1. Martin LARRETGÈRE (1735-1765) et Françoise NOBLE (1735-1813)

De qui parle-t-on exactement ?

Martin LARRETGÈRE est le fils aîné de Martin LARRETIÈRE, époux de Marthe LAGESTE et le petit fils de MARTIN LARRETIÈRE, époux de Jeanne PINSOLLE.

Petit rappel sous forme d'arbre généalogique...

Petite précision : deux cartes en fin de page vous permettront de vous repérez dans les communes citées plus bas.

1.1. Le mariage de Martin LARRETGÈRE et de Françoise NOBLE.

Source : registre paroissial de 1753 à 1772, cote E dépôt 310 / ES 1247-1248, Archives départementales des Landes

Soustons en 1758

Nous sommes le lundi 30 janvier 1758. Ce jour là, dans une église romane du XIIe siècle qui n'existe plus aujourd'hui, Martin LARRETGÈRE, 22 ans, fils aîné de Martin LARRETGÈRE et de Marthe LAGESTE épouse Françoise NOBLE, 22 ans également.


Transcription

"Mariage à Dumas

L'an mille sept cens cinquante huit le trente unième janvier

je sousigné est imparti la bénédiction nuptiale à Martin

Larretgère et à Françoise du Noble tous deux habitants de

la présente paroisse ayant proclamé les bans de leur [...] mariage

par trois dimanches consécutifs aux prônes des messes paroissiales

et [...] leur mutuel consentement de mariage en présence de

Bertrand Duvigneau, Antoine Conègre, Jean Brutails, Bertrand

Conègre qui ont signé avec nous"

Les parents de Martin, qui épouse Françoise NOBLE, sont sans doute présents au mariage bien que l'acte ne le mentionne pas : ils sont âgés, à ce moment là, de 49 ans pour son père (qui porte le même nom que lui) et sans doute de 46 ans pour sa mère (Marthe LAGESTE). Martin est le premier né des six enfants du couple, qui, en 1758, sont tous vivants et qu'on imagine entourer leur frère aîné. L'acte n'indique pas le métier de Martin.

Pour plus de renseignements sur les parents de Martin, Martin LARRETIÈRE et Marthe LAGESTE et ses grands-parents, Martin LARRETIÈRE et Jeanne PINSOLLE, cliquez ici.

 

Son épouse, Françoise NOBLE est la fille de Jean NOBLE et de Marie DUMORA, un couple de laboureurs de Soustons, qui se sont mariés en 1721. Françoise est née en 1735 ; c'est le septième enfant du couple (et pas le dernier puisque le couple a encore un garçon en 1738).


1.2. Les trois enfants de Martin LARRETGÈRE et de Françoise NOBLE

Martin LARRETGÈRE et Françoise NOBLE ont donc trois enfants :

  • Marie le jeudi 13 décembre 1759 à maison Lafille (Soustons)
  • Jeanne le mardi 22 décembre 1761 à maison Lafille (Soustons)
  • Marthe le jeudi 10 novembre 1763 à Maison Lafille (Soustons)

Trois enfants, trois filles et pas plus car Martin trouve la mort en 1765, un 4 mai ; il a 30 ans. Françoise NOBLE reste veuve jusqu'à son décès en 1813, à 78 ans (même si on acte de décès déclare 81 ans). Sept ans de mariage et quarante-huit ans de veuvage... Elle décède à maison Lafille (Soustons), lieu de naissance de ses trois filles et lieu de décès de son mari. Il était métayer au moment de la naissance de Marthe en 1763 mais l'acte de décès de Françoise NOBLE, en 1813, la déclare "laboureur". Pour mémoire, un métayer exploitait la terre d'un bailleur en échange d'une part de la récolte (en général, la moitié). Cela le différencie d'un fermier qui lui versait un loyer fixe pour la terre qu'il exploitait. Un laboureur est propriétaire de la terre qu'il exploite.

Comme la plupart des autres LARRETGÈRE, Martin voit son patronyme orthographié de manière très variable. Le nom est correctement écrit (avec l'orthographe "LARRETGÈRE") lors des baptêmes de Jeanne et Marthe mais lors du baptême de Marie, on lit sur l'acte :  "LARRAICGÈRE". Sur son acte de sépulture, son nom est écrit LARATGÈRE. Enfin, à la mort de Françoise NOBLE, on la déclare veuve de Martin LARREYÈRE.

Avec la naissance de trois filles, la possibilité de transmettre le patronyme est moindre, sauf si l'une d'elle a un enfant naturel, ce qui n'était guère une situation enviable à l'époque. À priori, ce ne fut pas le cas. Évoquons la situation des trois filles LARRETGÈRE du couple : Marie, Jeanne et Marthe.

2. La première fille de Martin LARRETGÈRE et Françoise NOBLE : Marie "LARRAICGÈRE" (1759-1811), épouse de Jean BRUTAILS

Mise à jour de mai 2019

Un arbre généalogique vous attends à la fin de cette sous-partie si vous vous sentez un peu perdu...

2.1. Le mariage de Marie LARRETGÈRE

Fille aînée de Martin LARRETGÈRE et de Françoise NOBLE, Marie se marie encore mineure, à 17 ans, le 24 septembre 1777, à Soustons.  Elle habite toujours maison Lafille, avec sa mère veuve. Le marié est plus âgé : il a 26 ans et s'appelle Jean BRUTAILS.

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Le mot de Clio sur le mariage aux XVIIe et XVIIIe siècles en France                                                      La majorité était fixée à 25 ans par l'ordonnance de Blois de 1579 ; la plupart des mariés est donc mineur dans la période dite de l'Ancien Régime (avant 1789). L'acte de mariage de Marie LARRETGÈRE et de Jean BRUTAILS précise le libre consentement des époux et des proches parents. Il ne faut pas minorer le consentement des époux en pensant que les mariages étaient systématiquement "arrangés". Certes, ils le sont, mais pour éviter les mariages clandestins (sans l'accord des parents et en cachette de ceux-ci) qui seraient cependant indissolubles, le consentement des époux est essentiel. Cependant, pour ménager toutes les susceptibilités, le Concile de Trente (n'oublions pas que nous avons affaire ici à des mariages religieux et catholiques), impose la présence d'au moins deux témoins, de la publication des bans trois dimanches consécutifs au cours de la messe et la bénédiction du mariage par le prêtre de la paroisse d'un des deux époux. La présence et le consentement des parents ne sont donc pas indispensables mais le mariage est connu de tous dans la paroisse.                                                                                                                Pour mémoire, le Concile de Trente est en quelque sorte la réponse de l'Église catholique à la réforme protestante ; il débute en 1545 et s'achève en 1563. On lui doit, entre autre, le catéchisme. Un concile est une réunion des évêques, le plus souvent à la demande du pape (évêque de Rome et chef de l'Église catholique) pour définir les doctrines, les dogmes et les questions de discipline commune.

