C'est un dimanche. Il est 20h. Son décès est signalé le lendemain par deux employés qui travaillent au 1 rue Burguet ; on le nomme juste André GOURDON . Il habite rue du Puits Descazeaux. Que fait-il un dimanche soir au 1 rue Burguet ? C'est tout simplement l'adresse de l'hôpital Saint-André. Est-il malade ? A-t-il eu un accident dans le cadre de son travail (il est manœuvre) ? Encore des recherches en perspective...

La façade de l'hôpital Saint-André où décéda mon grand-oncle, Léon André Gourdon, frère de ma grand-mère maternelle Yvonne GOURDON.

Source : inconnue