1. Marguerite LARRETGÈRE, sixième et dernier enfant de Martin LARRETIÈRE et Marthe LAGESTE

Rédigé par Laurent LARRETGÈRE, mars et avril 2020.

Marguerite naît en 1748, le 13 novembre et son baptême a lieu le jour même. Elle est déclarée fille de Martin LARRECGÈRE (avec un C et non pas un T comme le nom va se stabiliser progressivement) et de Marthe LAJESTE (un J remplaçant le G comme le patronyme est habituellement orthographié). C'est un baptême double, deux enfants recevant le sacrement au même moment (l'autre enfant étant un dénommé Barthélémi COURAU). La grammaire de l'acte laisse à désirer, puisqu'il est écrit "la fille à" au lieu de "la fille de...". Son parrain est Salvat DUVIC et sa marraine, Marguerite GADOU, "les tous laboureurs" selon l'acte.  

Pas de mention de métiers pour les parents de Marguerite (mais nous savons que Martin a d'abord été pasteur puis métayer), juste l'indication de la maison de naissance, la maison Coulom (parfois orthographiée Coulon ou Couloum). Cette maison existe encore, bien que fortement modernisée depuis le XVIIIe siècle. J'ai déjà posté une photo de cette maison dans la page concernant les grands-parents et parents de Marguerite LARRETGÈRE. J'en donne une autre ici, obtenue grâce à l'excellent site Soustons : lieux dits et noms de lieux.

Comme pour la plupart des personnes ayant vécu aux XVIIIe et au XIXe siècle, évoquées dans le site, on ne sait rien de la vie de Marguerite LARRETGÈRE jusqu'à son mariage. L'état civil ou les registres paroissiaux sont nos seules sources pour les gens du peuple qui n'ont pas marqué l'histoire, surtout pour les périodes d'avant 1800-1850. Plus riches, les gens peuvent faire appel à un notaire ce qui permet d'accéder à d'autres informations. Plus tard, les fiches matricules sont une source précieuses de données, mais seuls les hommes sont concernés. Enfin, les recensements de population (essentiellement à partir de 1801) m'ont parfois permis de retrouver une piste trop froide... 

1.1. Le mariage de Marguerite LARRETGÈRE avec Bertrand LAPENUE

Le mariage a lieu le 8 février 1773. Marguerite a donc 24 ans. De son mari, l'acte de mariage, succinct, ne nous renseigne que sur son prénom et son patronyme. C'est donc une base mince pour débuter des recherches.

Source : Archives départementales des Landes.

Comme on peut le constater en regardant l'acte de mariage daté du 8 février 1773, le métier de l'époux n'est pas indiqué et on ne fait pas mention de ses parents. Cependant, un petit indice nous est fourni par la mention de la maison, la maison Jean Blanc. Gardons-le dans un coin de notre mémoire, cela va nous servir. Parmi les témoins présent, aucun ne porte celui du jeune marié (là encore, "jeune" est un qualificatif peut-être indu car nous ne connaissons pas l'âge de Bertrand LAPENUE).

On note la présence, parmi les témoins, de Martin LARRETGÈRE. S'agit-il du grand-père, du père, du frère aîné ? Tous les trois se prénomment Martin. Il peut difficilement s'agir du grand-père était âgé au moins âgé de 20 ans lors de la seule mention de son existence, à savoir le baptême de son fils Martin en 1709. Quoique cela ne soit pas impossible. Cela lui donnerait un âge de 84 ou 85 ans environ. Mais n'ayant nulle part trouver trace de ce grand-père (en particulier lors des baptêmes des enfants de son fils, également prénommé Martin), j'écarte cette hypothèse. Il ne peut s'agir du frère aîné, disparu en 1765 à l'âge de 30 ans. Il s'agit donc, par élimination, du père de Marguerite, né donc en 1709, et qui ne meurt que cinq ans plus tard, en 1778. Il a 63 ans au moment du mariage et il aurait fêté son soixante quatrième anniversaire dix-sept jours plus tard, si on fêtait les anniversaires à cette époque ce qui n'était pas le cas. Pas d'anniversaire à cette époque, l’attention se portant plus sur le jour de la fête du saint correspondant au prénom, le "saint patron". Ce n'est qu'au XXe siècle que l'on reprend la tradition antique de l'anniversaire, perdue au Moyen âge (où l'on connaissait rarement sa date de naissance). De plus, la naissance, c'était un rappel du pêché originel et l'Église n'y était guère favorable, en dehors de la Nativité (celle de Jésus, de Jean-Baptiste ou de Marie). Mais je digresse encore une fois. 

