Marie BROUET (SOSA 27) et ses neuf enfants

Corrections décembre 2020.

Refonte de la page en février 2021.

Mise à jour en juillet 2021 avec la mise en ligne des recensements de la ville de Bordeaux sur le site Archives Bordeaux Métropole.

Introduction

En raison des très nombreuses découvertes récentes concernant mon ancêtre Marie BROUET, je vais remanier entièrement la page qui lui ait consacrée et dont le plan n'est plus réellement adapté. Lors de la première édition, je pensais que Marie BROUET avait trois filles naturelles. Puis, j'ai compris (tardivement), avec l'aide de mon cousin Claude MURAT et de sa fille Christel, que deux des trois filles, Noélie et Madeleine, étaient en fait la seule et même personne. J'ai ensuite découvert l'existence d'un frère naturel, Jean Camille BROUET ; puis d'un mariage et de trois enfants légitimes. Puis à nouveau d'autres enfants naturels... Bref, à force de "rapiécer" cette page, elle ne ressemblait plus à grand-chose. Donc, une refonte m'a semblé la solution la plus adaptée. 

La généalogie en général et ce site en particulier (sans compter la mise en ligne de mes recherches sur le site Geneanet) me permet de renouer avec des membres de ma famille mais également d'en découvrir. J'ai évoqué plus haut Claude MURAT et sa fille Christel. J'ai obtenu également de précieuses informations de Christophe JEAN. Il est l'arrière-petit-fils de Mathilde BROUET (une des filles de Marie BROUET) et généalogiste amateur comme moi.

 

Christophe JEAN m'a permis de découvrir l'existence d'un mariage dont j'ignorais totalement l'existence entre Marie BROUET, notre ancêtre commune, et un dénommé Guillaume SABARIO.

Qui est Marie BROUET ?

C'est la mère de Noélie BROUET (entre autres) et Noélie BROUET est la mère d'André BROUET-MURAT, mon grand-père maternel. 

La page consacrée aux parents de Marie BROUET est accessible en cliquant sur le lien ci-dessous :

1. Marie BROUET, fille de Pierre BROUET et de Marthe RAYMOND

1.1. Naissance et enfance de Marie BROUET

Quelques éléments du paragraphe ont été modifiés en raison de la découverte de quelques informations grâce à la mise en ligne des recensements de la ville de Bordeaux (juillet 2021).

Que peut-on savoir de Marie BROUET ? Pas grand chose sans doute. L'état civil nous permet de reconstituer sa vie en fonction de son mariage, des naissances de ses nombreux enfants, dont beaucoup sont sans père nommé ou identifié. Les mariages de ses enfants nous permettent de suivre encore son parcours, ses métiers, ses adresses successives. Mais à quoi ressemblait-elle ? Que pensait-elle ? Quelles étaient ses plaisirs, ses frustrations ? Tout cela est perdu faute de témoignages... 

Trouver l'acte de naissance de Marie BROUET fut relativement facile. Ayant 35 ans en 1885 à la naissance de Mathilde BROUET et et 37 en 1887 à la naissance de Noélie BROUET, ses deux filles dont je connaissais l'existence au début de mes recherches, j'ai cherché dans les registres de l'état civil de Bordeaux de l'année 1850. Marie est née le 12 mars 1850.

Acte de naissance de Marie BROUET.

Sources : Archives Bordeaux Métropole.

Elle est la fille de Pierre BROUET, vigneron de 33 ans et de Marthe RAYMOND, à priori sans emploi au moment de la naissance de Marie. Elle est le quatrième enfant du couple (au vu de l'état actuel de mes connaissances). Faisons le point sur ses frères et sœurs.

  • Guillaume BROUET est né 12 ans avant Marie, en 1838, dans la commune de Talence ;
  • Jean, né en 1841 à Bordeaux, est mort au mois d'août 1849 à l'âge de 8 ans ;
  • enfin, Jeanne, qui a vu le jour en 1847, toujours à Bordeaux.

 

Marie naît au domicile de ses parents au 18, passage Belair. C'est dans cette même maison que son frère Jean est mort quelques mois auparavant. Cette petite rue se situe à proximité du cours de l'Yser, face au marché des Capucins.

 

Marie a quatre ans quand sa mère meurt, à l'âge de 36 ans seulement. Elle va donc vivre avec son père et son grand frère et sa sœur. Mais la famille s'agrandit.

 

Un enfant naît en 1857, un garçon, de père et mère inconnu·e·s. Il se prénomme Jean Eugène. Il est reconnu en 1861 par Pierre BROUET. Il reste cependant de mère inconnue. Mais lors de son mariage, en 1899, alors que son père est mort, la veuve de son père, Anne BRIEZ (que Pierre BROUET a épousé en seconde noces) est présentée comme la mère de Jean Eugène.

 

Pierre BROUET, père de Marie, s'est en effet remarié en 1872, avec  Anne BRIEZ. Elle était mère d'un enfant né en 1865 : Jules BRIEZ. Il est reconnu par Pierre BROUET en 1868, avant son mariage avec Anne BRIEZMarie a donc 18 ans quand elle a un nouveau frère âgé de trois ans. Est-il le fils génétique de Pierre BROUET ? C'est quasiment certain car selon les recensement de Bordeaux de 1861, Pierre BROUET et Anne BRIEZ vivaient déjà ensemble. Voir le document plus bas.

1.2. Marie BROUET, épouse de Guillaume SABARIO

Le mariage a lieu le 15 juillet 1871. Guillaume SABARIO a 23 ans et Marie e a 21. Sont présents les parents de l'époux, Bernard SABARIO et Françoise MICHEL. Le père et le fils exerce la même profession de fabricant de caisses ; du côté de la mariée, est présent son père, Pierre BROUET. Il n'est plus vigneron mais est devenu cartonnier.

 

Marie BROUET est déclarée revendeuse sur l'acte de mariage. Apparemment, les deux familles et leurs enfants habitent au 19 de la rue d'Aubidey, dans le quartier de la gare Saint-Jean. Aucun des époux ne sait signer. Les quatre témoins exercent les professions de lithographe, de charretier, d'ébéniste et de colleur de papiers (ce dernier métier pourrait sembler un peu étrange aujourd'hui... C'était, à priori, un colleur de papier peint, c'est-à-dire un tapissier).

 

Le jeune couple habite toujours à Bordeaux, mais au 25, rue Nansouty quand ils ont leur premier enfant, en 1873, une fille qu'ils prénomment Françoise Alice. Marie accouche à domicile avec l'aide d'une sage femme. Il existe un quartier Nansouty, une place Nansouty, mais je n'ai pas trouvé de trace d'une rue Nansouty. Ils  déménagent au 123 route d'Espagne (aujourd'hui le cours de l'Yser) qui aboutit à la place Nansouty ; c'est là qu'ils ont leur deuxième enfant, un garçon, qu'ils appellent Antoine (comme le frère de Guillaume SABARIO, témoin lors de la déclaration de naissance). Pour leur troisième enfant, ils ont encore déménagé : ils habitent cette fois rue Lafontaine, au n°34, une rue perpendiculaire au cours d'Espagne. On est donc toujours dans le même quartier, près du marché des Capucins, pas trop loin de la gare. Ce troisième enfant s'appelle comme son père, Guillaume. En fait, il a deux prénoms, Guillaume Henri.  Il naît en 1879.

 

De 1871 à 1879, Guillaume SABARIO (le père) est fabricant de caisses (layetier ou caissier selon les actes) et Marie BROUET est qualifiée de ménagère ; dans le contexte de l'époque, cela signifie qu'elle est femme au foyer.