L'union de Marie LARRETGÈRE ou LARRAICGÈRE avec Jean BRUTAILS porte ses fruits comme on dit. Ils ont au moins 7 enfants. Le patronyme "LARRETGÈRE" n'est pas le seul à varier avec les actes ; celui de BRUTAILS est lui aussi soumis à des fantaisies orthographiques lors des baptêmes ou des naissances des enfants (à partir de septembre 1792 et la création de la Ière République, les actes de naissances de l'état civil remplacent en tant qu'actes officiels les actes de baptêmes des registres paroissiaux) :

  • Gérard BRUTAILS nait sans doute en 1778 ou début 1779 ; je n'ai pas retrouvé son acte de baptême mais au moins son acte de mariage avec Marguerite BRUTAILS en 1814. Vous aurez noté la similarité du nom de famille des époux mais si la parenté existe, elle doit être lointaine. L'Église catholique est très intransigeante en matière de mariage consanguin : pas de mariage entre frère et sœurs, nièces et neveux et entre cousins germains. C'est en grande partie pour cela que sont établis les premiers registres paroissiaux. 
  • Jeanne BRUTAILS est baptisée le 10 mars 1780, un jour après sa naissance à maison Lafille. Il est possible qu'elle décède à l'âge de 10 ans, le 11 décembre 1790. Cependant, l'acte disponible en ligne sur le site des Archives départementales des Landes ne permet pas de lire le lieu du décès, ce qui permettrait une meilleure identification de la morte.
  • Jeanne "BRETAILS" voit le jour elle aussi à maison Lafille et elle est baptisée le 12 mars 1783. On remarquera la variante de l'orthographe du patronyme.
  • Barthélémi "BRETAILS" nait le 12 mars 1788, toujours à maison Lafille.
  • Jeanne BRUTAILS nait le 12 mars 1792, sans originalité à maison Lafille.
  • Même lieu pour Gérard BRUTAILS, le 24 septembre 1795 (ou le 02 vendémaire de l'an IV)
  • Toujours maison Lafille pour la petite dernière, Jeanne BRUTAILS, le 6 août 1799, déclarée le lendemain, le 20 thermidor de l'an VII dans le calendrier républicain.

On peut noter l'amusant hasard qui fait naître trois des enfants de Marie LARRETGÈRE le 12 mars exactement, successivement en 1783, 1788 et 1792. La précédente naissance avait eu lieu le 10 mars 1780, ce qui n'est pas loin non plus. La période entre fin juin et début juillet semble féconde pour le couple.

 

Tous les enfants du couple naissent à Soustons et à maison Lafille ce qui peut nous laisser supposer que Jean BRUTAILS et Marie LARRETGÈRE ont repris l'exploitation de la mère de cette dernière, Françoise NOBLE, d'abord comme métayer si l'on en croit les actes de baptêmes de ses enfants puis comme laboureur, sans doute après la mort de Françoise NOBLE en 1813.

Le patronyme de Marie souffre de nombreuses modifications lors de la rédaction des actes de baptême puis de naissance de ses enfants : REGGNERE en 1780, LAREGÈRE en 1783, LARRANIGÈRE ou LARRANIÈGÈRE en 1788, LARRETYÈRE avec beaucoup de ratures en 1792, LARREYÈRE en 1795 et 1799.

Marie meurt assez jeune, deux ans avant sa mère Françoise NOBLE, en 1811. Elle a 51 ans. On lui donne le nom de LARRIGÈRE sur l'acte de décès et l'âge de 52 ans, à tord. Son mari est un des deux témoins qui rapporte son décès, survenu le 5 juin à 22h ("10h du soir" sur l'acte).

La maison Lafille aujourd'hui, visible sur l'excellent site intitulé Soustons : lieux-dits et noms de lieux.

2.2. Les sept enfants de Marie LARRETGÈRE / LARRAICGÈRE et de Jean BRUTAILS.

Sur les sept enfants de Marie LARRETGÈRE / LARRAICGÈRE, quatre se marient, une meurt enfant (peut-être, car je n'ai pas une certitude absolue) et je perds la trace de deux.

 

1. L’aîné, Gérard BRUTAILS épouse Marguerite BRUTAILS en 1814, à l'âge de 35 ans. Il est laboureur. Son épouse à 29 ans ; elle est la fille d'un couple de laboureurs de Soustons.  Le nom de Marie LARRETGÈRE, décédée au moment du mariage de son fils Gérard, est correctement orthographiée dans l'acte. Le jeune couple a une fille, qui naît en 1815, le 2 février, prénommée Jeanne. Il semble que Gérard et Marguerite n'ont pas d'autres enfants. Ils déménagent à Saubion, à une dizaine de km au Sud de Soustons, où ils sont laboureurs à maison Grand Peyre. Leur fille unique s'y marie (non pas sous le nom de Jeanne mais sous celui de Marie, prénom de sa grand-mère ; n'oublions la fâcheuse habitude landaise, souvent évoquer dans notre site, du changement intempestif de prénom dans les actes, reflet sans doute du changement de prénom par rapport au baptême et/ou à l'état civil dans la vie quotidienne). Marguerite décède en 1841 et Gérard en 1849 (sous le prénom de Jean, prénom de son père). Elle avait 60 ans (sur l'acte de décès ; dans les faits, elle en a 56) et lui 72. 

  • Leur fille Jeanne dite "Marie" a 17 ans quand elle épouse Pierre DUBLANC, en 1833 ; il est né et vit à Saubion. Il a 24 ans et il est laboureur. À part la mère de Pierre DUBLANC, décédée à Saint-Vincent-de-Tyrosse, les trois autres parents sont présents et consentants au mariage. Elle devient veuve en 1868 au décès de son cultivateur de mari (Pierre DUBLANC donc) qui avait 59 ans. Elle reste veuve jusqu'à sa mort en 1901 où elle a atteint l'âge de 85 ans d'après l'acte de décès (en fait, elle en a 86). Jeanne "Marie" BRUTAILS et Pierre DUBLANC ont onze enfants, entre 1833 et 1856, six filles et cinq garçons. Je proposerai une mise à jour sur leur descendance plus tard.