Donc Bertrand LAPENUE, le marié : pas d'âge, pas de date de naissance, pas de noms des parents. De longues heures de recherche en perspective. Mais grâce à l'excellent site GBA ou Généalogie du Bas Adour, et l'indexation des registres paroissiaux et de l'état civil de nombreuses communes de cette zone du Sud-Ouest des Landes, mes recherches en sont considérablement facilitées. Honnêtement, sans cette association (à laquelle je dois renouveler mon adhésion), je ne me serais sans doute pas lancer dans mes recherches généalogiques. Cela explique aussi pourquoi mes recherches sur ma branche familiale paternelle sont plus développées que mes recherches sur ma branche maternelle... Ceci étant, il y a quand même des vérifications à faire, ce que je fais à chaque fois. Car il m'arrive de constater des erreurs, en particulier dans la transcription des noms de famille et de constater également des erreurs dans l'acte lui-même.

J'ai trouvé un Bertrand LAPENUE né à Soustons le 27 juin 1740. Mais est-ce le bon ? Ce n'est pas un nom très courant, ce qui limite les cas d'homonymie dont nous avons déjà parlé avec des noms très répandus à Soustons comme PINSOLE ou BRUTAILS. Si c'est le bon, cela lui ferait 32 ans, ce qui est assez âgé pour un premier mariage. En milieu rural, au milieu du XVIIIe siècle, l'âge moyen au mariage était de 26 à 29 ans pour les hommes (Source : Population et sociétés, septembre 1976, n°94). Sans que cela ait une valeur quelconque, je note cependant que les frères de Marguerite se sont mariés à 24 ans (Martin et Jean) et 22 ans (Estienne). Donc 32 ans, c'est quand même un peu tard... 

Source : Archives départementales des Landes

Ce Bertrand LAPENUE dont je donne à voir ici l'acte de baptême, fils d'Etienne LAPENUE, laboureur, et de Françoise DELUC est-il l'époux de Marguerite LARRETGÈRE ? Creusons un peu...

Le 12 novembre 1766, un dénommé Bertrand LAPENU, sans "E", épouse Jeanne DORGOUASSATS. Il est domestique. Les parents ne sont pas mentionnés dans l'acte mais on sait que les deux jeunes époux sont natifs de la paroisse. Sans être formel quant à l'identité de ce Bertrand LAPENU, il est probable que ce soit celui né en 1740. Malgré la petite variante du patronyme (le "E" final), l'âge de 26 ans pour un premier mariage est dans la norme. D'autant que c'est le seul Bertrand LAPENUE, à priori, vivant à Soustons à cette période. Et surtout, autre aspect essentiel, il s'agit d'un mariage situé à Jeanblanc, soit la même maison où un Bertrand LAPENUE épouse Marguerite LARRETGÈRE. Cependant, la bigamie (la polygamie en général) n'est pas autorisé en Occident depuis que le mariage est devenu, en 1184, un sacrement. Et comme c'est un sacrement, il est indissoluble. À quelques exceptions près, le mariage chrétien est indissoluble, c'est-à-dire que l'on ne pouvait pas délier, détruire, le lien ainsi créé (par dieu qui agit par l'intermédiaire de son "ministre" (un prêtre le plus souvent). Seule la mort d'un des époux permettait une nouvelle union. Si Bertrand LAPENUE épouse Marguerite LARRETGÈRE, c'est qu'il doit être veuf. Partons donc à la recherche d'un décès au nom de Jeanne DORGOUASSATS...

Si Jeanne DORGOUASSATS est morte, son décès a du intervenir entre son mariage de 1766 et le remariage de son mari en 1773. C'est donc dans ces années que se concentre ma recherche qui fait chou blanc (expression qui n'a rien à voir avec le chou, le légume, mais le "coup", prononcé "choup" dans le Berry. Au jeu de quille, très prisé au XVIe siècle, on faisait "coup blanc" soit "choup blanc" quand son tir manquait les quilles... D'où cette expression signifiant que l'on n'a pas réussi...). 

