1. LARRETIÈRE / LARRETGÈRE :                                      un patronyme qui a failli disparaître...

Mise à jour en juillet 2019

Au XVIIIe siècle, à Soustons, dans ce qui n'est pas encore le département des Landes, mais le duché de Guyenne et Gascogne, dans la petite vicomté de Maremne, vit la famille LARRETIÈRE. Une famille dont les membres sont peu nombreux, si peu nombreux que l'on peut se demander s"ils sont vraiment originaires de la paroisse, du village (on ne parlait pas encore de commune) de Soustons. Cependant, il y a des enfants et des petits enfants, des mariages, des naissances. Des décès aussi, bien sûr. Au XIXe siècle, si des descendants des LARRETIÈRE (ou LARRETGÈRE, variante la plus courante de la graphie du nom) vivent encore à Soustons, le patronyme, lui, a disparu.

 

Comment expliquer l’extinction à Soustons du nom de LARRETIÈRE / LARRETGÈRE entre le début du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe ? 

Localisation de la paroisse de Soustons sur une carte de la Guyenne et Gascogne et Béarn, de Jacques-Nicolas Bellin (1703-1772), cartographe et hydrographe. Source de la carte : BNF


Le patronyme : quelques informations

Détail de l'acte de baptême de Martin LARRETIÈRE, fils de Martin LARRETIÈRE, en 1709 à Soustons.

Source : extrait du registre paroissial déposé aux Archives départementales des Landes sous la cote E dépôt 310 / ES 1242-1244.

C'est le document le plus ancien mentionnant le patronyme LARRETIÈRE. On lit Martin de LARRETIÈRE mais le "de" ne signifie aucunement une appartenance à l'ordre nobiliaire. Tous les actes de baptêmes de cette période et de cet espace géographique ajoute un "de" entre le prénom et le nom.

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Le mot de Clio sur les patronymes.  C'est entre le XIe et le XIIIe siècles, au cœur du Moyen Âge (période qui s'étale du Ve au XVe siècles) qu'apparaissent les patronymes, c'est à dire un nom qui se transmet par le père. Auparavant, les individus étaient désignés par un seul nom, une tradition germanique qui avait supplanté la tradition romaine du triple nom : praenomen, nomen, cognomen comme dans Caius Iulius Caesar que l'on traduit à tord par le nom de Jules César ; en effet, Jules ou Julius est son nom de famille et César ou Caesar son surnom, son "cognomen" ; son prénom est Caius et on devrait donc parler de Caius Jules, dit César). Le nom unique correspond à notre prénom (donné lors du baptême ; c'est en général celui du parrain pour les garçons ou de la marraine pour les filles). Ce prénom individuel s'accompagne de plus en plus, à partir du XIe siècle, d'un surnom individuel, qui se transforme en nom de famille par transmission héréditaire. C'est la "révolution anthroponymique" médiévale.
Pourquoi se développent des surnoms qui deviennent progressivement héréditaires ?

 

Deux explications existent qui ne se contredisent d'ailleurs pas.

  • La première, la plus simple, celle que j'ai étudiée à l'université au début des années 1990 et que j'ai ensuite enseignée, est l'idée que la concentration des noms uniques (ou prénoms), autour de quelques noms chrétiens, comme Jean par exemple, que portait un quart des Européens au XIVe siècle, rendit nécessaire la création des surnoms pour différencier les individus, dans un contexte de croissance démographique.
  • Cependant, cette explication est remise en cause aujourd'hui. En effet, la concentration des noms uniques (ou prénoms) et le développement des surnoms ont eu lieu en même temps. Il ne semble donc pas qu'il y ait une relation de cause à effet. La création des surnoms progressivement héréditaires est sans doute plus liée à la volonté d'une meilleure organisation sociale, une meilleure gestion des personnes et des espaces qu'à la volonté d'éviter les homonymies.
Les surnoms, qui deviennent ensuite les patronymes, ou noms de famille héréditaires, sont essentiellement de quatre types :
  • le sobriquet, lié à un trait physique ou un trait de caractère ;
  • la fonction ou le métier ;
  • le nom de personne (souvent le prénom du père) ;
  • le nom de lieu (un lieu dit, un détail topographique, un lieu d'origine, surtout en ville).

Source : BRUNET Guy, DARLU Pierre, ZEI Gianna, Le patronyme. Histoire, anthropologie, société, CNRS, 2001, Paris.

