La famille DUTEN-HOSSELEYRE

J'ai déjà évoqué mes arrières grands-parents paternels, Antoine DUTEN et Jeanne HAURET, parents de Maria DUTEN, ma grand-mère paternelle, dans cette page du site. Je ne vais donc pas reprendre les informations complètes concernant mon arrière grand-père, mais simplement quelques éléments de base.

 

Antoine DUTEN, qui était surnommé Gentil, est né le mercredi 9 juillet 1873 à Saint-Geours-de_Maremne dans le sud du département des Landes. Il y meurt le 10 décembre 1935 à l'âge de 62 ans. Il s'est marié en 1900 et il a eu deux filles avec son épouse Jeanne HAURET : Maria (ma grand-mère ou mamie Jeanne) et Jeanne (Tatie Fernande ou Tatie tout court) ; je sais bien que c'est surprenant, mais dans le Sud-Ouest et plus particulièrement dans les Landes, les gens n'étaient pas toujours appelé par leur prénom de l'état civil. Jeanne HAURET était déjà mère d'un enfant naturel, Georges qui portait donc le nom de sa mère (un matronyme donc), HAURET, et pas le nom de DUTEN (Georges HAURET que mon père a connu sous le nom de "tonton Maurice").

 

Antoine "Gentil" était sandalier et handicapé du pied droit sans que je sache exactement quelle était la nature de son handicap. Mais il se déplaçait à l'aide d'une béquille et d'une canne, son pied gonflé inséré dans une sandale. Mon père ne l'a pas connu et les personnes qui auraient pu me donner des informations sur  lui sont hélas décédées. N'ayant pas trouvé de fiche matricule à son nom dans les registres, je ne peux rien dire sur sa taille, la couleur de ses yeux, de ses cheveux, ni son niveau d'instruction. Il ne reste de lui que quelques photos...

Antoine DUTEN (1873-1935)

Antoine DUTEN a longtemps vécu dans une petite maison située dans un quartier nommé le "Petit Bicq" à Saint-Geours-de-Maremne. Mais c'était la maison (louée) des parents de sa femme Jeanne HAURET. Il s'y est installé au moment de son mariage et il y est mort. Sa fille, Jeanne, (que l'on appelait Tatie Fernande quand j'étais petit) y a vécu toute sa vie, enfant, puis jeune mariée, jeune maman, jeune veuve, y a vieilli, et nous y accueillait dans les années 1970 quand nous allions voir sa sœur, ma grand-mère, comme elle y accueillait mon père le dimanche dans les années 1940 et 1950.

Il y avait une pièce principale, la cuisine, avec une cheminée au fond, à l'opposée de la porte d'entrée. A droite, je me souviens d'un vieil évier en pierre, peut-être un meuble puis la cuisinière sous la fenêtre. A gauche, il y avait sa machine à coudre, un buffet et l'horloge. Au centre, une table de cuisine recouverte de l'inévitable toile cirée. Une porte au fond à gauche donnait vers deux chambres, une parallèle à la cuisine et l'autre dans la continuité, jouxtant une sorte de remise ou de grange située dans le prolongement de la cuisine mais à laquelle on accédait par l'extérieur. Mais j'étais petit et mes souvenirs sont parfois très précis sur certains détails et très flous sur d'autres. De toute façon, on restait tout le temps dans la cuisine. Une porte à gauche en entrant menait au grenier mais nous n'avons jamais eu le droit, mon frère et moi, d'aller y jeter un oeil...

 

Tatie Fernande habitait la partie droite de la maison ; je n'ai jamais connu la partie gauche habitée. La porte rouge la plus à droite donnait sur la cuisine qui faisait office de pièce principale.

Antoine "Gentil" Duten, vers la fin de sa vie.


Pierre DUTEN et Jeanne HOSSELEYRE, les parents d'Antoine.

Antoine DUTEN est le fils de Pierre DUTEN, un agriculteur de Saint-Geours-de-Maremne (dans les actes, on le désigne comme laboureur ou cultivateur). Pierre DUTEN est né en 1837, le 1er novembre, à Maison Sarthou ; pour rappel, dans les Landes, la plupart des maisons ou les groupes de maisons ont un nom.

Un extrait du cadastre que l'on peut trouver aux Archives départementales des Landes dans cette page sous la cote E DEPOT 261/1 G 1et datant de 1832. J'ai indiqué la zone où se situe la Maison Sartou (ou Sarthou), à l'Est du Bourg, dans l'axe de la route principale qui traverse la commune. Il y a Sartou Naou (ou la neuve) et Sartou Bieil (ou la vieille).


Cette zone de Saint-Geours-de-Maremne n'a finalement pas trop changé ; on reconnait les trois bâtiments de Maison Pelouse au Nord-Est et les structures de bases de Maison Sartou, Naou et Bieil au Nord de la route de Lelanne, ancien chemin vicinal.

Source : Google Map consultée le 02 avril 2018.