Par contre, on trouve le décès d'une Jeanne DAUGOUASSAT, âgée de 22 ans, le 18 août 1768 qui ferait une bonne candidate, d'autant qu'elle décède maison Jeanblanc (maison du mariage de Bertrand LAPENUE et de Jeanne DORGOUASSATS en 1766). 

Source : Archives départementales des Landes.

L'affaire était quasiment entendue : Bertrand LAPENUE perd sa première épouse en 1768 et se remarie en 1773 avec Marguerite LARRETGÈRE. D'où son âge un peu tardif s'il s'était agi d'une première union.

Mais voilà : sur le registre paroissial de Soustons de cette même année 1768, je tombe sur le baptême d'un Jean LAPENUE, fils de Bertrand LAPENUE et de Jeanne DAGOUASSATS le 31 août 1768 et l'enfant est né le jour même, maison Jeanblanc. Difficile donc de mourir le 18 août et de donner naissance à un enfant 13 jours plus tard... Cependant, une lecture attentive des actes permet de résoudre le mystère : le baptême précédent celui de Jean LAPENUE a lieu le 28 juillet ; et les baptêmes suivant ont lieu le 6 août, puis le 9 août, le 11 août, etc. Bref, le vicaire BEAULIEU s'est trompé dans les dates : au lieu d'indiquer le 31 juillet, il a noté le 31 août... Comme je le notais plus haut, les vérifications s'imposent car même les actes ne sont pas exempts d'erreurs... Jeanne DAGOUASSATS a donné naissance à un fils, Jean, le 31 juillet et emme décède 19 jours plus tard, sans doute des conséquences de l'accouchement, forte cause de mortalité chez les femmes à cette époque... 

Extrait du registre paroissial de Soustons pour l'année 1768.

Source : Archives départementales des Landes.

Précisons que la "mort maternelle" se définit comme le décès d'une femme lors de sa grossesse ou 42 jours après la fin de celle-ci (si la grossesse ou l'accouchement ont eu un rôle dans ce décès ; on ne compte pas ici les morts accidentelles par exemple). Elle est assez faible aujourd'hui : environ une dizaine de décès, au début des années 2010 pour 500 000 grossesses soit 2/100 000. Cette mortalité maternelle était de 85,5/100 000 après la Seconde Guerre mondiale. Elle devait atteindre 1 000/100 000 (soit plus de 1 000 morts maternelles pour 100 000 grossesses au cours du XVIIIe siècle)

Sources :

GUTIERREZ Hector et HOUDAILLE Jacques, La mortalité maternelle au XVIIIe siècle, Population, 1983. 

https://presse.inserm.fr/mortalite-maternelle-la-baisse-amorcee-des-deces-par-hemorragie-se-confirme-mais-des-inegalites-demeurent/29508/ Consulté le 14 avril 2020.

1.2. Les enfants de Marie LARRETGÈRE et de Bertrand LAPENUE

Bertrand LAPENUE est veuf après deux ans de mariage et il n'a visiblement eu qu'un seul enfant avec sa première épouse, Jean, né et baptisé le 31 juillet 1768. Après son mariage avec Marguerite LARRETGÈRE, le couple a quatre enfants, sauf oubli de ma part.

- Margueritte en 1774 (le prénom est bien écrit avec deux "t").

- Jean en 1779 ;

- Jeanne en 1782 ;

- Antoine en 1785.

Notons que les quatre enfants de Marguerite LARRETGÈRE et de Bertrand LAPENUE naissent dans des maisons différentes, ce qui montre la mobilité du couple au sein de la paroisse de Soustons : maison Jeanblanc pour Margueritte, maison Bertolis pour Jean, sans doute maison Jeancay pour Jeanne (le nom n'est qu'en partie lisible sur l'acte de baptême du registre paroissial en ligne sur le site des Archives départementales) et enfin maison Sensin pour Antoine. Pour les quatre, le nom de famille est LAPENU (sans le "E" final que l'on avait parfois).