1.3. Marie BROUET, veuve SABARIO

Guillaume SABARIO décède. Mais quand ?  Lors du mariage de deux de ses enfants, Françoise Alice en 1898 et Antoine en 1899, Guillaume est déclaré décédé et Marie BROUET est qualifiée de veuve. La dernière trace de lui vivant est la déclaration de la naissance de son fils Guillaume (même prénom) en 1879. Il a donc du trouver la mort entre 1879 et 1898. De plus, Marie BROUET a un enfant naturel en 1883. Ce n'est pas une preuve certaine du décès de Guillaume SABARIO ; le couple a pu se séparer... J'ai donc cherché un acte de décès dans les tables décennales de Bordeaux entre 1879 et 1898. Et je n'ai rien trouvé. J'ai été attentif aux éventuelles variantes du nom (SABARIO, SABARIAU, etc.) mais sans succès. Je ne sais ni quand ni où il décède. Seule certitude : c'est avant 1898. Autre certitude : Marie BROUET ne vit plus avec lui en 1883 (veuvage, séparation ?)

1.4. Marie BROUET, mère (plus ou moins) célibataire

1.4.1. La naissance d'Henri Antoine BAILLET

En 1883, un petit Henri Antoine BAILLET voit le jour. Nous sommes en hiver, un lundi, le 19 février. La maman est Marie BROUET (déclarée journalière sans plus de précision), qui vit en concubinage, sans être mariée donc, avec le père du petit Henri. Il répond au prénom d'Étienne Auguste. Il est ferblantier et il a le même âge que Marie, soit 32 ans à la naissance de leur fils. Ils vivent au 31 de la rue Canihac, une petite rue qui se situe en haut du cours Victor Hugo et qui rejoint le cours Pasteur. Cours Pasteur qui n'existait pas à l'époque puisqu'il a été percé en 1903. À priori, la maison située au 31 n'existe plus.

Visiblement, le couple ne reste pas ensemble longtemps. En effet, deux ans plus tard, Marie accouche d'une petite fille, Mathilde BROUET, qui ne porte pas le patronyme de BAILLET. Et l'adresse a changé. Qui élève le petit Henri Antoine ? Mystère... Je n'ai hélas pas accès aux recensements de Bordeaux qui pourraient me permettre de voir qui vit où.

Finissons par un mot concernant Étienne Auguste BAILLET, concubin éphémère de Marie BROUET. D'après son registre matricule, il mesurait 1,56 et il savait lire et écrire. Son père répondait au prénom étrange de Bidian. Il a fait son service (pendant 5 ans, de 1870 à 1875) dans le 82e régiment d'infanterie de ligne. Il meurt à 42 ans, en 1892, au 1, rue Jean Burguet, c'est-à-dire à l'hôpital Saint-André.

1.4.2. Les naissances de Mathilde BROUET, Noélie BROUET, Jean Camille BROUET et Marie Marguerite BROUET

20 février 1885 : Mathilde BROUET

 

Mathilde BROUET est née chez sa mère qui, cette année, habite au 20 de la rue Moulinié. Cette rue se situe presque dans le prolongement du Pont de Pierre et du Cours Victor Hugo, pas très loin de la place d'Aquitaine, aujourd'hui appelée place de la Victoire, à l'angle du cours Pasteur qui n'existait pas lors de la naissance de Mathilde en 1885 (le cours Pasteur a été percé en 1903). C'est "Mademoiselle BOURDET", sage-femme, qui déclare la naissance le 20 février, naissance qui a eu lieu le matin même à 5 heures. Marie BROUET se déplace le 13 mars pour reconnaître sa fille naturelle. Pas de père nommé pour la petite Mathilde. Sa maman, Marie BROUET , déclare avoir 34 ans (ce qui est bien son âge ; ce n'est pas toujours le cas dans les actes du XIXe siècle). Elle est journalière. Elle n'a pas signé la déclaration car ne sait pas écrire.

Source : Archives Bordeaux Métropole.

La reconnaissance de Mathilde BROUET par sa mère Noélie BROUET

09 août 1887 : Noélie BROUET

 

J'ai longtemps cru que Noélie était la plus jeune de trois sœurs portant le matronyme de BROUET. Depuis, j'ai trouvé de nombreuses informations sur la vie de Marie BROUET. Noélie est en fait son sixième enfant et pas la dernière fille. Elle est née à l’hôpital Saint-André le 9 août 1887 à 8h du matin. La naissance est signalée le 12 août à 14h par une sage-femme de 24 ans répondant au nom de CHARTRON (Mademoiselle). Marie BROUET est marchande et âgée de 37 ans (mais l'acte lui en attribue 38). Elle réside au 61 rue Fonfrède. Nous sommes dans le quartier de la gare. Le prénom du bébé est orthographié Noélie. Deux mois plus tard, le 12 octobre 1887, Marie BROUET, qualifiée de revendeuse dans le nouvel acte, reconnait sa fille naturelle dont le prénom est orthographié Noéli (sans le « e »).

4 février 1890 : Jean Camille BROUET

 

C'est le 5 février à 13h que madame MOLINIÉ, sage-femme de 40 ans, qui exerce et vit à l'hôpital Saint-André déclare la naissance d'un enfant naturel, qui a vu le jour le matin même à 8h. Sa mère, Marie BROUET, a 39 ans ; elle est marchande au 55 rue Saint-Jacques (je n'ai pas trouvé la rue ; elle est parfois identifiée à la rue Saint James mais je n'ai pas de certitude à ce sujet). Il est reconnu par sa mère quelques semaines plus tard, le 28 mars 1890. 

Acte de reconnaissance de Jean Camille BROUET.

Source : Archives Bordeaux Métropole.

Cote : BORDEAUX 1 E 351.

19 décembre 1892 : Marie Marguerite BROUET

 

Marie Marguerite est le huitième enfant de Marie BROUET et son quatrième enfant naturel à porter le même nom que sa mère. Marie BROUET a 42 ans à la naissance (43 dans l'acte) de la petite Marie Marguerite. Elle est désignée journalière par la sage-femme qui déclare la naissance du bébé. Elle vit rue Mazagran, dans le quartier de la gare Saint-Jean, une rue où on va retrouver la famille BROUET, ses enfants et ses petits enfants jusque pendant la Seconde Guerre mondiale.

Marie reconnaît l'enfant quelques mois plus tard, en mars 1893.

Acte de reconnaissance de Marie Marguerite BROUET

Source : Archives Bordeaux Métropole

Cote : BORDEAUX 1 E 360

1.5. Le dernier enfant de Marie BROUET : Raymond ARRÉOU

En mai 1897, Marie BROUET a 47 ans. Un âge qui ne l'empêche d'avoir un dernier enfant en ces temps où la contraception n'est pas aussi développée qu'aujourd'hui. Elle a déjà huit enfants, dont quatre sont sans père nommé. Mais là, c'est le père de l'enfant, Jean-Marie ARRÉOU, 42 ans, étameur, qui déclare la naissance du bébé. C'est un garçon et ses parents lui donnent le prénom de Raymond. Un étameur, d'après ce que je peux comprendre, met de l'étain (il "étame") le cuivre ou éventuellement un autre métal pour empêcher son oxydation.

Marie BROUET et Jean-Marie ARRÉOU vivent en concubinage au 36, rue Lafontaine à Bordeaux. C'est une rue, où elle a déjà habité lorsqu'elle était mariée avec Guillaume SABARIO, dans le quartier de la gare Saint-Jean.

