La famille et les ascendants de Jean Lancry

C'est le mardi 11 juillet 1933 que les familles Bourgois et Lancry s'unissent par le mariage de Jean Jules Joseph Lancry, 22 ans, et Zélia Alphonsine Marthe Bourgois, 21 ans. Le mariage a lieu à Saint-Laurent-Blangy, où réside la famille Bourgois.

 

Jean Lancry et Zélia Bourgois sont les parents de Marie-Noëlle Lancry, la grand-mère de mon amie Marie Desmaret et donc l'arrière grand-mère de mes trois derniers enfants, Zoé, Tristan et Arthur.

Au centre, les jeunes mariés, Jean Lancry et Zélia Bourgois.

Les parents du marié sont à sa droite (donc à gauche de la photo) : Angèle Briet et Jules Lancry (à la droite de Jules Lancry et donc à sa gauche sur la photo, son frère aîné Charles).

Les parents de la mariée sont à sa gauche (donc à droite de la photo) : Alphonse Bourgois et Noélie Delobelle.

Source de la photo : Christelle Desmaret.

Les parents de Jean Lancry :  Jules Lancry et Angèle Briet

Le marié, Jean Lancry, est né à Tilloy-lès-Mofflaines le 26 avril à "deux heures du soir" soit 14h. Comme la plupart des enfants de l'époque, il est né au domicile du père.

 

Ce dernier, Jules Joseph Lancry, est un encore jeune cultivateur de 28 ans. Il est également originaire de Tilloy-lès-Mofflaines, petite commune du Pas-de-Calais et de l'agglomération d'Arras. Jules n'est pas très grand : 1,60 m ; il a les yeux bleus et les cheveux foncés. Lors de service militaire, son degré d'instruction est évalué à 3 (sur une échelle de 0 à 5) ; cela signifie qu'il a une éducation qui dépasse la simple lecture et écriture, sans pour autant avoir le brevet de l'enseignement primaire.

Jules Lancry fait son service militaire de novembre 1904 à juillet 1907 dans le 19e régiment de chasseurs à cheval. Quand il est appelé dans le cadre du décret de mobilisation d'août 1914, il est incorporé dans un escadron du train des équipages (le 1er puis le 18e) avant de passer dans l'artillerie en septembre 1916, au 58e régiment, puis au 39e, au 49e et enfin au 175e. Il est mis en congé illimité de démobilisation le 9 mars 1919.

 

C'est en 1909, à 25 ans, que Jules Lancry se marie avec Angèle Marie Briet, de sept ans sa cadette. Elle a 18 ans et ses parents sont cultivateurs, toujours à Tilloy-lès-Mofflaines. Elle est déclarée sans profession sur l'acte de mariage, mariage qui a lieu le douze janvier. Les quatre parents des mariés sont tous présents. Les bans de mariage ont été publiés à Tilloy-lès-Mofflaines mais également à Arras où résident les parents du marié, Joseph Lancry, 62 ans, et Françoise Lermoyer, 59 ans, faubourg Saint-Sauveur. Les parents d'Angèle sont plus jeunes : Jean-François Briet est âgé de 48 ans et son épouse, Marie Gréselle, en a 46.

D'après le témoignage de Gérard Beaucamp, qui a épousé Marie-Noëlle Lancry, la fille de Jean Lancry et donc la petite-fille de Jules Lancry, ce dernier avait un fort caractère. Il savait ce qu'il voulait et c'était un homme dur. Angèle Briet, par contraste, toujours d'après Gérard, était patiente et gentille. Ils étaient donc sans doute complémentaires.

 

En 1911, au moment de la naissance de Jean Lancry, Jules et Angèle étaient déjà parents d'une petite fille, Jeanne Marie Josèphe, née le 28 octobre 1909. D'après le dénombrement de 1911, la petite commune de Tilloy-lès-Mofflaines compte 117 maisons, 122 ménages et 419 individus.

Source : Archives départementales du Pas-de-Calais.

Jules Lancry, avec son épouse Angèle et la petite Jeanne, habite chez sa belle-famille ;  il est employé comme ouvrier agricole au service de son beau-père, Jean-François Briet, désigné comme "chef de ménage". La maison se trouve au 12 rue Cambrai.

Les grands-parents maternels de Jean Lancry : Jean-François Briet et Marie-Élise Gréselle.

Les parents d'Angèle Briet, grands-parents maternels de Jules Lancry, ont quatre ans de différence. Jean-François Briet est né en 1860 et Marie Élise Gréselle en 1864.

Jean-François Briet est né à Guémappe, une petite commune du Pas-de-Calais, à environ dix km au Sud-Est d'Arras et qui comptait moins de 500 habitants tout au long du XIXe siècle. C'est donc un Gammapois ou un Gammapien.

Carte de l'état major (1820-1866)du portai IGN. On notera que la commune de Guémappe (écrit avec un "s" final à l'époque) est sur la route allant d'Arras à Cambrai. Tilloy et Guémappe ne sont distant que de 7,5 km.