Jean TOSTI, qui a un site très intéressant sur les noms de famille, propose une troisième explication (et encore une fois, les explications peuvent se cumuler), fondée sur la contraction des prénoms utilisés autour de l'an Mil. Son article sur les prénoms est de toute façon très intéressant et mérite une lecture attentive. Je vous invite donc à cliquer sur le lien ci-dessous.

Généralités sur l'histoire des noms de famille.


 Prenons quelques exemples issus des patronymes de ma famille :

  • une branche familiale du côté de ma grand-même paternelle a pour patronyme HAURET. Il s'agit d'un métier : haure, en gascon des Pyrénées, c'est le forgeron ; en occitan on dit faure ou fabre (qui n'a pas un Lefebvre dans ses connaissances ?) ;
  • ma mère a pour patronyme MURAT ; ce nom est sans doute issu d'un village appelé Murat (il y en a plusieurs), dont le nom exprime la présence d'une enceinte, d'un lieu enclos dans un mur ;
  • ma grand-mère maternelle portait le nom de GOURDON : "Il peut s'agir d'un dérivé de l'ancien français gort (= engourdi, lourd), mais on doit surtout penser à un toponyme lié à l'ancien français gord (= pièce d'eau poissonneuse, cascade, tourbillon)"                                                                                                     Source : http://jeantosti.com/noms/g5.htm

Pour le nom LARRETIÈRE / LARRETGÈRE, je n'ai pas réellement d'explication, comme je l'ai évoqué ailleurs sur le site. Il faut dire que les noms ne sont pas fixés définitivement malgré l'ordonnance de Louis XI en 1474, qui interdit le changement de nom sans autorisation royale, puis la loi du 6 fructidor de l'an II (23 août 1794) qui interdit de porter d'autre nom et prénoms que ceux inscrits à l'état-civil. C'est sans compter sans l'illettrisme et les erreurs de prononciations et de transcriptions. Ce n'est qu'avec le livret de famille, institué en 1870, que l'orthographe des noms se fixent à peu près définitivement.


2. Martin LARRETGÈRE et Jeanne PINSOLLE (fin XVIIe et début XVIIIe siècles).

Le plus lointain ancêtre dont j’ai connaissance et qui porte mon patronyme (ou presque) est Martin LARRETIÈRE, époux de Jeanne PINSOLLE. Il est le père de Martin LARRETIÈRE, né et baptisé en 1709. Ils vivaient à Soustons au début du XVIIIe siècle. On pourrait sans doute remonter plus loin dans le temps mais les registres paroissiaux de Soustons (qui contiennent les actes de baptêmes, de mariages et de sépultures) ne sont disponibles qu’à partir de 1706, les registres précédants ayant été perdus.

Acte de baptême de Martin LARRETIÈRE, fils de Martin LARRETIÈRE, en 1709 à Soustons. Source : extrait du registre paroissial déposé aux Archives départementales des Landes sous la cote E dépôt 310 / ES 1242-1244.

Transcription : (dans la marge, à gauche, "BAPT" signifie qu'il s'agit d'un baptême).

Le vingt cinquième février mil sept cens neuf est né et a esté baptisé par

moy soubzsigné [...] pour Martin de Larretière fils légitime de Martin de

Larretière et de Jeanne de Pinsolle conjoint parrin Martin Darrigade et

marraine Jeanne Duhaa en présence de Bertrand de et de Jean de Claverie

tesmoins [...] appelez qui n'ont signé pour ne scavoir.

 

Bien qu'ayant une formation en paléographie, lors de mes études universitaires d'histoire au début des années 1990 et plus récemment pour mon Master des Métiers des Archives et Technologies appliquées en 2016-2017, deux mots m'ont résisté ; donc ma transcription est incomplète ; je m'en excuse.

Si je ne sais pas quand naissent Martin LARRETIÈRE père et son épouse Jeanne PINSOLLE, je n’ai pas non plus de renseignements sur leur décès et leur âge au moment de la naissance de leur fils Martin. Malgré mes recherches, je n’ai pas trouvé d’acte de sépulture au nom du mari, Martin, et, à l’inverse, un peu trop de décès au nom de Jeanne PINSOLLE. Comme les actes de sépultures ne mentionnent pas les noms des père et mère, départager les homonymes n’est pas aisé. Si dans de nombreux registres paroissiaux des Landes, le nom de la maison ou du hameau est indiqué en marge de l’acte ou dans l’acte, ce n’est pas systématiquement le cas dans les premières années des actes disponibles à Soustons du début du XVIIIe siècle. Il est donc difficile, avec simplement un nom, de savoir si la dénommée Jeanne PINSOLLE dont je lis l’acte de sépulture est bien mon ancêtre. Enfin, les témoins rapportant le décès, qui peuvent fournir un indice, ne sont pas signalés dans les registres de Soustons disponibles du début du XVIIIe siècle (et globalement, pour Soustons, les déclarants sont mentionnés seulement à partir du début du XIXe siècle).

