La famille LARRETGÈRE à Saint-Geours-de-Maremne

1. Par où commencer ?

Pas facile de choisir, quand on essaie de faire état d’une recherche généalogique et d’en exposer les résultats, de choisir l’angle adéquat. Pour évoquer cette branche paternelle dans une optique assez agnatique, il faut bien l’avouer, j‘ai commencé par mes grands-parents, Jean LARRETGÈRE et Maria DUTEN. Puis j’ai présenté d’une part Catherine LARRETGÈREla mère de Jean, mon grand-père et, d’autre part, les parents de ma grand-mère Maria : Antoine DUTEN et Jeanne HAURET.

 

J’ai ensuite choisi de privilégier les descendants : les enfants de Catherine LARRETGÈRE et les familles qu’ils ont fondées (en plus de mon grand-père bien entendu ; il s’agit de Martial LARRETGÈRE et sa femme Marie « Anna » ARRETCHÉA ; de Jean-Baptiste LARRETGÈRE et Jeanne « Tantote » LEMBEYE ; de Marie LARRETGÈRE et Victor « Lucien » LAPÉBIE).

Photo extraite du site communal de Saint-Geours-de-Maremne.

Quand j'y jouais dans les années 1970, il y avait encore les planches à laver et les abords n'étaient pas aussi "domestiqués". Par manque d'entretien, le fond du lavoir s'envasait et les planches à laver disparurent progressivement.

La force des souvenirs d'enfance

Ensuite, on peut remonter… Mais je n’étais pas trop satisfait de me contenter de faire une longue liste d’ascendants. Je suis assez attaché aux lieux et surtout, je suis attaché à la commune de Saint-Geours-de-Maremne où j’ai passé pas mal de temps quand j’étais petit garçon. En fait, je connais très mal cette commune car mon espace familier se limitait au triangle formé par :

- la maison de ma grand-mère, au "bourg", près d’une station-service Elf aujourd’hui disparue ;

- la maison de ma grand-tante, soeur de ma grand-mère, veuve LEIÇARRAGUE ma gentille Tatie Fernande (qui en fait se prénommait Jeanne à l'état civil) ou Tatie tout court, comme si c’était son prénom ; la maison était située au Petit Bic ;

- et enfin le lavoir où nous étions entourés de libellules.

Ces trois lieux étaient dotés d’une sorte de frontière invisible, limite implicite des pérégrinations que j’effectuais parfois seul mais plus souvent avec mon frère Eric. C’est dans la petite pente qui mène au lavoir que j’ai appris à faire du vélo (un petit vélo rouge) avec mon père. En face du lavoir, il y avait une petite casse automobile sauvage, pas bien grande, dans une zone remplie de bambous, où nous nous aventurions parfois malgré l’interdiction parentale.


Extrait du cadastre de 1832 de Saint-Geours-de-Maremne, section L, dite du Bourg, par Espéron géomètre. Archives départementales des Landes, cote E DEPOT 261/1 G 1.  Les 3 zones entourées correspondent à la localisation de la maison de ma Tatie Fernande au Petit Bic, au lavoir au Nord et à l'emplacement de la maison ou habite ma grand-mère à partir de 1961.

Le plus souvent, cependant, nous restions dans le jardin de ma grand-mère. On récupérait les œufs dans le poulailler, on regardait les pigeons paons se déplacer en hauteur dans le pigeonnier, on creusait des trous dans les petites zones en friche pour jeter des vers de terre aux poules qui se précipitaient pour avaler le pauvre lombric. Plus intéressant était la mise à mort de la poule, du lapin ou du pigeon qui allait nous servir de repas. J’avoue que voir le lapin prendre un coup de bûche sur la nuque et se faire vider était un peu éprouvant pour l’enfant que j’étais. Par contre, voir la poule se vider de son sang me laissait de marbre, d’autant que ça servait à préparer la sanquette (ou sanguette, mais nous on disait sanquette) avec de l’ail, sorte de galette de sang cuite dans une poêle, et j’en étais friand. Il y avait du tourin à la tomate, de la laitue avec une vinaigrette au sucre, des frites à la poêle dans la graisse de canard, le jambon dans son sac en toile suspendu au plafond, de la limonade de marque Pschitt à l’orange avec sa bouteille en verre consignée munie de son bouchon de porcelaine et joint de caoutchouc. Mon père et ma grand-mère buvaient du vin blanc coupé de limonade nature. Il y avait aussi du pâté fait par ma grand-mère et du foie gras, mis en boîte par l’entreprise voisine, LABEYRIE.

La photo doit dater de 1965. Mon frère Eric, né en 1964, est avec notre grand-mère, dans l'allée centrale qui donne sur la partie de la maison où elle habitait. Mamie devait avoir un peu plus de soixante ans (elle est née en 1904). A gauche, c'était un salon de coiffure que j'ai toujours connu fermé et à droite habitait une vieille dame, Camille, qui venait pour les vacances. Nous devions rester dans la partie de jardin que cultivait ma grand-mère ou dans la partie gauche que personne n'exploitait réellement. Côté photographe, il y avait le poulailler et les toilettes extérieures, une simple cabane en bois. On sortait dans le jardin en glissant nos chaussons dans des sabots de bois.

Source : archives familiales.

 Mais je digresse. Une partie de mon enfance est liée à cette petite commune des Landes et je vais donc parler des LARRETGÈRE à partir de leur installation à Saint-Geours-de-Maremne.

2. Martin LARRETGÈRE (1709 - 1778) et Marthe Lageste (? - 1767) de Soustons.

Les LARRETGÈRE n’ont pas vécu depuis des temps immémoriaux à Saint-Geours-de-Maremne. En effet, en remontant le plus loin qu’il me fut possible avec les ressources en ligne des Archives départementales des Landes et le site de généalogie du Bas Adour, mon plus lointain ancêtre portant le nom de LARRETGÈRE (ou plus exactement LARRETIÈRE ), était prénommé Martin et il était originaire de Soustons. Il était marié avec Jeanne PINSOLLE. Mais je n’ai pas d’information sur lui, juste sur son fils, né en 1709. Ce fils s’appelle également Martin. Sur l’acte de baptême, ses parents sont appelés Martin de LARRETIÈRE et Jeanne de PINSOLLE. Martin LARRETGÈRE fils se marie en 1733 avec Marthe LAGESTE, née peut-être en 1712.  Ils ont au moins six enfants : Martin (1735), Estienne (1736), Jean (1740), Marthe (1744), Françoise (1745) et Marguerite (1748). Mon ancêtre direct est le puîné (j’aime bien cette expression désuète) qui répond donc au prénom d’Estienne.