 

Jean-Marie ARRÉOU est né à Aspet, en Haute-Garonne, le 19 octobre 1853. À 20 ans, il est cordonnier, comme son père. Il mesure 1,64 m. Il a les cheveux et les yeux noirs, le menton pointu, le visage ovale, le nez fort et le front étroit. C'est en tout cas ce qu'indique sa fiche matricule. Il est dispensé de service militaire car il a un frère qui est déjà conscrit. Par contre, sa fiche matricule mentionne de nombreuses condamnations par le tribunal correctionnel de Bordeaux (je ne suis pas sûr des dates car la numérisation de sa fiche matricule proposée par les Archives départementales de Haute-Garonne a une résolution très faible).

-  18 septembre1894 : six jours de prison pour rébellion et outrages à agents ;

-  14 février 1890, deux jours de prison, encore pour outrage à agents ;

- 19 octobre 1898, quinze jours de prison pour vol ;

- 23 janvier 1903,  un ou cinq mois de prison (d'après ce que j'arrive à transcrire) pour vol.

Avant de rencontrer Marie BROUET, Jean-Marie ARRÉOU a épousé à Bordeaux, en 1876, à l'âge de 26 ans, une femme qui en a 30, Monique SOURD. Elle est originaire d'Aspet, comme son mari. Le mariage a eu lieu le 18 mars et un enfant arrive le 27 novembre. Soit il est un peu prématuré, soit les parents n'ont pas attendu la noce pour consommer leur union. L'enfant s'appelle Isidore. Marchand au moment de son mariage, Jean-Marie ARRÉOU est déclaré tanneur à la naissance de son fils.  

Isidore, fils de Jean-Marie-ARRÉOU et demi-frère de Raymond, se marie assez tardivement, en 1912. Il a déjà 36 ans. Son épouse, Joaquina NAVARRO, née en Espagne, a le même âge que lui. Le mariage permet de légitimer trois enfants qu'ils ont eu ensemble : Léon Fernand en 1887, Marcel en 1908 et Marguerite Adrienne en 1898. Comme son père, il a des problèmes avec l'autorité : il passe un an, de mai 1900 à mai 1901, dans le pénitencier militaire de Douéra, en Algérie, où il fait son service militaire dans le 1er régiment de chasseurs d'Afrique, condamné par le conseil de guerre permanent de la Division d'Alger, pour "outrages par paroles envers un supérieur en dehors du service". Le certificat de "bonne conduite" à la fin du service militaire lui est logiquement refusé. Rendu à la vie civile, il est condamné en 1904 à six jours d'emprisonnement pour vol par le tribunal correctionnel de Bordeaux. En 1911, c'est pour coups et blessures qu'il passe six jours en prison. Cela pourrait être l'illustration de l'expression : "tel père, tel fils"... Mobilisé pour le premier conflit mondial, il est affecté à un service auxiliaire et travaille en usine.

 

Revenons à Marie BROUET et au couple qu'elle forme avec Jean-Marie ARRÉOU : combien de temps restent-ils ensemble ? Je n'en ai aucune idée. En 1912, Jean-Marie ARRÉOU est décédé comme l'atteste l'acte de mariage de son fils Isidore. Mais je n'ai pas (encore) trouvé la date du décès.

1.5. La fin de vie de Marie BROUET

Au tournant du siècle, Marie devient plusieurs fois grand-mère. La première fois, c'est en 1896, soit un an avant la naissance de son dernier enfant. Elle a donc un petit fils plus âgé que son propre fils ! Je n'ai pas trouvé sa date de décès. Je sais qu'elle est encore en vie en 1915 quand sa fille Noélie BROUET se marie. Elle est présente dans divers actes de naissances quand ses filles, qui ont comme leur mère, des enfants naturels, précisent dans les actes qu'elles vivent chez leur mère.

Donc, en 1915, à 65 ans, elle habite au 21, rue LAVAUD, avec sa fille Noélie qui se marie cette année-là avec son compagnon, Louis MURAT, qui vit déjà avec sa future épouse et donc également avec Marie BROUET, sa belle-mère. Marie travaille toujours et fabrique des caisses.

En 1921, lors du remariage de sa fille Mathilde avec Edmond André BOUCASSERTMarie BROUET est toujours vivante. Elle a 71 ans et travaille toujours comme journalière.

En 1929, quand son fils Jean Camille BROUET se marie, elle est déclarée décédée.

Le décès de Marie BROUET se situe donc dans un intervalle compris entre 1921 et 1929.

2. Que deviennent les enfants de Marie BROUET ?

Faisons une petite synthèse : Marie BROUET a eu trois enfants avec son mari, Guillaume SABARIO, un enfant avec chacun de ses deux concubins (Henri Antoine BAILLET et Jean-Marie ARRÉOU) et quatre enfants sans père déclaré (on ne sait donc pas si il y a un ou plusieurs pères). Elle a 22 ans à la naissance de son premier enfant et 47 ans pour le dernier.

Dans l'ordre, il s'agit de :

  • Françoise Alice SABARIO (1873)
  • Antoine SABARIO (1876)
  • Guillaume SABARIO (1879)
  • Henri Antoine BAILLET (1883)
  • Mathilde BROUET (1885)
  • Noélie BROUET (1887)
  • Jean Camille BROUET (1890)
  • Marie Marguerite BROUET (1892)
  • Raymond ARRÉOU (1897)

Je ne connais pas le destin de chacun des enfants de Marie BROUET.  On va donc faire un sort à ceux pour qui je n'ai aucune information : Guillaume SABARIO (le fils), Henri Antoine BAILLET et Raymond ARRÉOU. Aucune inscription de mariage ou de décès n'accompagne l'acte de naissance et pas de traces dans les registres matricules. Peut-être qu'une étude exhaustive des tables décennales des décès de Bordeaux apporterait une réponse mais pour l'instant, je n'ai rien trouvé (mais j'avoue avoir surtout cherché pour le patronyme SABARIO). Reste six enfants.  

2.1. Françoise Alice SABARIO (1873-?)

2.1.1. Le mariage de Françoise Alice SABARIO

C'est le premier enfant de Marie BROUET. Je ne sais rien de l'enfance de Françoise Alice et c'est avec son mariage, en 1898, que nous retrouvons quelques informations. Son père est mort, on l'a vu, et donc sa mère seule est présente aux noces (et dans l'acte). Comme son père et plus tard sa mère, comme sa sœur Noélie BROUET, elle est fabricante de caisse. Elle a 25 ans quand elle épouse Jean QUILLACQ, employé aux chemins de fer. Sur l'acte de mariage, on note qu'ils habitent tous les deux au 34 rue Mazagran. Sont-ils voisins ou, vivent-ils déjà ensemble ? C'est la deuxième solution qu'il faut privilégier. En effet, le mariage permet de légitimer l'enfant qu'ils ont eu ensemble. Un petit Roger SABARIO est né deux ans plus tôt, en juillet 1896. Reconnu par sa mère, il était, jusqu'au mariage, de père inconnu. Ce qui n'est plus le cas : désormais, il s'appelle Roger QUILLACQ. Notons que parmi les quatre témoins, on retrouve Jean-Marie ARRÉOU, le compagnon de Marie BROUET (la même adresse est mentionnée pour les deux, au 63 rue Saint-Jacques).

 

Au moment du conseil de révision, à ses 20 ans, Jean QUILLACQ est mécanicien dentiste (on parle aujourd'hui de prothésiste). Né à Lesgor, dans les Landes, il est fils naturel de Marie QUILLACQ. Ils partent ensuite vivre tous les deux à Bordeaux. Il ne fait pas son service, réformé pour bronchite chronique. Lors de la Première Guerre mondiale, il sera affecté, en tant qu'employé des Chemins de fer du Midi, comme homme d'équipe des trains. Son fils Roger aura moins de chance.