Pour le patronyme de la maman, Marguerite, son nom est orthographié LARREGÈRE en 1774, LARRETGÈRE en 1779, 1782 et 1785. Presqu'un sans faute.

1.3. Les décès de Marie LARRETGÈRE et de Bertrand LAPENUE

Bertrand décède le premier, le 13 novembre 1796. Mais à l'époque, passage à la République oblige, on note sur l'acte qu'il trouve la mort le 23 brumaire de l'an V. Le décès est déclaré par un dénommé Jean LESBATS et Jean LAPENUE, son fils (lequel des deux ? En effet, deux de ses enfants sont prénommés Jean...). On donne aux défunt l'âge de 56 ans, ce qui est correct, et le métier de laboureur. Il décède à 7h du matin maison Sensin, où est né son dernier fils, Antoine. Le décès est déclaré le lendemain. Aucun des deux témoins ne signent l'acte pour "être illettrés" comme le mentionne l'adjoint municipal DUPLAA.

Le décès de Marguerite LARRETGÈRE

Marguerite LARRETGÈRE reste veuve 14 ans. Elle décède en 1810. On lui donne l'âge de 64 ans alors qu'elle n'en a que 61. Son décès est déclaré par Jean LAPENUE, qui n'est pas son fils, mais son filâtre (c'est-à-dire le fils du premier mariage de son mari) si l'on se réfère à son âge sur l'acte de décès. N'ayant que cinq ans au moment du remariage de son père, on peut espérer qu'il fut considéré comme un fils par Marguerite. L'autre déclarant est Jean CAUNÈGRE, vraisemblablement son gendre, époux de sa fille Margueritte. Au moment de sa mort, elle était "laboureur" et vivait maison La Bouyrie. Son patronyme est orthographié LARATHIÈRE semble-t-il mais l'écriture de l'acte est un peu en "pattes de mouches" comme on dit.

Source : Archives départementales des Landes

Cote : Soustons 1803-1831 - 4 E 310 / 5-6


Si nous en revenons à notre problématique originelle, le patronyme de LARRETGÈRE ne se transmet pas à la génération suivante, ce qui n'aurait été possible que si Marguerite avait été mère célibataire, une situation peu enviable à l'époque.

Nous allons maintenant évoquer la descendance de Marguerite LARRETGÈRE ; elle a eu quatre enfants de son union avec Bertrand LAPENUE. Cependant, tous ne vivent pas assez vieux pour avoir une descendance. Le petit dernier, Antoine LAPENUE, né en 1785 décède à l'âge de trois ans. Pour sa sœur Jeanne, née en 1782, je n'ai aucune piste : pas d'acte de mariage ni de décès trouvés à Soustons ou dans les environs.

Nous allons donc étudier le devenir de Margueritte et de Jean LAPENUE et également parlé du fils eu par son mari lors de son premier mariage, nommé également Jean LAPENUE.

2. Margueritte LAPENUE, première fille de Marguerite LARRETGÈRE et sa descendance

Margueritte est née et fut baptisée le même jour, à savoir le 5 janvier 1774, qui était un mercredi. Ses parrains et marraines sont Etienne DELEON et Margueritte GADOU, laboureurs de leur état qui ne signent pas l'acte de baptême "pour ne savoir". Cette Margueritte GADOU était déjà la marraine de Marguerite LARRETGÈRE.

On retrouve ensuite Margueritte LAPENUE vingt-trois ans plus tard pour son mariage.

2.1. Margueritte LAPENUE épouse de Jean CAUNÈGRE

Un petit mot sur le patronyme CAUNÈGRE que l'on retrouve régulièrement à cette époque dans cette partie des Landes. D'après le site Gasconha, ce nom signifierait "vallon profond et noir" : "nègre" (qu'il faut prononcer "négré") signifiant noir et "cau" (qui se prononce plus ou moins "caou" mais sans trop forcer sur le "ou" ; c'est un peu dur à expliquer ; cela semble plus naturel pour un natif du Sud-Ouest qui a passé du temps dans les Landes...) signifiant ravin ou petit vallon, et pouvant signifier, au moins dans les Landes, le sillon laissé par un outil agricole. En outre, dans cette région des Landes, le patois local, variante du gascon, est le "parlar nègre" ou plus localement, le "parlar negue", le "parler noir". C'est pour signifier que c'est un parler obscur et qui ne peut être compris par ceux qui ne parlent que le "parlar clar", le parler clair.