Mise à jour mars 2019. Une page du site est consacrée aux LARRETGÈRE de Soustons et à leurs descendants. Cliquez ici.

Source de la carte : site Carto-Mondo.
Les Landes sont un département vaste et composite. Saint-Geours-de-Maremne et Soustons sont situées dans un espace littoral, le Marensin et le Maremne, partie Sud des Landes de Gascogne (et sa forêt de pins) ; on est aussi dans le Bas-Adour, partie orientale des pays de l'Adour comme le Seignanx. Le patois et le mode de vie diffèrent en partie des autres "pays" landais comme la Chalosse ou la partie forestière proche de la Gironde.

3. Estienne LARRETGÈRE (1736 – 1782) et Jeanne LAMOLIATTE (1734-1804) de Soustons

Estienne LARRETGÈRE n’a pas une longue vie puisqu’il meurt à quarante-cinq ans, en juin 1782. Il était ouvrier agricole ou métayer selon les périodes. Son père avait été pasteur puis laboureur, c’est-à-dire qu’il était, à ce moment-là, paysan propriétaire de la terre qu’il cultivait. Mais Estienne n’étant pas l’aîné, il n’a pas du hériter de l’exploitation. Dans cette période dite d’Ancien régime (c’est-à-dire avant la Révolution de 1789), l’héritage était transmis le plus souvent selon le droit d’aînesse. Cela dit, ce sont des informations que je dois vérifier car les coutumes sont très variables. Ce n’est qu’après la Révolution française que le patrimoine se partage équitablement (plus ou moins) entre les enfants. 

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Le mot de Clio sur la transmission du patrimoine dans la Vicomté de Maremne avant la Révolution française (mise à jour de 2019).                                                                                                                        D'après l'auteur Joseph BEAUREDON qui a écrit une série d'articles sur les pays de Gosse et de Maremne, intitulée "Esquisse sur le Sud-Ouest landais sur la fin du XVIIIe siècle" publiée dans les Bulletins de la société de Borda en 1908, 1909 et 1910, les coutumes locales précisaient que le droit d'aînesse ne portait que sur une partie des biens. Deux types de biens sont distingués :                                                                        - les biens que le testateur tenait lui-même de son père (que l'on appelait les avitins ou papouaux, venant du "papoun", le grand-père) ;                                                                                                                                              - et les biens que le testateur avait acquis durant sa vie que l'on appelle les acquêts.                                      L'aîné(e), fille ou garçon donc, était l'héritier des papouaux (dans une proportion des 2/3), qui étaient donc transmis de génération en génération. Pour les acquêts, le père (ou la mère) était libre d'en disposer à son gré dans son testament. Sans testament, l'héritier récupérait à la fois les papouaux et acquêts, le tout dans une proportion des 2/3. Cependant, l'aîné avait en charge ses cadets mineurs jusqu'à leur majorité.            Pour les biens de Martin LARRETIÈRE, le père d'Estienne, c'était sans doute essentiellement des acquêts, car il avait commencé comme pasteur, sans biens fonciers propres.

Estienne LARRETGÈRE épouse Jeanne LAMOLIATTE en 1762 ; il a vingt-cinq ans, elle en a vingt-sept. Ils ont sept enfants : quatre filles (Marthe en 1764, Jeanne en 1765, Jeanne en 1770 et Marie en 1775) et trois fils, tous les trois prénommés Pierre. Le premier meurt au bout de vingt-trois jours en 1767 et le deuxième à trois mois en 1769. Le troisième Pierre est mon ancêtre et c’est lui qui part de Soustons pour se rendre à Saint-Geours-de-Maremne. Estienne n’étant pas propriétaire, il n’a pas pu léguer son exploitation à son aînée ni à son fils. Notons que cette mortalité précoce n’a touché que les garçons ; les quatre filles atteignent l'âge adulte et se marient toutes.

Mise à jour mars 2019. Une page du site est consacrée à Étienne LARRETGÈRE de Soustons et à ses descendants. Cliquez ici.

4. Pierre LARRETGÈRE (1772 - 1850) époux de  Jeanne MORICHÈRE (1784 - 1826) puis de Graci COURTIEUX (1798 - ?) de Saint-Geours-de-Maremne

Quand Pierre LARRETGÈRE se marie, il habite déjà Saint-Geours-de-Maremne et il est déclaré laboureur ce qui sous-entend qu’il est propriétaire de son exploitation agricole. Il est déjà âgé : 35 ans. Son épouse, Jeanne MORICHÈRE, est la fille d’un aubergiste de la commune de Tosse, Étienne MORICHÈRE et de Jeanne CAMPET. Elle a 23 ans. Aucun des deux époux ne signent « pour ne savoir » comme on l’écrivait dans les actes de l’époque. Nous sommes le 25 novembre 1807. Quand a-t-il quitté Soustons ? Pour quel motif ? Je l’ignore.

 

Le couple a six enfants entre 1808 et 1818. Mais ils jouent de malchance, peut-être, et perdent cinq de leurs six enfants : Salbat vit 2 jours, Pierre dix-huit, Catherine un peu plus d’1 mois, Robert 2 mois. Jean survit et atteindra l’âge de 51 ans. Mais après lui, Anne meurt à 22 mois, en 1820. Ils n’ont plus d’enfants et Jeanne MORICHÈRE décède à son tour en 1826. Elle a 41 an. Elle ne meurt pas, à priori, à son domicile de Maison Bruca mais à maison Petit Monberset. C’est peut-être le domicile de ses parents ; au moment du mariage de Pierre LARRETGÈRE et de Jeanne MORICHÈRE , les parents de cette dernière ne sont plus aubergistes à Tosse mais laboureurs à Saint-Geours-de-Maremne. Ils y décèdent après leur fille, en 1828 pour Jeanne CAMPET, à 80 ans, et en 1829 pour Étienne MORICHÈRE , à 81 ans ; ils habitaient Maison Augelle à ce moment-là. 