2. Nous avons déjà évoqué le sort de Jeanne BRUTAILS, 1780 et vraisemblablement décédée en 1790.


3. Le troisième enfant de Marie LARRETGÈRE et de Jean BRUTAILS, baptisée Jeanne (les prénoms ne sont pas très variés mais sont liés au choix des parrain et marraine ; Jean et Jeanne étaient des prénoms très répandus) est née en 1843 ; elle se se marie tardivement, en 1822, à l'âge de 38 ans. Elle vit à Tosse. Le mari, Jean DULER est un veuf de 42 ans, laboureur à Soustons. Il a perdu sa première femme, Margueritte LAHARY, qu'il avait épousé en 1814. Elle est morte en octobre 1821 (sous le prénom de Catherine). Comme il se remarie en février 1822, on voit que sa période de deuil est très courte : quatre mois. C'est assez fréquent quand le mari qui devient veuf est également père de jeunes enfants car il faut bien quelqu'un pour s'en occuper des enfants (et tenir la maison). Cependant, Jean DULER et sa première épouse n'ont pas eu d'enfant...

Au mariage de Jeanne, le nom de sa mère Marie est orthographié LARRETYÈRE.

 

Jeanne BRUTAILS et Jean DULER ont deux enfants, deux filles, Catherine en novembre 1822 mais qui décède en janvier 1823, puis Jeanne en 1826. Jean DULER décède à l'âge de 70 ans, à maison Mautré, où sont nées ses deux filles. À sa mort en 1846, il était à nouveau veuf, Jeanne ayant trouvé la mort en 1844, à l'âge de 60 ans.

  • La seule fille survivante de Jeanne BRUTAILS et de Jean DULER, Jeanne DULER, a épousé en 1842, à tout juste 16 ans, un jeune laboureur de 22 ans, Étienne DAGOUASSAT. Le jeune couple exploite la maison Mautré, donc la terre de Jeanne, comme laboureur. Ils ont quatre enfants : Jeanne en 1844, Pierre en 1848, Elizabeth en 1851 et Marie en 1854. Le couple déménage à Magescq, commune limitrophe de Soustons, à l'Est. Ils ont encore deux enfants, une fille prénommée Jeanne en 1857 (sous le nom de DABOISSAT), et, en 1859, un garçon prénommé Pierre dont le nom est orthographié DAGOISSAT. Mais Jeanne DULER joue de malchance : elle perd trois de ses enfants en bas âge, trois mois pour Marie et Pierre, dix mois pour Jeanne. Elle meurt d'ailleurs elle aussi très jeune, à 34 ans, le 14 mai 1861, à Magescq... 
    • Elizabeth DAGOUASSAT, seule enfant survivante du couple Jeanne DULERÉtienne DAGOUASSAT se marie en  novembre 1877 avec un résinier de Rivière, Jean SAUBION qui a trois ans de plus qu'elle (elle a 26 ans au moment de son mariage, et Jean SAUBION en a 29).

4. Barthélémi BRUTAILS (ou BRETAILS comme le nom est orthographié sur son acte de baptême) est le quatrième enfant de Marie LARRETGÈRE et de Jean BRUTAILS. Je n'ai trouvé aucun acte le concernant en dehors de son baptême : ni mariage, ni décès. Donc, deux hypothèses : son acte de sépulture ou de décès était trop peu lisible pour avoir été annoté sur le site de Généalogie du Bas Adour ; deuxième hypothèse, il s'est marié en dehors des espaces géographiques couverts par le même site.


5. Le cinquième enfant de Marie LARRETGÈRE est une fille qui porte encore le nom de baptême de Jeanne. En mars 1792, l'état civil officiel reste le religieux, bien que pour plus très longtemps (le changement vers un état civil laïque intervient en septembre avec la création de la Ière République). En 1813, comme son frère aîné, elle épouse quelqu' un portant le même nom de famille qu'elle, Jacques BRUTAILS. C'est d'ailleurs le frère de sa belle soeur Marguerite BRUTAILS qui a épousé le frère aîné de Jeanne, Gérard, fils de Marie LARRETGÈRE / LARRAICGÈRE. Le mariage a lieu à Soustons, le  18 mai 1813. Les époux ont le même âge, 21 ans. Jacques est laboureur à Soustons. Notons que le nom de famille de Marie LARRETGÈRE est respectée dans l'acte. Jeanne et Jacques ont cinq enfants, cinq filles : Marthe, Catherine, Marguerite, Margueritte et Jeanne (respectivement en 1815, 1817, 1820, 1823 et 1827). Jeanne décède en 1842 à l'âge de 50 ans. Que deviennent ses filles ?

  • Marthe BRUTAILS ou "BURTAILS" épouse à Soustons, en 1833, à l'âge de 17 ans, Michel PINSOLLE, un laboureur, qui en a 21 (18 et 22 sur l'acte).
  • Catherine épouse en 1836 Gérôme DUPUY. Elle a 20 ans, il en a 24. Il est laboureur (toujours à Soustons).
  • Marguerite nait maison Pehaout (Soustons) en 1820. Elle épouse Étienne LACROIX, né à Saint-Vincent-de-Tyrosse, habitant Saubion (comme elle), laboureur de son état en 1844. Sa mère est déjà décédée. Il a 25 ans d'après l'acte et elle 23.
  • Margueritte nait également maison Pehaout en 1823. Je n'ai pas d'autres renseignements la concernant.
  • Jeanne voit le jour en 1827, encore maison Pehaout. Elle a 25 ans quand elle épouse à Soustons Adrien LASSALLE, qui en a 24 (il est né en 1828) ; il est journalier, fils d'instituteur (son père est mort en 1829 à Soorts). Adrien a signé l'acte, contrairement à son épouse, à sa mère et à son beau-père. Jeanne meurt à 69 ans d'après son acte de décès, veuve et travaillant comme ouvrière.

6. Gérard BRUTAILS porte sans originalité le même prénom que son frère aîné. Il est né en 1795. Marie LARRETGÈRE, sa mère, a 35 ans au moment de sa naissance. Il se marie en 1815, un mois avant d'avoir 20 ans. Son père est présent (et consentant) mais sa mère Marie, dont le patronyme est orthographié LARRATYÈRE est décédée. La jeune mariée est la fille, mineure (18 ans), d'un laboureur de Soustons où se déroule le mariage ; elle s'appelle Margueritte VIELA ou VIELLA et même BIELA (le nom du père est orthographié avec deux "l" et pour sa fille avec un seul "l", sur le même acte de mariage). Comme Gérard, elle est orpheline de mère. Cette dernière s'appelait Jeanne DOUSSI. Le couple a douze enfants, sept filles et cinq garçons, entre 1816 et 1841, toujours à Soustons, à maison Bourbon pour les quatre premiers, puis à maison Nauhic, maison Caunègre et enfin maison Peyrouticq pour les suivants.

Gérard BRUTAILS et son épouse décèdent à Soustons, lui à 63 ans en 1859 et elle à 73 ans en 1870, tous les deux dans la petite maison de Laché, future propriété d'un certain François MITTERRAND...

Gérard BRUTAILS et son épouse Margueritte n'ont pas toujours de la chance avec leurs enfants, certains mourant assez jeunes.