Jean CAUNÈGRE est le fils d'Antoine CAUNÈGRE (ou CONÈGRE dans son acte de mariage) et de Jeanne TOURNIER (ou TOURNIÉ selon les actes), un couple originaire de Soustons, marié depuis 1758. Le jeune marié à 23 ans selon l'acte mais 24 dans les faits : il est né et a été baptisé le 25 novembre 1772. Sur l'acte de baptême, son nom est orthographié CONÈGRE. Le mariage a lieu à Soustons le 4 ventôse de l'an V de la république soit le 22 février 1797. Margueritte LAPENUE a 23 ans dans l'acte ce qui correspond à son âge réel. Son père est déjà décédé. Le jeune homme est cultivateur. La liste des quatre témoins est difficile à lire sur l'acte numérisé en raison de la petitesse de l'écriture. L'acte original ou un acte numérisé avec une meilleure résolution permettrait peut-être de mieux les déchiffrer. Le premier est un CAUNÈGRE (Etienne ?), il y a ensuite un Jacques PINSOLLE, un Etienne (BRUTAILS ?), touts trois cultivateurs, et un dernier témoin dont je lis seulement qu'il est officier. Ils sont tous majeurs, tous habitants la commune, et présentés comme "leurs proches parents ou amis".

2.2. Les décès de Margueritte LAPENUE et de Jean CAUNÈGRE

Je passe directement du mariage au décès n'ayant pas, hélas, d'informations sur la vie du couple. Nous parlerons de leurs enfants plus bas. Jean CAUNÈGRE décède à Soustons en 1855, le 26 juin. Il a 82 ans sur l'acte et c'est bien son âge. Il est toujours laboureur et décède maison Menjouat. Il était déjà veuf. Margueritte LAPENUE, son épouse, fille de Margueritte LARRETGÈRE, est morte depuis déjà longtemps. Je n'ai pas trouvé d'acte de décès au nom de Margueritte LAPENUE. Cependant, elle est morte avant le mariage de son premier enfant, sa fille Marguerite CAUNÈGRE puisque l'acte précise qu'elle est la fille de "feue Margueritte LAPENUE". Donc le décès intervient avant 1816. Une petite recherche m'a permis de retrouver son acte de décès. Sa mort semble intervenue le 10 octobre 1815. 

Source : Archives départementales des Landes.

Comme on peut le lire dans l'acte de décès ci-dessus, l'acte désigne la défunte sous le nom de Jeanne LAPENUE et non pas avec le prénom Margueritte. Cependant, son époux s'appelle Jean CAUNÈGRE. Il pourrait s'agir d'un homonyme mais il habite maison Minjouat, lieu ou il décède plus tard et où naissent un certain nombre de ses petits enfants comme on va le voir ci-dessous... Encore une fois, en raison d'une pratique que je ne m'explique pas mais dont je constate la réalité régulièrement, Margueritte n'a visiblement pas porté son prénom d'état civil mais se faisait appeler différemment.

2.3. Les enfants de Margueritte LAPENUE et de Jean CAUNÈGRE

J'ai une petite difficulté pour cette partie : en effet, les actes de naissances entre 1793 et 1803 sont visiblement absents de la collection des Archives départementales des Landes (au moins en ligne). Elles existent sans doute dans la collection municipale mais je n'y ai pas accès car ils ne sont pas en ligne. Donc, je vais évoquer ici les enfants dont j'ai des traces grâce aux actes de décès et aux actes de mariage. Cela laisse une possibilité importante que des naissances passent au travers du crible de mes recherches. Heureusement, le site de généalogie du Basadour me permet de retrouver certaines dates (à défaut des actes).

Voici les enfants que j'ai pu identifier :

- Marguerite, née le 31 décembre 1797 ;

à suivre...