2.1.2. Roger QUILLACQ, fils de Françoise Alice SABARIO et petit-fils de Marie BROUET

Roger QUILLACQ, à 20 ans, est un jeune homme plutôt grand,1,69 m (ce qui, à l'époque, était plus grand que la moyenne), aux yeux et aux cheveux châtains. Il vit chez ses parents au 71, rue de la gare. Il exerce le métier d'ajusteur. Comme tous les jeunes de sa génération, il doit faire son service militaire. Malheureusement, nous sommes en 1916 et en pleine guerre. D'ailleurs, il part à l'armée dès avril 1915, comme soldat de 2ème classe  au 123ème régiment d'infanterie. Il est promu soldat de 1ère classe en août. En avril 1916, il passe au 106e régiment d'infanterie. Un peu plus d'un mois plus tard, le 22 juin, il est "tué à l'ennemi" dans le secteur de Tavannes, zone de la Laufée.

J'avoue ne pas être très connaisseur, ni même amateur, de l'histoire militaire de la Première Guerre mondiale. J'ai lu quelques ouvrages, je l'ai enseigné mais je en suis pas au fait des détails stratégiques, des batailles, des tactiques... Mais je vais faire un petit effort pour évoquer un peu le contexte du décès de Roger QUILLACQ. Ce contexte, c'est la bataille de Verdun. 

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      Le mot de Clio sur la journée du 22 juin 1916, secteur de Tavannes,                                zone de la  Laufée, dans le contexte de la bataille de Verdun

 

Comme on le sait (enfin, je suppose), la Première Guerre mondiale oppose Le Royaume-Uni, la France, l'Italie et la Russie d'un côté aux deux "empires centraux" que sont l'Empire allemand (Le IIème Reich) et l'Empire austro-hongrois. L'offensive allemande à l'Ouest a porté le combat sur le territoire français. Après une première période de guerre de mouvements, le front s'est stabilisé, les soldats ont commencé à s'enterrer pour se protéger et, progressivement, un ensemble de tranchées s'est développé. La guerre est désormais une guerre de positions, une guerre d'usure. De grandes offensives sont lancées en 1915 pour tenter de percer les positions adverses, offensives effroyablement coûteuses en vie humaines, souvent sans succès réels. Au début de l'année 1916, le commandement allemand décide de lancer une offensive sur un point des défenses françaises : Verdun.

Comme on peut le voir sur la carte ci-dessus, Verdun forme un saillant dans les lignes allemandes. Ce qui permettra aux Allemands d'attaquer les positions françaises de plusieurs endroits à la fois. De plus, Verdun est difficile à ravitailler du côté français : la Meuse est un obstacle, une seule ligne de chemin de fer à voie étroite et très lente ne peut transporter de lourdes charges et il n'y a qu'une petite départementales. Début 1916, les Allemands préparent leur offensive. JOFFRE, commandant en chef des armées françaises, qui prépare une offensive dans la Somme, ne tient pas compte des renseignements concernant l'attaque allemande. La zone a été dépouillée d'une grande partie de son artillerie, les troupes françaises sont peu nombreuses et le système de défense est souvent composé d'une seule tranchée (au lieu des trois habituelles).  

Le secteur de Tavannes, zone de la  Laufée

 

Ce secteur se situe au Nord-Est de Verdun. Il est composée du Fort de Tavannes, du tunnel de Tavannes (où les trains ne circulent plus ; le tunnel est sur la ligne Metz-Verdun mais Metz est dans la zone occupée par l'armée allemande. Cependant, ce tunnel sert d'abris aux soldats), de l'ouvrage de la Laufée (un ouvrage d'infanterie équipée d'une tourelle) et, entre le fort de Tavannes et l'ouvrage de la Laufée, la "fontaine de Tavannes" qui est une station de pompage alimentant Verdun (qui comprend un bâtiment en béton, prévu pour une situation de conflit, avec un casernement). La station de pompage est localisée en bleu sur la carte ci-dessous.

Le début de la bataille de Verdun

 

C'est bien un orage d'acier qui s'abat sur Verdun (pour reprendre le titre du livre d'Ernst JÜNGER) à partir de 7h15, le lundi 21 février 1916, les Allemands ayant choisi un pilonnage continu par leur artillerie composée de 800 canons. Deux millions d'obus en deux jours. Soixante mille soldats allemands passent à l'offensive. L'attaque est un immense succès pour l'assaillant et un revers pour les Français. Les 24 et 25 février, cependant, les Allemands commencent à piétiner et les soldats français, en dépit des pertes, des bombardements et de leur faible nombre offrent une résistance acharnée. Si PÉTAIN est nommé le 24 pour redresser la situation, il ne peut prendre son commandement que le 3 mars (il est cloué au lit par une bronchite ou une pneumonie) et c'est aux soldats français et au général DE CASTELNAU que l'on doit la stabilisation du front. PÉTAIN ne reste que deux mois en charge de la défense de Verdun. Il décide avec JOFFRE le "tourniquet" des soldats, qui se relaient au front pour éviter une usure trop rapide des troupes. La zone est désormais ravitaillée par un immense convoi passant par la départementale (qui est empierrée), la petite voie ferrée est intensément mise à contribution,  l'artillerie est renforcée et une unité d'avions de chasse est créée. Par contre, pas vraiment de contre-attaque. Malgré une forte augmentation des troupes présentes à Verdun, PÉTAIN reste pessimiste et défaitiste (c'est son caractère). C'est pourquoi il est remplacé par le général NIVELLE. C'est NIVELLE que l'on doit qualifier de "vainqueur de Verdun" (si vainqueur il y a dans cette longue bataille si coûteuse en vie humaine...). En mai et juin, les assauts allemands se multiplient ; les Français tentent de reprendre Douaumont sans succès. Les Allemands prennent le fort de Vaux, bombardent le secteur et utilisent du gaz phosgène. Les Français renforcent leurs positions et lancent un assaut. C'est la situation au 22 juin quand meurt Roger QUILLACQ.

Roger QUILLACQ, fantassin du 106e régiment d'infanterie

 

Avant de partir dans le secteur de Verdun, le 106e régiment d'infanterie combat, au début de l'année 1916, dans la région de Reims et séjourne au camp Berthelot à Mourmelon-le-Grand. Ce régiment est composé (au début de la guerre) de trois bataillons composés chacun de quatre compagnies, sous les ordres d'un colonel. En tout, une dizaine d'officiers, quatre-vingt-huit officiers et  deux-mille soixante-treize caporaux et soldats.                                                                                                                                                                              Le 11 juin 1916, la douzième division, dont fait partie le 106e régiment, est mise à la disposition de la IIe armée qui combat à Verdun. Le 106e régiment s'installe à la fontaine de Tavannes à partir du 17 juin puis, le 19, dans la zone de la Laufée où il subit des bombardements "d'intensité moyenne" d'après le journal de marche (page 21). L'ouvrage de la Laufée est la cible de tirs allemands depuis le fort de Vaux. Le 21 juin, les bombardements se font plus violents. Les Allemands avancent et une partie du 106e reçoit pour mission de les arrêter à proximité de la fontaine de Tavannes (entre autres). À la fin de la journée, le régiment compte 31 tués et 23 blessés. Des tranchées sont perdues. Le 22 juin, il faut contre-attaquer. Cependant, les bombardements allemands sont particulièrement violents sur tout le plateau de la Laufée. Au soir, les pertes sont nombreuses : 74 morts et 270 blessés. Parmi eux, Roger QUILLACQ.