  • L'aînée, Marthe, née en 1816, décède en 1839, à l'âge de 23 ans, un après son mariage avec un dénommée Jean BARRÈRE, âgé de 30 ans. Elle n'a pas de descendance.
  • Gérard, qui naît en 1818, ne vit que 9 jours.
  • Jeanne nait le jeudi 28 avril 1820 et meurt à l'âge de "13 ans", d'après l'acte de décès, le 30 juillet 1831. En fait, elle n'a que 11 ans. Preuve est encore faite que, chez des gens qui n'étaient pas alphabétisés, l'orthographe des patronymes et les âges n'étaient pas des éléments bien maîtrisés. Ajoutons également qu'aucun des deux témoins rapportant le décès à l'état civil n'est un parent de la jeune Jeanne. Ce sont d'ailleurs les deux mêmes qui semblent "comparaître" pour tous les décès de la commune à ce moment-là, Jean CAUP le garde-champêtre et Jean MIRAMON, appariteur.
  • Raymond, né en 1822, se marie à deux reprises. D'abord en 1848, à l'âge de 26 ans avec Claire NAVAILLÈS qui en a 25. C'est la fille d'un pêcheur. Lui est laboureur. Claire meurt quelques années plus tard à 33 ans et il semble que le couple n’ait pas eu d'enfants. Il épouse en seconde noce Jeanne GADOU, domestique, née à Tosse. Elle a 30 ans et il en a 34. Ils ont plusieurs enfants :
    • Gérard, qui meurt à l'âge de deux mois en 1857,
    • Nicolas en 1859,
    • Catherine en 1861.

À ce moment là, Raymond n'est plus laboureur mais résinier. En 1864, Jeanne GADOU décède à l'âge de 38 ans laissant deux enfants encore jeunes.

  • Nicolas (il est domestique puis devient cultivateur) se marie à l'âge de 23 ans avec une jeune cultivatrice de 18 ans, Catherine LESHAURIS. Il a au moins deux enfants, un garçon qu'il appelle Raymond, comme son père et une fille prénommée Catherine comme son épouse, qui a trouvé la mort à la naissance de l'enfant. Les deux se marient. Catherine meurt à 66 ans en 1956 à Messanges, mais Raymond meurt lors de la Grande Guerre : blessé au visage en juin 1918 à Courcelles, il est de nouveau blessé en octobre 1918 près de Laon, et meurt le 17/10/1918 (voir ci-dessous l'extrait de son registre matricule.
  • Sa soeur Catherine BRUTAILS décède célibataire à 25 ans.

Raymond, leur père, meurt à l'âge de 77 ans, dans la commune de Messanges, au Nord de Soustons, le 1er novembre 1899. Il était toujours résinier. 

Source : Archives départementales des Landes, registres matricules 1903, Bureau Mont-de-Marsan-Bayonne, cote 168 W 23.

Revenons aux nombreux enfants de Gérard BRUTAILS et Marguerite VIELA...

  • Jeanne nait le jeudi 28 avril 1825. Je n'ai pas d'autres informations à son sujet.
  • Bernard BRUTAILS est le sixième enfant de Gérard BRUTAILS (dont le prénom, sur l'acte de naissance de son fils, est orthographié "Julard" et de Margueritte VIELLA). Bernard nait maison "Nauchicq"(sic) le 5 mars 1827 à 8h du matin. Il a 28 ans en 1855 quand il épouse Marie PUYOBRAU (parfois PUYAUBRAU), âgée de 19 ans. Si elle est née et vit à Soustons, ses parents (au moins sa mère survivante, son père étant mort en 1840) vivent à Moliets. Ils ont au moins douze enfants. Marie meurt en 1900 à Soustons ; à ce moment-là, son mari Bernard est déjà décédé mais des doutes subsistent concernant la date.
  • Raimond BRUTAILS ou BERTAILS (comme son patronyme est orthographié sur son acte de naissance, avec un père prénommé "Julard" et une mère nommé "BIELA") voit le jour maison Nauchic (le "q" a disparu) en 1830. Comme son frère Raymond (né en 1822), il épouse une jeune fille nommée Marie GADOU. C'est la soeur de la femme de son frère Raymond, Jeanne GADOU. Il a 22 ans et elle en a 24. Elle est née à Tosse et comme sa soeur, elle est domestique. Entre 1852 (date du mariage) et 1868, le couple a au moins sept enfants.
  • Martin a une courte vie. Il est né en 1832 et meurt en 1863, quelques mois avant ses 31 ans. Il a eu le temps de se marier, avec Catherine DARROUZET. Il a 27 ans, elle en a 21. Aucun des deux époux ne signet l'acte "pour ne savoir". Il est laboureur, elle est "d'état de travail" c'est-à-dire ouvrière agricole. Ils ont trois enfants au moins.
  • Jeanne est née en 1836 et décède à 27 ans à Laché. Elle était domestique et célibataire.
  • Jeanne nait un mercredi, le 15 mai en 1839 ; elle a tout juste 2 ans quand elle trouve la mort le 12 octobre 1841. Le prénom de son père est orthographié "Gélard".
  • Jeanne a une longévité bien supérieure à ses sœurs prénommées également Jeanne. Elle décède en 1926, à l'âge de 85 ans. Elle était née en août 1841. Elle a épousé un Soustonnais, Étienne BEDAT, avec qui elle a douze enfants entre 1864 et 1885, trois garçons et neuf filles.
  • Jeanne est la dernière fille et le dernier enfant du couple. Elle naît le dimanche 12 janvier 1845. Elle épouse en 1862 Dominique LASSALLE. C'est un laboureur de 24 ans ; Jeanne en a 17. Ils ont au moins neuf enfants.

Derrière François MITTERRAND, la bergerie de Laché ou Latché, lieu de vie et de décès de Gérard BRUTAILS, Marguerite VIELA et, entre autre, leur fille Jeanne BRUTAILS. Ils furent gemmiers et cultivateurs.

Source : Manuel Bidermanas / akg-images ; 1972.


7. Jeanne BRUTAILS est né le 7 août 1799 à Soustons et c'est le seul renseignement que j'ai sur le dernier enfant de Marie LARRETGÈRE et de Jean BRUTAILS.


Mise à jour mai 2019 : un petit arbre généalogique en guise de synthèse pour les enfants de Marie LARRETGÈRE et de Jean BRUTAILS. N'oubliez pas de cliquer sur l'image pour l'avoir dans son format d'origine.