 

Entre 1706 et 1799, j'ai trouvé vingt-sept décès de femme portant le nom de Jeanne PINSOLLE. Sachant qu'elle a un enfant en 1709, j'ai supposé qu'au minimum, elle avait 20 ans en 1709 ce qui lui donné une date de naissance au plus tard en 1689. J'ai donc été très large dans ma recherche car en 1799, elle aurait eu 120 ans ! Sur les vingt-sept Jeanne PINSOLLE ou PINSOLE identifiées, voici mes conclusions :

• j'ai écarté celle d'octobre 1709 qui est morte en couches  ; en effet, Martin est né en février 1709 ;

•  dix de ces Jeanne PINSOL(L)E sont des enfants ayant entre 10 jours et 9 ans ;

• trois sont des veuves dont le nom du mari est mentionné et n'est pas Martin LARRETIÈRE ;

• enfin, treize sont trop jeunes à l'âge de leur décès pour être mère d'un enfant en 1709.

 

Il ne reste qu'une possibilité : une Jeanne PINSOLLE décédée en 1717 ; cependant, l'acte ne donne aucun détail d'âge, de lieu, de conjoint. J'ai trouvé ces informations sur l'excellent site de Généalogie du Bas Adour ; cependant, certains actes n'ont pas été transcrits en raison de leur illisibilité. Il reste donc possible que l'acte ne nous soit pas connu. Mais la Jeanne PINSOLLE qui décède en 1717 est une hypothèse tout à fait crédible. Crédible mais difficilement vérifiable et donc incertaine...

Sachant qu’il n’y a plus de baptêmes de LARRETIÈRE avec, comme parents, Martin LARRETIÈRE et Jeanne PINSOLLE après celui de Martin en 1709, soit les parents, âgés, n’ont plus d’enfant, soit l’un des deux est décédé (et j’écarte peut-être à tort un possible déménagement), ce qui donne du poids à l'hypothèse du décès de Jeanne PINSOLLE en 1717. Enfin, tous les LARRETIÈRE qui apparaissent ensuite dans les actes de Soustons sont les enfants de Martin LARRETIÈRE fils, né en 1709. Sur place, il n’a visiblement ni sœur, ni frère, ni oncle, ni tante... Et dans les environs, dans la région du Bas Adour, dans le Sud-Ouest des Landes, pas d’autres LARRETIÈRE. On trouve un Anthoine LARRETGÈRE à Saint-Geours-de-Maremne à cette époque mais je n’ai pas trouvé de connexion familiale (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, les deux communes étant proches). Autre aspect, on y reviendra, l’orthographe du nom subit d’importantes modifications dans les actes, ce qui ne rend pas aisé les identifications. Enfin, de nombreux actes ne sont tous simplement pas lisibles.

Donc, à part son nom, le nom de son épouse Jeanne PINSOLLE et le fait qu’il a eu un fils prénommé Martin, je ne sais strictement rien de Martin LARRETIÈRE père…

 

Martin LARRETIÈRE fils a eu 6 enfants et aucun de ses enfants n’a pour parrain ou marraine les grands-parents (Martin LARRETIÈRE et/ou Jeanne PINSOLLE) ou quiconque portant le nom de LARRETIÈRE. Je suppose donc que Martin LARRETIÈRE et Jeanne PINSOLLE ont dû décéder avant 1735, hypothèse la plus probable ; 1735 est la date de la naissance du premier enfant de Martin fils (enfant qui s’appellera lui aussi Martin). Cela donne du crédit à l'hypothèse d'une Jeanne PINSOLLE décédant en 1717. Ajoutons que Martin LARRETIÈRE (le père) n'est parrain d'aucun enfant entre 1709 et 1735 ou témoin lors d'un mariage.


Avant de poursuivre, je vous propose un petit arbre généalogique pour clarifier la suite de mon propos.