Source : base des morts pour la France de la Première Guerre mondiale

Mémoire des Hommes

Pour aller plus loin...

 

Quelques sites pour de plus amples informations sur le sujet :                                                                              - La fontaine de la Laufée                                                                                                                                                  - L'ouvrage de la Laufée                                                                                                                                               - Le tunnel de Tavannes                                                                                                                                                 Ces trois liens renvoient sur des pages de l'excellent site intitulé Le site web de la fortification Séré de Rivières                                                                                                                                                                                 On peut consulter le journal de marche du 106e régiment d'infanterie sur le site du ministère des armées Mémoires des Hommes.                                                                                                                                               Enfin, un article intitulé "Pétain l'imposteur de Verdun" par l'historien Jean-Yves LE NAOUR sur le site de la revue Historia.

2.2. Antoine SABARIO (1876-?)

Antoine SABARIO est né le 27 avril 1876 au 123 route d'Espagne, appelé actuellement cours de l'Yser.

La route ou le cours d'Espagne, avant qu'il ne devienne le cours de l'Yser ; le marché à la criée, c'est-à-dire le marché des Capucins ou, localement, les "Capus".

Source : CPArama (site dédié aux cartes postales anciennes).

Revenons à la naissance d'Antoine SABARIO : un des deux témoins s'appellent également Antoine SABARIO mais il signe SABARIAU. Au jugé, je tablerai un sur un oncle mais c'est à vérifier. Il a 27 ans et exerce, si je lis bien, le métier de "voilier". Si j'en crois le site Les métiers de nos ancêtres, animé par D. CHARTRY depuis 1997 (c'était un précurseur), le voilier est un tisserand qui fabrique des voiles de bateaux. 

2.2.1. Le conscrit Antoine SABARIO

Antoine SABARIO est comme (presque) tous les Français de sexe masculin soumis à la conscription. Bref, il doit faire son service militaire. Vingt ans après sa naissance, il passe le conseil de révision. Que nous apprend sa fiche matricule ? Déjà, une description physique...

Extrait du registre matricule d'Antoine SABARIO.

Cote : 1 R 1121 3835

Source : Archives départementales de la Gironde.

Comme on le voit, Antoine SABARIO est un jeune homme d'1,64 m, blond aux yeux gris. On note que son degré d'instruction est évalué à "0" ce qui signifie qu'il ne sait ni lire ni écrire. On avait pu noter que son père, sur son acte de naissance, avait déclaré ne pas savoir signer (contrairement au témoin dont le patronyme est également SABARIO-SABARIAU et dont je pense qu'il est l'oncle d'Antoine).

 

C'est un peu surprenant mais pas inhabituel. Antoine est pourtant né en 1876, sa fiche matricule date de 1896. Les lois Ferry rendant la scolarité obligatoire date de 1881-1882 : 1881 pour la gratuité et 1882 pour son caractère obligatoire (en fait, c'est l'instruction qui est une obligation, pas la scolarisation). Et ce, à partir de 6 ans jusqu'à l'âge de 13 ans (sauf pour les titulaires du certificat d'études qui pouvait cesser "l'instruction" dès 11 ans). Il a donc du être scolarisé. Pour autant, il fait partie des conscrit qui restent illettrés. Bref, notons quand même que, dans la période 1887-1896, 93,5 % des habitants du Sud-Ouest savaient lire et écrire. 

 

Pour autant, Antoine SABARIO signera son acte de mariage en 1899. 

D'après son registre matricule, il exerce le métier de charretier et il habite au 36 rue Lafontaine. dans le quartier de la gare.

Sinon, petite bizarrerie : sa fiche matricule déclare qu'il est dispensé en tant que "fils unique de veuve" tout en étant incorporé de novembre 1897 à septembre 1898 au 21e régiment d'artillerie. Il fait un an de service au lieu des trois obligatoires. Il obtient son certificat de bonne conduite.

Réserviste, il passe en 1911 au 18e escadron du train des équipages. Il passe le début de la Grande Guerre au train des équipages avant de passer dans l'infanterie en 1917.

Enfin, sa fiche matricule nous apprend qu'après avoir vécu à Bordeaux jusqu'en 1904, il s'installe à Cenon, puis, en 1914, à Bègles.

2.2.2. Le mariage d'Antoine SABARIO en 1899

Antoine SABARIO contracte mariage avec une jeune femme qui répond au nom de Léontine Germaine BACQUIÉ. Elle est un peu plus âgé que lui : elle est née en 1876 (à Bordeaux) et elle a 26 ans au moment du mariage, Antoine en ayant 23. C'est vraisemblablement une collègue de travail de sa mère car elle fabrique des caisses. En 1899, Antoine SABARIO est lui employé au "Midi", c'est-à-dire à la compagnie des chemins de fer du Midi. Pour les parents, seule est présente Marie BROUET, mère d'Antoine. Son père, Guillaume SABARIO, (qui était également fabricant de caisses) est en effet décédé (ce qui a permis à Guillaume, on s'en souvient, d'effectuer un service militaire court comme fils unique de veuve). Les parents de la mariée sont également décédés. On peut enfin noter que le couple habite déjà visiblement ensemble car ils sont domiciliés à la même adresse, au 34 de la rue Mazagran.   

Le couple a-t-il des enfants ? En 1906, alors qu'ils habitent Cenon, ils vivent seulement à deux. Et ils ont changé d'activité pour devenir journaliers (c'est-à-dire ouvriers agricoles).

Extrait du recensement de la commune de Cenon, année 1906.

Cote : Cenon - 6 M 159/2 (1820-1926)

Source : Archives départementales de Gironde.

Le couple habite la rue Syphéras que l'on peut voir sur cette carte postale dont la date est comprise entre 1900 et 1920. Par contre, je ne sais pas si c'est la rue de droite ou celle de gauche (l'autre étant l'avenue Carnot). Je pencherais pour la rue de droite...

2.2.3. Antoine SABARIO en prison !

Rejoignant la "longue" liste des membres de ma famille qui, du milieu du XIXe jusqu'au début du XXe siècle ont eu maille à partir avec la justice, Antoine SABARIO a connu la prison. Je n'ai hélas pas réellement de détail concernant son affaire. Ce sera l'objet d'une de mes recherches quand je pourrais accéder à la salle de lecture des Archives départementales de Gironde. En attendant, que puis-je en dire ? Ce qui est noté sur sa fiche matricule...

Extrait de la fiche matricule d'Antoine SABARIO

Cote : 1 R 1121 3835

Source : Archives départementales du Pas-de-Calais

Pour le reste de la vie d'Antoine SABARIO, je n'ai pas encore d'informations.