Mise à jour mars 2019.

Parmi les sources de l'historien et du généalogiste figurent les recensements de population. Si les registres paroissiaux et les registres de l'état civil furent les premiers documents numérisés et mis en ligne par les Archives départementales, étant les documents les plus demandés dans les salle de lecture desdites Archives (avec comme conséquence de vider en grande partie ces dernières de leurs lecteurs mais de multiplier les utilisateurs via les sites Internet des Archives départementales), les documents numérisés se font toujours plus nombreux et variés. Les Archives départementales des Landes viennent de mettre à la disposition des usagers de leur site les recensements de population des différentes communes du département. Instaurer à partir de 1801, les recensements ont lieu tous les 5 ans (en théorie) jusqu'en 1946. La forme des recensements est variable au XIXe siècle et on y trouve des renseignements différents (sur la religion, les infirmités, etc.). Mais la base reste identique : c'est un recensement nominatif des habitants d'une commune avec leur métier et les liens familiaux (ou professionnel) des habitants d'une même maison.

Source : Archives départementales des Landes. Recensement de 1819 de la commune de Saint-Geours-de-Maremne. Cote : 6 M E108. C'est le plus ancien recensement disponible aux Archives départementales pour la commune de Saint-Geours-de-Maremne. On observe que les renseignements proposés sont succincts. En particulier, il n'y a pas la profession.

Source : Archives départementales des Landes. Recensement de 1819 de la commune de Saint-Geours-de-Maremne. Cote : 6 M E108. Notre ancêtre Pierre LARRETGÈRE vit donc à Saint-Geours-de-Maremne en 1819 avec son épouse Jeanne MORICHÈRE, orthographié ici MOUNECHERE. Deux enfants seulement vivent avec eux, Jean et la petite Anne, qui, on l'a vu, ne survivra pas à l'année 1820. Le nom de la maison est précisée (Bruca) et confirme nos informations issues de l'état civil.

Pierre LARRETGÈRE se remarie un peu moins d’un an plus tard avec une dénommée Graci (ou Gracie) COURTIEUX, âgée de 29 ans (il en a cinquante-quatre ; ce qui fait une différence de 25 ans). Elle est née à Orx, une commune située à une quinzaine de km de Saint-Geours-de-Maremne mais vit et travaille à Saint-Geours-de-Maremne comme « laboureur » (ainsi qu’il est indiqué sur son acte de mariage) avec son père Jean COURTIEUX, veuf depuis plus de vingt ans, laboureur également.

 

Les deux « jeunes » mariés ont un enfant, qu’il prénomme Jean. À noter que Pierre LARRETGÈRE n’est plus laboureur mais charpentier et ce dès 1809 si l’on en croit l’acte de naissance de son deuxième enfant. On le dit également menuisier. Il habite Maison Monberset en 1814 (Monberset sur l’acte mais Monbercet sur le cadastre de 1832), à Maison Maisonnave du Coureau en 1816 et enfin Maison Bruca en 1818. C’est dans cette maison qu’il décède en 1850 à l’âge de 77 ans.

 

Donc, si on fait un petit bilan, Pierre LARRETGÈRE a eu sept enfants mais deux garçons seulement ont survécu, de deux mères différentes, tous les deux appelés Jean.

 

 

 

 

 

A gauche est représentée la commune de Saint-Geours-de-Maremne selon le tableau d'assemblage de la commune par les géomètres Sahuqué, Espéron et de Comeau (cote E DEPOT 261/1 G 1).

Les Maisons Bruca et Monbercet sont voisines et situées Section B, dite des Monts et de Bessabat. Voir l'extrait ci-dessous.

 

Source : Archives départementales des Landes.

Mise à jour mars 2019.

Le recensement de 1836 est le seul disponible après celui de 1819. On voit l'évolution des renseignements demandés, plus complets ; de façon relative... En effet, c'est surtout la mention de la profession qui est la nouveauté. Une nouveauté qui date du recensement précédent, celui de 1831, non disponible pour Saint-Geours-de-Maremne sur le site des Archives départementales.

Source : Archives départementales des Landes. Recensement de 1836 de la commune de Saint-Geours-de-Maremne. Cote : E dépôt 261/1F2.

Pas de surprise ou d'informations originales avec le recensement de 1836. Pierre LARRETGÈRE exerce bien le métier de menuisier ; il vit avec sa femme, Gracie COURTIEUX et ses deux enfants survivants, prénommés Jean.

Le modèle du recensement devient national à partir de 1836. Cependant tout n'est pas parfait. L'identification du domicile n'est pas aisée. Une liste des maisons est proposée en page 2 du recensement, mettant en lien les maisons et les familles. La famille LARRETGÈRE / COURTIEUX semble bien habiter maison BRUCA.

Comme on peut le constater ci-dessous, avec l'extrait de la première page du recensement de 1836, la population de Saint-Geours-de-Maremne se composait de "1423 âmes" avec une majorité de membres du sexe féminin. Notons également que les "garçons" et "les filles" sont plus de 850. Mais il semble que cela comprend tous les non mariés.

Intermède : de l’orthographe du nom Larretgère

Ni Pierre LARRETGÈRE ni son père avant lui, Estienne, ne savaient écrire. Cela a laissé une grande marge de manœuvre aux officiers d’État civil pour orthographier le nom de LARRETGÈRE. Pierre a ainsi vu son nom orthographié LARRETCHÈRE, LARETCHÈRE, LARICHÈRELARRICHÈRELARRITCHÈRE (les trois derniers dans le seul acte de son deuxième mariage). On a du LARITCHÈRE au moment de sa naissance. Une de ses sœurs, Jeanne, fut nommé LARREJERT à son baptême pour finir avec le nom de DARRIÈRE à la mort de son mari et à la sienne. Une autre de ses sœurs, l’aînée, Marthe, décède avec le nom de LARRIBIÈRE. Une autre de ses sœurs, prénommée également Jeanne, est nommée LARRIEU, LARRIÈRE, LAVIGUIÈRE, DARRIET, LARRETYÈRE, LARRIVIÈRE selon les actes de naissance ou de décès de ses enfants. On a encore une Marie LAREDGÈRE (la fille de Jean LARRETGÈRE, fils de Pierre LARRETGÈRE et de Graci COURTIEUX) sur un acte d’état civil à Bordeaux ; je l’ai retenu plus spécifiquement car étant petit, dans la région bordelaise, on écrivait souvent mon nom avec un « d » à la place du « « t. Sans doute une particularité locale en lien avec la prononciation de mon nom. Ce fut un jeu de piste parfois délicat que de retrouver les actes de mes lointains ancêtres…

Quelle est l’origine du nom Larretgère ?