3. Martin LARRETIÈRE fils (1709-1778) et son épouse Marthe LAGESTE (?-1767)

Revenons à Martin, seul enfant identifié de Martin LARRETIÈRE et de Jeanne PINSOLLE. On ne sait rien de son enfance ni de sa jeunesse. Il épouse une jeune femme nommée Marthe LAGESTE en 1733 ; il a 24 ans. On le déclare pasteur (c'est-à-dire en charge d'un cheptel, moutons, brebis ou chèvres) sur l’acte de mariage. Marthe LAGESTE habite à Rivière, d’après l’acte de mariage. Elle a dû naître vers 1712. Ses origines restent floues et je suis très sceptique sur les informations recueillies par d'autres généalogistes à son sujet. Comme elle n'est pas l'objet de cet article, j'ai laissé mes recherches en attente.

Le couple a six enfants, trois filles et trois garçons.

Dans l’ordre : Martin (1735), Estienne (1736), Jean (1740), Marthe (1744 ?), Françoise (1745) et Marguerite (1748).

Pour le patronyme de mon ancêtre Martin, né en 1709, les variations sont nombreuses :

  • lors de son baptême : LARRETIÈRE
  • lors de son mariage, son nom est coupé par une déchirure de la feuille ; on ne lit que "LARR..."
  • lors du baptême de ses enfants :
    • baptême de Martin : nom quasiment illisible par effacement de l’encre ;
    • baptême d’Estienne : "LARRETGÈRE" ;
    • baptême de Jean : "LARRETGIÈRE" ;
    • baptême de Françoise : le patronyme est peu lisible ; le vicaire semble avoir écrit "LARRAIÈRE" ;
    • baptême de Marguerite : "LARRECGÈRE" ;
  • pour le mariage de ses enfants, les actes sont issus des registre paroissiaux, les mariages ayant eu lieu avant 1792 et donc avant la création du mariage civil. Sur aucun des actes de mariage des enfants de Martin LARRETIÈRE / LARRETGÈRE et de Marthe LAGESTE, les parents sont mentionnés.
  • enfin, dans son acte de sépulture : "LARRETGÈRE".

Donc, entre sa naissance et son décès à 69 ans, Martin a donc vu son patronyme écrit avec au moins cinq orthographes différentes. Si la première orthographe lors de son baptême correspond à celle de son père,  LARRETIÈRE, (ce qui est logique car c’est notre seule source concernant ses parents) et à celle de son fils aîné, son patronyme, à sa mort, est écrit avec la forme qu’il a conservée jusqu’à aujourd’hui (LARRETGÈRE) On voit pourtant que ce nom a connu de nombreux autres avatars (et il en connaît d’autres encore avec ses enfants), sans doute la conséquence conjuguée d’un nom un peu compliqué et de l’illettrisme de ceux qui l’ont porté et qui n’ont su l’épeler et signer les actes. Ou encore de leur absence, en particulier lors des naissances ou des décès, avec un nom rapporté par un témoin, un ami, un parrain, pas forcément plus alphabétisé. Et transcrit par un prêtre, un vicaire, un adjoint, un maire qui ne les connaissait pas toujours très bien où qui ne se référait pas aux actes précédents. Parfois, la différence d'orthographe s'observe à quelques jours d'intervalle voire même sur un même acte !

 

Prenons un exemple :

Les deux actes ci-dessus concerne Pierre LARRETGÈRE, fils d'Estienne LARRETGÈRE, un des trois fils de Martin LARRETGÈRE et de Marthe LAGESTE. Il nait le 12 avril 1767 et meurt 23 jours plus tard, le 5 mai ("may"). L'officiant religieux est le même, le vicaire de Soustons, MOLIEU. Et ce même vicaire orthographie le patronyme de deux façons totalement différentes : ARATJÈRE pour le baptême et LARRAITHÈRE pour l'acte de sépulture

Source des deux actes : Archives départementales des Landes. Cote : E dépôt 310 / ES 1247/1248

Martin LARRETIÈRE exerce plusieurs métiers et changent régulièrement de domicile tout en restant dans le village de Soustons. Il est pasteur à 23 ans au moment de son mariage.

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Le mot de Clio sur le métier de pasteur.                                                                                                        Si l'on en croit l'abbé Joseph-Edouard Beaurreton (1844-1929) érudit des Landes et du gascon landais, qui, dans une de ses contributions au Bulletin de la Société de Borda intitulé "Esquisse sur le Sud-Ouest landais (Gosse et Maremne) vers la fin du XVIIIe siècle", aborde les activités économiques de ce petit "pays" du Sud-ouest des Landes, un pasteur recevait un revenu, un logement, faisait pacager le troupeau, le gardait et le soignait, pour une durée limitée (5 ans par exemple) et "avait part pour moitié dans les pertes et les profits". Ceci est vrai à la fin du XVIIIe siècle. La situation était-elle identique lors de son mariage en 1733 ? J'avoue ne pas avoir actuellement les moyens de le vérifier.                                            Sources : BEAURRETON Joseph, "Esquisse sur le Sud-Ouest landais (Gosse et Maremne) vers la fin du XVIIIe siècle", Bulletin de la Société de Borda, 1911, tome 2, pages 102 et 103, Dax.