2.3. Une petite synthèse sous forme d'arbre généalogique (cliquez pour agrandir)


3. La deuxième fille de Martin et Françoise : Jeanne LARRETGÈRE (1761-1826), épouse de Salvat DARBLADE

Jeanne LARRETGÈRE est la deuxième fille de Martin LARRETGÈRE et de Françoise NOBLE. Elle naît  à Soustons, maison Lafille comme ses sœurs. Son parrain est son oncle, Étienne (ou Estienne) LARRETGÈRE, mon ancêtre direct. Sa marraine est Jeanne MINJOT, une proche visiblement car elle est marraine de plusieurs LARRETGÈRE. Sont cités comme présents dans l'acte de baptême son grand-père maternel, Jean NOBLE et Gérard PINSOLLE, parrain ou témoin, lui aussi, de nombreux LARRETGÈRE.

Source : acte de baptême de Jeanne LARRETGÈRE, cote E dépôt 310 / ES 1247-1248, Archives départementales des Landes.

Jeanne a déjà 30 ans quand elle épouse Salvat DARBLADE, du même âge. Ils se marient maison Duran, sans doute le domicile du mari puisque Jeanne vit maison Lafille avec sa mère veuve, Françoise NOBLE. Bien que l'on soit en 1793, l'acte de mariage garde l'ancien calendrier (celui d'avant l'instauration de la Ière République et son nouveau calendrier qui débute en septembre 1792, début de l'An I) en, précisant seulement que l'on est dans l'an second de la république. Sinon, il est bien indiqué que nous sommes le 24 avril 1793, à 11h. Le patronyme de Jeanne est orthographié LARRETJÈRE.

Avril 1793 : cela fait trois mois, presque jour pour jour que Louis XVI a été guillotiné ; au début du mois, le Comité de salut public a été créé et le jour même du mariage de Jeanne et de Salvat, le journaliste et médecin MARAT est acquitté par le tribunal révolutionnaire ; il avait été mis en accusation en raison d'un manifeste qu'on lui attribué appelant à l'insurrection. Il sera assassiné trois mois plus tard par Charlotte Corday. Quels sont les impacts de la révolution à Soustons et dans la vie quotidienne de ses habitants ? Difficile de le savoir. Les registres paroissiaux ont été remplacés par les actes d'état civil mais quelles sont les autres conséquences ? Comment est vécu la guerre contre la coalition qui attaque la France, la levée en masse de février, le début des guerres de Vendée ?

En totale désuétude aujourd'hui, le prénom Salvat, parfois orthographié Salbat, est très spécifique de l'occitan et du Sud-Ouest. Cela signifie "sauveur", comme dans Salvatore ou Salvador. Le patronyme DARBLADE, issu sans doute d'ARBLADA ou ARBLADE est peut-être lié à l'érable. Mais d'après Pierre SALLES, auteur de l'ouvrage Origines des noms du Sud-Ouest, cette piste n'est guère convaincante ; mais c'est la seule...

 

Le couple Jeanne LARRETGÈRE et Salvat DARBLADE a trois filles : les deux premières sont prénommées Françoise comme leur grand-mère, la dernière s'appelle Marguerite. La petite Marguerite décède à 11 mois.

Jeanne décède à l'âge de 64 ans en 1826, maison Cachou ou Cachau ou encore Cachaou à Soustons. Salvat atteint l'âge de 72 ans. Il décède maison Jouanon en 1834 et on le dit laboureur et veuf de Jeanne LALICHERRE. Parmi les autres variantes de son nom, on peut lire LARRETYÈRE pour la naissance de sa fille aînée Françoise et LARREYÈRE au mariage de cette dernière. Pour sa deuxième fille nommée Françoise, c'est LARRETYÈRE sur l'acte de naissance et son premier mariage et LARRIÈRE lors de la rédaction de l'acte du second. On peut noter l'absence du nom des parents sur l'acte de décès des deux Françoise. Pour la naissance de Marguerite, le nom de Jeanne est orthographié LARREYÈRE et le nom des parents est absent de l'acte de décès.

3.1. Les trois filles de Jeanne LARRETGÈRE et de Salvat DARBLADE

1. Françoise DARBLADE a 19 ans quand elle épouse un jeune laboureur de Soustons qui répond au nom de Gabriel GOMMER. Il a cependant 9 ans de plus que sa promise. Le nom de GOMMER, si j'en croit le site de Jean Tosti que je vous recommande, est une variante de GOMMIER, un nom d'origine germanique (gomo = homme et hari = armée). C'est assez surprenant pour un nom du Sud des Landes, d'autant que GOMIER ou GOMMER sont des patronymes plutôt issus de régions plus au Nord de la France. Sur l'acte de mariage, il est déclaré de père et de mère inconnus. D'où lui vient son nom ? Il a du lui être donné à l'hôpital de Bayonne qui accueillait les enfants "trouvés". Il est sans doute né vers 1786.

 

Le Rôle des enfants trouvés et abandonnés à l'hôpital est consultable en lignes aux Archives départementales des Pyrénées Atlantiques. On trouve essentiellement, au fil des pages, des enfants illégitimes dont souvent un des deux parents est connu, mais ce sont parfois des enfants abandonnés. Ils sont "donnés à nourrir" à des nourrices et parfois placés. On constate qu'hélas, la plupart ne survit pas longtemps. Si je prends l'exemple de la page 199 (consultée par curiosité), concernant une partie de l'année 1760, et qui enregistre l'entrée de huit enfants entre juin et août :

  • un meurt quelques jours après son arrivée,
  • quatre meurent dans l'année qui suit, en 1761,
  • deux en 1762 et un en 1769.

Ce qui fait huit morts...

 

Pour revenir à Gabriel GOMMER, je n'ai pas trouvé dans le registre des enfants trouvés le prénom de Gabriel en 1786. J'essaierai d'élargir chronologiquement mes recherches ou les approfondir concernant l'attribution des noms.

Salvat DARBLADE, père de la mariée, est également un des quatre témoins. Il a 52 ans. Salvat est également le prénom que le couple donne à leur premier né : Salvat GOMMER. Il voit le jour à maison Vignes. Suivent Jean en 1817, Bernard en 1821, Bertrand en 1823. Bertrand meurt huit jours plus tard, maison Lahoune, où vivent désormais Gabriel et Françoise. Plus tard, c'est Jean, qui décède à l'âge de 6 ans, en 1824. Son nom est orthographié GOMER avec un seul "M". Un autre GOMMER de Soustons, Léonard, voit parfois son patronyme orthographié GOMO...

C'est d'ailleurs sous le nom de GOMÈS que l'acte de décès de Gabriel est rédigé le 19 décembre 1867 ; il a 81 ans d'après l'acte (et c'est là on apprend qu'il vient de l'Hospice de Bayonne). L'âge de 81 ans semble correspondre à la réalité, si l'âge de 28 ans à son mariage est correct. D'où l'estimation de l'année 1786 pour sa naissance. Françoise lui survit deux ans puisqu'elle décède en 1869. Tous les deux habitaient maison Lauga au moment de leur décès.

