Mes arrières-grands-parents : Antoine "Gentil" DUTEN et Jeanne HAURET

Laurent LARRETGÈRE ; relecture en septembre 2019

Antoine DUTEN et Jeanne HAURET en 1923, au mariage de leur fille Maria, ma grand-mère.

En 1900, Antoine DUTEN, sandalier épouse Jeanne HAURET, ouvrière. Il a 26 ans, elle en a 32. Elle a déjà eu un enfant en 1889, Georges HAURET, dont le père est un dénommé Lucien MANSAN. Mais elle est fille-mère car sile père est nommé, il ne reconnait pas Georges. Elle a un autre enfant qui est mort-né en juin 1899 ; cette fois, le père n'est pas nommé. L'enfant non plus. C'est un an avant son mariage en juin 1900.

 

Ils vivent à la maison Le "petit Bicq" en photo ci-dessous.

Source : Archives familiales.

 

C'est la maison dans laquelle a vécu la femme et la belle-famille d'Antoine DUTEN. Lui est né Maison Daussan. Son père, Pierre DUTEN, était laboureur.

 

Les deux enfants naturels de Jeanne HAURET sont nés au Vicq. Près de la frontière espagnole, le V se prononce B. Vicq, Bicq, c'est la même chose. En 1894, est mort Jean-Cyprien HAURET, le père de  Jeanne, et son acte de décès mentionne son lieu d'habitation : le Petit Bicq. Tout comme pour sa femme, Jeanne BARON qui meurt en 1895 ; sur l'acte de décès, il est précisé maison au Bicq. Enfin deux de leurs filles, prénommées toutes les deux Jeanne, mon arrière grand-mère en 1867 et sa sœur en 1864, sont également nées au Vicq. Cependant en 1863, une autre fille de Jean-Cyprien, Thérèze (sic), décède à 21 mois, maison Pichegary. C'est donc entre 1863 et 1864 que la famille HAURET-BARON s'installe dans la maison du Petit Bicq.

 

Cette maison a été détruite un peu avant le décès de sa dernière locataire, Jeanne "Fernande" DUTEN épouse et veuve LEÏÇARRAGUE, ma grande-tante. Mon père en était désolé car il disait que c'était la plus vieille maison de la commune. Je n'ai pas les moyens de vérifier cette affirmation mais il est vrai que sur le cadastre de 1832, réalisé par le géomètre Espéron, conservé aux Archives départementales des Landes sous la cote E DEPOT 261/1 G 1, la maison est indiquée. Je montre ci-dessous un extrait de la section L, dite du Bourg (c'est-à-dire le centre du village). On peut y voir l'église fortifiée, au centre, au carrefour routier et à l'Est, la maison Petit Bicq.

Le village était assez étendu et comptait environ 1400 habitants dans les années 1830. Dax, qui a fait un temps figure de favori pour être le chef-lieu du département des Landes avant de se voir préférer Mont-de-Marsan en comptait 4700 à la même époque et 4000 pour Mont-de-Marsan.  Le cours d'eau porte le nom de Fontaine dous lious (Fontaine du lieu en patois il me semble) ; aujourd'hui, c'est le Ruisseau du Moulin neuf. À l'angle du ruisseau et de la route , il y avait un lavoir qui, quand j'étais petit, ne servait plus. Il figure déjà sur la carte en 1832. Ce fut un terrain de jeu formidable ! Il y avait encore les planches à laver, des libellules... Les années 1970 avaient ceci d'agréable, c'est que les adultes nous laissaient très libres. Mais revenons à la maison du Petit Bicq. D'un point de vue étymologique, Bicq, Vicq, Vic viendrait du latin vicus, qui signifie bourg ou bourg fortifié, mais aussi village, localité, quartier, domaine, propriété foncière...

Antoine DUTEN s'installe donc au Petit Bicq après son mariage en 1900, la maison où vivait son épouse, Jeanne HAURET et le fils naturel de celle-ci, George HAURET mais que l'on appelait Maurice. Ils n'étaient pas propriétaires. Naissent donc deux petites filles, Jeanne en 1901 et Maria, ma grand-mère, en 1904. Antoine est surnommé Gentil. Caractéristique ? Prénom ? Je n'en sais rien. Il avait un handicap mais je n'en connais pas le détail. Toutes les photos que j'ai de lui le montre avec le pied droit sans chaussure, entouré d'une grosse chaussette et ne reposant pas sur le sol. Il marche avec une béquille. On a parlé d'un pied-bot, d'un flegmon ou phlegmon. Mais finalement, je n'en sais guère plus. Comme je ne sais pas grand chose de la vie de ma grand-mère et de sa sœur pendant leur enfance.

 

Il héberge quelques semaines son père veuf, Pierre DUTEN, qui décède en mars 1917 à l'âge de 80 ans. Sa mère, Jeanne HOSSELEYRE était morte un peu plus tôt, en début d'année, le 2 janvier 1917, dans leur domicile Maison Candaou. Elle avait 77 ans.

Les trois enfants de Jeanne Hauret.

Jeanne DUTEN dite Fernande, 36 ans (1937)

Maria DUTEN dite Jeanne, 33 ans (1937)

George HAURET dit Maurice, 48 ans (1937)


Antoine DUTEN décède au Petit Bicq en 1935 ; il a 62 ans. Sa veuve, Jeanne HAURET, continue à y vivre avec sa fille Jeanne DUTEN et son petit fils Jean-François. Jeanne DUTEN s'est mariée avec François LEÏÇARRAGUE en 1922 mais ce dernier meurt le 9 janvier 1925 ; son fils ne naît que quelques mois plus tard, le 11 juin 1925.

 

Jeanne HAURET, c'est Mémé Gueille pour mon père, c'est-à-dire Mémé "Vieille" en patois. Il a vécu longtemps à Saint-Geours-de-Maremne, élevé par une tante, Jeanne LEMBEYE, dite Tantote, propriétaire d'une auberge dans le bourg. Tous les dimanche, il mangeait chez Tatie Fernande, c'est--à-dire Jeanne DUTEN. Pourquoi Fernande ? Je n'en ai aucune idée. Tatie, c'est plus clair puisque c'est sa tante, la sœur de sa mère, Maria DUTEN, que nous appelions Mamie Jeanne (pour quoi Jeanne ? Aucune idée...). Il y mangeait invariablement un poulet rôti. Mémé Gueille était toujours assise près de la cheminée, à faire sécher des piments rouges sur une corde, piments qu'elle émiettait dans son assiette, des piments si forts qu'elle en pleurait. C'est en tout cas l'image qu'il a gardée d'elle. Elle meurt au Bicq en 1957, à l'âge de 89 ans.

 

Ci-dessous,  2 photos d'Antoine "Gentil" DUTEN et une de Jeanne "Mémé Gueille" HAURET.