Il est probable que le couple a au moins un enfant prénommé Émile. En effet, un Émile SABARIO est témoin du mariage de Jean Camille BROUET en 1929, un des frères d'Antoine SABARIO

2.3. Mathilde Brouet (1885-?)

2.3.1. Mathile BROUET, "fille-mère" en 1903

Je ne sais rien de la vie de Mathilde BROUET après sa naissance en 1885. Je ne retrouve sa trace qu'en 1903, à la naissance de sa fille Odette. Mathilde est désigné sous le nom de BOUÉ et non de BROUET. Cette erreur est peut-être commise par la sage-femme,  Marie DUPUCH, qui déclare la naissance. Odette est née à l'hôpital Saint-André, le 5 mai, de père non nommé. Mathilde BROUET est alors caissière (elle fabrique des caisses) et réside 32 rue Mazagran. Mathilde reconnaît sa fille quelques jours plus tard, le 18 mai. Cette fois, son nom de famille est correctement orthographié. Parmi les autres différences entre les deux actes, son âge : 19 ans dans le premier, 18 ans dans le second ; son métier : caissière dans le premier, layetière dans le second ; en fait, c'est la même chose, la layette étant une caisse de bois servant à un usage domestique. Un des témoins de la reconnaissance de la petite Odette est une dénommée Théodora RICARD, âgée de 42 ans. Là encore, on peut relever une erreur dans l'orthographe du nom de famille. Il s'agit en fait de Théodora RICARTE. Elle n'a pas signé l'acte car elle ne sait pas écrire d'où l'erreur dans la transcription de son nom. En fait, elle s'appelle Théodora SANZ, et elle est veuve de Ramon RICARTE. Si elle a accompagné Mathilde BROUET ce jour là, c'est parce que la petite Odette qui vient de naître est sa petite-fille. Le père, non nommé à ce moment, est son fils Henri RICARTE. Grâce à sa fiche matricule, on sait qu'en mars 1903, il habite lui aussi au 32 rue Mazagran.

Il épouse Mathilde l'année suivante.

Extrait de l'acte de mariage de Mathilde BROUET et d'Henri RICARTE. Archives Bordeaux Métropole.

2.3.2. Le mariage de Mathilde BROUET avec Henri RICARTE

Henri RICARTE a perdu son père, Ramon RICARTE, en 1901. Au moment du mariage, il a encore sa mère, Thédora ou Téodora (selon les actes), qui, on l'a vu, a accompagné Mathilde BROUET lors de la reconnaissance d'Odette. Visiblement, Henri et Mathilde vivent déjà ensemble au 32 rue Mazagran, avec Marie BROUET, la mère de Mathilde. Le mariage permet de légitimer Odette BROUET.

Henri RICARTE a 24 ans. Il mesure 1,63 mètres d'après sa fiche matricule, avec des yeux et des cheveux châtains. Il est couvreur mais a été soldat. Il s'est engagé pour quatre ans mais ne reste dans l'armée que du 21 janvier 1899 au 28 octobre 1901. Il passe cette période essentiellement en Algérie, au 1er bataillon d'infanterie légère d'Afrique.

Il a eu quelques démêles avec la justice : il est condamné à 8 jours de prison pour vol en mars 1898 par le tribunal correctionnel de Bordeaux puis à 15 jours de prison et 5 francs d'amende pour vagabondage et ivresse en avril 1898 par le tribunal correctionnel de La Réole. C'était avant son engagement dans l'armée. Il est de nouveau condamné par le tribunal correctionnel de Bordeaux, en juillet 1907, pour vol et outrage à agent : il écope de quarante-huit heures de prison.

Il décède le 11 octobre 1910 au 10 rue Lafontaine, une rue parallèle à la rue Mazagran, sans doute son dernier lieu d'habitation. Son décès est rapporté par deux employés. Il est mort à une heure du matin.

2.3.3. Les enfants de Mathilde BROUET et d'Henri RICARTE

Mathilde BROUET et Henri RICARTE sont donc parents d'une petite Odette, née en 1903 et qui décède en 1959.

- En avril 1905, naissance de Marcel qui se marie en 1929 avec une dénommée Anne ROGATION ; lui aussi décède en 1959.

- En janvier 1908, une Raymonde Catherine RICARTE voit le jour mais elle décède en octobre de la même année, un peu avant ses neuf mois.

- En août 1909, une autre petite fille, appelée également Raymonde, naît à la maternité chemin de Canolle. Elle se marie en 1929 avec André BORDES et décède en 1999. À priori, d'après les échos que j'en ai eu, elle était assez connue pour ses mœurs volages, pour la plus grande gêne de ma grand-mère maternelle, Yvonne GOURDON, qui visiblement n'appréciait guère que son mari, André MURAT, eût une cousine germaine ayant ce genre de réputation. Lorsque mes parents se sont mariés, la seule fois où mes quatre grands-parents se sont rencontrés, mon grand-père paternel s'est trouvé connaître Raymonde BORDES, dont le sujet est  apparu dans la conversation. Ma mère a eu droit aux gros yeux de la sienne, signifiant : "tais-toi, ne dis rien, et surtout pas qu'elle est de la famille" ; c'est en tout cas comme cela que ma mère s'en souvient. Comment mon grand-père paternel Jean LARRETGÈRE l'a-t-il connue ? Aucune idée. Il était lui-même très coureur et, qui sait, c'était peut-être une connaissance au sens biblique du terme...

 

Reprenons le fil de notre propos... Donc, quand Henri RICARTE décède en 1910, il laisse à sa veuve trois enfants qui ont 7, 5 et 1 an.

2.3.4. Nouvelle naissance et nouveau mariage pour Mathilde BROUET

Mathilde BROUET ne reste pas veuve jusqu'à la fin de ses jours. Après tout, à la mort de son mari, bien qu'ayant eu quatre enfants, elle est encore jeune : 25 ans seulement. En 1921, elle épouse Edmond André BOUCASSERT. Mais en attendant ce mariage, Mathilde a un autre enfant le 13 août 1912 : Lucie Andrée BROUET ; pas de père nommé pour la petite Lucie Andrée qui est née à la maternité chemin de Canolle (l'hôpital Pellegrin). La petite Lucie décède 13 mois plus tard. Elle meurt au 168, cours de Bayonne (aujourd'hui le cours de l'Argonne) où se situait l'ancien hôpital et hospices des enfants. 

Avec son mari Edmond André BOUCASSERT dont je ne sais pas grand-chose si ce n'est qu'il est né en 1884 à Bordeaux d'un père marin, Jean, Cyprien, Marius BOUCASSERT (décédé au moment du mariage) et de Marie DARDANT, infirmière en 1921. Il a 37 ans et Mathilde 36. Elle est journalière. Visiblement, ils habitent déjà ensemble puisqu'ils résident tous deux au 38, rue de Bègles. Mathilde a un sixième enfant, une petite fille prénommée Andrée Marie

Claude MURAT (petit-fils de Noélie BROUET, la soeur de Mathilde) m'a raconté que parfois, Mathilde rendait visite à sa sœur cadette (dans les années 1950 sans doute puisque Claude est né en 1949) et restait quelques jours ; c'était en général le signe qu'elle manquait d'argent et qu'elle venait se renflouer un peu chez sa sœur Noélie. C'était quelqu'un qui, apparemment, avait des mœurs assez libres.

2.4. Noélie "Madeleine" BROUET, mon arrière grand-mère (1887-1966)

Noélie BROUET est née à l’hôpital Saint-André le 9 août 1887 à 8h du matin. La naissance est signalée le 12 août à 14h par une sage-femme de 24 ans répondant au nom de CHARTRON (Mademoiselle). Elle est la fille de Marie BROUET, marchande de 38 ans qui réside au 61 rue Fonfrède. Nous sommes dans le quartier de la gare. Le prénom du bébé est orthographié Noélie. Deux mois plus tard, le 12 octobre 1887, Marie BROUET, qualifiée de revendeuse, reconnait sa fille naturelle dont le prénom est orthographié Noéli (sans le « e »).

 

Mon arrière grand-mère Noélie BROUET a sa propre page sur le site. Cliquez sur le lien ci-dessous.

 

Ci-contre, un portrait de Noélie BROUET (sans certitude absolue).