Françoise DARBLADE a donc quatre fils avec son mari Gabriel mais deux seulement ont survécu : Salvat et Bernard.

  • Salvat GOMMER épouse Marie LAVIELLE à Soustons en 1852. Il a 37 ans et elle 40. Il est cultivateur et elle est journalière. C'est une veuve qui a perdu son mari, Bernard BARRÈRE le 23 décembre 1843. Marie LAVIELLE n'avait eu que deux enfants avec son défunt mari, plus âgé qu'elle de 13 ans. Un garçon, Jean, et une petite fille, Anne, qui ne vit que 20 jours, et qui meurt quelques jours avant son père. Quand elle épouse en seconde noce Salvat GOMMER, son fils Jean a 14 ans et il est donc en âge de travailler. Cependant, je ne sais pas ce qu'il devient. L'acte de décès de Salvat GOMMER mentionne l'âge de 52 ans mais il en a en fait 55 quand il décède en 1870. On le dit fils de Françoise "ARBLADE"... Et son nom de GOMMER s'est transformé en GOMÈS. On note toujours des variations dans les patronymes alors que l'on est au derniers tiers du XIXe siècle. Je n'ai pas trouvé d'enfants pour le couple (à vérifier).
  • Bernard GOMMER, jeune frère de Salvat, s'est marié bien avant son aîné, en 1844, à l'âge de 22 ans, à Soustons. Son épouse est un peu plus âgée que lui avec ses 27 ans. Si elle habite Soustons, Jeanne LASSALE (ou LASSALLE selon les actes), son épouse, est née dans la commune de Saint-Martin-de-Seignanx. Ils ont au moins cinq enfants, peut-être six, deux garçons et  trois ou quatre filles (j'ai un décès qui me laisse à penser qu'ils ont eu une petite fille qui meurt à l'âge de 4 ans mais je ne trouve pas l'acte de naissance et le père est nommé Jacques GOMÈS époux de Jeanne LASSALLE).
    • Gabriel (1844-1919) ; c'est à Magescq et sous le nom de GOMEZ que Gabriel épouse , à 26 ans, une jeune fille de 18 ans, Jeanne LAHARY. Comme lui, elle est originaire de Soustons et comme lui, elle est cultivatrice.
    • Adrien (1847-1928) se marie à deux reprises, d'abord avec Catherine VAVASSEUR puis, trois ans après le décès de cette dernière, avec Marguerite BROUSTE, originaire de Saint-Vincent-de-Tyrosse et qui habite Magescq. Il a 48 ans et Marguerite en a 34. On lui attribue le nom de GOMÈS dans les actes des deux mariages (à vérifier).
    • Marie (1850-1913) ; deux mariages pour Marie également qui, veuve de Pierre LALANNE avec qui elle s'est unie en 1881, épouse Jean DARRICAU en 1893, à chaque fois sous le nom de GOMÈS.
    • Laurence (1852-1928), au patronyme de GOMÈS épouse en 1882 Bertrand LAUDOUAR ; elle a 30 ans, il en a 25. Elle est couturière et lui cultivateur.
    • Françoise (?-1862). Elle est déclaré défunte à l'âge de 4 ans.
    • Jeanne (1858- ?). N'ayant aucun renseignement sur Jeanne après sa naissance, j'aurai tendance à penser qu'il s'agit en fait de l'enfant morte en 1862 à 4 ans, dont l'acte de décès porte le prénom de Françoise, pour qui je ne trouve pas d'acte de naissance, à une époque où l'état civil est quand même bien tenu mais dépendant des déclarants, qui restent encore souvent analphabètes, dans une région où les prénoms sont changeants.

2. Françoise DARBLADE est née en 1797, soit trois ans après sa sœur prénommée également Françoise. L'aînée des Françoise s'est mariée en 1814 à 19 ans, la cadette se marie à 23 ans en 1821. Son époux s'appelle François PLAISANCE, un laboureur de 32 ans, originaire de Saint-Geours-de-Maremne mais vivant à Soustons. Notons que PLAISANCE est un patronyme désignant l'origine géographique de la personne ; d'après Jean TOSTI (sur son site Le dictionnaire des noms), c'est un toponyme très répandu, entre autres dans les Landes. Le couple à cinq enfants : Jean en 1822, Étienne en 1823, Françoise en 1824, Marie en 1827 et Catherine en 1829. François PLAISANCE meurt en  1829, après huit ans de mariage avec Françoise. Il  sans doute 40 ans. Notons que dans tous les actes (à l'exception de celui de sa naissance), Françoise est prénommée Marguerite, comme sa soeur cadette décédée à l'âge de onze mois.

Après le décès de François PLAISANCE, Françoise "Marguerite" épouse, quatre ans après, un nommé Jean PICART, qui a dix ans de moins qu'elle : il a 25 ans, elle en a 35 (même si l'acte ne lui en donne que 34). Françoise "Marguerite" a eu quatre enfants avec son premier mari puis en a deux avec le suivant. Elle meurt assez jeune, à 49 ans en 1847 (sur son acte, on lui donne l'âge de 40 ans).

  • L'aîné, Jean PLAISANCE, ne vit pas longtemps. Il né en janvier 1822 et décède à l'âge de 7 ans en novembre 1829.
  • Étienne PLAISANCE est né en février 1823. Adulte, il est cultivateur et se marie à l'âge de 31 ans avec Jeanne LIBAT (ou LUBAT selon les actes). Ils ont trois filles et un garçon.
    • Jeanne (1855-1931) épouse à Messanges Étienne FORBIELLE.
    • Françoise, qui nait en 1859, meurt sans descendance à l'âge de 21 ans.
    • Étienne voit le jour en 1862. Il exerce la profession de résinier quand il se marie avec Jeanne LANDAIS à l'âge de 33 ans ; son épouse en a 32. Ils ont deux enfants, Jeanne, qui ne vit que quelques mois en 1899 et Jean (1900-1985).
    • Jeanne meurt en 1946 à l'âge de 80 ans. Elle est née en 1866 et à 19 ans, elle épouse Jean CARRÈRE qui en a 10 de plus. Il est résinier. Ils ont deux filles, Jeanne en 1887 et Marie en 1889.
  • Françoise PLAISANCE a 27 ans quand elle épouse Arnaud DUFOURG ou DUFOURCQ (selon les actes). Arnaud a 34 ans et il est charpentier à Magescq, bien que né à Saubrigues. Cependant, le mariage a lieu à Soustons où vit Françoise (ses parents étant décédés, il serait intéressant de savoir dans quelle maison elle vit). Elle n'a pas de métier particulier lors de son mariage où elle est déclarée "d'état de travail", ce qui signifie qu'elle est ouvrière agricole. Nous sommes en novembre 1851. Les témoins sont un instituteur, deux maréchaux-ferrants et un meunier. Le couple a-t-il eu des enfants ? Comme tous généalogiste, je commence par regarder les tables décennales qui font la liste des naissances, des mariages et des décès par tranches de 10 ans. Elles sont parfois par ordre alphabétique mais parfois par ordre chronologique, moins pratique pour le chercheur. J'ai trouvé quatre naissances pour le couple : Françoise en 1854, Étienne en 1858, Placide en 1863 et Bertrand en 1866, tous nés à Magescq.