Pierre DUTEN a épousé en février 1859, à l'âge de 21 ans, une jeune fille de la commune, fille d'un couple de cultivateur, âgée de 19 ans appelée Marie DASSÉ. Quelques mois après le mariage, la jeune Marie est enceinte. Le 18 septembre 1860, l'enfant arrive mort-né à 5h du matin et on ne lui donne pas de prénom à l'état civil ; on sait juste qu'il était du sexe masculin d'après la déclaration de la sage-femme. Marie ne lui survit que trois heures. Elle avait 20 ans. Triste matinée.

Cinq ans plus tard, le 19 février 1865, il épouse en seconde noce Jeanne HOSSELEYRE. Elle a 25 ans, il en a 27. Jeanne est née à Seignosse, commune située à une quinzaine de km de Saint-Geours-de-Maremne vers l'ouest, pas très éloignée du littoral atlantique. Elle aussi est veuve ; elle a perdu son mari, Pierre LASSALLE en 1862, deux ans après le mariage qui a eu lieu à Saint-Geours-de-Maremne ; elle a eu de lui un enfant, François, en 1861. Comme pour son premier mariage, Pierre DUTEN ne signe pas l'acte de mariage ; il ne sait pas écrire, pas plus que son épouse Jeanne et leurs parents respectifs, tous présents et consentant.

Jeanne HOSSELEYRE et Pierre DUTEN ont 7 enfants :

- Elizabeth en 1866 ;

- Jeanne en 1867 ;

- Jeanne en 1869 ;

- Jeanne en 1871 ;

- Antoine, mon arrière grand-père, en 1873 ;

- Jeanne en 1875 ;

- Marcellin en 1879.

Je ne sais pas forcément ce que deviennent les sept enfants de la famille (en dehors de mon arrière-grand-père Antoine). Mais j'ai quand même quelques informations. Voici ce que j'ai pu apprendre en cherchant dans les registres d'état civil.

  • Elizabeth DUTEN, que l'on surnommait Luce, épouse à Saint-Geours-de-Maremne Étienne LACAVE, domestique et cultivateur, avec qui elle a six enfants, quatre filles (Jeanne, Élisa, Astride et Marthe) et deux garçons (Pierre et Jean).
  • Jeanne DUTEN, née en 1867 se marie à Saint-Geours-de-Maremne en 1891 avec Barthélémy GROCQ, cultivateur et résinier ; elle avait eu une une fille naturelle, Noélie, qui meurt à l'âge de deux ans, deux mois après le mariage de sa mère avec Barthélémy GROCQ. Le couple a six enfants, trois filles (Jeanne, Marie et Alice) et trois garçons (Pierre, Pierre et Marcel). Jeanne DUTEN meurt en 1928 à l'âge de 60 ans.
  • Jeanne DUTEN, née en 1869, ne vit que 20 jours.
  • Je n'ai aucune information sur la Jeanne née en 1871 ni sur celle née en 1875.
  • Marcellin DUTEN, le dernier né, cultivateur-laboureur, se marie lui aussi à Saint-Geours-de-Maremne, en 1906, à 26 ans, avec Marguerite PROSPER, 20 ans, native de la commune de Sainte-Marie-de-Gosse. Il quitte Saint-Geours-de-Maremne pour s'installer à Saint-Vincent-de-Tyrosse et décède en 1958 à Soort-Hossegor à l'âge de 79 ans. Sa veuve décède en 1972 à l'âge de 87 ans. Ils ont eu trois garçons, Pierre, Gabriel, André et une fille Georgette. Étrangement, je n'ai pas trouvé de registre matricule à son nom
  •  François LASSALLE, le demi-frère des enfants DUTEN, fils du premier mariage de Jeanne HOSSELEYRE, décède à l'âge de 29 ans, célibataire à maison Dossan. Il était cultivateur.

Jeanne HOSSELEYRE et Pierre DUTEN décèdent tous les deux en 1917, elle en janvier, à Maison Candaou, lui en mars, au Petit Bicq, chez son fils Antoine et sa belle-fille Jeanne HAURET. Tous leurs enfants sont nés maison Dossan (ou Daussan selon les actes) ; je ne suis pas sûr de la localisation de cette maison, le cadastre de 1832 n'ayant pas toujours la même façon d'orthographier les noms que nous trouvons dans les registres de l'état civil.

Les aléas de la recherche

Avant de poursuivre, je souhaiterai souligner quelques éléments de réflexion concernant la recherche généalogique. Il s'agit certes d'un travail de longue haleine mais aussi dépendant des sources. En effet, la "mémoire" (au sens des informations transmises de génération en génération) demeure assez pauvre. On peut parler de ses parents, parfois de ses grands-parents mais rarement au delà s'il n'y a pas une source écrite ou iconographique. Obtenir des informations dépend donc ensuite des archives, au premier rang desquelles figurent les archives d'état civil et, avant 1792, les archives paroissiales. Pour les classes sociales favorisées, les archives notariales sont également intéressantes, en particulier les inventaires avant succession. Pour les plus pauvres, n'ayant guère de biens à transmettre, les archives notariales demeurent muettes. Pour l'historien, d'autres sources peuvent être utilisées. Mais pour le généalogiste, historien d'une famille, qui cherchent donc des sources nominatives, l'absence est le plus souvent le fruit de la recherche.