2.5. Jean Camille BROUET (1890-1936)

J'ignorais l'existence de Jean Camille BROUET jusque très récemment, n'en ayant jamais entendu parler. Et pour cause : il est mort en 1936 et ma source principale de renseignements, ma mère, est née en 1943. De plus, on parlait peu dans les familles, et on ne disait pas grand-chose aux enfants.

Pour le généalogiste, il existe des documents d'archives très intéressants et en particulier les registres matricules, une fiche de renseignements concernant les garçons de 20 ans qui passent devant le conseil de révision en vue de faire leur service militaire. Il faut chercher dans les tables des registres à l'année de naissance + 20 ans : par exemple, pour un garçon né en 1880, il faut chercher à la "classe" 1900. Il faut donc savoir qui et quand chercher. Sauf si le service d'Archives départementales a indexé les noms, travail très long (et/ou coûteux si le travail est externalisé), mais très utile pour le généalogiste. Et en tapant le patronyme de BROUET dans le moteur de recherche, je suis tombé sur un Jean Camille BROUET, fils naturel de Marie BROUET.

Pour rappel, Jean Camille BROUET est le septième enfant de Marie BROUET ; il est né le 4 février 1890 à l'hôpital Saint-André. Il est reconnu par sa mère le 28 mars de la même année. Il est de père inconnu.

2.5.1. Jean Camille BROUET dans la Grande Guerre

4141 : c'est le numéro de matricule du conscrit Jean Camille BROUET, manœuvre, qui réside au 71 rue de la gare. Comme il est exempté, son signalement est très succinct. On apprend juste qu'il mesure 1,57 m et que son degré d'instruction est 3.

On aurait pu en rester là mais en 1914, la guerre éclate et elle a besoin d'hommes. Le 28 novembre 1914, Jean Camille est désormais bon pour le service armé ! Il est incorporé dans le 7e régiment d'infanterie coloniale. Le même régiment que le futur mari de sa sœur NoélieLouis MURAT. Cependant, il n'y reste pas longtemps : il est classé en service auxiliaire en mai 1915 et détaché comme manœuvre à Floirac jusqu'en 1917. En effet, Jean Camille a d'importants problèmes de vue : astigmatisme, myopique composé (quand les deux focales sont en avant de la rétine) de l’œil droit et amblyopie (que l'on appelle aussi "l’œil paresseux") de l’œil gauche... En juillet 1917, il intègre le 58e d'artillerie et c'est là qu'il finit la guerre. Il est démobilisé en août 1919.

Extrait du registre matricule de Jean Camille BROUET (1910 ; 4141)

Source : Archives départementales de Gironde.

2.5.2. Jean Camille BROUET dans la vie civile

Six jours de prison.

C'est la condamnation que lui inflige le tribunal correctionnel de Bordeaux pour vol le 12 février 1909. Décidément, au tournant du XXe siècle, ma famille a donné un peu de travail au Tribunal correctionnel de Bordeaux : Jean Camille BROUET pour vol, Louis MURAT, son beau-frère et père adoptif de mon grand-père André BROUET MURAT qui écope d'une amende de 30 francs pour avoir insulté un chauffeur de tramway, six jours de prison pour Léon PERRIAT, qui boit du vin avec un "chalumeau" à une barrique stockée sur les quais (c'est un vol)... Cependant, nous sommes quand même très loin de la grande délinquance ! 

 

Jean Camille BROUET déménage à priori assez peu. Il habite au 10 de la rue Francin en 1922 et en 1929, au 66 cours Gambetta.

 

Jean Camille BROUET se marie le 27 juillet 1929 ; l'heureuse élue se nomme Irène MILPIED. Il ne profite pas longtemps de son mariage. Sept ans plus tard, presque jour pour jour, il décède. Nous sommes le 24 juillet 1936. Je ne sais rien de plus. Quelles sont les causes du décès ? A-t-il eu des enfants ? Encore des recherches en perspective...

 Irène MILPIED avait une sœur, Jeanne, dont le petit-fils, Philippe, m'a donné le lien de l'acte de naissance de sa grande tante. Elle est née à Saint-Caprais-de-Bordeaux, le 17 juillet 1899, fille d'un cultivateur, Jean MILPIED et de Marie DUCLOUS. Son acte de naissance, outre la date de son mariage, précise également la date de son décès, assez précoce, 10 ans après celui de son époux, le 23 janvier 1946.

2.6. Marie Marguerite BROUET (1892-1894)

La petite Marie Marguerite naît en décembre 1892 et est reconnue par sa mère en mars 1893. Pour une raison que j'ignore (trop d'enfants ? Pas assez d'argent ?), Marie Marguerite est laissée à l'hospice de Bordeaux. Elle est inscrite sous le numéro 8927 ab. Les deux lettres signifiant sans doute "abandonnée". Elle est confiée à une gardienne, Marie JOUANNET, dans le village d'Yviers, en Charente, dans un hameau répondant au nom de Foucaudes. Et c'est chez sa gardienne qu'elle décède à un an, le 14 janvier 1894. 

L'acte de décès la déclare de père et mère inconnus bien qu'elle ait été reconnue par sa mère comme nous le prouve l'acte de reconnaissance que nous avons vu plus haut.

Acte de décès de Marie Marguerite BROUET

Archives départementales de Charente

Cote : 3 E 464 / 12

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      Le mot de Clio sur les "enfants assistés" au XIXe siècle

 

À partir de 1869, le terme d'enfants assistés vient remplacer les autres dénominations, jugées discriminantes tels qu'enfants de l'hospice, ou bâtards, champis, bourdeaux... Qui étaient appelés ainsi ? Les enfants trouvés ou abandonnés, que l'on mettait à l'hospice. Trois catégories d'enfants, définies par le décret du 19 janvier 1811 pouvaient se retrouver en hospices :                                                                                - les orphelins pauvres ;                                                                                                                                                      - les enfants abandonnés (que le ou les parents, qui étaient donc connus, déposaient à l'hospice) ;                 - les enfants trouvés, de parents inconnus qui avait été laissés sur la voie publique (dans la rue, un porche, à la porte d'une église... ; on parle également d'enfants exposés) ou déposés dans le "tour" (nous reviendrons plus loin sur le "tour"). L'exposition est bien sûr interdite en raison du danger que cela représente pour l'enfant. On va essentiellement parler ici des enfants abandonnés ou des enfants trouvés.                                                                                                                                                                                              En 1819, on compte 32 148 enfants abandonnés admis en hospices. Ce chiffre passe à 35 863 en 1831.Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le nombre d'enfants abandonnés recule : 17 020 en 1871 et 10 697 en 1881. Ensuite, une légère hausse st observable : 15 455 en 1892, l'année de la naissance de Marie Marguerite BROUET. Pourquoi exposer ou abandonner un enfant ? Les deux motifs principaux sont d'une part les naissances illégitimes (issus d'un concubinage, d'une passade, d'un viol) et la pauvreté. Bien sûr, les deux motifs ne sont pas exclusifs l'un de l'autre. Les enfants illégitimes, souvent à la charge de la mère seule dans une société sans réels secours matériels, constituent la majeure partie des enfants abandonnés ou trouvés.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Les enfants en bas âge ne restaient pas à l'hospice. Ils étaient rapidement mis en nourrice, essentiellement à la campagne. La mortalité était très forte dans les hospices pour les enfants en bas âge qui n'étaient pas toujours en bonne santé à leur arrivée. L'état des hospices n'améliorait pas toujours la condition de l'enfant dans des locaux humides, exigus, pas aérés, avec une forte promiscuité et peu d'hygiène. Cependant, la mise en nourrice ne protégeait pas forcément l'enfant. Il fallait qu'il survive au voyage à la campagne (s'il avait survécu à l'hospice) et les familles d'accueil étaient pauvres voire très pauvres. Les conditions de vie était donc très dures chez ses familles paysannes démunies. Dès que l'enfant était sevré, le revenu de la nourrice, déjà peu élevé, diminuait. La mortalité infantile, forte chez les enfants pauvres des classes populaires des campagnes (maladies, accidents) était encore plus forte pour les enfants assistés. Pour les moins d'un an, au milieu du XIXe siècle, elle atteignait 50 % ou plus. À partir de 12 ou 13 ans, l'enfant n'est plus pris en charge par l'administration. Il pouvait rester dans la famille d'accueil ou retourner en hospice.    