Examinons le recensement de Magescq en 1866 pour la famille formée par Arnaud DUFOURCQ et Françoise PLAISANCE (source : Archives départementales des Landes).

On peut observer que le couple ne semble avoir que trois enfants ; cela indique sans doute que la petite Françoise, née en 1854 et qui devrait avoir 12 ans a dû décéder. On peut noter aussi que le petit Placide se voit attribuer le nom d'Étienne, comme son grand frère. Une petite recherche sur les tables de Magescq m'a confirmé le décès de Françoise. Elle a trouvé la mort le 10 décembre 1863, à l'âge de 9 ans.

Reprenons notre propos concernant les enfants de Françoise "Marguerite" DARBLADE.

  • Catherine PLAISANCE est son quatrième enfant et le dernier qu'elle a avec son premier mari. La petite Catherine meurt à l'âge de 5 mois en novembre 1829. Son père ne l'a jamais connu ; il est mort en février et c'est en juin que Françoise DARBLADE a accouché de la petite Catherine.
  • Après quatre années de veuvage, Françoise, remariée avec Jean PICART, a de nouveaux des enfants. Elle a n'a pas tout à fait 36 ans quand elle accouche de Salvat PICART en mars 1834. Il meurt en 1908, à l'âge de 74 ans dans la commune de Moliets-et-Maa ; il semble qu'il soit resté célibataire.
  • En septembre 1835, elle a un deuxième enfant de son jeune mari (qui, rappelons-le, à 10 ans de moins que Françoise. L'enfant est un garçon qui porte le même prénom que son père, Jean. L'enfant décède très tôt, à 2 mois.
  • Enfin, en 1837, à 39 ans, Françoise a un dernier enfant, prénommée lui aussi Jean. Il est scieur de long et épouse à Azur, en 1865, une jeune cultivatrice de 22 ans, Marthe COUSSEAU. Il en a 28. Ils ont deux enfants, un garçon nommé Jean en 1867 (à Azur) et une fille nommée Marthe (à Moliets -et-Maa) ou meurt son père Jean et son frère Salvat, tous scieurs de long comme lui.
    • Jean et sa soeur Marthe se marient le même jour de janvier 1896, le 5 exactement. Il épouse à 28 ans Catherine LAFITTE, cultivatrice de 20 ans qui vit et habite la commune de Léon. Marthe prend pour mari Jean MINJOT, un résinier qui habite Moliet-et-Maa comme elle mais qui est né à Castets. Il a 23 ans et elle 22. Marthe PICART et Jean MINJOT ont trois enfants : deux filles a l'exceptionnelle longévité puisque Marthe Marie atteint l'âge de 97 ans et Maria celui de 98 et un garçon Bertrand Armand qui meurt à 67 ans en 1969. Ce Bertrand MINJOT, mesurant 1,67 m a été condamné a trois reprises pour coups et blessures en 1923, 1925 et 1932. Autre renseignements trouvé sur son registre matricule, il était, à20 ans, terrassier ; il a été ajourné de son service militaire pour faiblesse en 1921 et 1922 et ne l'a effectué qu'en 1923. Mobilisé en 1939, il est réformé pour des problèmes d'ulcères gastriques visiblement assez sérieux. Catherine LAFITTE, épouse de Jean PICARD (comme son nom est désormais orthographié) meurt en mettant au monde un enfant de sexe féminin qui ne survit pas. Jean PICARD se remarie avec Marie MINJOT, la soeur de Jean MINJOT, son beau-frère. Marie accouche de nombreux enfants : Marie en 1900 (qui ne vit que 2h), Marie en 1902, Marcel en 1915 (il meurt avant d'atteindre ses deux mois), Marthe Hélène en 1917. Et des enfants morts-nés en 1901, 1904 et 1906.

3. Marguerite DARBLADE est la dernière née du couple Jeanne LARRETGÈRE et Salvat DARBLADE. Il n'y a pas de longues histoires à raconter à son propos, ni de longues listes d'enfants, de petits-enfants... Marguerite nait en 1799 et meurt onze mois plus tard.

Acte de décès de Marguerite DARBLADE daté du 4 pluviose an VIII de la République. Il est précisé que : "Margueritte Darblade, âgée de onze mois est décédée hier à six heures du matin". L'adjoint municipal Etienne Teychoire précise qu'il n'a rédigé l'acte "après l'être assuré du décès de Darblade".

Source : Archives départementales des Landes ; cote 1 MIEC / 310-5

3.2. Une petite synthèse sous forme d'arbre généalogique (cliquez pour agrandir)

4. La troisième fille de Martin et Françoise : Marthe LARRETGÈRE (1763-1834)

Marthe est la dernière née de Martin LARRETGÈRE et de Françoise NOBLE. Deux ans après, Martin trouvait la mort dans des circonstances que je ne connais pas à l'âge de 30 ans. Pendant longtemps, la date de naissance et de baptême de Marthe était le seul renseignement que j'avais pu trouver.

Acte de baptême de Marthe LARRETGÈRE.

Source : Archives départementales des Landes.

Transcription (j'ai gardé l'orthographe utilisée) :

L'an mil sept cents soixante trois et le treize novembre a été baptisée

née le dix du même mois Marthe Larretgere : fille légitime

de Martin Larretgere et de Françoise Noble métayer habitants de cette

paroisse. Le parin a été Dominique Dupuy métayer et marine

Marthe Lageste grande mère paternelle de la baptisée Ledit Dupuy

a signé ce que n'ont su faire les autres pour ne savoir de ce requis

par moy Costedoat archiprêtre.

Signature : Dupuy

Et puis plus rien. Pas de mariage et les décès de Marthe LARRETGÈRE ne la concernait pas. Il y a eu un décès d'une Marthe LARRETGÈRE en 1765 mais c'était sa tante née en 1744. Une autre Marthe LARRETGÈRE décède en 1812 mais c'est une cousine germaine (fille de son oncle Étienne LARRETGÈRE), née en 1764. Et je cherche toujours le décès d'une quatrième Marthe LARRETGÈRE, née en 1765, encore une cousine germaine, (fille de son oncle Jean LARRETGÈRE).

On pourra remarquer que les trois cousines nommée Marthe LARRETGÈRE naissent en 1763, 1764 et 1765, ce qui ne facilite pas toujours les recherches. Et les trois cousines ont la même marraine, leur grand-mère Marthe LAGESTE.