En basque, larratz signifie lande, terrain, prairie ; on retrouve ce préfixe dans le nom d’un oiseau, larratxa (prononcer « larratcha »), désignant un oiseau, le tarier pâtre « rubicole », commun dans toute la moitié occidentale de l’Europe. En vieux français, larris, c’est la lande, la bruyère, le terrain en friche. Enfin, en gascon, larrey, larée, c’est la raie, le sillon, la délimitation d’une frontière sur le sol. Dans tous les cas, on voit que le nom à un rapport avec la terre. N’ayant pas pu remonter plus loin que le début du XVIIIe siècle, je ne peux pas savoir si je dois privilégier l’origine basque ou gasconne pour la famille et donc le nom LARRETGÈRE.

 Pour le suffixe, en basque, on a txarri ou txerri, le cochon, ou txarro, la jarre ; xeru est la céréale donnée aux animaux laineux. Cependant, si la famille LARRETGÈRE n’est pas issue du Pays basque, tout ça n'explique rien…

Bref, d’un point de vue onomastique, je suis sûr d’une chose, c’est que je ne suis sûr de rien !

 

Reprenons le fil du récit 

Donc, deux enfants de Pierre LARRETGÈRE (1772-1850) survivent, Jean né en 1816, fils de Jeanne MORICHÈRE et Jean en 1827, fils de Graci COURTIEUX. 

Mise à jour mars 2019.

Le recensement de 1841 ne fait que confirmer nos informations ; Pierre LARRETGÈRE vit avec son épouse et son dernier fils, Jean. Quid de de Jean LARRETGÈRE, l'aîné de 25 ans, né en 1816, de son premier mariage ? Il n’apparaît nulle part dans le recensement de 1841.

Mise à jour mars 2019.

Le recensement de 1851 est original ; il propose de nouveaux champs : les cultes et les maladies et infirmités apparentes. Pour Saint-Geours-de-Maremne, la municipalité ne s'est pas embarrassée à les remplir. Sur toutes les pages du recensement, aucune indication concernant la religion ou l'état de santé n'est apporté.

Mise à jour mars 2019. 

En 1851, Pierre LARRETGÈRE est mort et Graci(e) COURTIEUX vit avec son filâtre (le fils de son mari issu de la première union de ce dernier) qui est résinier. Et qui étrangement est appelé "Jean-Baptiste". Et Graci(e) est prénommée "Gracieuse". Le plus jeune est ouvrier forgeron chez un maréchal-ferrant nommé LABARRÈRE. Pour l'aîné, 1851 est l'année de son mariage... Mais pour le cadet également puisqu'il se marie avec Catherine, la fille de Guilhaume LABARRÈRE, son employeur. Notons l'orthographe du nom de Jean (le cadet), avec un CH à la place du G. Pour l'aîné, c'est raturé...

Source : Archives départementales des Landes. Recensement de 1851 de la commune de Saint-Geours-de-Maremne. Cote : E dépôt 261/1F2.

Mise à jour mars 2019. 

En 1856, Gracieuse COURTIEUX vit cette fois avec son fils et sa bru Catherine LABARRÈRE. Jean LARRETGÈRE semble avoir abandonné le métier de forgeron ou de maréchal-ferrant pour celui de facteur de gare. Après cinq ans de mariage, le couple n'a pas d'enfant vivant (les deux premiers, Guilhaume et Marie ayant vécu respectivement 6 mois et 18 mois). Nous revenons sur le couple plus loin dans notre page. 

6. Jean LARRETGÈRE (1816 - 1867) et Catherine DASSÉ (1833 - 1907)

Jean LARRETGÈRE, né en 1816, se marie tard comme son père. Il a 35 ans en 1851 (peu de temps après le décès de son père) quand il épouse Catherine DASSÉ qui en a 18. Elle est de père inconnu.

 

Quelques mots sur la famille de la mariée, Catherine DASSÉ

La mère de la mariée, Marguerite DASSÉ, est « laboureur » à Josse, mais est née à Saint-Geours-de-Maremne comme ses grands-parents, Jean DASSÉ et Catherine LABORDE et ses arrière-grands-parents, Étienne DASSÉ et Marie LESCAA d’un côté, Jean LABORDE et Marguerite DUMAS de l’autre.

Encore un peu plus loin dans le temps, on a les parents d’Étienne DASSÉ , Ciprien DASSÉ et Estiennette PONTNAU qui se marient à Saint-Geours en 1744.

Notons que Marguerite DASSÉ, la mère de Catherine, a eu un autre enfant naturel, Valérine, née en 1835. Puis elle a épousé à Saint-Geours-de-Maremne, un garçon boulanger de Saint-Vincent de Tyrosse en 1836, Jean DICHON, avec qui elle a une fille, prénommée Catherine comme sa mère (fille qui naît à Saint-Geours-de-Maremne). Marguerite se sépare (légalement à priori) de Jean DICHON et a une quatrième fille en 1856, mais sans père nommé, Jeanne DASSÉ  (qui naît à Josse) ; sur l'acte, Marguerite est appelée "Marie".

Mise à jour d'avril 2019.

Source : Archives départementales des Landes, cote 4 E 129/5. L'acte de naissance de Jeanne Prudence DASSÉ indique clairement la séparation légale de Marguerite "Marie" DASSÉ et de Jean DICHON. Ce n'était pas un divorce, celui ayant été abrogé en 1816 après son instauration en 1792. Il faut attendre 1886 pour qu'il soit rétabli. Pour quel motif et dans quel contexte la séparation de Marguerite et Jean DICHON peut-elle être légale ? Cette séparation n'implique pas la cessation du mariage puisqu'elle est décrite comme "mariée mais séparée légalement". Séparation des corps mais donc pas nullité du mariage. 