L'hôpital de la Manufacture                                                                                                                                            En Gironde, c'est l'Hospice des enfants trouvés, appelé hôpital de La Manufacture, à Bordeaux, sur les quais, qui, pendant une grande partie du XIXe siècle, accueille ces enfants trouvés ou abandonnés. On y trouve le fameux tour, cylindre pivotant, parfois fabriqué à partir d'un tonneau, qui permettait d'abandonner l'enfant en tout anonymat. On faisait sonner une clochette après le dépôt de l'enfant.                                                                                                                                                                                                                                L'hôpital de la Manufacture a été établi grâce au leg de 30 000 écus de Madame DE TAUZIA, veuve d'un parlementaire de Bordeaux. La construction débuta en 1624 pour s'achever en 1661, quai de Paludate. Ce bâtiment qui devient l'hôpital général de Bordeaux était avant tout un lieu de secours pour les personnes du premier et du dernier âge que l'on occupait avec des travaux manuels. Il accueille également plus tard des aliénés (en 1728-1729). Systématiquement surpeuplé et en manque de moyens, la situation s'aggrave lors de la période révolutionnaire, ce qui entraîna la fermeture des ateliers. Ils furent réouverts quelques années plus tard. On y enseignait des métiers qui occupaient la population accueillie : au début du XIXe siècle, on y formait des sabotiers, menuisiers, tailleurs cordonniers, tonneliers, maçons, vanniers, tisserands. Et bien sûr, toutes les activités qui permettent de faire fonctionner l'hospice (cuisine, buanderie, étable...)                                                                                                                                                                                                      Cependant, les enfants n'avaient pas vocation à rester à l'hôpital de la Manufacture : en 1859, l'hospice accueille 1 143 enfants et plus de 3 500 sont placés en nourrice extérieure. Seuls les enfants handicapés qui ne peuvent pas être placés ou les plus indociles, qui sont ramenés à l'hospice, restent sur lace. Pour les nourrissons qui transitent à la Manufacture, le lait maternel est remplacé par du lait d'ânesses et de chèvres : l'objectif est de limiter la transmission de la syphilis. Une animalerie est donc ouverte sur place. Les biberons font leur apparition en 1848, sur l'initiative du Bordelais Léonce DELAMOTHE, chargé par la commission des hospices de l'inspection des enfants trouvés. Au milieu du XIXe siècle, les enfants trouvés de Bordeaux ne reçoivent pas d'éducation scolaire par manque de moyens à l'hospice, pas plus que chez les nourrices dans les communes rurales où ils représentent une force de travail et où les maires ne veulent pas contribuer financièrement à leur scolarité. À la Manufacture, ils bénéficient au mieux de quelques rudiments d'orthographe, de lecture et de calcul lors des soirées d'hiver. Pour les plus indisciplinés, c'est la maison de correction, véritable pénitencier où l'on peut être mis au cachot et au pain sec ; la durée maximale du séjour est d'un mois.                                                                                                                                                                                                                                                                                                     En 1881, l'hôpital de la Manufacture est désaffecté.                            

Hôpital de la Manufacture, quai de Paludate à Bordeaux

Exemple de tour pour l'abandon des enfants (Hospice de Macon)

Licence Creative Commons CC BY-SA 3.0. Crédits photographiques : Jlpigache

Les tours d'abandon sont officiellement abolis le 27 juin 1904.

Les zones rurales de placement en nourrice des enfants trouvés de Bordeaux

Source : Cahiers d'archives

L'hôpital hospice des Enfants                                                                                                                            Construit entre 1883 et 1886, inauguré par le président de la République Sadi CARNOT en 1888, cet hôpital est situé cours de Bayonne, plus tard renommé cours de l'Argonne. Il est constitué de plusieurs pavillons de 3 niveaux, bien ventilés par de hautes fenêtres, reliés au bâtiment central par des galeries métalliques. L'objectif est d'éviter les contagions. Cet hôpital hospice accueille les enfants malades et les enfants assistés. À partir de 1920, les enfants sains de l'Assistance publique et les enfants malades sont séparés. Plusieurs lieux sont créés pour les enfants assistés : le foyer Eysinoff et une pouponnière à Talence sur le domaine de Cholet. L'hôpital hospice des Enfants n'est désaffecté qu'en 1992, malgré des locaux exigus et inadaptés depuis depuis de nombreuses années.                                                    

L'hôpital hospice des Enfants, cours de Bayonne (ancien nom du cours de l'Argonne).

Sources :                                                                                                                                                                              - L'Hôpital de la Manufacture in CHU Bordeaux                                                                                                                                                                                                                                                                                                   Articles du site Cahiers d'Archives                                                                                                                    - Enfants trouvés en quête de bonheur                                                                                                                - Enfants trouvés et abandonnés de la Gironde au XIXe siècle                                                                        - Abandonné par sa soeur à 2 ans, il retrouve sa famille à 25 ans - 1840                                                                                                                                                                                                                                                            - GUILAUME Pierre, Enfants au travail, Presses Universitaires de Provence, 2002                                              - ROLLET Catherine, Les enfants au XIXe siècle, Hachette, 2001                                                                                                                                                                                                                                                                            - Ces boîtes où on déposait les bébés au XIXème siècle : les tours d’abandon in On n'est pas des lumières  

Conclusion

Faisons un petit bilan de la vie de Marie BROUET.

 

Née en 1850 à Bordeaux, très tôt orpheline de sa mère Marthe RAYMOND, originaire de Pessac, elle est élevée par son père, Pierre BROUET, vigneron venant de la petite commune de Grézillac, installé à Talence avec ses parents..

 

Elle se marie en 1871 avec Guillaume SABARIO dont elle a trois enfants :

- Françoise, Alice en 1873 ;

- Antoine en 1876 ;

- Guillaume en 1879. 

 

Marie BROUET perd ou se sépare de son mari entre 1879 et 1883. Pourquoi 1883 ? C'est à cette date que naît un enfant dont le père n 'est pas Guillaume SABARIO. Mais n'écartons pas l'hypothèse d'une séparation, moins probable, mais possible.

- Henri Antoine BAILLET naît en 1883.

Elle vit avec Etienne Auguste BAILLET, le père de son fils Henri sans être marié. 

 

Elle a ensuite quatre enfants sans père nommé :

- Mathilde en 1885 ;

- Noélie, dite Madeleine, en 1887 ;

- Jean-Camille en 1890 ;

- Marie Marguerite en 1892.  

 

Enfin, Marie BROUET a un dernier enfant avec son compagnon Jean-Marie ARRÉOU.

- Raymond ARRÉOU en 1897.

 

Quand meurt-elle ? Je ne sais pas, n'ayant pas encore trouvé un acte de décès à son nom. Elle est toujours vivante en 1921 au mariage de sa fille Mathilde BROUET avec Edmond André BOUCASSERT. Elle a 71 ans.