C'est une recherche sur son neveu Gérard BRUTAILS, fils de sa soeur aînée Marie LARRAICGÈRE / LARRETGÈRE qui m'a donné une piste. Le document qui suit est un extrait du recensement de la population de Soustons effectué en 1819.

Extrait du recensement de Soustons de 1819. Source : Archives départementales des Landes.

On observe que Gérard BRUTAILS, l'aîné de la famille et son épouse Margueritte BRUTAILS vivent avec les sœurs du premier (au moins deux, prénommées Jeanne, sans doute en raison des décès de son père en 1817 et de sa mère en 1811), avec un Martin BRUTAILS non identifié (peut-être le frère de son épouse Margueritte), avec leur fille Jeanne, déjà prénommée Marie à l'âge de 4 ans et une Marthe LARRETYÈRE de 54 ans.

Qui était cette Marthe ? Il ne peut pas s'agir de la mère de Gérard BRUTAILS, Marie LARRETGÈRE, même avec un autre prénom, car elle est déjà décédée. Il reste deux possibilités : une tante, sœur de sa mère Marie, née en 1763 et dont je n'avais plus de trace ensuite ; ou, plus improbable, une cousine. J'ai donc opté pour l'hypothèse la plus probable, à savoir qu'il s'agit de sa tante.

Grâce à ce recensement, j'ai pensé que si Marthe LARRETGÈRE, tante de Gérard BRUTAILS, vit avec la famille de ce dernier, elle a du déménager à Saubion avec elle. Et je viens juste de trouver un acte de décès au nom de Marthe LALICHERRE, âgée de 70, qui a trouvé la mort en juillet 1834, maison Lapeyre... Maison où vit Gérard BRUTAILS son neveu et les DUBLANC, ses petits neveux. Et l'âge correspond à celui de la tante. C'est agréable de résoudre un problème de "disparition".

Acte de décès de Marthe LARRETGÈRE.

Source : Archives départementales des Landes.

L'acte de décès ne signale pas de mari (vivant ou décédé), ce que confirme l'absence d'acte de mariage à son nom, à Soustons ou à Saubion. 

Les lieux et les métiers

?
Le Mot de Clio sur la Vicomté de Maremne                                                                                                Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le sud du département des Landes et qui souhaitent visualiser la localisation des différentes communes citées dans cette page, je vous propose de jeter un œil sur les deux extraits modifiés de la carte suivante : Partie méridionale du gouvernement de Guienne où se trouvent le Condomois, la Chalosse, le pays de Soule, le Labour, l'Armagnac, les Landes, le Cominge, le Bigorre, le Conserans etc ; Gouvernement de Basse Navarre et Bearn de 1753, réalisé par Gilles Robert de Vagondy et disponible sur le site Gallica de la BNF. Le premier extrait montre la partie sud des Landes et le deuxième extrait est un agrandissement de la partie qui nous intéresse le plus, la Vicomté de Maremne.
On pourra noter quelques différences entre les noms usuels des paroisses et celles transcrites sur la carte. Du Nord au Sud, on lit Lon au lieu de Léon, Mouliets au lieu de Moliet, Massanges au lieu de Messanges, , Soustons sans le "s" final...                                                                                                                                            La Vicomté de Maremne comprend neuf paroisses : Soustons, Tosse, St-Vincent-de-T, Bénesse-Maremne, Soorts, St-Geours-de-Maremne, Angresse, Saubion, Seignosse. Elle a longtemps était la propriété de la famille d'Albret. Les villages identifiées en rouge  ne sont pas forcément les neuf communes de la Vicomté de Maremne mais celles où vécurent les membres de ma famille dont je parle dans cette page.                      De quand date la Vicomté de Maremne ? Difficile de le savoir. Si j'en crois l'historien Francis HIRIGOYEN, qui a écrit l'Histoire de la baronnie de Labenne-Capbreton et de la Vicomté de Maremne, publié aux Éditions des régionalismes en 2001 puis en 2010 en reédition, elle pourrait dater du IXe siècle. Mais à l'époque, les faux existait ! On s'inventait dune généalogie prestigieuses, on créé de faux actes pour justifier une appropriation illégitime, etc. Et l'exemple venait parfois de très haut : que l'on songe à la "Donation de Constantin", un faux identifié des 1440, qui justifierait les prétentions du pape à une autorité temporelle sur la partie occidentale de l'empire romain (la partie occidentale de l'Europe donc) en raison d'une donation de l'empereur Constantin au pape Sylvestre en 317.                                                                                                       À partir du XIe siècle, les données sont plus fiables.
?
Le mot de Clio sur le métier de résinier et les productions du "pays" de Maremne.                                Si vous avez été attentifs aux écrits précédents, vous avez sans doute noté que plusieurs de mes lointains cousins du XIXe siècle exerce le métier de résinier. Je vous propose quelques informations sur cette activité très locale et d'autres considérations sur les productions locales.                                            Rappelons que ce que l'on appelle le Maremne est un "pays" correspondant à l'ancienne Vicomté de Maremne. Plus au Nord, nous sommes dans le Marensin ; plus au Sud, dans le Seignanx, dans le Gosse et dans le pays d'Orthe ; plus à l'Est, c'est la Chalosse.
Vous pouvez retrouver cette carte (j'ai trouvé dans mes recherches sa source, mais j'ai hélas oublié de la noter) et une description des différents "pays" landais sur cette page. Cette page est dans un site très intéressant consacré aux Landes et intitulé Histoire sociale des Landes au XIXe et au XXe siècles dont je vous recommande la lecture.                                                                                                                                    Dans le "pays" de Maremne, à la fin du XVIIIe siècle, on produisait du bois, du charbon (de bois), du brai (une colle ou de goudron faite à partir du pin maritime), du liège, du lin, du chanvre, du blé, du seigle, du blé d'Inde (nom donné au maïs à l'époque et encore utilisé au Québec), du panis (une herbe utilisée comme céréale et fourrage), du millet, du vin, de la laine, de la viande, du cuir, du miel, de la cire, du bétail... C'est à Tosse que se situait le principal marché du "pays".                                                                                                   Si une grande partie de la forêt des Landes de Gascogne est d'origine anthropique, ensemencée pour fixer les dunes, pour obtenir des dérivés de la résine, pour assécher les zones humides avec la loi du 19 juin 1857, également appelée loi relative à l'assainissement et à la mise en culture des Landes de Gascogne, cette forêt est quand même, pour une part, d'origine naturelle, en particulier sur le littoral. Et ce bois était déjà exploité depuis longtemps, en particulier dans la région de Maremne, à Soustons entre autre. On ne parlait pas encore de résinier mais de gemmier.