Jean LARRETGÈRE et Catherine DASSÉ  rédige un contrat de mariage. Je n’ai pas pu avoir accès à ce contrat passé chez maître Devert, notaire à Saint-Martin-de-Hinx. Quels biens faisaient l’objet de ce contrat ? Au moment de son mariage, Jean LARRETGÈRE est laboureur et donc propriétaire de son exploitation agricole. Catherine est déclarée en « état de travail » ; mais sa mère est peut-être propriétaire… Le contrat doit sans doute porter sur des biens immobiliers.

 

Jean LARRETGÈRE et Catherine DASSÉ ont quatre enfants :

  • Jean en 1854,
  • Étienne en 1857 (mais il meurt avant d’atteindre un mois),
  • Catherine, mon arrière-grand-mère en 1858
  • Jeanne, en 1862.

Ils naissent tous Maison Bruca, la maison où vivait feu Pierre LARRETGÈRE ; et c’est également à maison Bruca que décède Jean LARRETGÈRE (le mari de Catherine DASSÉ et fils aîné de Pierre LARRETGÈRE) à l’âge de 51 ans. Laboureur au moment de son mariage, il devint, si on suit les actes de naissance de ses enfants, pasteur en 1854, de nouveau laboureur en 1857, cantonnier en 1858 et il l’est encore à son décès en 1867. Catherine DASSÉ  se retrouve veuve avec trois enfants de 13, 9 et 5 ans à élever, à l'âge de 34 ans.

Mise à jour d'avril 2019.

Les recensements de 1856 et de 1866 (celui de 1861 n'est pas disponible sur le site des Archives départementales des Landes) confirment les informations déjà obtenues par l'intermédiaire des actes de l'état civil.

Le recensement de 1856 montre le couple Jean LARRETGÈRE et Catherine DASSÉ cinq ans après leur mariage. Jean est désormais pasteur ; il est amusant de relever que leur fils de 2 ans, prénommé Jean également, est également qualifié de pasteur.

En 1866, Jean LARRETGÈRE, cantonnier, et Catherine DASSÉ ont bien trois enfants ; certes, on peut noter de petites variations dans les prénoms, comme souvent dans les Landes. L'aîné garde bien son prénom de Jean mais Catherine, 7 ans, a déjà son surnom de Rosalie et la petite dernière, Jeanne, répond au surnom de Valère. Je n'ai toujours trouvé aucune source ou information expliquant cette particularité si souvent remarquée dans ma famille landaise (et parfois également à Bordeaux). 

Extrait du recensement de 1856 puis de 1866.                                                                                                Archives départementales des Landes. Cote : E DEPOT 261/1F2

Mise à jour avril 2019

Catherine DASSÉ, jeune veuve...

Me fondant essentiellement sur les informations de l'état civil, je n'avais guère d'informations sur le devenir de notre jeune veuve Catherine DASSÉ. Le 16 novembre 1867, au moment du décès de son mari, elle n'a que 34 ans, nous l'avons vu. De plus, il ne semble pas qu'elle eût une activité professionnelle (autre que s'occuper de ses enfants et sans doute d'une activité agricole d'appoint avec un objectif d'autoconsommation).  Parmi les éléments sûrs : elle ne se remarie pas et n'a plus d'autres enfants.

Que nous apprends le recensement de  1872 ?

Son prénom change : elle était recensée jusque là sous le prénom de Catherine et à partir de 1872, c'est Mélie DASSÉ. En 1872 toujours, elle vit avec son fils aîné, Jean (ici noté "Auguste Jean"), et avec sa plus jeune fille, Jeanne, ici prénommée Valère. Une absence est notable : celle de Catherine "Rosalie".  Elle n'a que 14 ans. Peut-être travaille-t-elle ailleurs ? En tout cas, pas à Saint-Geours-de-Maremne ; tout au moins, d'après mon observation du recensement de 1872. 

Je ne l'ai pas trouvé Jean dans la table des registres matricules de 1874 ;  ce qui semble logique en tant que seul fils d'une mère veuve qui a encore des enfants à charge : pas de service militaire pour lui. 

Que deviennent les trois enfants vivants de Jean LARRETGÈRE et Catherine DASSÉ ?

  • L’aîné, Jean LARRETGÈRE, se marie à 21 ans, en 1876 avec Jeanne BISBAU, native elle-aussi de Saint-Geours-de-Maremne, qui en a 19, une fille de laboureurs. Employé des chemins de fer, Jean devient chef de gare. Ils ont au moins un enfant, Pierre, en janvier 1877. Jean LARRETGÈRE meurt à 43 ans chez sa mère, Maison Brignon, alors qu’il habitait Bayonne. Il suivait un traitement mais je ne sais pas pour quelle maladie.
    • Son fils, Pierre LARRETGÈRE, est plutôt grand pour l’époque, comme ses cousins (1,69 m à 20 ans). Il était né la même année que son cousin germain Martial LARRETGÈRE, le fils aîné de Catherine LARRETGÈRE, en 1877. Il était comptable à Biarritz comme Martial et « monte » à Paris comme lui également. Pierre LARRETGÈRE est engagé volontaire comme dragon en 1896 pour quatre ans dans le 15e régiment de dragons. Il est gendarme auxiliaire à partir de 1915, pendant la Grande Guerre, affecté à la 19e légion ; l’Écho d’Alger du jeudi 7 octobre 1915 mentionne son arrivée dans le département d’Oran. À l'instar de son père, il est encore jeune quand il décède en 1925, à 48 ans, près de Paris, à Bagnolet, et à priori sans descendance.

 

 

Extrait de l’Écho d'Alger du 7 octobre 1915.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

Au début de la guerre, Pierre est membre du 22e de dragons, c'est à-priori le seul régiment de dragons dont le journal de marche et des opérations lors de la Grande Guerre est absent du site Mémoire des Hommes.