Deux ans plus tard, en 1735 donc, il est toujours pasteur comme en témoigne l'acte de baptême de son premier enfant qui porte comme lui le prénom de Martin. En 1736, son métier n'est pas indiqué dans l'acte de baptême d'Estienne, quasiment illisible cependant. En 1740, pour la naissance de Jean, il est à nouveau déclaré pasteur et on apprend qu'il habite maison Bilon (voir photo ci-dessous). En 1745 puis en 1748, naissent Françoise et Margueritte : les actes ne précisent pas le métier de son père mais son domicile, maison Coulon (voir photo ci-dessous). Il a eu aussi Marthe mais je n'ai jamais trouvé son acte de baptême, juste son acte de sépulture.

 

Les informations sont à peine plus nombreuses dans l'acte de sépulture de Marthe LAGESTE, son épouse, décédée en 1767. Elle trouve la mort assez jeune, à 55 ans si l’on en croit les registres. Faute d'avoir trouvé son acte de baptême, on va garder cet âge supposé (ou plutôt estimé). On apprend que le couple exerce le métier de métayer et habite maison Lafille (voir photo ci-dessous).

 

Martin est donc veuf à partir de juillet 1767. Il a déjà marié ses trois garçons (et perdu le premier, qui porte le même prénom que lui, Martin) et il est sur le point de marier sa  fille Françoise (en novembre 1767). Sa fille Marthe est morte en 1765 et il ne lui reste donc à charge que Margueritte qui a 19 ans et doit représenter plus une aide qu'une contrainte pour un veuf vieillissant. Notons que son fils aîné, Martin, était également métayer à maison Lafille et que la veuve de ce dernier, Françoise NOBLE, et ses trois filles (Marie, Jeanne et Marthe) continuent à y vivre, peut-être avec son père Martin.

 

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Le mot de Clio sur l'âge au décès                                                                                                              Notre veuf décède à son tour en 1778 à l’âge de 69 ans, un âge plutôt respectable. En effet, au XVIIIe siècle, 23,4 % de la population masculine décédée après 70 ans (ce qui finalement, n'est pas si mal ; au XVIIe siècle, seuls 7,8 % des hommes mourraient après 70 ans et 7,6 % au XVIe siècle).                        Source : BOIS J.P., Les vieux, de Montaigne aux premières retraites, Fayard, 1989, page 160.

Acte de décès de Martin LARRETIÈRE / LARRETGÈRE.

Source : Archives départementales des Landes, cote E dépôt 310 / ES 1249

Au moment de sa mort, Martin LARRETIÈRE / LARRETGÈRE habite la maison Darrigade du Sable.

Grâce au site aussi passionnant qu'érudit intitulé Soustons : lieux dits et noms de lieux, animé par Alain CASTAIGNOS et André LABERTIT, je suis en mesure de proposer quelques photos des lieux où ont pu habiter mes ancêtres, tout en précisant que l'architecture a sans doute évolué entre le XVIIIe siècle et les bâtiments photographiés aujourd'hui. N'étant pas du tout au fait de l'architecture locale, d'un point de vue géographique autant qu'historique, il n'est pas dans mon propos d'affirmer que la maison a réellement abriter mes aïeux.

Maison Bilon ou Billon

Maison Coulon ou Couloum

Maison Lafille, dans le quartier d'Hardy

4. Les six enfants de Martin LARRETIÈRE et de Marthe LAGESTE

Nous l'avons vu plus haut, Martin, le fils apparemment unique de Martin LARRETIÈRE et Jeanne PINSOLLE a eu avec son épouse Marthe LAGESTE six enfants, trois garçons et trois filles, qui ont tous atteint l'âge adulte. Nous pourrions donc penser que la pérennité du patronyme est assuré. Pourtant, ce ne fut pas réellement le cas.

 

Pour ne pas alourdir cette page, chacun des enfants va être l'objet d'une étude sur une page séparée où nous pourrons aussi évoquer leur descendance. Je vous invite donc à cliquer sur les liens suivants :

4.1. La transmission du patronyme LARRETIÈRE/LARRETGÈRE