Nous voyons ici la description physique de Jean-François Briet. (Source : registre matricule, Archives départementales du Pas-de-Calais). Il n'est guère plus grand que son gendre avec son mètre soixante-et-un. Cette description est loin de valoir une photo pour se faire une idée réelle de sa ressemblance, mais faute de mieux... La photo est encore absente dans l'appareil administratif et n'est utilisée par les services de police qu'en 1883 dans le cadre des photos anthropométriques (ce que l'on appelle le "bertillonnage") avant de mettre en place les photos signalétiques de face et de profil. Mais revenons à Jean-François Briet. Il est le fils d'un couple de cultivateurs de Guémappe, Hilaire Briet et  Élise Gréselle. Si vous avez été attentif, vous devriez être interpellé... Gréselle ? Mais n'est-ce pas le nom de l'épouse de Jean-François Briet ? Comment sa mère peut-elle aussi s'appeler Gréselle ? Hasard ? Pas vraiment... Élise Gréselle, la mère de Jean-François est également la tante de Marie-Élise Gréselle, l'épouse de Jean-François. Il a donc épousé sa cousine germaine. Si le mariage entre cousin germain est interdit par le droit canonique (sauf cas exceptionnel d'obtention d'une dispense par un évêque), la loi française, applicable depuis la révolution de 1789, ne l'interdit pas. Reste à savoir si Jean-François Briet et Marie-Élise Gréselle se sont mariés à l'église après être passés devant monsieur le maire...

Jean-François Briet fait son service militaire dans le 12e régiment d'artillerie de novembre 1881 à octobre 1882. Au moment de son service, il est cultivateur à Guémappe comme son père Hilaire. Il porte le prénom de son grand-père ; en effet, le père d'Hilaire était Jean-François Briet, époux de Aimable Parmentier. Nous avons déjà évoqué sa mère, Elise Gréselle.

Marie-Élise Gréselle, mère de Jean Lancry et épouse de Jules Lancry est née le mercredi 24 février 1864 à Tilloy-les-Mofflaines. Comme nous l'avons signalé, c'est la cousine germaine de son mari Jean-François Briet. Son père est Denis Marie Gréselle frère d'Élise Gréselle et il a vu le jour en 1832 à Monchy-le-Preux (pas loin de Guémappe ni de Tilloy-les-Mofflaines).

Sa mère, Augustine Derécourt est plus âgé. Quand Denis Gréselle l'épouse en 1963, elle a 41 ans et lui 30. Augustine Derécourt est veuve d'un dénommé Antoine Collart, mort deux ans plus tôt. Elle est originaire de Tilloy-les-Mofflaines où sont déjà décédés ses deux parents au moment de son deuxième mariage. C'est son grand-père maternel, Étienne Lantoine, qui est son représentant légal à la mairie. Il est âgé de 78 ans et habite Feuchy.

Le mariage de Denis Gréselle et d'Augustine Derécourt se déroule à Tilloy-les-Mofflaines.

Extrait du dénombrement de Tilloy-les-Mofflaines de 1866.Source : Archives départementales du Pas-de-Calais.

Denis Gréselle, son épouse Augustine Derécourt, deux enfants nés de son premier mariage, Emélie et Edmond Collart (15 ans pour sa fille, 13 ans pour son garçon) et la dernière née, Marie, vivent rue de Cambrai, une des deux routes principales de Tilloy-les-Mofflaines. Augustine Dérécourt y vivait déjà lorsque son mari était encore vivant avec sa mère, Clémentine Lantoine, veuve depuis 1832, date du décès de son mari Guislain Derécourt.

Extrait du dénombrement de Tilloy-les-Mofflaines de 1961.Source : Archives départementales du Pas-de-Calais.

Les grands paternels de Jean Lancry : Pierre Joseph Lancry et Françoise Lermoyer

Jules (Joseph) Lancry a au moins deux frères, tous les deux plus âgés que lui : Charles (Joseph), né en 1878, et Joseph (Pierre), né en 1879. Charles est un brun aux yeux gris qui mesure 1,66 m, soit 6 cm de plus que Jules. Joseph est le plus petit de la famille avec 1,58 m ; il a les cheveux châtains et les yeux bleus. Ils sont tous les trois cultivateur comme leur père, Pierre Joseph Lancry.

 

Pierre Joseph Lancry est né à Arras en 1845, il y meurt en 1919 à l'âge de 73 ans. Cependant, ses trois garçons sont nés à Tilloy-lès-Mofflaines. Il s'est marié à Guémappe avec Anne Françoise Josèphe Lermoyer, fille d'Adolphe Lermoyer, un cultivateur du village, et de Julie Victoire Pagnien, originaire de la commune de Rémy, située sur la route de Cambrai comme Tilloy-lès-Mofflaines, Guémappe, Monchy-le-Preux, mais plus à l'Est.

 

Le père de Pierre Joseph Lancry, Pierre Louis Lancry, n'était pas cultivateur mais éleveur de moutons ; et pourtant domicilié à Arras, faubourg  Saint-Sauveur. Dans ce quartier, il n'y a pas si longtemps encore, il existait une ferme, où un éleveur proposait le lait de ses vaches à la vente. C'était à la fin des années 1990, et on pouvait encore voir des vaches au début des années 2010. C'est toujours dans le quartier Saint-Sauveur que Pierre Louis Lancry a épousé Augustine Silvie Letombe, dentellière ; notons que le mariage a permis de légitimer la petite Sidoine Joséphine Lancry, née quelques mois avant l'union, en août 1837.

 

Un petit arbre de synthèse des ascendants de Jules Lancry