 

  • Catherine LARRETGÈRE, mon arrière-grand-mère, est le troisième enfant de Jean LARRETGÈRE et de Catherine DASSÉ (le deuxième, on l'a vu, prénommé Etienne, n'a vécu que 23 jours). Catherine, que l'on appelait Rosalie, a une page dans ce site ainsi que chacun de ses enfants, Martial, Jean-Baptiste, Marie et mon grand-père Jean. Cliquez sur les noms pour y être renvoyés.
  • La petite dernière, Jeanne "Valère" (en fait, son acte de naissance mentionne le prénom Jean), se marie à Saint-Geours-de-Maremne avec Laurent DUVERDIER, 26 ans, terrassier puis employé de chemin de fer. Au moment du mariage, en 1884, la mère de Jeanne, Catherine DASSÉ, est aubergiste selon l’acte. Jeanne LARRETGÈRE et Laurent DUVERDIER ont une fille, Marguerite, qui décède à Bordeaux en 1944 à l’âge de 58 ans. S’est-elle mariée, a-t-elle eu des enfants ? Rien n’est moins sûr. Ajoutons que Laurent DUVERDIER, 1,60 m, aux yeux et aux cheveux châtains, fut visiblement un bon conscrit qui finit avec le grade de sergent au 142e régiment d'infanterie après ses 4 ans de service militaire entre novembre 1879 et septembre 1883.

Source : Archives départementales des Landes. Une fille qui s'appelle Jean, ce n'est pas commun en France. Donc, originalité des parents ou, plus vraisemblablement, bévue du maire de Saint-Geours-de-Maremne, Jean-Théodore Bessabat ?

Mise à jour avril 2019

1876-1901 : Catherine "Mélie" DASSÉ, toujours veuve...

La suite de la vie de Catherine "Mélie" DASSÉ est finalement assez linéaire bien que je relève quelques petits éléments à vérifier dans le reste de sa vie. Elle est veuve depuis 1867. Nous avons plus haut qu'en 1872, elle vivait avec son fils aîné et sa plus jeune fille. Sa profession n'était pas mentionnée. Qu'en est-il en 1876 ? 

Rien. Ou pas grand-chose...

En 1876, en décembre lors du recensement, les trois enfants de Catherine DASSÉ et sa bru n'habitent plus à Saint-Geours-de-Maremne. Seule Catherine est mentionnée ; elle exerce la profession de domestique mais ses deux filles, hypothèse possible, ont du suivre l'aîné, Jean, après son mariage, dans son déplacement dont l'origine est sûrement professionnelle, étant donné qu'il travaille pour une compagnie de chemin de fer (au "Midi" dont le nom complet est la Compagnie des Chemins de fer du midi et du Canal latéral à la Garonne).

Source : Archives départementales des Landes. Cote : E DEPOT 291 / F2

Donc, faisons un saut dans le temps jusqu'au recensement de 1881

Catherine "Mélie" DASSÉ est désormais marchande. De quoi ? Mystère. Elle vit avec ses deux plus jeunes filles, Catherine "Rosalie" et Jeanne "Valère", toutes les deux portant le patronyme de LARRETGÈRE. Mais un autre LARRETGÈRE est apparu : C'est Martial, ans, petit fils du "chef de maison", sa grand-mère Catherine "Mélie". Il est le fils de Catherine "Rosalie", né quatre ans plus tôt à Saint-Geours-de-Maremne en 1877. Pas de père déclaré pour le jeune garçon.

Recensement de 1886 : Catherine "Mélie" DASSÉ est aubergiste. Jeanne "Valère" est mariée depuis deux ans et vit avec son mari Laurent DUVERDIER, nous l'avons vu plus haut. Catherine "Rosalie" LARRETGÈRE vit toujours avec sa mère et avec non pas un mais deux fils naturels. Après Martial, c'est Jean-Baptiste qui apparaît dans le recensement, tout juste âgé de 2 jours ! Comme le bébé est né le 28 mai 1886, on peut donc en déduire que l'agent de recensement est passé le 30.

Recensement de 1891. Catherine DASSÉ (exit le prénom "Mélie" ?) elle est toujours aubergiste, vit toujours seule avec sa fille Catherine "Rosalie" ; cette dernière n'a plus deux enfants naturels mais trois : à Martial et à Jean-Baptiste s'est ajoutée Marie, âgée de 10 mois. Toujours pas de père identifiée. Par contre, Martial n'est plus au domicile familial. En 1891, il a 14 ans. Études, apprentissages ? Difficile de savoir où il vit. Il vit à Bayonne à 20 ans quand il doit partir à l'armée et il exerce le métier de comptable. Mais avant ? Cela reste un mystère.

Recensement de 1896. Quelques différences significatives apparaissent ; c'est désormais Catherine "Rosalie" LARRETGÈRE, mon arrière-grand-mère qui apparaît comme chef de famille ; sa mère, Catherine "Mélie" DASSÉ n’apparaît plus que comme "mère". Pas de métier d'aubergiste mais celui d'épicière. Le quartier reste identique, entre Brignon-Salet et Petit Brignon, toujours dans le Bourg (c'est-à-dire le centre de la commune), que l'on prononce le "Bourq" comme si le "g" était un "q". Martial n'est toujours pas présent. 

Recensement de 1901. Quelles sont les nouveautés cinq après le recensement de 1896 ? En dehors que nous sommes entrés dans le XXe siècle ? Catherine "Amélie" DASSÉ retrouve sa place de chef de famille et son métier d'aubergiste. Sa fille, Catherine "Rosalie" LARRETGÈRE a un quatrième enfant, Jean, mon grand-père. Martial ne vit toujours pas à Saint-Geours, contrairement à son frère et sa soeur Jean-Baptiste et Marie. Une petite Marguerite DASSÉ vit avec le reste de la famille. C'est un bébé de 3 mois ; c'est sans doute la petite Marguerite, fille de Jean DASSÉ, un cultivateur de 33 ans et de son épouse Cunégonde (ça ne s'invente pas !) GROCQ.  

Après quelques recherches, j'ai pu trouver une petite explication à la présence de cette petite Marguerite DASSÉ. Son père est donc Jean DASSÉ, fils de Guillaume DASSÉ et de Marie DUBERTRAND (mariés en novembre 1863) ; Guillaume DASSÉ, né en 1841, est le fils de Jean DASSÉ et de Catherine BELIN (mariés en 1840). Et ce Jean DASSÉ, né en 1818, a pour parents Jean DASSÉ qui sont les parents de Marguerite DASSÉ, mère de Catherine "Amélie ou Mélie" DASSÉ. J'avoue qu'un petit croquis serait plus clair... Bref, c'est un cousin.