 

Je donne un exemple que je trouve particulièrement significatif. Parmi mes ancêtres (à la dixième génération) se trouvent un couple qui s'est marié en janvier 1683 dans la commune landaise de Rivière-Saas-et-Gourby. Si vous ne connaissez pas cette commune, rassurez-vous, c'est logique. Elle comptait moins de 400 habitants au moment de la Révolution française et, aujourd'hui (j'écris ces lignes en 2018), a dépassé tout juste le seuil des 1000 citoyens. Donc, en janvier 1683, Jean LARRIU, originaire de la petite paroisse (on ne parlait pas de communes à l'époque) de Térhieu épouse Catherine SECAT, de Rivière-Saas-et-Gourby (en fait, cette paroisse n'existait pas en tant que telle ; Saas, Rivière et Gourby étaient séparées). L'acte de mariage est des plus succinct : pas de mention du métier, de l'âge, des parents... Difficile de remonter plus loin. On peut, cependant. On prend son courage à deux mains et on feuillette toutes les pages des registres paroissiaux précédents à la recherche des parents supposés. Mais le premier registre disponible pour Rivière-Saas-et-Gourby est justement celui de 1683-1699. Rien de disponible pour les périodes antérieures. Donc, on ne peut rien trouver avant pour la famille de Catherine SECAT. Tant pis... Cherchons les baptêmes des enfants : souvent, les parrains et marraines sont pris chez les grands-parents. Mais nouvelle déconvenue. Avec un mariage en janvier 1683, on peut penser trouver un enfant 9 ou 10 mois plus tard. Mais fatalitas ! Gros trou dans les archives entre septembre 1683 et avril 1684. Le curé BERNARDET note dans le registre paroissial que, "grièvement malade", il a du quitter ses fonctions et le vicaire qu'il a nommé en remplacement, un certain M. Latrie "n'a pas apparemment tenu registre puisqu'il ne m'a l'a pas remis bien que je l'ayé très souvent sollicité a cela" (j'ai conservé l'orthographe du registre). Si un de mes ancêtres est né à ce moment là, les archives n'en ont gardé aucune trace.

Autres déconvenues possibles : les pages manquantes des registres paroissiaux, situation fréquente pour les archives du XVIIe siècle, ou illisibles, soit en raison d'une forte dégradation (humidité, disparition de l'encre, encre transformée en tâche noirâtre, etc.), ou d'une écriture résistant au paléographe le plus patient...

 

Je ferme ici ma petite parenthèse et je reprend le récit de la famille DUTEN-HOSSELEYRE. Mais je donne quand même un petit exemple tiré des Archives départementales des Landes avec mes ancêtres Laurens BUCAU et Marguerite DARJUZON.

Acte de mariage religieux de Laurens BUCAU et de Marguerite DARJUZON. Grâce au baptême qui suit et celui qui précède, on sait que nous sommes en février ; l'année 1629 est lisible en haut de page. Enfin, le nom des mariés est, heureusement, un des rares passages lisibles.

Source : Archives départementales des Landes, registre paroissial d'Orist, 1720-1750.

Cote : E dépôt 211 / GG3

Les ancêtres de Pierre DUTEN (1837-1917)

Soyons clair dès le départ : le sujet va être long. En effet, pour une fois, j'essaie d'être assez exhaustif dans mes recherches et, en exploitant les registres d'état civil et les registres paroissiaux, petit à petit, j'ai reconstitué le puzzle formé par une multitude de branches familiales. Pour l'instant, selon les ascendants, j'arrive à six, voire sept générations d'ancêtres de Pierre DUTEN, qui est le grand-père de ma grand-mère paternelle Maria DUTEN (voir le résumé de l'arbre généalogique de mon père dans cette page).

Cela nous emmène donc au XVIIe siècle (je précise que le XVIIe siècle commence le 1er janvier 1601 et s'achève le 31 décembre 1700). En 1601 Henri IV est roi et ce pour 9 ans encore. Après son assassinat, son fils, né en septembre 1601, règne sous le nom de Louis XIII. Mais le XVIIe est avant tout celui de Louis XIV dont le long règne couvre plus de la moitié du siècle. Il commence en 1643 et Louis a tout juste 5 ans (en fait, c'est sa mère régente, qui dirige le royaume jusqu'en 1851 lorsque la majorité du roi est reconnue) ; il meurt en 1715. Ce n'est pas son fils, ni son petit-fils ni même son premier arrière-petit-fils qui lui succède car ils sont tous décédés. C'est son arrière-petit-fils cadet qui monte sur le trône sous le nom de Louis XV. Le petit-fils de Louis XV est l'infortuné Louis XVI (qui succède à son grand-père)qui perd son trône en septembre 1792 et sa tête en janvier 1793.

Dans quelle mesure ces changements de roi sinon de politique affectent-ils la vie de mes ancêtres et donc les ancêtres de Pierre DUTEN ? Ils sont loin de Paris, dans un duché de Gascogne où la langue française ne règne pas. On parle encore gascon dans ces terres qui ne sont pas encore le département des Landes (les départements sont créés après la Révolution de 1789).


En construction