2.3.1. Marguerite CAUNÈGRE, épouse de Pierre LESGARDS, et ses enfants

Le couple se marie en 1816, le 2 février. Marguerite a 19 ans ce qui donne une naissance en 1797 ou début 1798. Sa mère est déjà morte puisque l'acte précise qu'elle est la fille de "feue Margueritte LAPENUE".  Son époux, Pierre LESGARDS a 21 ans et il est laboureur. Margueritte est qualifiée d'état de labeur, en gros, ouvrière agricole. Pour les parents du couple, sont présents le père de la mariée, Jean CAUNÈGRE, et la mère de Pierre LESGARDS, Jeanne BARRÈRE, veuve de Jean LESGARDS. Le défunt père était laboureur comme son épouse. Les époux et leur parent ne signent pas "pour ne savoir" contrairement aux quatre témoins, un tailleur d'habits, un tisserand, un laboureur et un instituteur.

Pour l'étymologie du patronyme LESGARDS, je n'ai rien trouvé de bien probant. Ce nom de famille se retrouve essentiellement dans les Landes mais son sens reste inconnu. Les hypothèses proposées ("esgard" pour égard ou considération ; un dérivé de "garde") ne me semblent pas très convaincantes. 

Les enfants du couple :

  1. Le 16 septembre 1817, un premier enfant, un garçon, prénommé Jean, comme les grand-pères. Notons que Jean CAUNÈGRE, le grand-père vivant, est présent lors de la déclaration de naissance faite par le père.
  2. Jean CAUNÈGRE est toujours là lors de la déclaration, le 25 janvier 1820, de la naissance de Jeanne, née deux jours plus tôt. Jeanne est le prénom de la sœur de Pierre LESGARDS, morte le 31 décembre 1819, c'est-à-dire moins d'un mois auparavant, à l'âge de 22 ans.
  3. Encore un Jean, cette fois en 1823, née le 14 juin à 10h "de relevée" (ancienne formule pour désigner l'après-midi) et déclaré le lendemain. Et toujours la présence du grand-père Jean CAUNÈGRE. Comme sa sœur, le petit Jean né maison Minjouat.
  4. Le 13 mars 1827, une deuxième petite fille voit le jour et répond au prénom de Marie Grâce. Cette fois, Jean CAUNÈGRE n'est pas présent.
  5. 1829 : arrivée dans la famille d'une petite Marie, née le 25 juin. Comme ses autres frères et soeurs, elle arrive au mode dans la maison familiale qui porte le nom de Minjouat.
  6. Pierre LESGARDS a désormais 36 ans quand il déclare la naissance de son cinquième enfant, une fille prénommée Jeanne. Le choix des prénoms n'est pas vraiment très original : sur quatre enfants, déjà deux Jean et deux Jeanne. Marguerite CAUNÈGRE, la maman, doit avoir 32 ou 33 ans. Le couple habite toujours maison Minjouat et nous sommes en 1832.
  7. Le 8 juin 1834, à 8h, naît un garçon que l'on prénomme... Jean ! Il est déclaré par son père à la mairie une heure plus tard.
  8. Le 19 avril 1837, c'est une petite Marie qui vient s'ajouter à ses six précédents frères et sœurs. Étrangement, on donne à Pierre LESGARDS, le père, l'âge de 50 ans alors qu'il n'en a que 43... Sinon, il est toujours laboureur et le couple habite la même maison.
  9. Le 18 septembre 1840, Pierre LESGARDS déclare une autre naissance, un garçon, prénommé Jean, encore une fois. L'enfant est né la veille à 20h. À priori, c'est le dernier enfant du couple.

Sur huit enfants, un seul décède en bas âge, ce qui est plutôt rare en cette période de forte mortalité infantile (avant l'âge d'un an) et de forte mortalité enfantine (avant l'âge de 5 ans). C'est moins que la moyenne (pour la mortalité infantile) qui est, en gros, un peu moins de de 200 ‰ (soit près de deux décès pour 10 naissances). C'est la petite Jeanne née en 1832 qui décède à l'âge de deux ans (certes, nous ne sommes plus dans la mortalité infantile mais dans la mortalité enfantine ; mais je n'ai pas de données pour cette dernière). Les sept autres enfants arrivent à l'âge adulte. 

2.3.2. Petits enfants et descendance de Marguerite CAUNÈGRE et Pierre LESGARDS :

En construction