7. Jean LARRETGÈRE (1827 - ?) et Catherine LABARRÈRE (1818 - ?) de Saint-Geours-de-Maremne et leurs enfants

Souvenons-nous que Pierre LARRETGÈRE (1772-1850) a eu un deuxième enfant survivant, lui aussi prénommé Jean, avec sa deuxième épouse, Graci COURTIEUX. Ce Jean LARRETGÈRE, né en 1827, est forgeron, avant de travailler pour les chemins de fer comme facteur. A 24 ans, il épouse une femme plus âgée que lui. Catherine LABARRÈRE, fille d’un maréchal-ferrant. Sa famille est de Saint-Geours-de-Maremne. Ils ont quatre enfants mais les deux premiers, nés en 1852 et en 1854, décèdent rapidement : à 6 mois pour Guilhaume et à 18 mois pour Marie. En 1856, Jean voit le jour. Je n’ai plus trouvé trace de lui. La dernière, Marie, nait en 1858.

 

  • Marie se marie à 32 ans (en 1890), à Bordeaux, avec un dénommé Pierre ROUFOSSE, un tonnelier de 26 ans et elle vit à Bordeaux avec son père veuf au 72 rue des Sablières. Elle devient veuve à son tour en 1912 au décès de son époux qui avait 48 ans. Ce Pierre Émile ROUFOSSE est un personnage avec un vécu particulier : yeux et cheveux noirs, d'1,65 m, engagé volontaire pour 5 ans en février 1884, il est marin dans la flotte de La Rochelle ; il passe de matelot de troisième classe à matelot de deuxième classe entre juillet 1885 et juillet 1886, puis matelot de première classe en janvier 1887. Il sert sur divers navires : le Souverain, le Colbert, la Couronne puis le Richelieu. Doté d'une culture correcte pour l’époque (degré d’instruction évalué à 3 sur 5), il est condamné pour vol à deux ans de prison en 1888 par la cour d’assise de Gironde. Il accomplit ensuite ses périodes dans un corps disciplinaire en 1891 puis en 1893. Il est de nouveau condamné à deux ans de prison pour vol par le même tribunal en 1896 mais je ne comprends pas trop si le jugement est confirmé ou infirmé par la cour d’appel en 1898. Je ferai quelques recherches lors d’un séjour à Bordeaux. Ont-ils eu des enfants ? Mes recherches sont négatives pour l'instant.

Deux détails de la fiche matricule de Pierre Rouffosse. Source : Archives départementales de Gironde.

Mise à jour avril 2019

Jean LARRETGÈRE, veuf de Catherine LABARRÈRE, vit avec sa fille Marie à Bordeaux, on l'a vu plus haut. Depuis quand est-il dans cette ville ? Je n'en sais trop rien. Y-est-il venu dans le cadre de son travail pour les chemins de fer ? Sans doute. Avant ou après la mort de son épouse ? C'est un point à éclaircir. Mais cela m'a amené à réfléchir à son fils, lui aussi prénommé Jean et dont je n'avais aucune trace. Né en 1856, il est absent de la table des registres matricules de 1876. J'ai regardé par curiosité dans les tables de Bordeaux et c'est là que je l'ai retrouvé. 

 

Une "petite" recherche dans l'état civil de Bordeaux (c'est en général un travail plutôt long, Bordeaux étant déjà à l'époque une ville très peuplée...) m'a permis de retrouver son acte de décès.

Source : Archives Bordeaux Métropole. Cote : 3 E 270.

Nous n'apprenons hélas pas les causes du décès de Jean. Ce sont des voisins qui viennent signaler son décès ; il semble donc avoir trouvé la mort chez lui, 23 rue Beauducheu (qui s'orthographie en fait Bauducheu), à proximité de la gare. Ce qui est sans doute logique car il travaillait comme ajusteur à la Compagnie des Chemins de fer du Midi ou plus simplement au Midi, comme son père. Célibataire et sans enfant, il n'a pas transmis son patronyme. Il avait 20 ans.

8. Les LARRETGÈRE à Saint-Geours-de-Maremne au XXe siècle

Au XXe siècle il n’y a plus guère de LARRETGÈRE à Saint-Geours-de-Maremne. Résumons-nous : Pierre LARRETGÈRE s’est installé dans la commune au début du XIXe siècle et parmi ses enfants, deux ont survécu, les deux Jean LARRETGÈRE. Tous deux ont eu à leur tour des enfants et certains ont eu une descendance. Qui sont ils ?

  • Jean, né en 1854,
  • Catherine et sa cousine Marie, nées en 1858 ; 
  • Jeanne, née en 1862.

De ces quatre petits-enfants de Pierre LARRETGÈRE, seule Catherine vit encore à Saint-Geours-de-Maremne en ce début de XXe siècle. L’industrialisation et le chemin de fer favorisent un exode rural qui vide en partie les communes rurales, au moins jusqu’aux années 1970.

Des quatre enfants de Catherine, un seul, Jean-Baptiste LARRETGÈRE , vit à Saint-Geours-de-Maremne dans l’entre-deux-guerres, ayant repris le restaurant-hôtel familial de sa mère (avec l’accord de ses frères et sœurs) tout en exerçant l’activité de secrétaire de mairie. Son frère aîné, Martial, est parti faire fortune, avec succès, à Paris ; Marie, leur sœur, a épousé un agriculteur Victor « Lucien » LAPÉBIE, qui devient employé des chemins de fer et s’installe dans la banlieue bordelaise, à Talence, tout comme le plus jeune enfant de Catherine, Jean LARRETGÈRE, mon grand-père, qui exerce le métier de wattman à Bordeaux.

En mauvais état et incomplet, la cession de l'hôtel, bar, restaurant à Jean-Baptiste Larretgère, en 1927, par ses frères et sœurs (Martial, Marie et Jean) après le décès de leur mère Catherine Larretgère. Source : archives familiales.

8.1. Gérard LARRETGÈRE, mon oncle, Saint-Geoursois temporaire

Mise à jour avril 2019

Jean LARRETGÈRE, mon grand-père, vit avec son épouse, Maria "Jeanne" DUTEN, à Talence, dans la banlieue bordelaise.  Ils ont leur premier enfant, Gérard, en 1924. Il est confié en bas âge à sa tante, la soeur de Marie, Jeanne "Fernande" DUTEN, veuve LEIÇARRAGUE. Pour plus de renseignements sur Tatie Fernande, rendez-vous sur cette page.

Pourquoi font-ils garder leur fils à Saint-Geours-de-Maremne, loin de chez eux ? Ayant tous les deux une activité professionnelle, ils ont sans doute fait le choix de conserver l'emploi de ma grand-mère, receveuse aux tramways de Bordeaux. C'est en consultant les recensements de Saint-Geours-de-Maremne que j'ai relevé ce fait, que mon père ignorait. On verra plus loin que mon père fut lui aussi gardé à Saint-Geours-de-Maremne, chez son oncle Jean-Baptiste, frère de Jean LARRETGÈRE. Cependant, si Gérard retourna vivre chez ses parents, sans doute au moment du début de sa scolarité, mon père resta à Saint-Geours-de-Maremne jusqu'à ses 18 ans. 

Cet extrait du recensement de 1926 montre la petite communauté qui vivait dans la maison du Petit Bicq ou Petit Vicq comme le lieu-dit (ou "quartier") est orthographié dans le recensement. Il y a Antoine "Gentil" DUTEN, sandalier, son épouse Jeanne HAURET (curieusement, le recensement ne donne pas les noms de jeune fille mais les noms d'épouse qui n'ont pourtant pas d'intérêt d'un point de vue légal), connu par mon père sous le nom de Mémé Gueille (ce qui signifie "vieille") ; vit avec le couple leur fille aînée, Jeanne "Fernande" DUTEN, dont le mari, François LEIÇARRAGUE est mort en novembre 1925, avant la naissance de son fils Jean, dit "Jeannot". Et enfin, Gérard LARRETGÈRE, petit-fils, neveu et cousin selon ses liens avec les gens de la maison.

Cinq ans plus tard, en 1931 donc, Antoine "Gentil" DUTEN, est décédé mais c'est le seul changement. Gérard LARRETGÈRE, qui a désormais 7 ans, est toujours à Saint-Geours-de-Maremne. Par contre, en 1936, il ne vit plus avec sa grand-mère, sa tante et son cousin. On remarque également l'orthographe du nom LEIÇARRAGUE transformé ci-dessous en LISSARRAGUE.

Source : Archives départementales des Landes.

Extrait 1 : 1926. Cote : 6 M 211

Extrait 2 : 1931. Cote : 6 M 240

Extrait 3 : 1936. Cote : 6 M 272

8.2. Pierre LARRETGÈRE, mon père, Saint-Geoursois malgré-lui

 

Jean-Baptiste meurt en 1941 et sa fille Marie a épousé un instituteur, Eulice David, et elle est elle-même maitresse d’école avec son mari à Lahosse. Pourtant, une personne porte encore le nom de LARRETGÈRE à Saint-Geours-de-Maremne : mon père, Pierre LARRETGÈRE, né en 1936. Ses parents (mes grands-parents Jean LARRETGÈRE et son épouse Maria DUTEN) l’ont placé chez son oncle  Jean-Baptiste LARRETGÈRE et sa femme Jeanne LEMBEYE (que mon père appelait Tantote) à l’auberge. Pendant longtemps, on a évoqué la guerre comme prétexte mais c’était surtout en raison des problèmes de couple de mes grands-parents et d’une séparation possible. La guerre s’achève, mes grands-parents restent ensemble. Et mon père reste à Saint-Geours-de-Maremne avec Tantote. Cependant, à 18 ans, en 1954, il décide de partir et de rejoindre ses parents à Talence.

 

Mon père, Pierre LARRETGÈRE, à Saint-Geours-de-Maremne. À l'arrière-plan, Eulice DAVID, le mari de sa cousine Marie.

Source : archives familiales.

Mon père est ici présent à un mariage, un double mariage ; il me semble qu'il s'agit de membres de la famille de Tantote, des Lembeye.On notera l'enseigne peinte : "Restaurant Larretgère".

Source : archives familiales.

 

En détail ci-dessous, mon père Pierre LARRETGÈRE ; Eulice DAVID et Marie LARRETGÈRE ; Marie LARRETGÈRE (soeur de Jean-Baptiste, tante de mon père, Pierre LARRETGÈRE et de Marie LARRETGÈRE épouse DAVID) et son mari, Victor "Lucien" LAPÉBIE ; Jeanne "Tantote" LEMBEYE

A venir : deux enfants, ceux de Marie LARRETGÈRE et Eulice DAVID, Jean et Michèle David, qui sont donc les petits-enfants de Jeanne "Tantote" LEMBEYE. Je n'ai pas encore eu le temps de vérifier leur identification sur la photo. 

8.3. Mon grand-père Jean LARRETGÈRE et sa fin de vie à Saint-Geours-de-Maremne

Mon grand-père, Jean LARRETGÈRE, à la retraite, décide de retourner dans son village natal en 1961 pour y finir ses jours. Ma grand-mère, Maria Duten, que tout le monde appelle Jeanne, ne souhaite pas quitter Bordeaux (enfin, la banlieue bordelaise car ils vivaient à Talence) mais son avis, visiblement, ne pèse pas. Ils s'installent au bourg de Saint-Geours-de-Maremne. Jean décède deux ans plus tard d’un arrêt cardiaque. Il avait 64 ans.

 

Il n’y a de LARRETGÈRE à Saint-Geours-de-Maremne qu’au cimetière. Même la large inscription « LARRETGÈRE » peinte au-dessus de l’hôtel restaurant disparaît quand la veuve de Jean-Baptiste LARRETGÈRE , Jeanne LEMBEYE dite « Tantote » décède en 1971 et que l’auberge change de mains.

La photo est floue mais c'est une des dernières prises de mon grand-père. De gauche à droite, ma grand-mère Maria DUTEN, ma mère Lucienne MURAT, mon cousin Dominique LARRETGÈRE et mon grand-père Jean LARRETGÈRE . Mon père doit être le photographe. Mes parents se sont mariés en juin 1963 et mon grand-père décède en décembre de la même année. La photo a du être prise au cours de l'été 1963.

Source : archives familiales.